3.2 Races et variétés des espèces végétales domestiques :
3.2.1 Le coton :
(Gossypium var. Herbaceum, arboreum, bardadense, hirsutum)
C’est une culture fort ancienne. La littérature de la Chine relate que dans
ce pays cette culture
a existé depuis près de 3000 ans de notre ère.
Au Tchad, il est essentiellement cultivé dans les cinq préfectures du sud du
pays et dans
certaines zones du Salamat et du Guerra. Près de la moitié des terres de
culture de ces régions
sont occupées par la culture cotonnière avec les excès des intrants et une
conduite en
monoculture. C’est une des voies de la destruction des systèmes. C’est une
culture de rente
pour l’économie nationale. Si elle est pratiquée de manière traditionnelle
chez les paysans,
une industrialisation est menée par la CotonTchad qui exporte une bonne partie
de la
production de coton vers l’étranger, une partie était exploitée par la
société textile du Tchad
(actuellement fermée). Les sous produits du coton Tchadien sont nombreux :
huiles, savons,
tourteaux pour l’alimentation des animaux....
Sur le plan industriel, le coton est cultivé pour ses graines qui portent à
leur surfaces de longs
poils qui constituent les fibres de coton ou soies. Les fibres servent à la
fabrication des tissus,
des couvertures...
En pharmacie, les fibres de coton servent à la confection de coton hydrophile,
de la ouate, de
coton iodé.... Les services des poudres fabriquent des explosifs comme la
fulmicoton, la
nitrocellulose..... Les graines sont oléagineuses et fournissent une huile
alimentaire après une
élimination du gossypol qui est toxique. Les tourteaux sont utilisés dans l’alimentation
du
bétail et dans la fabrication des farines comestibles par l’homme, riches en
proteines lorsqu’ils
proviennent de graines sans glandless à gossypol dites « glandless ». Les
coques servent de
combustibles et peuvent également servir à la fabrication de charbon, de
colorant, de pâte à
papier.... Le duvet ou linter qui est un ensemble de petits poils très courts
se trouvant à la
surface des graines de cotonniers sert à différents usages comme la
fabrication de vernis, de
celluloides, de fibres de disques, d’explosifs, de rayonnes, de feutres, de
rembourrages, de
papiers fins, du simili-cuir.....
- Principales variétés utilisées au Tchad :
Au Tchad, soixante années de production dont une trentaine d’années de
recherche ont permis d’obtenir un panorama de variétés de cotonniers. Suivant l’ordre
chronologique d’apparition,
Ces différentes variétés sont :
- triumph : introduite en 1928 à partir des USA. Elle était utilisée à des
fins
artisanaux. La production de coton graine étant peu attrayante à cette
époque, elle a
été délaissée après dix ans de production.
- allen long staple : créée également aux USA, elle fût introduite en 1940
pour
remplacer la variété triumph car, plus performante. Par contre, elle est plus
sensible
aux jassides . Sa productivité au champ et son niveau de résistance à la
bactériose
sont meilleures que la précédente.
- nkourala : introduite en 1940, elle présente de nombreuses caractéristiques
voisines
de celles de long staple. Elle est originaire du Mali et fût l’objet des
premiers
travaux d’amélioration au Tchad donnant successivement en 1942, la variété
(42 -
5) et en 1944 (44 - 10) après une première multiplication en 1951 sur la
station de
Ba-illi et la ferme de Déli. Parallèlement sur la station de Bebidja , une
sélection
pedigree suivie d’une sélection massale, a permis d’aboutir à la variété
A-150 qui a
20
apporté des améliorations en productivité et à l’égrenage. Sa fibre est
plus fine et
plus résistante.
- variétés issues de allen zaria : introduite en 1945, elle est originaire de
la région de
zaria au nigéria. Un souche de la variété allen long staple (D31) qui fût à
l’origine
de la souche 26 C qui, multipliée en mélange avec allen long staple lui donna
naissance. En 1947, à la suite des travaux de sélection deux variétés furent
créées :
A49 T et A50 qui sont résistantes aux jassides et moins résistantes aux
mirides tout
en offrant un bon comportement vis à vis de la bactériose.
- BJA 592 : issue du croisement réalisé à Bossangoa en 1953 entre une F 3
(Banda x
42 - 5) et Reba TK/1. La sélection s’est poursuivie pour lui donner un bulk
appelé
BJA 592. Ses principaux avantages se situent au niveau de la production de coton
graine, du poids moyen capsulaire et de la longueur de la fibre.
- HG9 : issue du croisement entre (A 333-57 x Forster) et Allen 49 T MP2, une
lignée donna naissance à la variété HG 9 qui remplaça la variété A 333-57
en 1967.
Ses avantages sont au niveau de la production de coton graine et du rendement à
l’égrenage et à la longueur de la fibre.
- Y 1422 : trois variétés ont participé à sa création : A151, Reba
(originaire de RCA)
et HG 9 créée au Tchad. Elle est meilleure en filature, nepposité et en
aspect des
fils.
- SR 1 F4 : issue d’une sélection reccurente commencée en 1953 suivie d’une
sélection pedigree pendant quatre ans. Un bulk de deux lignées est constitué
en
1971 pour donner cette variété. Elle améliore le rendement à l ‘égrenage.
- MK 73 : issue de croisement entre Y 1422 et BJA 592 en 1968. Il s’agit d’un
bulk
de lignée F5 obtenu par sélection pedigree. Elle a une très bonne résistance
aux
jassides, améliore le rendement et la longueur de la fibre. Elle est également
plus
productive au champ.
- K14 : C’est une variété de transition qui répondait surtout à deux
préoccupations
essentielles de l’époque : l’apparition d’une nouvelle race de
bactériose où elle
parait plus tolérante et la nécessité d’augmenter les performances
agronomiques.
Elle est excellente en rendement à l’égrenage et d’une meilleure
résistance de fibre.
- IRMA 96 - 97 : C’est l’avant dernière apparue et est encore cultivée sur
l’ensemble
de la zone cotonnière. Elle est issue d’une sélection provenant du Cameroun
de
croisement entre IRCO 5028 créée au Tchad en 1983. Elle est vulgarisée en
1984
en remplaçant les variétés SR 1 F4 et MK 73. Elle offre par rapport au MK 73
un
rendement à l’égrenage et une longueur de fibre qui sont comparables et une
meilleure résistance et réflectance de fibre.
- IRMA 1243 : cette variété fît une brève apparition. Créée au Cameroun à
la suite de
croisement (PAN 3492 x IRCO 5028) x ( PAN 3492). Introduite en 1983, elle ne
fût vulgarisée qu’en 1989 en remplacement de IRMA 96 - 97. Elle augmente les
rendements, améliore la finesse de la fibre, son allongement sa colorimétrie
(reflectance et incidence de jaune).
- Le cotonnier glandless : amélioration variétale :
ROUX (1960), BUFFET et al (1967), FOURNIER et al (1972), ROUX (1974 - 1975),
BUFFET (1977), PAULY (1979) , BUFFET (1986).... ont réalisé des travaux sur la
variété
glandless. Il faut dire que depuis 1958, les premiers travaux de sélection du
coton par JB
ROUX, généticien de l’IRCT ont permis de tirer un meilleur parti des
qualités de l’amande
de la graine par l’élimination d’un facteur anti nutritionnel, le gossypol
dont la présence
interdit l’usage des protéines en alimentation humaine. Au plan variétal,
les dernières
relations sont à même de rivaliser avec leurs homologues classiques des
grandes cultures au
niveau du rendement au champ, à l’égrenage et de certaines caractéristiques
technologiques
de la fibre. Seul problème majeur : l’état phytosanitaire.
Plusieurs travaux menés depuis 1950 par l’IRCT ont porté sur :
- la mise au point par sélection des variétés glandless présentant des
caractéristiques agronomiques et technologiques comparables à celles des variétés classiques
vulgarisées.
- l’étude de sensibilité de ses variétés aux insectes
- l’étude de leurs possibilités agricoles
- l’étude de l’utilisation alimentaire des graines glandless.
Malgré les insuffisances liées aux financements et aux infrastructures, de
nombreux résultats ont été obtenus.
- un premier programme de croisement entre le « complete glandless » d’introduction
américaine et les meilleures variétés de l’époque ( Allen 150, Allen 14,
Reba TK 1) a
permis de diversifier et d’élargir la base génétique du matériel glandless
et d’en améliorer
les caractères agronomiques et technologiques.
- un second programme de création, entrepris entre 1962 et 1966 avec l’introduction
de deux
nouvelles variétés américaines : M11 gl et Détapine smooth leaf glandless
(DSLGGL).
L’apport de leurs gènes gl2 et gl3 au fond génique des variétés locales en
cours par
croisement a abouti également à la création de lignées glandless dont les
plus intéressantes
sont : E 964, et E 965.
- faisant suite à ces premiers travaux de sélection, un important matériel d’origine
diverse est
parvenu en fin de sélection. Dans les années quatre vingt, elles ont servi de
base de
sélection pour la création de nouvelles variétés glandless caractérisées
par une productivité
sensiblement supérieure aux précédentes.
Cet examen général montre qu’au fil du temps, de réels progrès sont
obtenus. Les écarts
existants entre les variétés glandless et leurs homologues sont
progressivement réduits et ont
même disparu. Sur le plan de la productivité agronomique, les variétés
glandless sont
maintenant supérieures ou égales à celles des cotonniers classiques s’ils
sont cultivés dans des
conditions normales de pluviométrie. Au plan technologique, la longueur de la
fibre et la
ténacité qui constituaient les points faibles des glandless sont maintenant
presque identiques à
celles des variétés classiques.
Les travaux menés en ce moment à Bébidja laissent augurer un avenir meilleur
pour obtenir à
terme des variétés glandless au moins performantes que leurs géniteurs
classiques en
corrigeant notamment leurs déficiences en longueur et en ténacité de fibre.
Techniques culturales :
Ecologie :
- Besoins en chaleur : 12 °C - 13°C (Var. Barbadense) ; 13 - 15°C (Var
Hirsutum).En
dessous de ces températures, toute végétation s’arrête jusqu’à 4°C.S l’on
dépasse ce
seuil, il y a d’abord destruction des feuilles puis ensuite celle de la
plante. La
croissance s’effectue pendant la nuit.
- Besoins en eau :700 mm durant son cycle végétatif
|
Phases de développement |
joursaprès semis |
consommation (mm/j) |
|
De la levée au 1er bouton |
10-45 |
1-2,5 |
|
Du 1er bouton à la 1ère fleur |
45-75 |
2,5-6 |
|
Maximum floraison |
75-120 |
6-10 |
|
Fructification |
après 120 |
4-4,5 |
-
Besoins en lumière : Il faut des régions très ensoleillées surtout dans
les phases
de maturation et de fructification.
- Besoins en sols : Sols homogènes, profonds, perméables, frais dans leurs
sous solset riches en matières nutritives.
- Cultures :
- Semis : Poids de 1000 graines non délintées : 70- 150g avec 25.000- 100.000 plants/ha, espacement 0,8-1m entre les lignes.
- Entretien : 15-30j après le semis . Le 1er sarclage a lieu au moment du
démariage et est associé à un buttage des plants. Le 2ème au début de la
floraison
- Fumure : N (50) ; P2O5 (20) ; K2O (30) ; 3S
- Irrigation : complémentaire et continue (en culture sans pluie).
- Récolte : manuelle ou mécanique.
- Rendements : 500 kg/ha.
- Maladies : Bactérioses, Fusariose, Anthracnose , Stigmatomycose.......
3.2.1.1 état de conservation :
Culture industrielle et poumon de l’économie nationale, un dispositif de
conservation très
sophistiqué est fait au niveau du centre de recherche du CIRAD de Bébidja.
Toutes les
variétés testées et réputées bonnes, sont mises en cryoconservation au
Centre de Bébidja ou
envoyées en France. C’est sur cette base que les recherches sont orientées
et les sélections,
opérées. Culture introduite par la colonisation, le cultivateur de coton est
plus obligé par la
politique de l’Etat à mener cette culture alors que sur le plan de la
rentabilité (pour le paysan)
en comparaison avec d’autres cultures, il est perdant. Le mode de culture
mené en
monoculture fait que les sols sont asphixiés. En ce moment plusieurs régions
jadis plus
fertiles ont des rendements très faibles dus à la squélétisation des sols.
3.2.2 Le sorgho et le mil:
( Sorgho : Sorghum var. Bicolor......)
(Mil : Pennisetum var. typhoides.......)
Mil et sorgho, constituent la base de l’alimentation humaine au Tchad. Ils
sont cultivées dans
tout le territoire hormis la zone Saharienne. Plusieurs sélections sont faites
particulièrement à
la ferme de gassi (pour la zone Sahélienne) et à Déli (pour la zone
soudanienne) où une
banque de données très importante est établie. L’objectif principal est de
trouver les variétés
de qualité supérieure.
- Pour le mil, des variétés étrangères venant de l’ITTA, de l’ICRISAT et
du SAGFRAD ont
été testées avec un certain succès. On distingue :
- des variétés à cycle précoce, réputées rustiques, peu conditionnées par
l’environnement dans les conditions présentes et la différenciation
variétale est restée faible même en condition sèche. Ces variétés sont : GB 87 - 35, ITVM
800L, HPK, IBV 8004, ITV 8003, IBV 8001, H7 - 66 et souna III. Les variétés GB 87
- 35 et ITVM 800 L sont les plus vulgarisées car, précoces et résistantes aux
maladies surtout au mildiou, de bonne plasticité, rendement et repousse à
l’intensification.
- des variétés de types intermédiaires et longs qui ont des problèmes d’adaptation
à cause des maladies telles que : le mildiou, les moisissures et le charbon. Ces
variétés sont :
- pour le mil intermédiaire : m² d², NKK, SRMP8
- pour le mil long : P 172, P 173, P5 et m9 d3.
Techniques culturales :
- Ecologie : 400-700 mm même moins sous 28°C ;
- Semis en sec; Fumure : N (30-50), P2O5 (15-30) ; 2-3 sarclages ; Récolte :
dès la maturité ;
- Rendements : 600-800 (Maximun 1500 et Minimum 300)
- Maladies : Sclerospora graminicol ; Tolyposporium penicillariae ; Geromya
penniseti......
- Le sorgho précède en importance le mil penicillaire présentant environ 45 %
de la production nationale et près de 60 % dans la zone soudanienne. Depuis 1951, les
premiers travaux ont été entrepris au plan national bien que cette culture est
séculaire.
Cultivé dans les isohyètes 500 - 1000 mm, ses rendements sont faibles dans la
zone sahélienne irrégulièrement arrosée. Les premiers travaux sont fait sur du
matériel de type caudatum et à partir de 1959, sur un matériel de type elegans (NIQUEUX de l’IRAT).
Par rapport au matériel de départ, ceux qui étaient améliorés en 1958 ont
donné de bons résultats.
C’est en 1960, après le départ de NIQUEUX en fin 1958 que BERZOT M (1960) en
poursuivit les travaux jusqu’en 1970.
Les résultats obtenus sont une demi douzaine de lignées performantes et
quelques 1500
lignées testées. Les plus values variant entre 15 - 90 % de la productivité
de départ. Les
variétés de type caudatum et elegans sont réputées meilleures. Il faut
remarquer qu’à partir de
1962, les travaux ont porté sur la création d’un matériel à fond genomique
local à tige courte
faisant recours au géniteur exotique CK 60A soit aux géniteurs locaux (type
caudatum). Les
premières obtentions donnaient des gains de rendement allant de 30 - 61 % des
témoins
locaux. NIQUEUX a pu classifier les types de sorgho rencontrés en partant du
critère de
SNOWDEN. Selon lui, on rencontre cinq sous - séries dans la série sativa
appartenant à la
sous section arundinaceae section sorghum du genre sorghum.
- sous série guineensia :
- S. Guineense stapf
- S. Mellitum, Snowden à tige sucrée
- sous - série nervosa :
- sous - série bicolor :
- S. Elegans snowden
- S. Notabile snowden
- sous - série caffra :
- sous - série durra :
La classification des sorgho en race selon HARLAN et DE WET (1972) basée sur
les caractéristiques fondamentales de l’épillet et le type de panicule donne :
- cinq (5) races fondamentales : bicolor, guinea, caudatum, kafir et durra ;
- dix (10) races intermédiaires : guinea, bicolor (GB) , caudatum, bicolor,
kafir - bicolor, durra - bicolor guinea - caudatum, durra - caudatum, guinea - kafir, guinea -
durra, kafir - caudatum, durra - caudatum, et kafir - durra.
D’une manière générale on distingue trois types de sorgho : S. précoce, S.
Long et S. Très long. Qui sont les suivants :
|
variétés |
Sorgho précoce |
Sorgho long |
Sorgho très long |
|
caractéristiques |
S 35
VS 702,
SPV35,
CE151,
CE 90
IRAT 204 |
S10, 1/2MSB,
137-62 L30,
SST 781,
SH 1D3
SH2 D2
SH1 1D1 |
Guofing ;
Frikan. |
Les variétés S -35 et IRAT 204 sont les plus vulgarisées.
Les techniques culturales donnent les caractéristiques suivantes :
- Ecologie : plante à vocation culturale pluviale (zone sahélienne et
soudanienne).
55à sur des sols assez variés.
- résistance à la chaleur et à la sécheresse ;
- rendement moyen de 20 - 35 qx / ha ;
- pluviométrie 350 - 800 mm ;
- sols profondes vallées argileuses (argilo - sableux) ;
- démariage 2 plants par poquet, fumure NPK (50 - 30 - 50), semence 8 - 12
kg/ha
- mode de semis en ligne, écartement 40 cm sur ligne et 60 entre les lignes,
8300 pieds / ha ;
- cycle végétatif 85 - 90 jours, fumure PK appliquée au labour et N au
démariage et épiaison.
3.2.3 Le Maïs:
(Zea maîs)
Cultivée dans presque toutes les régions du pays, le maîs est la quatrième
céréale du Tchad en
matière de production après le sorgho, le mil et le riz. Cultivée depuis de
nombreuses années,
les travaux d’amélioration par la sélection de meilleures variétés ont
commencé seulement en
1984. Les différents essais effectués ont permis de proposer à la
vulgarisation les variétés
Gussav 82 TZESRN et Massar kouri pour la zone sahélienne. Les variétés Across
86 pool 16
DR, Kamboinse 88 pool 16 DR, Across JFS x L Rayitiri ont subi des tests en
milieu paysan et
ont été adoptées. Une autre semence de mais sucré, la TZ1 Sweet corn est en
vulgarisation.
Pour la zone soudanienne, les variétés les plus vulgarisées sont M17E et CMS
8507 C1 et
CMS 8505 C1.
Ces travaux d’amélioration avec les écotypes sont obtenus d’une
prospection effectuée en 1987. Trente cinq (35) écotypes ont été implantés en 1989 - 1990 pour des
observations approfondies afin d’être caractérisées.
Des essais variétaux en station sont menés également dans les centres
semenciers de Gassi et Dougui, conduits dans le cadre du réseau mais (SAFGRAD et INSA). Le matériel
végétal testé dans ces essais est en général constitué de variétés précoces (RUVT
précoce) ou extra - précoces (RUVT extra - précoce).
D’une manière générale, le bouclage des cycles végétatifs des variétés
testées dépend de la régularité des précipitations. Ainsi, les tests en milieu paysan ont connu
des limites de productivité.
Compte tenu des conditions climatiques aléatoires du Tchad, l’utilisation
des variétés précoces ou extra - précoces sont à recommander. Les résultats des essais de
mais extra - précoce faits sur 10 variétés ont donné des rendements fluctuant entre 10 et
20 qx/ha avec 21,84 qx/ha pour la variété (TZESR - W) x (Gua 31 BC1 F6). Ce sont les
variétés IB 84, Kamboinsé et Kouri qui sont les plus vulgarisées en ce moment..
Ces rendements ont été améliorés lors de la campagne 1990 où 3 essais
agronomiques implantés à Gassi sur la fumure organique avec l’utilisation de l’atrazine
pour contrôler les foreurs des tiges et des adventices. Avec des doses de 5, 10 et 15 tonnes, les
rendements ont été respectivement de 40,19 qx / ha à 5 tonnes et 45,20 qx / ha à 15 tonnes.
Ainsi, la dose économique de 5 tonnes / ha a été retenue compte tenu du faible écart entre
les différentes doses.
3.2.4 Le riz :
(Oryza sativa)
Le riz est la céréale la plus importante au monde. C’est la nourriture de
base d’une grande partie de l’humanité. A part son emploi dans l’alimentation qui est de loin
le plus important, il sert à fabriquer de l’alcool, de l’amidon, du glucose de l’acide
acétique et du vinaigre, de l’acétone, de l’huile, des produits pharmaceutiques, aliments
vitaminés.... Les balles de riz servent de combustibles et leurs cendres d’engrais et dans l’alimentation du
bétail (brisure de riz, ou pady).
Elle fût introduite au Tchad vers les années 1930 et s’est développée
rapidement pour occuper une place particulière parmi les autres céréales. Elle a été tout d’abord
confirmée dans la tandjilé et le mayo kebi dans la plaine du fleuve logone. Elle a pu
bénéficier de plusieurs projets de développement.
Vers les années cinquante, il y a eu la création du casier A de bongor. En
1960 ce fût la création du secteur expérimental de modernisation agricole de laî - kélo
(SEMALK) remplaçant les sociétés de prévoyance. Entre 1967 et 1973 il y a eu l’aménagement
du casier B de bongor. A cette époque, le système de maîtrise de l’eau permettait 2
cycles annuels de culture donc 2 récoltes. A partir de 1973, la sécheresse suivie par les
événements de la guerre civile ayant entraîné la détérioration des aménagements (baisse du niveau
du fleuve logone, manque d’investissement...) la production a chuté par suite de découragement
des producteurs.
Bien que timides au début des indépendances, les améliorations variétales
ont été faites. Parallèlement au travail de réhabilitation des aménagements existants, un
programme de détermination des variétés les mieux adaptées a commencé vers les années
quatre vingt. En ce moment, une large gamme de variétés est collectionnée et vulgarisée auprès
des producteurs des zones riveraines des fleuves Chari et Logone.
Des essais sont faits dans plusieurs zones agroécologiques du pays afin d’adapter
celles ayant des forts potentiels de production.
Depuis 1992, dans la zone sahélienne, plusieurs dizaines de variétés,
certaines, de comportement pluvial (mûries avec l’eau de pluie sous 1000 mm) et d’autres
en irriguées sont testées. A partir de 88 lignées (les variétés traditionnelles prises comme
témoin), ces travaux de sélection ont donné à la vulgarisation quatre (4) variétés qui sont les
suivantes : CT, IR 46, IR 54 et TOX 728 - 1. Il y a quelques temps, la variété IR 46 était la plus demandée par les
paysans. Actuellement, c’est une autre variété, la TOX 728 - 1 qui est à la mode dans les
exploitations agricoles.
Au niveau de la zone soudanienne, plusieurs variétés issues de souches locales
ou améliorées venant de yagoua (Cameroun) sont stabilisées chez les paysans.
NB : L’inventaire de quelques variétés de riz produites au Tchad sont en
annexe I
3.2.5 Le Blé :
C’est une céréale qui est traditionnellement cultivée dans les régions
oasiennes du Sahara et
dans les polders du lac Tchad dite zone de cuvette lacustre. Il convient de
noter l’existence de
quelques îlots de culture, de production non négligeable notamment dans la
sous - préfecture
de guereda et aux bordures du lac fitri. Une variété proche du blé , l’orge
est également
cultivée au BET mais de production très faible. Pour ce qui est du blé, deux
variétés (Penjamo
ou Benjamo, type blé tendre de printemps et le BDK (blé dur du kanem) sont
utilisées). Les
points forts de la variété Penjamo sont sa précocité, son rendement élevé,
sa bonne qualité et
sa résistance à la verse. Ceux du BDK sont, un fort tallage, bien apprécié
à cause de sa
plasticité et aussi sa résistance à l’égrenage.
Les points faibles, pour la variété Penjamo sont, sa sensibilité aux foreurs
des tiges et pour la BDK, sa sensibilité à la verse, aux foreurs des tiges et son faible rendement.
Les fiches techniques pour ces deux variétés donnent les indications suivantes
:
|
variété |
origine |
année d’intro. |
rend moy. |
rend max |
cycle vég. |
fumure |
|
Penjamo |
Mexique |
1983 |
30 qx /ha |
40 qx/ha |
90 - 95 j |
60 kg d’N |
|
BDK |
Lac Tchad |
? |
20 qx/ha |
25 qx/ha |
100 - 105 j |
80 kg d’N |
3.2.6 L’arachide :
(Arachis hypogea)
la culture de l’arachide a été pratiquée depuis longtemps au Tchad. Elle
occupe une place
importante comme spéculation de rente au niveau de la zone soudanienne et
sahélienne
(depuis les années cinquante grâce à l’introduction de variétés précoces
(28 - 205, 48 111 -
A). Une expérimentation mise en place à la station semencière de Gassi
concernant
l’introduction de nouvelles variétés et les techniques culturales a permis
de proposer la variété
TS32 - 1 et de déceler d’autres variétés prometteuses. Des variétés
améliorées introduites en
zones sahélienne ont permis une augmentation conséquente de la production.
Bien qu’elle ne soit pas bien structurée, une certaine activité de recherche
et d’expérimentation s’est faite. Chaque année, la Division d’études
agronomiques et la station de Déli (pour la zone soudanienne) ainsi qu’au niveau de la station
semencière de Gassi (pour la zone sahélienne) tout comme l’IRCT de Bebidja sur les variétés à cycles
longs préparent des essais variétaux comparatifs.. Des prospections dans la zone sahélienne
pour la détermination et l’étude des écotypes locaux qui sont des anciennes
variétés introduites il y a bien longtemps, ont permis de montrer par exemple que la variété Am-djoumal n’est
rien d’autre que la variété 29 - 56 - 3G.
L’introduction de nouvelles variétés à partir des institutions
spécialisées comme la TS 32-1 a permis d’obtenir des semences de grands rendements et résistants à la
sécheresse ainsi qu’aux parasites.
D’autres variétés sont en essais en milieu paysan. Prometteuses, elles
remplaceront probablement la Rose de Déli et la 55-437, diffusée depuis longtemps.
Actuellement, les variétés les plus vulgarisées sont : TS 32 - 1 et la Rose de Déli
Une sélection par la méthode de pedigree a donné des écotypes intéressants.
Fiche technique de trois variétés : TS 32 - 1, Rose de Déli et 55 - 437 :
| |
TS 32 - 1 |
Rose de Déli |
55- 437 |
|
origine géographique |
Burkina |
Tchad |
Sénégal |
|
année d’introduction |
1987 |
1972 |
1955 |
|
rendement moy qx/ha |
20 |
15 |
15 |
|
rendement maximum |
40 |
28 |
30 |
|
teneur en huile (%) |
50 |
51 |
49 |
|
pluviométrie |
350-900 |
500 |
550 |
|
types de sols |
sablo - argileux |
sablo - argileux |
sablo - argileux |
|
densité (ha) |
125.000 |
125.000 |
125.000 |
|
cycle végétatif |
90 |
85 |
90 |
3.2.7 Le sésame :
(Sesamum indicum)
C’est une oléagineuse qui a existé depuis très longtemps au Tchad (zone
sahélienne et
soudanienne) mais qui du point de vue de la recherche pour des éventuelles
améliorations est
méconnue. On distingue plusieurs variétés: S 42, L - Bandar, L 32 - 15,
Bunddro, BSV etc...
Les plus vulgarisées sont : la S 42, L 32 - 5 et L Bandar. Les fiches
techniques pour les
variétés Bunddro et BSV donnent les indications suivantes :
|
variété |
origine |
année |
rendements moy. |
rendements max. |
densité |
cycle |
|
Bunddro |
Guerra |
1988 |
3 qx |
5qx |
250.000 pieds |
70 - 80 j |
|
BSV |
Inde |
1988 |
3 qx |
6qx |
250.000 pieds |
70 - 75 j |
Les points forts et faibles des deux variétés sont les suivantes :
|
Variétés |
points forts |
points faibles |
|
Bunddro |
précocité, non déhiscence et
bon rendement moyen |
sensibilité à la lèpre |
|
BSV |
précocité, rusticité résistance
à la lèpre et bon rendement. |
Déhiscences des gousses avant maturité,
goût un peu amer |
3.2.8 Le haricot et le niébé:
Ce sont deux légumineuses très connues et très utilisées au Tchad. Si le
haricot est cultivé
dans toutes les régions du pays depuis des lustres, le niébé est importé du
Brésil, il n’ y a pas
longtemps et est vulgarisé dans plusieurs régions du sud du pays et quelques
régions
Sahéliennes notamment le Chari baguirmi, le Guerra et le ouaddaî.
Le haricot :
Ayant subi plusieurs sélections avec des variétés étrangères, on rencontre
aujourd’hui
plusieurs variétés :
- Fin de bagnol : Elle est la plus cultivée avec une récolte précoce et
soutenue durant
3 semaines. Les gousses sont longues et cylindriques ne résistant pas à la
mosaïque
;
- Arian (E clause) : Précocité de Fin de bagnol à cosses fines parfaitement
rondes et
des rendements de 6 à 7 tonnes par hectare en essai ;
- Fin de Monclar - Vilmorin : plus productif à cosses longues et rondes, une
récolte
soutenue moins précoce en 63 jours ;
- Fin de lignereux - Vilmorin : Plus résistant à la chaleur avec des cosses se
formant
sous les feuilles ;
- Haricot nain à filet marbré : Ce sont des variétés supérieures aux
variétés vertes ;
- Triumph de Faray et Deuil Fin cosses: longues cosses fines ayant de très bons
résultats ;
- GS -86 HR type haricot sec : C’est la variété la plus utilisée en ce
moment. Sa fiche
technique se présente comme suit :
|
variété |
origine |
année |
rendements moy. |
rendements max. |
cycle |
densité |
|
GS-86 |
HR IITA (Benin) |
1986 |
8 qx |
12 qx |
60 - 65 j |
125.000 pieds |
Comme points forts, cette variété a une bonne conservation en stock et un
très bon goût et points faibles, une déhiscence à maturité, une cuisson un peu difficile
demandant beaucoup d’énergie et une faible production de fanes.
Le Niébé :
Cinq (5) variétés de niébé sont connues au Tchad. TN 88663, KN 1, TVX 32-36,
BR 1, et TN 5-78. Les fiches techniques sont les suivantes :
|
variété |
origine |
année |
rendements
moy. |
rendements max. |
densité |
teneur en
protéines |
cycle |
grains par
gousse |
|
TN-88-63 |
niger |
1963 |
8qx |
20qx |
83.000 |
23-25% |
75-80 j |
10-13 |
|
KN1 |
ITTA (Burkina) |
1984 |
10qx |
23qx |
83.000 |
? |
75-80 j |
13-16 |
| TVX 32-36 |
ITTA Ibadan |
? |
10qx |
23qx |
83.000 |
? |
75-80 j |
10-12 |
|
BR1 |
Brésil |
1989 |
8,5qx |
23qx |
83.000 |
? |
75-80 j |
13-15 |
|
TN5-78 |
INRAN (Niger) |
1978 |
12qx |
25qx |
83.000 |
? |
70-75 j |
11-13 |
Les points forts et faibles des différentes variétés sont les suivantes :
|
Variété |
points forts |
points faibles |
|
TN-88-63 |
bonne conservation en stock
précocité, plasticité rendement moyen,
peu déhiscent et au goût acceptable |
pourriture des gousses en cas d’excès
de pluie en phase de maturité, faible
production de fanes |
|
KN1 |
indéhiscence, précocité, plasticité, bon
rendement, bonne production de fanes |
croissance indéfinie, mauvaise
conservation en stock, cuisson
difficile et sensible aux faibles
températures |
|
TVX 32-36 |
résistant aux thrips, précocité,
plasticité et bons rendements |
déhiscence des gousses et mauvaise
conservation |
|
BR1 |
bonne conservation en stock, bonne
production fourragère, précocité,
indéhiscence à maturité, bonne variété
de couverture et des grains résistants
aux bruches |
sensible à la rhizoctomiose et un
faible rendement moyen |
|
TN5-78 |
goût très appréciable, précocité, bon
rendement, indéhiscence à maturité et
plasticité |
mauvaise conservation en stock,
sensible aux punaises et aux suceuses
de gousses. |
3.2.9 état de conservation :
Au Tchad, la conservation des ressources phytogénétiques a fait l’objet de
beaucoup
d’attention depuis plusieurs années. Les recherches ont été menées dans le
but de faire des
améliorations variétales pour augmenter les rendements des cultures. La
conservation des
germoplasmes en tant que tels a réellement commencé en 1984.
Un projet PNUD / FAO / AGRI / CHD 82 / 003 communément appelé projet Gassi a
dans sa
première phase un objectif de production de semences. En 1987, La FAO a
demandé à ce
qu’une prospection des ressources phytogénétiques soit faite sur l’ensemble
du territoire. Ce
qui a été fait sauf au ouaddai.
Ainsi, un listing du matériel a été confectionné et en 1991 la
classification a donné une
répartition selon les zones sahéliennes et soudaniennes. Il faut dire qu’une
partie du matériel
est encore en étude.
Les variétés qui sont jugées bonnes suivent un filtrage et des tests et sont
diffusées chez les
paysans. Celles qui ne répondent pas aux critères choisies sont utilisées en
tant que géniteurs.
Ceci dans un but de mieux les cadrer. Le projet Gassi dispose d’une chambre
froide où sont
conservées les germoplasmes. Cette chambre est trop petite et manque de
beaucoup de
dispositifs de sécurité permettant au matériel d’être maintenu : panne d’électricité,
manque de
maintenance, etc... La FAO a demandé que la conservation puisse se faire dans
un laboratoire
plus nanti et sous régional. Ainsi il a été demandé d’envoyer le matériel
pour la conservation
au Centre Sahélien de Sadoré de l’ICRISAT à Niamey au Niger.
L’état de conservation des ressources est un problème très important. Il
est difficile d’éviter
les entrées anarchiques de variétés étrangères. Ceci par le manque de
structures étatiques
capables de transcender le phénomène.
En annexe II la liste des écotypes Tchadiens disponibles au Projet Gassi
conservés en
cryoconservation.
3.2.10 Les variétés horticoles et fruitières:
Compte tenu des importations des semences horticoles et fruitières, plusieurs
variétés sont cultivées le long des cours d’eau du pays et dans les zones de polders et
ouaddis. Il n y a pas de statistiques sur les superficies occupées par ces cultures mais l’on pense
que dans toutes les
zones viables du pays où l’eau n’est pas un facteur limitant, elles sont
pratiquées.
3.2.10.1 l’Asperge :
Elle appartient à la famille des Liliaceae. C’est une plante rustique aux
besoins en eau très
faibles pouvant supporter une longue saison sèche sans irrigation. Les
informations
disponibles montrent qu’il y a une variété utilisée (Argenteuil hâtive F1)
qui a fait l’objet
d’abord d’études régionales à l’institut régional d’agronomie
tropicale de Niamey ( IRAT) au
Niger. D’après les essais commencés en 1967 à la station de Tarna et
Niamey, elle se
développe bien sur des sols légers mais pas trop maigres. Dans un sol
argileux, les turions
auront une pénétration difficile. Les sols trop pauvres donnent des produits
chétifs. Il serait
bon de cultiver pour l'instant, la variété Argenteuil hâtive et de faire des
essais avec les
variétés suivantes : Lymbergia hâtive F1 ; Blancha alexandra ; Menhir F1 ;
Super prolifique.
3.2.10.2 L’oignon :
(Allium cepa)
C’est un légume cultivé depuis des siècles par les paysans tchadiens. Il
existe différentes variétés locales suivant les régions.
Les variétés reconnues sont au nombre de deux au niveau national. Les noms de
ces variétés tiennent lieu à la région où elles sont cultivées :
- oignon d’Abeché, petit et de très bonne conservation ;
- oignon du chari qui est violacé.
Seules les variétés à jours courts donnent de bons résultats. On peut
distinguer chez certains maraîchers les variétés suivantes :
- variétés africaines :
-
n violet de galmin à 150 jours. C’est un gros oignon violet de très bonne conservation.
- violet de say à 140 jours à bulbe moyen. Il se conserve très bien à 72 °
à six (6) mois de la récolte avec un rendement de 30 - 40 tonnes/ha
- oignon de tillabery, 140 jours. C’est un oignon à bulbes multiples blanc ou
violet, petit de très bonne conservation (85 - 95 %) avec un rendement de 25 - 35
tonnes par hectare.
- Variétés étrangères :
Plus de 20 variétés ont fait l’objet d’essais à la station IRAT de Tarna
au Niger. Les meilleures sont :
- Barley grano : 165 - 175 jours avec 45 - 55 tonnes/ha. Oignon jaune de
mauvaise conservation après trois mois.
- Earley Texas White : 170 - 175 jours avec 45 - 50 tonnes/ha. Oignon blanc de
mauvaise conservation après trois mois.
- Early Texas Yellow : 155 - 165 jours avec 35 - 60 tonnes/ha.
- Yellow granex : 156 jours avec 48 tonnes /ha. Très bel oignon ovoïde, doit
faire l’objet d’essais multiples.
- oignons blancs américains : Ils sont très spéciaux c’est à dire très
exigeants.
- Whippet créole : plus de 164 jours avec 20 tonnes/ha.
- Yarnell : Il est de stockage traditionnel dans les fermes. De bonne valeur
ajoutée, son stockage en sac donne de très mauvais résultats.
Aucune autre variété d’oignon cultivée au Tchad ne possède de meilleures
propriétés de conservation et des marchés d’exportation assurés que l’oignon d’abéché.
3.2.10.3 L’aubergine :
C’est un légume qui pousse très bien au Tchad toute l’année avec quelques
difficultés durant les fortes chaleurs (mars à mai). C’est également, une plante très
exigeante qui demande un sol riche. Elle pousse très bien sur des sols lourds et humifères, permet d’utiliser
les terres des cuvettes et les tâches argileuses des terres à condition d’avoir un bon
drainage. Les principales variétés sont :
- Aubergine noire de barbentane.
- Aubergine violette longue hâtive.
3.2.10.4 Le piment :
(Capsicum frutescens)
C’est le seul légume dont la culture présente des difficultés mais qui est
intéressant au niveau
de la commercialisation. Le Tchad est concurrencé pour ce légume par la Cote d’ivoire,
le
Sénégal, le Niger, le Mali, et les Antilles. Il peut donner de bons résultats
avec 8 à 10
tonnes/ha ou de très mauvais avec seulement 1 à 2 tonnes/ha. Toutes les
variétés vivent bien
au Tchad toute l’année mais seules les variétés carrés sont très
demandées. Il y a :
- Carré doux d’Amérique : fruit à quatre lobes de grosseur moyenne 10 x 11
cm de
chair épaisse, vert foncé assez précoce
- Yolo wender : fruit à 4 lobes ressemblant au précédant mai résistant à la
mosaïque
du tabac.
- Californien Wender : Très gros fruit de 16 x 11 cm qui est plus intéressant.
3.2.10.5 la Tomate :
(Lycopersicum esculentum)
C’est un important légume dans la consommation locale en frais et en sec et
qui peut être sous forme concentré et se conserve pour l’exportation sur les pays du sud de l’Afrique
centrale. Délicat à être obtenu en novembre et juin - juillet - août à cause des
fortes chaleurs d’octobre et d’avril, mai et juin provoquant la chute des fleurs.
Les différentes variétés sont :
- semis de septembre à octobre, récolte de décembre à mars : marmanide ;
piernita ; merveille des marchés ; red jaquet.
- semis de novembre à janvier, récolte de février à mai : roma ; ronita ; VF
2I - 4 - 145 ; red charry ; primabel.
- semis de mai à juin , récolte en août - novembre : ronita; piernita red
jaquet fournaise ; primabel ; VF 2I - 4 - 145 ; VFN 8 ; meney maker ; HY FI ; Monita.
Les variétés Ronita, Monita, Piernita, et VFN 8 sont résistants aux
nematodes.
Les variétés fournaises et primabel sont très hâtives (80 jours après le
semis).
Les variétés Ronita, primabel, Roma, VF 2I - 4 - 145 sont à végétation
déterminée et ne taillent pas.
Les sols favorables sont les sols légers, meubles et riches en humus. Pour la
culture, il faut faire un assolement de 2 ans sans une autre solanaceae.
3.2.10.6 Le cornichon :
Elle est cultivée au Tchad en saison sèche depuis quelques années seulement.
On peut distinguer quelques variétés :
- vert petit de paris ;
- B11 et B26 de hollande ;
- vorgebirg ;
- levo ;
- n° 38 de vilmorin.
Après une première expérimentation, la variété levo semble être la
meilleure mais les essais doivent être repris avec les variétés hollandaises Epros F1, B11 et Epran F1
(B26).
Ces plantes ne sont pas très exigeantes en sols mais préfèrent les terres
argileuses.
3.2.10.7 Le courge :
Depuis 1966, des essais ont montré que malgré les rendements obtenus, cette
culture est
déficitaire. Les variétés étrangères sont supérieures aux variétés
locales surtout par leur goût ,
richesse en vitamine A et rendement. Les variétés rencontrés sont :
- Pleine de Naples : excellente variété à chair orangée, se consomme en
courge et
courgette ;
- Longue de Nice : S/V de la Pleine de Naples. Elle possède un fruit allongé
et n’est
renflé qu’à une extrémité d’où plus de chair et moins de graines ;
- Musquée d’hiver de Provence : très bonne variété à fruits ronds
aplatis.
3.2.10.8 Le melon :
Il est cultivé au Tchad depuis de nombreuses années. Il n’a pas fait l’objet
d’études sérieuses.
Le fruit ne se vend que quand il est sucré et parfumé. Ce qui est assez
difficile à obtenir chez
un maraîcher non averti. Les variétés sont :
- Cantaloup charantais : excellente pour l’exploitation ; Doublon : très
résistant à la
fusariose et à l’anthracnose. Le témoin sera le cantaloup charantais
ordinaire ;
Rafon ; E - Clause; Ido; Orlinabel « INRA « ; Vedrantais vilmorin ; Cantalum ;
Cristel FR 159 paysan.
3.2.10.9 Le pastèque :
C’est une plante très cultivée pour son fruit en Afrique du nord.. Elle ne l’était
presque pas au Tchad dans les années soixante. Introduite depuis les années soixante dix,
elle donne pourtant de très bons résultats. Peu exigeante, elle préfère un sol moyen.
Il existe de nombreuses variétés dans le monde. Celles vulgarisées au Tchad
émanent de la mission formose du Niger. Les fruits sont volumineux souvent cueillis trop mûrs
mais de faibles rendements.
Les principales variétés sont :
- Sugar baby : 10 - 15 tonnes/ha ;
- E-Clause 30 - 35 tonnes/ha à 90 jours et un poids maximum de 16 kg ;
- Crimson Sweet (USA) : meilleure du point de vue goût. Sa forme ovoïde
aplatie aux extrémités de poids maximum 23 kg et de rendement 28 - 30 tonnes/ha à 100
jours.
- Verte à chair rouge : de graine noire à 93 jours avec un rendement de 20 -
24 tonnes/ha et 7 tonnes en moyenne.
- Klondike XI : tardive à grand développement avec 24 tonnes/ha maximum et 18
tonnes/ha en moyenne ;
- Klondike R7 : tardive à gros fruits avec 24 tonnes/ha ;
- Congo : 105 jours à gros fruits avec 26 tonnes/ha maximum.
3.2.10.10 état de conservation :
Face à une demande très forte dans les zones urbaines et même au delà, le
développement de
la filière horticole est très important depuis quelques années. Ce qui donne
un avenir à ces
espèces si elles sont conservées. Ces espèces pourrissent très vite. Les
recherches dans ce sens
ne sont pas encore très développées. Les importations anarchiques des
semences doivent être
réglementées si l’on veut conserver ce qui reste comme variétés locales.
3.2.11 les variétés d’agrumes :
-
Manguiers ( Mangifera indica),
-
Citronniers (Citrus lemon),
-
Goyaviers
-
Orangers
sont les espèces fruitières qui ont fait l’objet de recherche au niveau
national. Les travaux sont en cours pour les autres espèces d’agrumes.
Le Tchad de par la grande diversité de ses sols et de son climat possède de
multitudes de possibilités fruitières mais aussi d’énormes difficultés pour les mettre
en valeur à cause de leur déperdition et des grandes distances des routes non bitumées qui
séparent les régions.
Techniques culturales :
- Ecologie :
- Température : Se développant sous 13-39°C en général, les agrumes ont
une résistance au froid bien supérieure à celle qui leur a été attribuée ;
- Pluviosité : 120 mm par mois représente une quantité d’eau au dessus de
laquelle la culture des agrumes exige le recours à l’irrigation ;
- Sols : Ils doivent être profonds de préférence légers (sablo argileux ou
argilo sableux). Les sols lourds s’ils sont bien drainés peuvent convenir. Ils
redoutent les eaux salines (au dessus de 0,5%) et demandent un pH de 6-7,5.
- Culture : La pratique du greffage est la plus utilisée. On n’a d’abord
adopté le brigadier comme porte greffe mais il est très sensible à la Tristeza. Le
greffage se fait généralement par écusson à 30 cm du sol. Les semis des
porte greffes : 1 kg de graines : 2000-3000 plants, levée en 15-25 jours et 6-
9 mois plus tard, on repique en pépinière à 0,4- 0,8 m d’espacement. Les
plantations : Orangers (5m x 7m x 6m x 8m) avec une densité de 200-280/ha
; Citronnier (6m x 8m x 7m x 9m) avec une densité de 160-280/ha
Par rapport aux zones agroclimatiques, il a été identifié 6 zones :
- Zone de N’Djaména : le long des vallées du chari et du logone
- zone soudanienne : pala, moundou, doba, sarh ;
- zone sahélienne occidentale : ouaddis et polders du kanem et du lac ;
- zone sahélienne orientale : ouaddaî, biltine, salamat dans les ouaddis et
bas fonds.
- zone sahélienne centrale : guerra avec les manguiers
- zone saharienne :
- Au niveau de la zone de N’Djaména :
les zones comprennent la sous préfecture de N’djaména rural et Guelendeng.
Des périmètres irrigués sont pour la plupart suivis par des organismes publics (ONDR, ONADEH,
CBLT) et privés (ONG/ ACRA, AFRICARE, CARE, UNICEF, VITA) etc .... Certaines,
appartiennent aussi à des particuliers dont beaucoup parmi les plus petits échappent aux
enquêtes . On peut évaluer à près de 50 le nombre de périmètres irrigués (42 encadrés et 6
non encadrés) Au niveau des périmètres encadrés, une évolution très forte a été observée
depuis quelques années.
Une étude faite par le Bureau interministériel d’études et des projets en
1988 a permis d’établir que les arbres fruitiers en production sont relativement peu
nombreux. On trouve généralement des plantations qui datent de très longtemps (15 à 30 ans) et
très peu d’arbres greffés. Par rapport aux espèces, la plante la plus produite est le citronnier
ou le limetier. Viennent ensuite le manguier et le goyavier. Dans des proportions très faibles
on trouve l’oranger et le pamplemoussier.
En terme de quantité, l’enquête (1988) a donné les chiffres suivants :
Citronniers (5042), Manguiers (1239), Goyaviers ( 716), Orangers (106).
Tableau de répartition :
| |
Nbre d’arbres |
% espèces |
rdt moyen |
tonnage |
période |
|
citronniers |
5042 |
71 |
100 kg |
504 |
toute l’année |
|
manguiers |
1239 |
17 |
200 kg |
248 |
oct-déc |
|
goyaviers |
716 |
10 |
50 kg |
36 |
jan-sept |
|
orangers |
106 |
2 |
100 kg |
|
toute l’année |
|
total |
7102 |
100 |
|
799 |
|
source : fruits et légumes (Doc. BIEP 1988)
Les principales variétés de manguiers de la région de N’Djaména observées
au centre fruitier
de koundoul sont : Lippens, Davis Haden, Keitt, Kent, Palmer, Haden, Eldon,
Smith, Tommy
Atkins, Springfels. Pour les mandarines il y a les variétés suivantes :
Fortune, Dancy,
Frémont, Oscéola, Fairchild, Lee, Beauty. Pour les agrumes : Limes ( Tahiti et
perse),
Tangelos (Orlando et san jacinto), Tangors (temple et ortanique), Oranges
(Valencialate).
NB : Les caractéristiques de ces espèces et variétés d’agrumes et de
manguiers produits à la station de koundoul sont en annexe III
- Dans la zone soudanienne la production dominante est la mangue dite «
améliorée du Cameroun » de couleur jaune et verte à maturité. La plupart des plantations
sont anciennes installées avant la colonisation. Le nombre d’arbres en production dans les
vergers étudiés (Doba, Gounou gaya, Kelo, Koumra, Moundou, pala et sarh) fait ressortir les
chiffres suivant : manguier (30906) ; Goyavier (7173) ; citronnier (3876) ; orangers (
1449).
Tableau de répartition globale:
| |
nbre
d’arbres |
% |
rdt en kg |
tonnage |
% |
|
manguiers |
30.906 |
71 |
200 |
6181 |
87 |
|
goyaviers |
7173 |
17 |
50 |
359 |
5 |
|
citronniers |
3873 |
9 |
100 |
388 |
6 |
|
orangers |
1449 |
3 |
100 |
145 |
2 |
|
total |
43404 |
100 |
|
7073 |
100 |
source : fruits et légumes (Doc. BIEP 1988)
Tableau de répartition selon les secteurs :
| |
manguiers |
goyaviers |
citronniers |
orangers |
|
Doba |
10379 |
850 |
256 |
284 |
|
Gounou gaya |
1341 |
1133 |
373 |
5 |
|
Kélo |
392 |
198 |
97 |
262 |
|
Koumra |
2659 |
114 |
96 |
10 |
|
Moundou |
4205 |
1414 |
891 |
70 |
|
Pala |
6592 |
2652 |
1721 |
618 |
|
Sarh |
5338 |
782 |
442 |
200 |
|
Total |
30906 |
7173 |
3876 |
1449 |
source : fruits et légumes (Doc. BIEP 1988)
Tableau de répartition selon les périodes de production :
| |
manguiers |
goyaviers |
citronniers |
orangers |
|
saison sèche froide |
7% |
9% |
10% |
19% |
|
saison sèche chaude |
92% |
45% |
|
25% |
|
toute saison |
1% |
|
7% |
|
|
saison des pluies |
|
46% |
83% |
56% |
source : fruits et légumes (Doc. BIEP 1988)
- Dans la zone sahélienne occidentale où l’on trouve le kanem et le lac, une
intense activité en matière d’arbres fruitiers surtout les orangers est né depuis quelques
temps. Plusieurs
projets de développement ont mis l’accent dans ce domaine : FIDA, SODELAC,
CARE TCHAD....
Il faut signaler que dans ces zones les surfaces agricoles sont très limitées.
Ce qui traduirait une limite au niveau de la production. Les activités sont menées d’une zone
à l’autre selon un modèle spécifique. Il n y a pas de chiffres globaux pour cette région hormis
les zones de chédra, nokou, amsilep et mao.
Tableau de répartition :
| |
nbre
arbres
(sodelac) |
nbre
arbres
(kanem) |
total des
deux zones |
% |
tonnage |
rendement |
|
manguiers |
257 |
75* |
332 |
1 |
66 |
200 |
|
goyaviers |
906 |
434* |
1340 |
5 |
67 |
50 |
|
citronniers |
972 |
4313** |
5285 |
19 |
528 |
100 |
|
orangers |
98 |
4* |
102 |
|
1 |
100 |
source : fruits et légumes (Doc. BIEP 1988)
- *Care Tchad (Chédra et Nokou)
- **Care Tchad (Chédra et Nokou) plus ONDR (Am silep), Mao (30 ouaddis).
- Pour ce qui est de la zone sahélienne orientale que constituent le ouaddai,
le biltine et le
salamat, il y a une importante production de fruits très difficile à exploiter
par suite de
manque de données chiffrées. Il y a des régions plus productives que d’autres
tels que
amzoer, guereda au niveau du biltine et le long des ouaddis au ouaddai. Il faut
dire que
cette zone est plus maraîchère que fruitière. Les données quantitatives
suivantes ont été
signalées : manguiers ( 36907) ; goyavier (16233) ; citronnier (2969) ;
orangers (132) ;
dattier (545).
- Pour la zone sahélienne centrale plus fruitière que légumière, les vergers
sont situés
principalement dans la sous préfecture de Bitkine et du Batha. Pour la zone
Bitkine, les
données de l’enquête sont les suivantes : manguiers (12240) ; goyaviers
(4298) ;
citronniers (3103) ; orangers (856).
3.2.11.1 état de conservation :
Pour toutes ces régions identifiées, un certain nombre d’introductions
anarchiques des variétés
plus productives venant des pays comme le Nigeria le Burkina ou le Soudan et
même
l’Europe...., menacent dangereusement les variétés locales qui sont
délaissées par les paysans.
Un autre problème est l’introduction des plants greffés de manguiers,
citronniers et autres se
vendent comme des petits pains dans les rues. Ceci pose un véritable problème
de
transmission des maladies pouvant attaquer les souches locales. Il faut
nécessairement un
contrôle pour éviter ces entrées anarchiques. Le problème de la conservation
doit se voir plus
du côté des problèmes pathologiques et phytiatriques
Au Tchad, il existe très peu de variétés et d’études sur les espèces
fruitières . Certaines
régions comme le moyen chari, le ouaddai et le chari baguirmi recèlent d’énormes
possibilités
mais de productions potentielles relativement faibles. C’est dans les années
quatre vingt, avec
la création de l’Office National de Développement de l’horticulture
(ONADEH) que des tentatives d’amélioration ont commencé.
Depuis 1989, un programme national de développement de ce secteur a permis de
développer et rédynamiser les centres de Déli, Koundou et Bebidja. On trouve en ce moment
une collection fruitière d’une soixantaine de variétés. Dix neuf (19)
variétés de manguiers sont implantées à Abeché , vingt cinq (25)variétés de manguiers et sept (7)
variétés de mandariniers à Koundoul. Cette multiplicité est due aux zones agro
écologiques changeantes car, les espèces fruitières sont difficiles à mettre en place. L’amélioration
de ces variétés passait par l’usage de greffes pour obtenir la rusticité des variétés
locales et le haut potentiel de production de celles importées. Ainsi, plusieurs porte - greffes sont
utilisés notamment : Brigadier, Citronge troyer, Citronge carrizo, Citrus volka mediana, Citrus
microphylla. Tous ces porte-greffes ont montré une résistance à la gommose sauf pour le Citrus
microphylla.
- Dans la zone saharienne, la région de faya largeau est la plus réputée avec
ses dattiers et sa vigne. L’origine de ces cultures, remonte à la période de grande expansion
de la civilisation Egyptienne du nouvel empire, c’est à dire, mille ans avant
Heredote. D’abord cultivées au fezzan, elle sont introduites au borkou soit directement soit
indirectement par Koufra ou par le Kaouar.
3.2.11.2 Le palmier dattier :
( Phoenix dactylifera)
Plante oasienne, l’homme ne pouvait se maintenir de façon permanente dans les
dépressions des déserts sans les dattiers qu’il a lui même plantés. Au Tchad, les
grands peuplements de dattiers sont observés au borkou et au kanem.
Superficies et effectifs :
Aujourd’hui, les populations sédentaires et nomades confondues, vivant dans
les déserts plantent annuellement un grand nombre de dattiers et mettent ainsi en valeur de
nouveaux terrains. Les dizaines de millier de plantes mises en terre chaque année
assurent le renouvellement de palmiers non productifs en raison de l’ensablement ou de
leurs grands âges car, un palmier peut vivre jusqu’à 100 ans.
C’est entre 1954 et 1957 que des études de J Pias et J Poissot avec des
photographies aériennes prises par l’l’IGN que les premières estimations sont faites et
qui se chiffrent à près de 3.000 ha. L’ordre de grandeur de ces mesures n’étant pas réaliste, car
non précisé, un croquis d’occupation des sols à l’échelle 1/1.000.000 a été fait.
En 1988, l’augmentation de superficies par rapport au croquis de J Pias et J
Poissot est évaluée sur le terrain au niveau de la région du borkou à environ 655 ha
alors que les surfaces recalculées à partir des mêmes croquis 5.325 ha paraissent trop élevées
(Rodriguez M 1988). Ceci pour plusieurs raisons :
- les chiffres de début 1990 donnent 4.500 ha ;
- l’intense activité de plantation assurent le renouvellement des palmeraies
et génèrent une extension de la surface de certaines d’entre - elles. Ainsi,
pour
déterminer l’effectif total de palmiers dattiers, il faut apprécier la
densité de plantation et l’appliquer ensuite aux estimations des superficies ;
- En palmeraies intensives, la superficie totale des jardins est estimée à 400
ha x 210 dattiers / ha soit 84.000 à 85.000 dattiers irrigués ;
- En palmeraie extensive, 4.100 ha x 250 touffes / ha soit 1.025.000 dattiers
(seulement 1/3 des touffes est en production soit environ 340.000 dattiers).
On considérera un effectif global de 1.110.000 dattiers dont 85.000 d’entre -
eux bénéficient d’une irrigation. Outre la région du borkou, on note la présence de grandes
plantations au niveau de la région du kanem mais qui sont de superficies moindres.
Dans la région du Kanem et lac, l’étude faite par le BIEP a dénombré près
de 20000 plants de dattiers (17 ouaddis enquêtés) plantés dans les pourtours des ouaddis sans
irrigation
La question variétale :
Les espèces sont dioîques c’est à dire comportant des pieds mâles et
femelles qui donnent des dattes.
On appelle cultivar ou vulgairement variété, l’ensemble des clones d’un
individu initial. Ainsi, vingt six (26) cultivars ont été recensés et décrits au niveau de la
dépression du borkou.
Caractéristiques de ces variétés :
|
cultivars |
potentiel de production en
kg/dattier |
disponibilités
en rejets
|
|
extensif |
intensif |
|
Bornow |
40 |
150 |
très importante |
|
Kougoudou |
50 |
120 |
importante |
| Koîdow |
40 |
110 |
importante |
|
Aribo |
40 |
150 |
importante |
|
Anagow |
25 |
100 |
bonne |
|
Koîdi dellémadow |
40 |
110 |
bonne |
|
Koîdi bichanga |
40 |
100 |
bonne |
|
Waserdow |
40 |
65 |
importante |
|
Tirtidou |
40 |
70 |
bonne |
|
Ardousow |
30 |
100 |
moyenne |
|
Zalao |
40 |
150 |
bonne |
|
Wallo |
60 |
90 |
moyenne |
|
Arsandow |
25 |
65 |
moyenne |
|
Mékoîdi |
60 |
100 |
bonne |
| Kourdow |
20 |
50 |
moyenne |
|
Mourudow |
30 |
60 |
faible |
|
Kouhi |
30 |
75 |
moyenne |
|
Lohandjé |
60 |
100 |
moyenne |
|
Dogordow |
60 |
100 |
faible |
|
Marchiano |
40 |
80 |
très faible |
|
Métoukouli |
40 |
60 |
moyenne |
|
Méboul |
75 |
125 |
très faible |
|
Wardanga |
5 |
80 |
moyenne |
|
Méguirti |
40 |
- |
faible |
|
Mékléya |
20 |
30 |
très faible |
|
Météréli |
40 |
- |
|
On dénombre ainsi:
- trois (3) variétés de dattes molles à chair acqueuse et de conservation
délicate ;
- quinze (15) variétés de dattes demi molles de consistance tendre se
conservant plus ou moins longtemps ;
- Sept (7) variétés de dattes demi sèches, à chair ferme et de bonne
conservation;
- Une (1) variété à chair craquante et de longue conservation.
De toute cette répartition il y a :
Cinq (5) variétés seulement qui représentent 85 % des dattiers ( 1 sèche, 2
demi sèches, 1 demi molle de longue conservation).
Les producteurs disposent d’un large éventail de possibilités pour choisir
les cultivars qu’il vont planter. Ce choix s’opère en fonction de nombreux critères :
disponibilité en rejets, aptitudes à la conservation et à la commercialisation, productivité et
qualités gustatives, tout en veillant à ce que la maturité des variétés choisies s’échelonne de
manière à faciliter la récolte et le séchage.
3.2.11.2.1 état de conservation :
A première vue, la palmeraie extensive avec des dattiers abandonnés à eux -
mêmes présente un caractère sauvage. Or, il n’en est rien puisque les arbres sont tous,
quasiment sans exception , issus de rejets plantés par l’homme . Ces dattiers conduits en
touffes et ceux bien entretenus dans les jardins irrigués ne révèlent pas deux niveaux techniques
différents. Il s’agit là d’une seule pheniculture comprenant deux stratégies
complémentaires liées à la disponibilité en main d’oeuvre.
Les conditions particulières de la dépression font que les palmiers plongent
directement leurs racines dans la nappe phréatique superficielle, affranchissant l’homme de
toute obligation d’arrosage. Il est donc possible de planter du dattier sur des sites
favorables et de s’absenter ou de vaquer à d’autres occupations pendant la majeure partie de l’année.
C’est pourquoi tout le monde plante régulièrement et en quantité significative. L’état de
conservation des plantes est lié au rendement que procure cette production pour les économies
traditionnelles des régions sahariennes.
3.2.11.3 La vigne et le figuier:
(Vigne : Vigna sativa)
(Figuier : Ficus gnaphallocarpa)
Au Tchad bien que se soit sur de petites surfaces, la culture de la vigne
rencontre un milieu
favorable surtout dans le borkou (région de faya largeau) pas de risque de gel
et un air très
sec empêchant le développement des maladies cryptogamiques . Elle fournit un
très bon
raisin de table si elle est plantée dans des conditions d’arrosage corrects
et à l’abri des vents.
De l’origine, il semble que les premiers pieds auraient été importés de
koufra au début du
siècle. Dans les années 1950, la vigne se trouve aux mains des européens et
des fezzanais et il
faut attendre les aménagements des périmètres irrigués pour qu’elle
commence à être adoptée
par les paysans de faya et se répandre dans les différentes exploitations, les
jardins et les cours
des habitations. Un programme de recherche est mené depuis quelques années par
la sous
direction zone saharienne. Les résultats sont loin d’être satisfaisants.
La plus grande partie des ceps a été perdue durant la guerre des années
quatre vingt.
Contrairement aux dattiers, les ceps ne s’enracinent pas profondément dans le
sol surtout s’ils
sont accoutumés par une irrigation permanente. En 1987, l’office national du
développement
rural entreprit des actions visant la sauvegarde d’un grand nombre de pieds.
Les grandes
variétés muscat d’Alexandrie et le chasselas, introduit par le service de l’agriculture
avaient
disparu. Des problèmes d’ordre techniques (taillis de la vigne) sont
rencontrés par les paysans
du borkou. Le rameau étant laissé se développer en toute liberté entraîne,
il y a une
prolifération excessive de la vigne qui, par ailleurs n’est jamais palissée
en dehors des cours
d’habitation. La production est de 6 à 10 kg par pied et s’étale sur près
de deux mois à
compter de la mi - avril. Le prix sur le marché est très cher environ 1000 à
1500 Fcfa le kg.
Le figuier quant à lui a été introduit par des voyageurs fezzanais en même
temps que d’autres
arbres fruitiers. Il possède deux phénotypes d’allure comparable mais qui
diffèrent par leurs
fruits. Il est multiplié par bouturage et commence à donner des fruits s’il
est bien arrosé au
bout de un an et demi. La production s’étale sur toute l’année en marquant
quelquefois une
pause pendant les mois les plus froids.
Les vignobles ainsi que les figuiers ne sont pas séchés pour la
commercialisation mais
consommés au fur et à mesure de leur récolte.
3.2.11.4 Le rônier :
(Borassus flabellifer)
C’est une plante qui est classée dans la catégorie des plantes forestières
proches de l’homme.
Elle procure des fruits et des matériaux de construction. Des rejets de cette
plante sont
également consommés. C’est un monocotylédone appartenant à la famille des
Aracaceae et à
la sous famille de Borassoideae. Au Tchad, les peuplements de rôniers sont
importants dans la
région de Ngam mais aussi de manière éparse dans beaucoup de régions. Il est
très difficile de
déterminer avec exactitude l’origine de ces rôneraies tant le peuplement est
ancien.
L’état de conservation des rôneraies est inquiétant à cause d’une
demande croissante en
charpentes pour les constructions mais aussi par le manque de pépinières
conséquentes.
3.2.12 Races et variétés de tubercules :
Cultivées essentiellement dans la zone méridionale du Tchad, les races et
variétés de tubercules sont en pleine expansion dans la zone Sahélienne notamment au Chari
baguirmi, au Ouaddaî et au Guerra.
3.2.12.1 Le manioc :
(Manihot utilissima)
Plante cultivée depuis très longtemps par les paysans, les travaux de
développement du germoplasme ont commencé en 1994 avec un programme qui comprend deux volets
principaux : amélioration des techniques de production et le développement du
germoplasme avec les variétés locales et améliorées.
Le programme comprend la collection, l’évaluation et la caractérisation des
variétés locales où 15 variétés sont collectionnées actuellement à la station de Déli et un
volet concernant l’introduction des variétés améliorées de l’IITA d’Ibadan (Nigéria)
depuis 1994.
Plusieurs sélections sont faites où 50 familles ont été semées à cette
date (1994). En ce moment, 41 lignées ont été retenues. Parmi celles - ci, quatre (4) sont
évaluées en milieu réel. Il s’agit de : 94 / D 66; 94 / D 77; 94 /D 46 et 94 / D 94.
Pour ce qui est des variétés améliorées qui ont déjà subi différentes
phases de sélection à Ibadan, de 370 variétés introduites au Tchad en 1996 / 1997, 233 variétés
sont retenues dont 4 sont en test en milieu réel. Ce sont : Q 71762 ; 89 / 00003 ; 4 (2) 1425 ; /82
/ 00033. Les recherches sont encore très limitées et à leurs débuts au niveau du
bureau de la recherche agronomique (BRA).
3.2.12.2 L’igname :
(Dioscoreacea rodundata)
Parmi les tubercules étudiées au niveau national, il est le deuxième produit
vivrier après le manioc. La consommation au niveau national est de 30 kg / an / habitant. Elle
tend à être une culture de base. La production reste très traditionnelle et très variable d’une
année à l’autre et d’une région à l’autre. Par le manque de moyens, la recherche sur cette
denrée est limitée. La région où cette culture est dominante est le moyen chari dans les zones de
sarh, moîssala, kyabé et danamadji. sous 800 à 1200 mm de pluviométrie. Ces zones fournissent
près de 45 % de la production nationale.
La recherche très timide, menée depuis 1994 sur l’igname porte sur :
- la collection des cultivars locaux ;
- la caractérisation , l’identification, l’évaluation de la résistance à
la sécheresse, aux maladies et autres intempéries écologiques et
- l’introduction des meilleurs cultivars.
Plusieurs contraintes liées à la recherche et à la production sont observées
:
Au niveau de la recherche il y a :
- une insuffisance des chercheurs et techniciens spécialisés ;
- un manque de moyens mis à la disposition de la recherche ;
- une absence de structures de recherche et
- une carence dans la documentation spécialisée.
Au niveau de la production :
- une insuffisance et une irrégularité de la pluviométrie
- faible fertilité des sols ;
- infestation d’adventices ;
- manque de techniques de conservation et de transformation ;
- absence de phytotechnie ;
- Etc...
La culture de l’igname représente près de 20 % de la production nationale
des racines et tubercules. Trois (3) types d’igname sont principalement cultivés :
- Dioscorea cayenensis (variété : Haab, Karo, Kibenkiner, Dadjigone et
Mbandogue) ;
- Discorea alata (variété : Ngoul gla, Ngoul nda) ;
- Discorea bulbifera (variété Ngoulkande).
Les autres tubercules telles que patate douce, pomme de terre, taro etc.... ne
sont qu’au stade des études pour la caractérisation des différentes variétés.
3.2.12.3 état de conservation :
Que se soit le manioc ou l’igname, le niveau de la production a sensiblement
augmenté en moyenne. Pour des régions productrices, cette hausse de la production a
entraîné une importante augmentation des revenus. Le problème de la conservation ne se situe
pas en terme de production mais de la capacité des variétés à pouvoir être conservées
sous terre. C’est le cas de l’igname, variété 6 mois, précoce, résistant à la sécheresse et
qui se conserve très bien en zone soudanienne. En zone sahélienne, au Guerra par exemple, les problèmes
d’eau et de dévastation par le bétail pose d’énormes problème quant à la diffusion
des résultats de la recherche.
3.2.13 Autres espèces végétales
3.2.13.1 La Canne à sucre :
(Saccharum sp)
C’est une culture qui n’est pas très ancienne au Tchad. Elle est produite
en culture industrielle ou en culture familiale occupant les parcelles toutes les saisons de l’année
(saison humide, saison sèche fraîche et saison sèche chaude).
Elle est cultivée pour ses tiges qui contiennent un jus sucré dont on tire le
saccharose ou sucre cristallisable. Elle est également utilisée en consommation directe. L’extraction
se fait encore de façon artisanale. A partir du jus de canne, se fabrique le rhum et diverses
boissons alcoolisées. Les sous produits sont :
- la bagasse : résidus ligneux, employés comme combustibles de la sucrerie ou
pour la fabrication de panneaux, pâte à papier et furfural. De la cire peut en
être extraite ;
- la melasse : utilisée après fermentation en distillerie pour produire du
rhum et alcools industriels et également comme aliments de bétail ;
- les écumes (boues ou tourteaux) de filtration et comme engrais pour l’amendement
des terres ;
- etc....
C’est de 1963 à 1965 que les premiers essais ont été introduits à la ferme
expérimentale de
Moussa foyo. Depuis 1966, d’autres essais conduits par le SIAN à Banda (Moyen
- chari)
sont venus s’y ajouter. Une trentaine de variétés introduites de divers pays
ont été testées à
cette époque dont une quinzaine se sont montrées valables pour la
vulgarisation. Elle est
menée sous deux formes : soit en culture industrielle, soit en culture
familiale.
En culture industrielle, la variété NCO 310 s’est révélée la plus
intéressante avec une tige
assez fine ( ce qui est recherché). Elle l’est beaucoup moins en culture
familiale où les gens
aiment les tiges grosses car, consommée sur pied. Cette variété est beaucoup
plus développée
en ce moment dans l’unité industrielle de Banda à Sarh dans le Moyen chari.
Des recherches
en cours, menées à la Direction de la recherche et de la technologie agricole
(DRTA) ont
donné des résultats prometteurs quant à l’installation de sites de
production industrielle dans
la région de Karal, aux voisinages de la zone insulaire du Lac Tchad. De ces
essais, les
semences des variétés à tiges grosses sont produites et diffusées auprès de
producteurs privés
pour des cultures familiales.
Ainsi, en culture familiale, on distingue les variétés suivantes : 00 453 / 00
419 / 00 420 /
POJ 28 78 / Q 50 et PINDRA.
Ces différentes variétés font l’objet d’une certaine intensification dans
les polders du Lac
Tchad depuis quelques années.
Techniques culturales : irrigation d’appoint, sols légers avec traitement des
termites et
conduite agronomique adéquate sont les conditions indispensables pour garantir
la production
de cette culture.
Par rapport aux conditions hydriques, pour que le développement ait lieu
normalement, il faut
assurer une irrigation suffisante. Le besoin de la canne à sucre est de 8000 m3
d’eau / an / ha,
à raison de 150 M3 d’eau / semaine / hectare. Ceci correspond à une
pluviométrie totale de
800 mm à condition qu’elle soit repartie uniformément au cours de l’année
. Or, au Tchad, il y
a même dans les zones les plus arrosées, au moins quatre (4) mois absolument
secs.
Cette culture ne peut donc pas être envisagée sans irrigation artificielle
pendant une période
de l’année dont la longueur dépendra de la pluviométrie totale et de la
durée d’autant plus
longue que la plantation aura lieu du sud vers le nord du pays. Agronomiquement,
on peut
même la cultiver dans des zones à faibles pluviométrie tout en faisant une
irrigation d’appoint.
La canne à sucre pousse sur des sols très variés (de préférence sur des
sols un peu léger) mais
supporte mal une inondation d’une certaine durée. Sur les sols trop argileux
où l’inondation
est fréquente, elle se comporte très mal. Les termites peuvent détruire
totalement les
plantations. Pour lutter contre ces termites, il faut tremper chaque bouture
pendant 2 à 3
minutes dans une solution d’Agallol (produit organo mercurique)à 500 g dans
100 litres
d’eau.
D’un point de vue agronomique plusieurs techniques culturales sont
conseillées :
- rotation : par la durée de son cycle et le maintien pendant deux années
consécutives, il est possible de faire cette culture dans une rotation
classique : canne
à sucre - canne à sucre - arachide - canne à sucre ........
- époque de plantation : saison fraîche pour une économie de l’irrigation :
de
préférence de janvier à février.
- densité : en culture industrielle, les interlignes doivent tenir compte du
passage des
engins : 1m en mettant une bouture tous les 30 cm.
- fertilisation : la canne à sucre est une culture assez exigeante en
éléments nutritifs ;
azote et potassium de 5 à 600 kg / ha.
- façons culturales : labour (un seul), sarclage (un seul) et buttage (plante
à 40 cm)
sont adéquats.
Compte ténu des possibilités d’irrigation, du rendement final, de la teneur
en sucre et de la
rentabilité économique, un essai à Banda a montré que l’irrigation en
période de maturation
n’était pas payante et qu’elle peut même compromettre la physiologie des
plantes.
3.2.13.1.1 état de conservation :
Exploitée industriellement par la société nationale sucrière du Tchad
(SONASUT), plusieurs variétés performantes sont conservées. Le développement de cette culture
dans les rives du Lac Tchad et les tentatives de multiplication des sites par la SONASUT dans la
zone du Lac Tchad laisse augurer des chances de conservation importantes pour cette culture.
3.2.13.2 La luzerne :
La culture de la luzerne est une pièce maîtresse des systèmes oasiens
tchadien et les ouaddis
du kanem et les polders des lacs. Culture extrêmement importante en terme de
superficie
cultivée, elle permet la pratique d’un élevage intensif dans ces systèmes
avec des productions
de lait et de viande importantes malgré la rareté des pâturages.
L’origine des variétés de luzerne utilisées est inconnue mais on peut
supposer son
appartenance aux multiples introductions des contrées fezzanaises. On distingue
des variétés
de luzernes Sahariennes au niveau de la zone du borkou qui présentent les
particularités de
posséder peu de nodosités et des variétés de luzernes Sahéliennes très
exigeantes en eau
d’irrigation, utilisées avec beaucoup de succès dans les régions du kanem.
Les variétés
sahariennes sont rares, ce qui explique la cherété des semences : environ 300
à 500 F cfa la
dose de 100 grammes qui peut ensemencer une parcelle d’un are. Plante pérenne
aimant les
fortes températures, la culture est faite généralement au mois de janvier. Ce
qui permet aux
plantes de croître avec la saison sèche. On peut récolter 10 fois par an avec
une dose de
fumier d’environ 40 tonnes /ha . La première récolte se situe vers le mois
de mars. Les
fréquences des coupes sont plus importantes pendant les saisons chaudes où l’on
peut avoir
jusqu’à 6 à 8 tonnes par ha et se ralentissent pendant les saisons froides.
3.2.13.2.1 état de conservation :
Pour assurer une bonne productivité, les luzernières doivent être exploitées
pendant trois
années. La culture rencontre beaucoup de problèmes phytosanitaires dus au
grillon qui infeste les planches au mois d’avril. En leur absence, la production peut s’étaler
jusqu’à 6 ou 8 ans.
Un vaste programme est entrepris au niveau de la région du kanem avec le projet
FIDA où les bottes de luzerne sont vendues comme des petits pains à Mao. On n’est pas en
mesure de quantifier une production nationale mais de par l’intérêt que joue cette
culture dans la production de lait et de viande dans ces régions, l’on peut dire que sa
préservation est plus certaine.
Au niveau de la recherche, plusieurs protocoles expérimentaux sont mis en
oeuvre pour sa vulgarisation dans d’autres zones pour palier aux déficits fourragers
actuels.
3.2.13.3 L’algue bleue du kanem :
(Spirulina platencis)
L’algue bleue (en arabe local « dihé ») est une espèce végétale qui est
domestiquée par les
populations des zones du bassin du lac Tchad.
Minuscule algue bleu d’eau douce, l’ancestrale spiruline a gagné ses
lettres de noblesse au
cours des trente dernières années.
Au niveau de la recherche, depuis les années quarante, l’utilisation des
algues (spirulines)
dans l’alimentation humaine a été mentionnée par DANGEARD. En 1959,
BRANDILY
publiait un article sous le titre « depuis des lustres, une tribu primitive du
Tchad exploite la
nourriture de l’an 2000 ». Dans les années soixante, une expédition belge
en 1964 ainsi
qu’une mission de l’Institut Français du Pétrole ont procédé à des
analyses botaniques et des
valeurs nutritionnelles. Au niveau national, c’est vers le fin des années
quatre vingt que des
études de prospection ont été menées par le bureau interministériel d’étude
et des projets
(BIEP) avec le concours du bureau d’étude et de conseil en culture de micro
algues
(BECCMA). De cette étude est né un projet intitulé projet de développement
de la spiruline
dans la région du kanem - lac. Une autre étude a été menée par M. A.
ABDERAMANE en
1992, portant sur l’usage alimentaire de cette ressource. Cette étude
rapporte que les
populations locales l’utilisent depuis des lustres sans savoir ses vertus
nutritionnelles. Dans
les autres régions du pays, elle est considérée comme la nourriture des
pauvres.
Sur le plan écologique, elle contribue davantage à l’oxygénation de l’atmosphère.
A qui doit -
on l’air que l’on respire ? Selon d’éminents chercheurs, se serait à la
spiruline ! Cette algue
monocellulaire est le premier élément du règne végétal à être apparu sur
la planète terre, il y a
trois milliards d’années. Par sa production intense d’oxygène, elle
modifia l’atmosphère....
D’un point de vue nutritionnel, elle est riche en proteines et pauvre en
calories. C’est un
aliment aux qualités nutritives impressionnante : Contient 70% de proteines
riches en acides
aminés essentiels, des sels minéraux (magnésium, calcium, phosphore et
potassium), des
vitamines E, B1,B2,B3,B5,B6,B12. Et surtout de la provitamine A (autant en 10g
de spiruline
qu’en 14 oeufs), du fer directement assimilable ainsi que des acides gras
essentiels.
C’est également une ressource thérapeutique. Grâce à sa structure sans
paroi ni membrane
cellulaire, elle est particulièrement digeste et parfaitement assimilable. Elle
est idéale pour
accompagner un régime amincissant. Riche en Fer, elle joue un rôle
antianémique,
antiinfectieux et agit bénéfiquement dans la protection de la vision, de la
peau et des
muqueuses, dans la croissance des os et des dents. Contenant aussi de l'a’ide
gammalinoleique, elle contribue à abaisser le taux de cholestérol et prévenir
certains
problèmes cardiovasculaires.
Depuis quelques temps, un regain d’intérêt est observé par les autorités
du pays. Ainsi, un
accord de crédit est en négociation avec la Banque Africaine de Développement
en vue de son
exploitation sous forme industrielle. Plusieurs missions d’experts sont
menées sur le site qui
couvre des dizaines voire des centaines de km2. Des comparaisons faites par ces
experts ont
montré qu’elle est plus rentable économiquement que le pétrole.
C’est une manne économique et financière pour le Tchad au siècle prochain.
Des recherches
sont menées au niveau national à la faculté des Sciences Exactes et
Appliquées depuis deux
ans. L’objectif n’est pas de confirmer ou d’infirmer les résultats
antérieurs mais de voir les
potentiels de production et dynamique de renouvellement.
3.2.13.3.1 Classification :
Il y a une très grande diversité de forme et de dimension des algues. En se
basant sur la
couleur on les divise en quatre phylum :
- Cyanophycées ou algues bleues;
- Rhodophycées ou algues rouges;
- Phéophycées ou algues brunes;
- Chlorophycées ou algues vertes.
Au Tchad, il est difficile de connaître le nombre exact d’espèces d’algues
en dehors de l’algue bleue, car les études faites sont très générales. Il est plus
aisé de qualifier toutes les algues de végétaux verts.
3.2.13.3.2 état de conservation :
Les algues spirulines soutiennent favorablement la comparaison avec les autres
produits alimentaires. Ce sont des ressources intéressantes en raison de leur richesse
en protéines (50 à 70 %, soit plus de la moitié du poids de la matière sèche). Leur conservation
est somme toute traditionnelle. C’est une espèce endémique du bassin du lac Tchad. A ce
titre la déperdition des eaux du lac entraîneront sa disparition.
