Analyse de l'état de conservation des espèces animales et végétales domestiques au Tchad


3. ETAT DES CONNAISSANCES:

Contexte :

  1. Les informations qui suivent sont issues de la documentation scientifique existante au
    niveau des différentes institutions nationales ainsi que des versions orales obtenues de
    certaines personnes.
  2. Des espèces :
    • animales domestiques, telles que chiens, chats ;
    • végétales, telles que papayers, patates ou autres existent au Tchad sous forme domestique mais n’ont pas fait l’objet d’études. Aucune documentation n’a été obtenue à leur sujet hormis des chiffres sur leur production. Les témoignages émanent des responsables des institutions de recherche telles que le laboratoire des recherches vétérinaires et zootechniques (LRVZ), le bureau de la recherche agronomique (BRA), le centre national d’appui à la recherche(CNAR).... etc...

Notre but est de synthétiser l’information scientifique disponible.

3.1 races et variétés des espèces animales domestique :

3.1.1 Les petits ruminants :

3.1.1.1 Les caprins :
(Capra hircus)
3.1.1.1.1 Origine :

Les animaux de race caprine domestiqués au Tchad sont représentés par la chèvre chez les femelles et le bouc chez les mâles. Ces animaux constituent une part très importante des systèmes d’élevage traditionnels sahéliens.
Il convient de dire que d’une manière générale, c’est au début du XX è siècle que l’étude des ressources génétiques caprines africaines a réellement commencé. Après les indépendances, les Etats nationaux africains ont poursuivi cet effort de recherche. L’origine des caprins africains semblent se situer au moyen - orient où l’on trouve encore l’espèce sauvage, ancêtre de l’espèce domestique ainsi que de nombreuses preuves archéologiques d’un processus de domestication datant de 8500 à 9000 ans. L’hypothèse d’une domestication in situ n’est cependant pas à écarter. Les nomenclatures disponibles en ce moment permettent de distinguer deux catégories post - domesticatoire : populations primaires plus nombreuses et races standardisées.
Pour les populations primaires, deux sous - populations ont pu être distinguées à partir de l’indice de gracilité sous sternale (Igs). Des animaux brévipes (Igs = 1) et longipes (Igs = 1,5) qui a occupé la zone la plus chaude de par et d’autre de l’équateur thermique. Les populations de chèvres naines se seraient différenciées sur place à partir de chèvres brévipes (Igs = 1).

3.1.1.1.2 Principaux travaux effectués :

Les études sur les petits ruminants de type caprin ont été faites par plusieurs auteurs essentiellement en Afrique de l’ouest. Ceux du Tchad s’apparentent à la même aire géographique. Nous pouvons citer entre autres :

  • la classification des ressources génétiques caprines par EPSTEIN (H) et MASSON 1927 à travers une nomenclature de 76 entités basée sur les critères suivants :
    • critères évolutifs (degré d’évolution post - domesticatoire) ;
    • critères descriptifs ( hauteur au garrot, gracilité, longueur des oreilles) ;
    • phanéroptiques, craniologiques et zootechniques ( aptitudes).
  • CHARRAY J. ; COULOM J. ; HANMESSER JB. ; PLANCHENAULT(1989).
    PUGLIESE PL et al (1936) à travers des synthèses des connaissances sur l’élevage des petits ruminants dans les pays tropicaux d’Afrique de l’ouest et d’Afrique centrale.
  • MALBRANT (R) (1931), et RECEVEUR (P) (1943) qui, du point de vue descriptif ont mené leurs activités sur :
    • la pathologie du fait de la diversité des maladies parasitaires et infectieuses ;
    • l’amélioration qualitative des cheptels ainsi que des tentatives de croisement ;
    • l’inventaire et la description des races ;
    • la croissance pondérale et le rendement en viande.
  • PIERRE , WILBERT, MORNET, BOURZAT (D) et CURASSON (1987) en Afrique de l’ouest, ainsi que RECEVEUR (1943) et DOUSTRESSOULE ( 1947) au Tchad sur un assemblage des connaissances acquises en particulier la zootechnie.
  • Au laboratoire des recherches vétérinaires et zootechniques de farcha (LRVZ), plusieurs travaux ont été effectués par l’Institut d’élevage et de médecine vétérinaire des pays tropicaux (IEMVT). Ces travaux sont basés essentiellement sur les aspects pathologiques et zootechniques. DUMAS (1977) avec des enquêteurs tchadiens mena une étude plus exhaustive tant du point de vue de l’analyse, de l’échelle que du mode de travail.

Des travaux antérieurs faits dans les mêmes zones ont été plus descriptifs.
D’importantes recherches sont effectuées par ce laboratoire à travers les activités du projet petit ruminant. BOURZAT (D). ; VOUNPARET (Z) et SOW (1992) ont travaillé sur les comparaisons morphobiométriques et les caractéristiques génétiques des espèces caprines tout comme BOURZAT D. et KOUSSOU (M) (1996) sur le comportement des ovins et caprins en stabulation et sur parcours, la production et la productivité des caprins sahéliens. Il faut signaler également, les travaux menés par PLANCHENAULT (1989) sur la répartition géographique, les aspects démographiques et les causes de mortinatalité.

Tous ces auteurs ont posé les bases descriptives des races et adopté une typologie reposant sur les critères suivants :

  • caractéristiques du pelage ( laine et poil) long ou court ;
  • taille de l’animal ;
  • latitudes géographiques.
3.1.1.1.3 caractères ethnologiques :

Sans pour autant nier les ressemblances ou parentés avec les races vivant sous des latitudes ouest - africaines, PECAUD (1927), a utilisé la typologie classique tout en donnant une préférence pour les races typiquement tchadiennes.
Ainsi, les informations scientifiques disponibles donnent deux types : chèvre sahélienne ou chèvre arabe et chèvre du sud ou guinéenne avec deux variétés ; la chèvre kirdi naine africaine et la chèvre kirdi.
Cette constatation confirme les études d’EPSTEIN (1936) et de nombreux autres auteurs sur les critères évolutifs par des degrés post - domesticatoires.

Comme caractéristiques d’identification et d’après DUMAS (1977) :

  • les chèvres du Sahel ont des poils courts, robes diverses, grandes tailles, profils busqués et oreilles tombantes ;
  • les chèvres du sud (variété naine africaine) ont des poils courts ou ras, robes fauves, grises, noires ou mélangées, petite taille, profil droit ou concave et oreilles courtes et horizontales.

Des études plus approfondies réalisées au LRVZ ont permis de distinguer plusieurs variétés de la chèvre du Sahel. Il ressort de ces études que les nombreux métissages effectués par les éleveurs et les modes d’élevage ont donné lieu à cette situation.
Il existe une grande variabilité des caractères phénotypiques qui rend difficile la définition d’un standard pour la chèvre kirdi. La variété naine africaine désignée par PECAUD (1927) semble être la mieux différenciée par rapport aux caprins sahéliens. On peut en allant du sud au nord (latitude du chari - baguirmi) trouver différentes tailles intermédiaires entre la chèvre kirdi et la chèvre sahélienne.
Les observations biométriques ont pu mettre en évidence des variations importantes dans le format des animaux selon qu’on a affaire notamment à des caprins appartenant à des éleveurs transhumants ou sédentaires. Tout se passe comme si les transhumants mieux expérimentés ou plus attentionnés apportaient plus de soins à leurs élevages en sélectionnant les animaux les mieux adaptés aux différentes exigences des milieux écologiques.

Les mensurations des spécimens réalisées par KOUSSOU (1996) au LRVZ sont assez comparables à celles décrites par DOUSTRESSOULE (1947) sur la chèvre africaine d’Afrique de l’ouest.
Pour ce qui est des caprins non sahéliens, on trouve une variété naine typée dans les régions du logone oriental et du moyen - chari également citée par DOUSTRESSOULE (1947) en Afrique de l’ouest et PECAUD (1927) en Afrique centrale.

3.1.1.2 Les Ovins :
(Ovies aries)

Au Tchad, tous les auteurs excepté PECAUD (1927) et RECEVEUR (1943) ont identifié deux types de mouton : celui du Sahel et celui du sud. Cette exception vient peut être du fait que leurs études sont faites à des périodes post - coloniales où des considérations régionalistes sont plus importantes. Même à de faibles effectifs, le mouton du sud a existé depuis très longtemps.
Les résultats des travaux de caractérisation des ovins selon les zonations agro écologiques sont en voie de finalisation dans le cadre du projet petits ruminants du LRVZ.

3.1.1.2.1 Principales variétés :

DUMAS (1977) a distingué les races et variétés suivantes :

  1. pour les moutons de Sahel, il y a 5 variétés :
    • fezzanais à toison laineuse et de taille moyenne ;
    • arabe typique ou maure à poils longs, noirs et de taille moyenne ;
    • peul ouddah ou m’ bororo à poils courts noirs et blanc et de grande taille ;
    • peul waîla de couleur blanche.
  2. pour les moutons du sud, il y a deux variétés :
    • kirdi apparenté au mouton djalonké à poils courts, robes diverses, ominance nire - pie et de taille moyenne ;
    • mayo - kebbi à poils courts ou ras , robe claire, pie - noir à blanc dominant petite et moyenne taille.
3.1.1.3 état de conservation :

les petits ruminants continuent depuis très longtemps à fournir la plus grosse part de protéines animales. Au Tchad, plusieurs recherches sur leur conservation ont fait l’objet:

  • d’études physico - zootechniques approfondies des races locales que l’on peut supposer suffisamment adaptées au milieu et évaluer approximativement leur potentiel génétique ;
  • à partir de ces données, sont sélectionnées par les pasteurs, des souches particulièrement résistantes ont permis rapidement d’augmenter le rendement ; 
  • le système d’élevage des espèces est par conséquent très maîtrisé par les éleveurs.

Toutefois, en ce moment avec les aléas climatiques il y a plusieurs difficultés :

  • sanitaires (épidemies, enzooties et maladies parasitaires diverses) ;
  • alimentaires (par la rareté des parcours et des complémentations, plusieurs carences sont observées) ;
  • humaines par manque de sélection et élevages de prestiges (on ne pense pas à l’équilibre animaux / ressources disponibles)

3.1.2 Les grands ruminants :

3.1.2.1 Les bovins :

-Taxonomie : Les bovins domestiqués appartiennent à l’ordre des Artiodactyleae, sous ordre des ruminants, famille des bovidés ; genre Bos ; espèce primegenius ; variété primigenius primigenius.
Ainsi, au Tchad, les formes domestiques actuelles sont le Bos taurus et le Bos indicus auquels s’apparentent les races kouri ; zébu arabe et m’bororo.

3.1.2.1.1 La race kouri :
3.1.2.1.1.1 origine et identité :

C’est une race qui est classée dans la catégorie du bétail sans bosse à longues cornes « humpless longhorn cattle » par EPSTEIN (1971). Il y eut plusieurs controverses dans son classement car EPSTEIN l’a considéré vers les années soixante comme un pseudo - zébu.
D’autres auteurs ont émis des hypothèses sur le fait que ce boeuf est issu de la race sanga, elle même issue du bos primigenius hahni, ancêtre des boeufs sauvages dans la vallée du Nil.
Domestiqué au Tchad par les pasteurs boudouma, on peut dire que l’origine du boeuf kouri serait celle de ses domestiquants venant du Yémen et des vallées du Nil.

RECEVEUR (1943) ainsi que MALBRANT et al (1947) ont donné des approches qui en font pour les uns, une race bien définie, Bos taurus bolensis, proche de la race grise des steppes asiatiques ou par rapport au pelage blanc qui le caractérise, proche de la race peul à robe blanche ou encore du boeuf égyptien de l’antiquité.

Des recherches zootechniques entreprises par PETIT et QUEVAL (1973) sur ses caryotypes ont permis de trancher sur son appartenance. En effet, le classement fait donnait à la race kouri le sous - genre taurineae type Taurus typicus. La formule chromosomique de 2n=60 avec un chromosome Y petit et métacentrique, alors qu’il est acrocentrique chez les zébu Bos Taurus indicus. Une étude sur les fréquences géniques du locus FV de cette race montre qu’elle est comparable à celle de la race africander qui serait issue du zébu asiatique à cornes latérales. Il semble qu’il peut résulter du croisement entre ce zébu et le Bos primigenius.
De par les travaux effectués, l’IEMVT (1969) ainsi que PETIT et QUEVAL (1973) sur les aspects biochimiques (hémoglobine, constituants du sérum et facteurs erythrocytaires), on peut affirmer que l’absence d’hémoglobine C, caractérisant la race kouri peut être l’indicateur de pureté de cette race. Les métissages fréquents observés depuis de nombreuses années ont donné plusieurs variétés : kouri/m’bororo ; kouri / zébu arabe....

3.1.2.1.1.2 distribution géographique :

C’est une race typique des îles et littoral du lac Tchad entre 12°20 et 14°20 de latitude nord et 13° et 15°30 de longitude-est. Trypanotolérante, elle se confine dans cette zone. Plusieurs essais effectués par le LRVZ ont permis de donner les probabilités de son extension. Seules les races métissées sont élevées en dehors des zones insulaires considérées comme berceau de la race.
Les chiffres les plus optimistes sont estimés à près de 400.000 têtes. Le mode d’élevage est de type sahélien extensif adapté aux particularités hydrogéologiques du lac Tchad. Il est pratiqué par les tribus kanembou, kouri et boudouma. Une étude faite par le service d’agrostologie du LRVZ a permis de montrer le développement du métissage dans la zone en période de décrue et que l’isolement géographique des îles ne peut favoriser les interventions sanitaires.

3.1.2.1.1.3 caractères zootechniques :

MALBRANT et al (1947) ; JOSHI et al (1957) ainsi que QUEVAL et al (1971) l’ont caractérisé comme étant un animal mixte lait / viande. Ses principaux paramètres (production et reproduction) sont : 

  • âge au premier vêlage : 3 ans
  • intervalles entre vêlages : 15 mois
  • taux de fécondité : 67 - 76 %
  • durée de vie sexuelle : 11 - 12 ans
  • nombre de vêlages : 6 - 7
  • poids à la naissance : 25 kg (mâles) et 22,5 (femelle)
  • gain moyen quotidien : 635 g (embouche de 140 jours)
  • production de lait : 1260 kg ( 280 jours) ; 4 - 6 ou 8 - 10 litres / jours
  • rendement à l’abattage : 50 %

On peut dire que cette race est relativement précoce. Les données de l’IEMVT prises par JOSHI et al (1957), RECEVEUR (1943), ADENIJI (1983) chez les éleveurs, montraient que les vaches donnaient leur premier veau à leur quatrième année. La croissance se poursuit jusqu’à l’âge de 5 ans. Les études comparatives de PAGOT et DELAINE (1959) ainsi que QUEVAL (1971) ont montré que le développement de la cage thoracique dure 4 ans et demi alors qu’elle est de trois ans chez le taurin N’dama. La production laitière oscille entre 4 - 6 litres par jour (avec 30 - 35 g de MG/l). DOUSTRESSOULE et MALBRANT (1947) notaient une production laitière de 5 - 8 l/j pour une vache en pleine lactation. RECEVEUR (1943) estime la production à 8 - 10 l/j avec des durées de lactation variant de 6 à 10 mois.
A titre comparatif, l’IEMVT (1971) a montré que 90 % de la population bovine tchadienne est constituée par le zébu arabe ne produisant que 1,5 - 4 l/j. EPSTEIN (1971) a obtenu des chiffres records au centre d’élevage de Maîduguri de 2440 kg en 314 j. Pour les rendements en viande, TACHER et al (1972) ont montré que le poids moyen carcasse était de 180 kg (kouri) et 170 kg (zébu arabe).

3.1.2.1.1.4 état de conservation :

Un autre taurin aujourd’hui disparu a été cité dans la littérature. Il s’agit du taurin de l’est qui a vécu dans la région du Bahr el ghazal. C’est un animal de petite taille (environ 1,10 m au garrot), trapu, utilisé pour le bât en général. Les données recueillies dans la littérature sont souvent sous forme d’hypothèses. La disparition de cette race peut nous amener à dire que n’importe quelle autre espèce qu’on croit aujourd’hui importante en nombre peut disparaître.
Le kouri a une aire particulière qui sans elle, il disparaîtra. En l’état actuel, le lit du lac a régressé de 92 % passant de 25.000 à moins de 2000 km2. Au fur et à mesure que l’espace se réduit il y a deux phénomènes qui se posent comme problème :

  • l’espace de la décrue est progressivement colonisé par des pâturages moins lignifiés. Ceci entraîne par voie de conséquence l’arrivée massive d’animaux de transhumance ou de nomadisme créant ainsi des métissages anarchiques.
  • Le cheptel kouri de pure race ne peut vivre dans cet espace et suit le mouvement de l’eau. Il est alors confiné dans un espace très réduit qui entraîne un problème de concentration de cheptel donc de maladies mais également de compétition pour la ressource de base.

L’état de conservation de cette race tient à la survie du lac. Avec la démographie galopante dans cette région, elle est très menacée de disparition.

3.1.2.1.2 La race zébu m’bororo et zébu arabe:

3.1.2.1.2.1 Provenance :

Masson (1951) classe le zébu m’bororo dans la catégorie des zébus à cornes en lyre haute pour les distinguer des zébus peul à cornes en lyre. Les troupeaux sont conduits par des pasteurs nomades dans toute la bande Sahélienne du Tchad et même en cas de mauvaise saison, par des transhumances vers le sud. GATES (1951) se demande si ces animaux ne descendent pas des bovins de la sanga qui, vénus de la haute Egypte se sont répandu dans l’ouest. Cette théorie parait être étayée par la conformation des m’bororo en particulier par la forme de la tête, du cornage et de la bosse. Il a proposé de lui attribuer l’appellation de « Red longhorn » ou zébu rouge à longues cornes.

Le zébu arabe qui constitue près de 3/5 de l’effectif total des bovins se rencontre dans toute la bande Sahélienne et une bonne partie de la zone méridionale avec la transhumance qui caractérise les pasteurs. Il est plus trapu à cornes courtes et plus rustiques. Utilisé comme animal de bât (transport pendant la transhumance ou le nomadisme, exhaure de l’eau, attelage...) mais également comme animal de boucherie. D’un point de vue effectif, il est le plus important au niveau du cheptel Tchadien.

Il existe un important métissage entre ces deux races de zébus. D’après MORNET et KONE (1941), une tribu peul dénommée Borodji habitait primitivement la zone qui constitue actuellement la colonie du Niger et la province du Sokoto au Nigéria. Au début du 19 è siècle, la tribu s’enfuit vers l’est pour éviter l’islamisation et s’établit dans le bornou (Nigéria) l’adamaoua (Cameroun), mayo kebbi et baguirmi (Tchad) tandis que certains éléments allaient jusqu’au Darfour (Soudan).

3.1.2.1.2.2 Caractères physiques :

Le Zébu m’bororo est un animal de grand format, haute taille, membres longs, bosse musculo - graisseuse qui est assez développée située dans la région cervico - thoracique. Elle est beaucoup plus importante chez le taureau que chez la vache. Le fanon également développé s’étend du menton au sternum. Le repli ventral est mobile et pendant, de même que le fourreau du mâle. La tête est longue et fine avec de grandes cornes en lyre hautes ouvertes et dressées. Le dos est long et manque d’arrondis et parait plat du fait de l’étroitesse des épaules. L’arrière - train est incliné. Les membres sont fins et longs. La couleur de la robe varie du brun - rouge au feu et le toupillon est parfois blanc.
Le Zébu arabe est utilisé par la plupart des éleveurs du Tchad. La couleur de la robe est très variée. Le nom arabe vient du fait que sur le plan de sa répartition géographique, les éleveurs arabes ou ceux utilisant cette langue sont dominants.

3.1.2.1.2.3 état de conservation :

Le cheptel bovin Tchadien représenté par ces deux races a connu des fluctuations importantes dues aux épidémies de peste bovine. C’est un cheptel qui par rapport au rôle économique et social qu’il joue se reconstitue facilement. Toutefois, la menace pour sa conservation tient lieu du fait de la désertification entraînant des transhumances plus longues allant jusqu’en République Centrafricaine. Ce qui fait qu’à la longue il changera de biotope à cause de la rareté ou l’extinction des pâturages et points d’eau.
Pour ces deux races, il est très difficile d’obtenir des souches pures. La cause étant le manque d’objectifs nationaux de préservation des souches locales mais aussi et surtout les modes d’élevages basés sur un choix judicieux des éleveurs par des métissages diverses. Le choix de ces derniers (éleveurs) repose sur :

  • la tolérance à la chaleur ;
  • la résistance aux maladies ;
  • la capacité à se reproduire et croître dans des conditions naturelles médiocres ;
  • etc.....

indépendamment de la maintenance des souches originelles.

D’une manière générale, le cheptel bovin est le principal apport en capitaux pour l’économie nationale. Des exportations très importantes ont eu lieu par le passé en direction de plusieurs pays (Nigéria, Gabon, Congo, Egypte, Italie et France). C’est un marché qui est très concurrencé en ce moment à cause de l’utilisation de la viande congelée venant d’Argentine vers certains de ces pays, de la faiblesse des pouvoirs d’achats et du coût des transports et deconservation de la viande. Ce qui fait que plusieurs sociétés privées nationales qui ont voulu rédynamiser ce secteur ont délaissé cette spéculation.
Seul le bétail sur pied orienté vers le Nigéria continue à être un secteur porteur.

3.1.2.2 Les Camelins :
3.1.2.2.1 origine et distribution :

Le dromadaire ou chameau à une bosse (Camelus dromedarius) et le chameau bactrien ou chameau à deux bosses (Camelus bactrianus) constituent les deux espèces du genre camelus de la famille des camélidés qui compte une autre espèce, le lama. Ils appartiennent au sous - ordre des ruminants et à la sous - classe des mammifères vertébrés placentaires.
On considère que le chameau à une bosse ou dromadaire (ce nom vient du grec dromados ou coureur) descend des espèces bactriennes à deux bosses. Cette théorie se fonde en partie sur des études embryologiques qui montrent que pendant la période pré - natale, le foetus du dromadaire présente en fait deux bosses (DENNLER de la Tour 1971), alors que l’on retrouve chez l’adulte une bosse antérieure rudimentaire. WILLIAMSON et PAYNE (1978) avancent que les espèces à une bosse ont probablement évolué dans l’une des zones les plus chaudes et les plus arides.
En Afrique, CURASSON (1947) et EPSTEIN (1971) rapportent que le dromadaire avait été introduit en Afrique du nord à partir de l’Asie du sud - ouest (Arabie et perse). Il occupe une grande aire géographique en Afrique et en Asie. Quarante huit races principales ont été inventoriées par BLANC et ENNESSER (1949).
Au Tchad, trois (3) races de dromadaire ont été reconnues : race arabe, race manga et race tibesti. Ces races sont elles - mêmes subdivisées en races dites assimilées à cause des différents métissages.

3.1.2.2.2 les dromadaires du Tchad :
  • le dromadaire de type tibesti : (ou gorane ou ajjêr) :
    Probablement introduit par les pasteurs toubous vénus du borkou et du tibesti. Il correspond à un animal de montagne d’environ 1,75 m à 1,85 m au garrot, d’appartenance solide et trapu. Il est utilisé pour la selle et le bât. Il est très poilu avec des poils grossiers et sa robe varie du gris au foncé. Il est principalement dans le canent.
  • le dromadaire manga (ou mahamid) :
    Il s’agit d’un animal médioligne de plaine d’environ 1,85 m à 2,00 m au garrot et 550 kg de poids vif, trapu, musclé, peu rustique de robe fauve à rousse. Le poil est long et légèrement ondulé. Il est utilisé pour le bât et la viande notamment dans le bornou nigérian et le nord du lac Tchad.
  • le dromadaire arabe ( ou zebedi ou bahr) :
    C’est un dromadaire de montagne et de plaine de grande taille au cou très long avec un poil court sauf au sommet de la bosse et sur les épaules d’environ 450 - 500 kg de poids vif, de robe pie ou gris - sable et est essentiellement utilisé pour le bât.

Le dromadaire est un ruminant présentant quelques originalités mais restant cependant peu différent des autres animaux. Il est lié à un milieu dans lequel il n’a pas son égal comme producteur de lait et de viande et est exploité pour ces raisons. De tous les éléments rapportés dans divers ouvrages sur les dromadaires du Tchad, il ressort trois éléments essentiels sur la démarche adoptée dans l’étude.

  • étudiée comme bête bizarre bien souvent comme un phénomène dont il fallait connaître les particularités ;
  • il a peu bénéficié de la rigueur nécessaire à une connaissance objective en biologie ;
  • il a été étudié de façon statique et non dans la dynamique d’un troupeau.

RECEVEUR (1943), le signalait comme un animal de la zone sahélienne et saharo - sahélienne (au nord du 14è parallèle) appartenant à des tribus nomades. Les races distinguées appartiennent toutes à l’espèce à une seule bosse avec deux variétés :

  • celle de taille réduite, 1,60 m d’aspect plus sombre voire noire.
  • celle de taille grande, élancée ou dromadaire classique tantôt utilisée comme monture, tantôt comme animal porteur (environ 2 m au garrot).

Ces animaux sont à reproduction très lente, ayant 12 mois environ de gestation et une période d’allaitement de 18 mois.
Dans la littérature, il faut tabler sur une gestation tous les 3 ans. Les travaux antérieurs à 1980, menés sur le dromadaire ne sont que descriptifs. C’est au milieu des années quatre vingt que des esquisses plus analytiques sont effectuées.

3.1.2.2.3 Caractéristiques génétiques et biochimiques :

Les synthèses des discussions sur la variabilité génétique des dromadaires du Tchad par Ganda (LRVZ), ont montré que sur 23 locus examinés, 5 sont polymorphes. La faible variabilité observée sur la population totale semble indiquer que les échantillons appartiennent à une même race géographique bien que aucune donnée sur le mode de gestion des troupeaux concernés n’est recueillie. Cependant, les regroupements des échantillons par régions géographiques (ouaddai et biltine) montrent entre les deux groupes une différenciation susceptible de correspondre à deux sous - races de l’une des trois (3) races mentionnées ci - haut. Dans la littérature, on sait que les grands vertébrés ne présentent qu’un faible polymorphisme (BACCUS et al 1983), HART et al 1988 et 1990), WOOTEN et al (1985). Chez les camélidés dans le genre lama, GENT et YATES (1986) n’ont pu déceler aucune hétérozygotie sur les 22 locus analysés.
Au Tchad, les études génétiques sur les dromadaires sont à leur début. Toutefois, les résultats des travaux déjà entrepris ont permis :

  • de mettre en évidence 5 locus polymorphes sur les 23 étudiés ;
  • de montrer que les fréquences alléliques permettent de discriminer les dromadaires échantillonnés et qu’il est probable que tous les individus appartiennent à une même race caméline ;
  • d’évaluer la variabilité intra - populationnelle des troupeaux échantillonnés.

Il ressort des quelques rares travaux des chercheurs, les références suivantes :

  • BURON S. (1990) : les dentitions du dromadaire de biltine ;
  • principales verminoses gastro - intestinales des dromadaires dans la région de biltine.
  • détermination de l’âge du dromadaire par examen de la dentition ;
  • importance des strongyloses digestives chez les dromadaires dans les régions de biltine.
  • étude sérologique des causes infectieuses possibles des avortements des chamelles dans le biltine ;
  • huit (8) rapports d’activités au niveau du projet camelin de biltine ;
  • étude génétique des populations de dromadaire du Tchad;
  • utilisation de la biologie moléculaire par la caractérisation des dromadaires.

On ne peut pas dire que les dromadaires sont menacés malgré les aléas du climat et les ventes abusives vers des pays comme la Libye car l’effectif des cheptels camelins a toujours été croissant.

3.1.2.2.4 état de conservation :

Les cheptels camelins sont réputés les plus rustiques parmi les animaux domestiques. Leurs adaptations aux zones arides en font des animaux d’avenir face à la dégradation des écosystèmes. Ils ont suscité très peu d’attention par la communauté scientifique en général. Pourtant, leur potentiel productif, les multiples emplois auquel ils se prètent et leurs remarquables performances dans les environnements les plus hostiles, constituent des mobiles pour leur conservation.
Toutefois, sur le plan sanitaire, quelques études réalisées par le LRVZ ont montré qu’ils hébergent dans presque leur totalité beaucoup de parasitoses. Ces parasitoses sont aidés par un état d’entretien médiocre. Ce qui représente une façon manifestement négative sur leur physiologie, constituant un facteur de taille pour la productivité.
Les stratégies de développement doivent mettre en évidence, la nécessité d’une diversification des actions d’élevages vis à vis de ce secteur. Il est temps que les moyens soient réellement consacrés à leur développement. Ce qui permettrait de réduire le déficit alimentaire et, à terme, se traduire par la préservation de ce patrimoine.

3.1.3 Les équins et les asins :

Comprenant quatre groupes d’espèces, la famille des Equideae rassemble les chevaux (équins) et les ânes (asins)

3.1.3.1 Les équins :
(Equus caballus)

Les races équines sont essentiellement dérivées d’une race autochtone, la race dongolaw et d’animaux issus du croisement entre les races barbe et arabe.

3.1.3.1.1 Les races Dongalow et Arabe Barbe
  • la race dongolaw : C’est un cheval convexe, eumétrique, longiligne avec un chanfrein très fortement convexe donnant à sa tête une caractéristique très particulière. Son dos est droit, sa croupe oblique lui donnant une allure peu élégante. Toutes les robes existent. Le rouan domine, présentant souvent des balzanes haut chaussées. Animal puissant, il a du sang et du caractère. C’est un cheval qui aurait pu bénéficier d’une sélection sur les performances. Il peut atteindre 1,50 m au garrot et pèse environ 300 kg.
  • la race arabe barbe : Il existe tous les degrés de croisement entre les deux races de base mais le sang barbe domine largement. C’est un cheval eumétrique, au profil droit ou quelquefois convexe. L’avant - main est développée, le rein long, la croupe oblique et la queue attachée bas. Toutes les robes existent, les aplombs sont souvent défectueux. Ce cheval possède de bien meilleures qualités en course que le dongalow.

Ces deux races de par leur importance comme animaux de course, de bât ou de prestige ont fait l’objet de plusieurs métissages. Ils se repartissent dans plus de ¾ du territoire national.

3.1.3.1.2 le poney du logone :

Le poney ou cheval kirdi est une terminologie pour désigner cette race équine du sud du Tchad. Son origine et sa distribution géographique est mal élucidée. Il existe en effet une véritable chaîne de cette race en Afrique jusqu’en Ethiopie. Il est présent :

  • à l’est, au Soudan et occupe même quelques points sur les bords du Nil. Au nord de Khartoum, il est connu sous le nom de « poney kordofani » ou encore « western, sudan poney ». Sa terre d’élection ou du moins la zone où il s’est le mieux maintenu semble être le darfour. En Ethiopie, il y a le « galla poney » ou encore « borana ».
  • à l’ouest, on trouve le poney de bauchi (Nigeria) et surtout le « kotokoli » élevé au nord du benin et du Togo. Un poney très voisin est observé au Burkina. On peut également signaler le poney songhai qui est fortement croisé de chevaux. Dans les hautes vallées du Sénégal et du Niger, c’est tout un stock d’équins baptisés chevaux du sud qui sont décrits comme des chevaux dégénérés ou encore issus d’un fond multiple de poney : poney de bobo ou poney minianka.

Au Tchad, les plaines d’épandage du moyen logone ont dû vraisemblablement représenter au début du siècle, un des foyers les plus importants d’Afrique, surtout si l’on englobe ses deux foyers secondaires : laka à l’ouest et toumak sara (goundi) à l’est. Le poney est également attesté de façon très significative dans le bassin du lac Tchad dans deux autres points d’élevage aux mains des irréductibles gamergu dans les marais de yetseram (une des ethnies les plus anciennes du bornou) et la fraction munjuk kaday au sud des plaines inondables du logone.
R. MANNY (1961) s’est interrogé sur l’origine du poney de l’ouest. RECEVEUR (1943) souligne une méconnaissance des origines exactes du poney. Pour DOUSTRESSOULE (1947), les poney du logone, ceux de baol et kotokoli sont autochtones. Plusieurs auteurs sont restés dans l’expectative quant à l’origine de cette race.

Les études zootechniques concernant cette race sont peu nombreuses. Les informations disponibles sont souvent plus littéraires basées sur des aspects culturels, sociaux et historiques.
PANCHENAULT (1987) a effectué quelques mensurations chez le poney mussey. Il ressort de cette étude que d’une façon générale il n’ y a pas de différences significatives entre les mesures effectuées sur les mâles et femelles mis à part le tour du canon : 16,5 plus ou moins w0,43 cm et 15,5 plus ou moins 0,24.

Les caractéristiques sont les suivantes :

  • longueur de la tête : 49,5 plus ou moins 0,75 ;
  • hauteur au garrot : 125,3 plus ou moins 1,85
  • périmètre thoracique : 1,40 plus ou moins 2,47
  • hauteur poitrine : 55,7 plus ou moins 0,88
  • longueur du corps : 122,2 plus ou moins 2,3

Il apparaît que l’établissement des mesures faites suffisent à caractériser l’animal adulte. Cependant, pour mieux cerner le type poney, la formule tenant compte d’un maximum de facteurs est préférable. L’information apportée par les mensurations ne peut constituer qu’un complément d’appréciation.

Les diverses sociétés du poney se sont caractérisées à travers l’espace et même le temps. Le poney connût des fluctuations plus importantes. Sur l’axe du temps, il a suivi l’évolution d’ensemble des sociétés soudano - sahéliennes du bassin du lac Tchad. Celles qui élèvent un équidé se rattachent schématiquement à trois types :

  • le poney comme expression d’un genre de vie imposa sa présence à tous les niveaux des rapports sociaux dans sa zone ;
  • le « kadara » métisse, fût lui - même au service d’une forme hybride d’encadrement entre le poney et les chevaux barbe arabe ;
  • le grand cheval était l’instrument d’un pouvoir centralisé reposant sur des institutions.
3.1.3.2 les Asins :
(Equus asinus)

Deux théories s’affrontent en ce qui concerne les origines de l’âne domestique : il pourrait descendre soit de l’âne sauvage de Nubie, Equus africanus somalicus. Le groupe des vrais ânes comprend également huit espèces d’ânes sauvages non encore domestiqués.

Animal très rustique, l’âne n’a pas fait l’objet d’études de caractérisation au niveau national. Les travaux menés sont essentiellement d’ordre démographiques et zootechniques.
Communément appelé l’âne africain, il est de petite taille, la tête longue et lourde, le front est large bombé, le dos correct, la croupe courte et les membres robustes. Son poil est court. La robe varie du gris au cendré voire au noir - brun. Elle est toujours coupée d’une bande très foncée formant une croix avec celle du dos. Les membres sont parfois mariés de zébrures . Son poids vif varie de 120 - 150 kg.

3.1.3.3 état de conservation :

Equins et asins jouent un rôle social extrêmement important dans la société Tchadienne. Celui qui n’a pas de cheval n’est pas considéré dans la communauté. Le cheval sert à la fois de moyen de transport, de prestige pour son propriétaire et de source de revenu à la course et à la vente. L’âne est le moyen de transport le plus sûr car, très rustique. La conservation de ces espèces se fait de manière traditionnelle. Malgré l’introduction des races de chevaux de course plus performants venant du Soudan, les souches locales restent encore bien protégées.

3.1.4 Les Suideae :
(Sus domesticus, Sus scrofa)

Les ancêtres du porc domestique doivent être recherchés parmi les porcs sauvages de l’espèce Sus scrofa. Ces parents sauvages sont présents à travers toute l’eurasie et en Afrique du nord, dans les pays traversés par l’atlas, au Soudan et jusqu’au début de ce siècle, en Egypte. Sus scrofa est subdivisé en 25 sous - espèces (MASSON, 1984)

Au Tchad, le porc est apparu en plusieurs lieux distincts dans différentes régions. Au sud, dans les communautés de confession chrétienne ainsi qu’au nord : chari baguirmi (Massakory) où l’on trouve encore quelques dizaines de têtes), Kanem (Moussoro) et au Guera. Etant consommé au sud du Tchad, il joue un rôle social, réligieux et économique important. Sa valeur mercuriale est appréciable (environ 40.000 Fcfa l’adulte) et sa prolificité forte (environ 12 petits par portée) permet aux paysans de faire de bonnes économies.
Les statistiques (pas trop fiables des services d’élevage) montrent que ces animaux sont en diminution. Ce qui doit faire penser à leur conservation

3.1.5 Les Volailles :

Au Tchad, les activités en matière d’aviculture sont prises souvent sinon toujours sous l’angle commercial à travers la fabrication d’aliments ou l’assistance aux aviculteurs. Très peu d’études sont faites. Les produits de l’aviculture : poulets, canards, pintades... de ponte ou de chair représentent des marchés en voie d’expansion.

3.1.5.1 Les poulets locaux et introduits
(Gallus domesticus)

Au Tchad, l’élevage avicole local joue un rôle très important dans l’économie. C’est une activité informelle de par son caractère très traditionnel. Toutes les régions du pays s’adonnent à faire cette activité qui procure des revenus substantiels aux producteurs. Les activités de recherche visant à promouvoir les races locales sont peu nombreuses voire inexistantes.
Pour l’élevage avicole moderne et depuis l’indépendance, plusieurs centres sont crées :

  • Centre principal de N’Djaména : création de la CMPA en 1967 mais dont les activités n’ont démarré qu’en 1970. Ce centre était destiné pour l’aviculture, la transformation du lait et la fabrication d’aliments de bétail ;
  • Centres provinciaux : Sarh, Moundou, Ati, Doba, Pala, et Torrock.

Les objectifs de départ étaient de valoriser les variétés et races avicoles locales. Ceci a été délaissé avec l’introduction de souches étrangères plus performantes. Le choix des souches améliorées, à acclimater et à diffuser des différentes espèces de volailles, compte tenu des conditions climatiques, des modes d’élevages, des spéculations envisagées a constitué un problème très important.

Les souches importées sont :

  • Pour la ponte :
    • Rhodes Island : (RIR)
    • Haro ( croisement F1 RIR avec Plymouth rock)
    • Hissex (à oeuf blancs ou teintés)
    • Arbor acres sex link
  • Pour la chair :
    • Jupiter ou Hibro

La préférence des éleveurs était pour la variété RIR (marque caractéristique sur les métis qui ont une bonne rusticité ou les Arbor acres moins exigeants dans l’alimentation et les espèces à oeufs solides ou teintés).
Avec beaucoup de difficultés dans la spéculation, des mesures d’amélioration d’augmentation de la productivité et de sélection avec des pontes industrielles pour des adaptations aux conditions locales.

Des résultats forts intéressants sont obtenus par des recherches sur l’amélioration de l’habitat, le mode d’élevage et la nutrition. Il est convenu que les souches parentales des poulets de ponte et de chair ne seront pas entretenu sur place car d’une acclimatation trop difficile. Ces poussins sont introduits sous forme de poussins d’un jour aux éleveurs. Les incubations sont faites sur place. Aujourd’hui, l’élevage avicole ne pose pas de grands problèmes pour les aviculteurs qui ont la technicité requise.
On peut dire qu’actuellement les variétés locales ne sont pas menacées mais seulement concurrencées. Plusieurs régions du pays tels que Koundjourou (Batha) Doba (logone oriental), Bitkine (Guera), Massakory (chari baguirmi) ....ont conservé cette tradition. Des recherches avec des études d’inventaire et d’amélioration de ces variétés locales sont menées depuis quelques années par le Laboratoire des Recherches Vétérinaires et Zootechnique dans la région du guera à Bitkine.

3.1.5.2 Autres espèces de volailles :

L’autruche Tchadienne :
A la fois indigène et sauvage; elle se trouve à Gredaya, Massakory (chari baguirmi). Utilisée pour la viande, elle a un effectif inférieur à 100.
Son état de conservation est minime à cause du braconnage par les princes du golfe et les marchands locaux.

Canard de barbarie de karal et massakory : ( Anas boschas domestica)
Utilisé pour sa chair et ses oeufs, son effectif varie de 100 à 1000 (1994)

Dinde locale de mandélia : (Meleagris gallopavo)
Elle a été importée du Burkina faso. D’effectif inférieur à 100, elle est utilisée pour les ornements, le hobby et le sport.

Oie locale de massakory / karal et mandélia : (Anser domestica)
Ces oies descendent d’oies italiennes importées. Elles sont élevées pour la viande et les oeufs. L’effectif est très réduit (inférieur à 100).

Perdrix locale de Grédaya et Massakory :
D’effectif compris entre 100 et 1000, l’évolution de cette population n’est pas disponible. Elle est utilisée pour sa viande très tendre estimée par les chasseurs. Des mesures de conservation doivent être prises à cause de la chasse et du changement de son biotope naturel.

Pigeons domestiques locaux : (Colomba livia domestica)
Il y a trois sortes de pigeons domestiques au Tchad. Il s’agit des pigeons de Grédaya / Massakory, karal/Massakory et ceux de Pont bélilé/N’Djaména. Leur effectif total se situe entre 300 et 3000 têtes mais avec une évolution croissante et sont utilisés pour la viande..

Pintades domestiques locales :
On distingue :

  • la pintade Amssala domestiquée à partir de la pintade indigène sauvage d’évolution croissante et utilisée pour la chair et les oeufs
  • la pintade de moulkou et bongor et la pintade locale de Pont Bélilé/N’Djaména :
    Elles sont domestiquées à partir de la pintade sauvage locale.
3.1.5.3 état de conservation :

Les espèces de volailles sont à reproduction facile. Malgré cela, des menaces très sérieuses pèsent sur elles : faible effectif, danger dû à la prédation et à la dégradation des biotopes......
Dans la liste mondiale d’alerte pour la diversité des animaux domestiques (2ème édition) les espèces domestiques Tchadiennes déclarés :

  • en situation critique :
    • autruche Tchadienne ;
    • Dinde locale de mandélia ;
    • Perdrix locale de grédaya/massakory ;
  • en danger :
    • Le canard de barbarie de karal et massakory ;
    • Les pintades Amssala, pintade de moulkou/bongor et la pintade de Pont bélilé/N’Djaména ;
    • tous les pigeons domestiques locaux.

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