STRATÉGIE NATIONALE POUR LA CONSERVATION DE LA DIVERSITÉ BIOLOGIQUE EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

II. EVALUATION

2.1 Etat Général de la biodiversité en RCA
2.2 Cadre juridique et institutionnel

2.3 Analyse de la situation actuelle de la biodiversité et problèmes
2.3.1 La flore
2.3.2 La faune

2.3.3 Les zones humides

2.3.4 Plantes cultivées 

2.3.5 Les animaux domestiques


2.1 Etat Général de la biodiversité en RCA

Par sa position au cœur de l'Afrique, de part la diversité du climat, des sols fertiles, de la végétation, de la faune et du réseau hydrographique, la République Centrafricaine présente des écosystèmes divers et complexes. On distingue quatre grands écosystèmes terrestres en partant du Sud vers le Nord (forêt dense humide, les savanes, les forêts denses sèches, les steppes) auxquels il faut ajouter les galeries forestières le long des cours d'eau (cf. carte de la végétation en annexe).

La variabilité des écosystèmes a permis à la République Centrafricaine de disposer d'une diversité biologique riche. Malheureusement, l'absence d'une étude exhaustive sur son évolution ne permet ni de préciser son importance, ni d'évaluer l'évolution de son stock.

En matière de flore, des ressources ligneuses et herbacées représentées, tant en forêt, en savanes que dans les steppes. A ce jour, on dénombre 3.602 espèces de plantes sur un potentiel d'environ 5.000 qui sont supposées exister sur le territoire national.

Les espèces végétales, sont très menacées. Le constat général est celui d'une réduction annuelle progressive des superficies forestières en faveur des savanes, au rythme de 2,5% en 1985 et 1996. Quant au processus de savanisation, il progresse lentement, de 0,01% entre 1985 et 1996 il est passé actuellement à 0,2% (PNAE, 1999). Enfin, les steppes progressent rapidement sous l'action conjuguée des feux de brousse et du surpâturage.

En ce qui concerne la faune, il s'est avéré très difficile d'avoir une idée exacte sur l'abondance des différentes espèces peuplant les différents écosystèmes en particulier celle des forêts et à l'extérieur des aires protégées et des réserves cynégétiques.

En général, on dispose d'informations assez fiables en ce qui concerne les zones Nord et Est du pays. Ces zones présentent la particularité d'être plus riches en faune et exploitées par le tourisme cynégétique depuis de longues années.

Ainsi, selon une enquête menée en Août 1998 sur le parc national Manovo-Gounda Saint Floris, il a été dénombré les populations des principales espèces suivantes :

LÉOPARDS 900
LIONS 170
GUÉPARDS 50
ÉLÉPHANTS 2000
HIPPOPOTAMES 900
GIRAFES 475
COBES DEFASSA 200
COBES DE BUFFON 3500
REDUNCAS 1400
ÉLANDS DE DERBY 900
DAMALISQUE 300
BUBALES 1000

Dans l'ensemble, ces populations animales restent importantes et certaines constituent le seul noyau du territoire centrafricain ; toutes ces espèces sont cependant en déclin surtout à l'ouest de la Gounda et dans le secteur Nord, Nord-Ouest entre les rivières Koumbala et Manovo.

Mais d'une manière quasi générale, on s'accorde sur une forte diminution de la faune centrafricaine depuis au moins deux décennies. Les causes de cette régression sont multiples. En tout état de cause, certaines espèces sont particulièrement touchées : éléphants, hippopotames, crocodiles et girafes.

On estime qu'environ 75% des éléphants ont disparu dans le nord du pays entre 1982 et 1985 au plus fort de la période du braconnage intensif. Certaines espèces de mammifères ont presque complètement disparu, il s'agit des rhinocéros blanc (en 1950) et noirs (en1985).

Différentes pressions humaines ne favorisent pas la conservation des ressources de nos écosystèmes aquatiques. Ce sont les feux de brousse, l'agriculture sur brûlis, l'exploitation minière, l'exploitation forestière, la pêche à l'aide des matériels inappropriés, le déversement des eaux usées domestiques et des débris végétaux dans les cours d'eau. Viennent s'ajouter la faiblesse des règles formelles des droits d'accès aux ressources ; la pauvreté socio-économique … , concourent inéluctablement à la dégradation de ces écosystèmes. Les conséquences sont énormes et se traduisent par :

- la destruction de la forêt ;
- la mise à nu des sols (suite au déboisement, l'exploitation minière…) ;
- l'érosion des sols ;
- le tarissement des cours d'eau ;
- la disparition de certains marécages, sources… ;
- la pollution des eaux ;
- la destruction de la flore et faune aquatiques et semi-aquatiques ;
- la dégradation de l'état de santé des personnes.

Au point de vue agricole et pastorale, on distingue sept zones agropastorales en RCA. En allant du Sud-Ouest à l'extrême Nord-Est, les périodes de croissance des végétaux vont de 90 à 300 jours. De ce fait, les populations agricoles sont assez diversifiées et variées d'une zone agro- climatique à l'autre avec une prédominance des cultures vivrières qui occupent 65% des terres cultivées, suivies des cultures industrielles, fruitières et légumières.

La production animale bénéficie de l'effet positif de l'écologie dans les zones d'élevage de la RCA. Cet élevage à une prédominance du gros bétail (bovins) et petit bétail (caprins, ovins, porcins et la volaille).

2.2- Cadre juridique et institutionnel

2.2.1 Cadre juridique

La RCA a élaboré plusieurs lois réglementant l'accès, la conservation et l'utilisation des divers éléments de la biodiversité. Il s'agit notamment de :

1°) au niveau foncier

- loi n°63.441 du 09 Janvier 1964 relative au domaine national de la RCA ;

2°) au niveau de la flore

- loi n° 90.003 du 09 Juin 1990 portant création du code forestier centrafricain ;
- loi n° 97.016 du 31 Décembre 1997 portant création d'une réserve de forêt sur la colline de Gbazabangui ;

3°) au niveau de la faune

- loi n° 84.045 du 02 Juillet 1984 relative à la protection de la faune et à la réglementation de la chasse en RCA ;
- Ordonnance n° 74.072 du 28 Juin 1974 réglementant le commerce de viande de chasse ;

4°) au niveau des ressources halieutiques

- loi n°61/283 du 22 Décembre 1961 réglementant l'exercice de la pêche ;
- Ordonnance n° 71/090 du 06 Août 1971 réglementant l'exercice de la pêche et de la salubrité des eaux en RCA ;
- Arrêté n° 284 du 24 Mars 1972 qui fixe la maille étirée minimale entre 34 et 40 mm ;
- Décret de 1984 portant création d'un office de pêche et de commercialisation des poissons ;

5°) au niveau de l'agro-biodiversité et de la biosécurité

- loi n° 62/350 du 04 Janvier 1963 relative à l'organisation de la protection des végétaux en RCA ;
- loi n° 65/64 du 03 Juin 1965 réglementant l'élevage en RCA ;
- loi n° 85/025 du 16 Août 1985 portant reconnaissance de la pratique de la médecine et de la pharmacopée traditionnelles en RCA.

2.2.2 Cadre institutionnel

De nombreuses institutions publiques et privées interviennent dans le domaine de l'environnement en général et de la biodiversité en particulier.

Au niveau des institutions publiques, on distingue notamment :

- le Ministère de l'Environnement, des Eaux, Forêts, Chasses et Pêches ;
- le Ministère de l'Agriculture et de l'Elevage ;
- le Ministère de la Santé ;
- le Ministère des Affaires sociales ;
- le Ministère du Commerce et celui du Plan et de la Coopération internationale ;
- l'Université de Bangui ;
- le Comité national de lutte contre les feux de brousse et autres calamités.

- des Centres Ruraux d'Education et de Formation (CREF) ;
- le Club des Amis de la Nature (CAN) ;
- le Centre de Documentation, d'Information et de Formation pour le Développement (CDIFOD) ;
- l'amical national pour la protection de l'environnement ;
- le WWF.

Dans le cadre de la coopération bilatérale en matière de conservation, il y a les institutions telles que :

- l'Agence Canadienne pour le Développement International (ACDI) ;
- la Coopération Française (CF)
- la Coopération Allemande (GTZ).

Par ailleurs, la RCA est aussi active dans les programmes sous-régionaux en matière d'environnement comme :

- la Conférence sur les Ecosystèmes des Forêts Denses Humides d'Afrique centrale (CEFDHAC) ;
- le Programme Régional de l'Afrique Centrale pour l'Environnement (CARPE).

On peut également citer les sociétés d'exploitation forestières et de Safari. Par ailleurs, les programmes de conservation ou de valorisation de la biodiversité actuellement en activité sont exécutés par divers projets, à savoir : 

- Projet ECOFAC/RCA (Programme de Conservation des Ecosystèmes Forestiers en Afrique Centrale) dont l'objectif est de connaître, de promouvoir et d'encourager la protection et l'utilisation durable des ressources naturelles de la forêt de Ngotto (financement UE) ;

- Projet d'aménagement des ressources naturelles (PARN) qui a arrêté ses activités ;

- Projet de réhabilitation écologique financé dans le cadre de la coopération bilatérale entre la République Fédérale d'Allemagne (financement GTZ) et la République Centrafricaine, pour assurer la conservation des ressources naturelles de la zone urbaine de Bangui et ses périphéries ;

- Projet DZANGA-SANGHA démarré par le WWF et le Gouvernement Centrafricain en 1988, a pour objectif principal, l'aménagement et le développement au sein de la forêt de Dzanga-Sangha d'une zone de conservation à usages multiples (une réserve spéciale de forêt dense) avec en son sein le parc national de Dzanga-Ndoki ;

- Projet de conservation et de gestion hautement décentralisé de la forêt de Bangassou financé par le Fonds Mondial pour l'Environnement dont l'objectif est de développer la capacité locale de la population à gérer les ressources de cette forêt de façon durable ;

- Le Projet Régional pour la Gestion de l'Information Environnementale  (PRGIE) ;

Le Ministère des Eaux, Forêts, Chasses et Pêches coordonne les activités des projets de développement régionaux dont certains s'occupent entre autre des volets pêche et pisciculture. Il s'agit de:

- Projet d'appui à la production agricole et l'auto-promotion villageoise (PAPAAV) basé à Kongbo et qui intervient dans la Basse Kotto, le Mbomou et la Ouaka;

- Projet de développement de la région Nord (PDRN) qui s'occupe du développement et la conservation des aires protégées du Nord;

- Projet Dzanga-Sangha qui a réalisé une étude du rythme des pêches le long de la frontière congolaise et qui assure la promotion de la pisciculture en vue d'augmenter la production de poisson pour réduire la pression de chasse dans la Réserve;

- Projet de mise en valeur des bassins versants de la RCA qui a pour objet l'amélioration des systèmes de production, l'amélioration et la vulgarisation des nouvelles techniques de pêche et d'aquaculture (crevetticulture et pisciculture);

En outre, les institutions intervenant dans le domaine de l'agrobiodiversité et de la biosécurité concernent les projets suivants :

- L'ICRA : Institut Centrafricain de Recherche Agronomique, créé par Décret du 20 Avril 1993 dans le cadre d'un projet financé par la Banque Mondiale;

- L'ACDA : Agence Centrafricaine de Développement Agricole, institution de vulgarisation agricole, créée au même moment que l'ICRA dans le cadre du projet financé par la Banque Mondiale ;

- LE PDSV : Projet de Développement de la Savane Vivrière initié pour poursuivre les activités du PRODEROM et financé par le FIDA et le PNUD ;

- CREF: Centres Ruraux d'Education et de Formation financés par la Coopération Française ;

- PAPAAV: Projet d'Appui à la Production agricole et à l'Autopromotion Villageoise financé par la Communauté Européenne ;

- CETAC: Centrale de Tabac Centrafricain qui bénéficient des financements privés;

- PDRB: Projet de Développement Rural de Bouka financé par le FIDA;

- CENTRAPALM : La Centrafricaine des Palmiers est une société d'Etat qui est chargée de la gestion des palmeraies de Bossongo situées à 40 km de Bangui sur la route de M'baïki. Son activité principale est la production de l'huile de palme ;

- SOGESCA : La Société de Gestion des Sucreries Centrafricaines est une société d'économie mixte située dans la commune de Ngakobo dont l'activité est la production du sucre granulé et en poudre.

- SOCOCA et COCECOT : La Société Cotonnière Centrafricaine et la Compagnie Centrafricaine de Coton sont respectivement des sociétés d'économie mixte (basée à Bossangoa) et privée (basée à Alindao) dont les activités sont la production de coton. Cependant, il y a lieu de préciser que la COCECOT est installée dans les zones cotonnières dites marginales.

Pour le secteur de l'élevage il s'agit de :

- ANDE : agence nationale pour le développement de l'élevage ;

- SEGA : société d'état de gestion des abattoirs ;

- FIDE : fonds international pour le développement de l'élevage.

2.3 Analyse de la situation actuelle de la biodiversité et problèmes

2.3.1 La flore

les principales pressions que subissent les ressources floristiques sont par ordre d'importance :

2.3.1.1- Les feux de brousse

Utilisés soit pour la chasse de petits gibiers, soit comme moyen de défrichement agricole ou de régénération des pâturages, les feux de brousse apparaissent comme le facteur qui cause le plus de dégâts sur les écosystèmes de savanes, forêts denses sèches, steppes et galeries forestières. Les conséquences qu'ils génèrent sont notamment, la disparition de certaines plantes utiles, la destruction des habitats fauniques, l'assèchement des cours d'eau.

2.3.1.2- Les défrichements agricoles / culture itinérante sur brûlis

Le défrichement des forêts denses humides et forêt-galeries pour l'ouverture de nouveaux champs ou pour la production de bois de chauffe est l'une des principales pressions qui menace la survie des formations végétales existantes. Il résulte de ce déboisement, une réduction annuelle des superficies forestières en faveur des savanes.

Les résultats de l'inventaire forestier du PARN situent actuellement le rythme de déboisement à 2.500 hectares par an, dans la forêt à proximité de Bangui, agglomération de plus de 600 000 habitants.

2.3.1.3- L'exploitation industrielle du bois

Cette pression n'affecte que la forêt dense humide du Sud-Ouest où elle est la cause de l'ouverture de la forêt primaire, au rythme de 19.400 ha / an. Elle entraîne par ailleurs l'écremage de certaines espèces nobles, notamment l'espèce Entandrophragma cylindricum (sappeli). L'exploitation forestière contribue pour une grande part à la fragmentation de l'habitat forestier et à la déforestation (estimée au rythme de 50 km²/an).

2.3.1.4- Prélèvement abusif du bois

La coupe de bois pour la production de bois de chauffe ou de service qui est insignifiante dans la zone de steppe, est à l'origine de la dégradation de la strate arborescente de la savane à la périphérie des villes. Elle contribue au recul de la forêt aux environs de Bangui, ainsi qu'à la périphérie des grandes agglomérations comme M'baïki, Berbérati, Carnot et Bangassou.
Il faut mentionner par rapport au diagnostic de la situation, que le bois reste la principale source d'énergie pour 95% des ménages centrafricains.

2.3.1.5- L'élevage transhumant

Dans la steppe du Nord-Est (couloir de pénétration des pasteurs nomades Tchadiens et Soudanais), les aires protégées (parcs nationaux et réserves de faunes) sont envahis par le bétail. L'extension des terres de parcours affectent également la zone de savane et même de forêt dense humide. Il en résulte un surpâturage et la propagation de certaines espèces exotiques telles que Chromolaena odorata (Astéracées) ou herbe du laos ainsi que la transmission des maladies à la faune sauvage locale.

2.3.1.6- Extraction du diamant / or

Elle constitue une menace pour les forêts ripicoles et la flore aquatique. Ces activités non planifiées mettent en péril les ressources végétales des différents écosystèmes. Au-delà de la perte de matière ligneuse, le déboisement qui en résulte provoque la disparition de bon nombre d'espèces végétales ou animales. En outre il est à noter la déviation des cours d'eau concernés de même que l'utilisation de certaines substances toxiques pour les espèces vulnérables.

2.3.1.7- Problème de la flore 

Aux impacts directs des activités d'exploitation sur les écosystèmes et les ressources forestières, il faut ajouter les causes majeures suivantes :

- l'absence d'une planification rigoureuse des activités économiques au niveau du pays, caractérisée par une forte centralisation des décisions soutenue par une approche trop sectorielle. Ces activités sectorielles et très éparses n'ont pas permis d'aborder efficacement le problème de dégradation des ressources forestières ;

- l'inefficacité des mesures réglementaires due à leur méconnaissance par le public et même par ceux qui doivent veiller à leur application. Il se pose alors le problème du suivi, de l'application des textes, du manque de circulation des informations et des insuffisances dans le domaine de la sensibilisation ;

- l'insuffisance des mesures financières et économiques. Les multiples efforts engagés au niveau du pays ne prennent pas suffisamment en compte l'aspect préservation des ressources forestières. Les investissements proviennent essentiellement des sources extérieures ;

- l'incohérence des mesures institutionnelles caractérisée par une coordination insuffisante des institutions en charge de la conservation des ressources naturelles renouvelables et la difficulté de mobiliser les ressources financières et humaines ; l'absence des conditions favorables à l'épanouissement et à l'intervention efficace des populations ;

- l'absence d'un système d'information fiable sur l'évolution des ressources. A l'heure actuelle, peu d'informations sont disponibles pour la connaissance des écosystèmes terrestres et des ressources végétales du pays. Ces informations font également défaut quant aux impacts socio-économiques et écologiques des dégradations de l'environnement, ce qui ne permet pas de circonscrire l'ampleur du problème.

2.3.2 La faune

2.3.2.1- Situation des aires protégées

En 1976, la RCA a été divisée en deux zones d'utilisation de la faune :

- une zone d'intérêt cynégétique (ZIC) s'étendant sur 270 000 km² soit 47% de la superficie totale. Elle comporte la presque totalité des aires protégées du pays ;
- une zone banale de chasse représentant le reste du pays.

L'ensemble des aires protégées de la RCA couvrent une superficie de 68 000 km² soit environ 11 % du territoire. Les aires protégées présentent deux particularités :

- la majorité d'entre elles se situe dans les domaines soudanien et sahélo-soudanien ;
- la quasi totalité des aires protégées sont situées en lisière des frontières.

On dénombre quatre (4) parcs nationaux :

- le parc national André Félix ;
- le parc national Manovo-Gounda-Saint Floris ;
- le parc national Bamingui-Bangoran ;
- le parc national Dzanga-Ndoki.

Le parc présidentiel de l'Avakaba et la réserve intégrale de Vassako-Bolo.

Les réserves de la faune sont au nombre de sept (7) :

- Réserve de faune de Zémongo ;
- Réserve de faune de Ouandja-Vakaga ;
- Réserve de faune de Gribingui-Bamingui ;
- Réserve de faune de Koukourou-Bamingui ;
- Réserve de faune de Nana-Barya ;
- Réserve de faune deYata-Ngaya.

Comme nous avons signalé plus haut, la presque totalité des aires protégées se situent en ZIC. Mais le massif forestier du Mbomou (environ 8000 km²) situé au sud-ouest du pays héberge une faune riche et variée, caractéristique de la forêt dense.

2.3.2.2- Les Problèmes des aires protégées

La République Centrafricaine grâce à sa situation privilégiée possède plusieurs écosystèmes, la presque totalité des climats africains y sont représentés ce qui a favorisé une faune riche et abondante. Mais on constate une baisse constante du cheptel, au point que certaines espèces sont en danger réel de disparition.

Ainsi, la situation des parcs nationaux et des réserves de faune n'est guère enviable. Ils souffrent d'un manque de moyen matériel, financier et surtout de ressources humaines qualifiées. En somme, il devient très urgent de mettre en place une stratégie de conservation de la faune. Le problème le plus crucial des aires protégées en RCA est le manque flagrant de personnel de terrain, on note un garde pour 4257 km². Seuls les parcs de Manovo-Gounda-Saint-Floris et Bamingui-Bangoran gérés par le PDRN jouissent d'une couverture qu'on pourrait qualifier d'appréciable de 1 garde pour 350 km².

Par contre, le parc André Félix, non aménagé et non surveillé est dans une situation critique.. La situation des réserves de la faune est encore pire. Elles ne jouissent d'aucune protection efficace et sérieuse. Cette situation est aggravée par la situation frontalière qui les soumet à un braconnage national et transfrontalier, à l'envahissement par les éleveurs transhumants. La situation de la faune y est très problématique. Ainsi, certaines réserves de faune n'ont qu'une existante virtuelle ( les réserves de faune de Nana-Barya et de Zémongo n'existent que de nom).

Les onze (11) % du territoire consacrés à la protection de la faune en Centrafrique ne représentent pas la réalité, le chiffre est sans doute très largement inférieur. A ces problèmes de personnel, on peut ajouter le manque de moyens matériels et financiers quasi général.

Les feux de brousse constituent certes une menace par le fait qu'ils détruisent l'habitat de la faune et deviennent nuisibles pour elle que dans le seul cas où ils touchent une plus grande surface. Au contraire dans bien d'autres cas, les feux de brousse précoces sont une aubaine pour la faune, c'est la garantie d'un pâturage abondant.

2.3.3- Les zones humides

2.3.3.1- Evaluation de la biodiversité aquatique

Le relief de la République Centrafricaine, marqué par deux massifs montagneux situés aux extrémités Est (1400 m) et Ouest (1200 m) reliés par une ligne de partage des eaux, limite les cuvettes tchadienne au Nord et congolaise au Sud, et la pluviométrie (600 à1000 mm) au Nord et au sud (1500 à 1800), détermine le réseau hydrographique centrafricain. Ce dernier est composé de quatre bassins répartis sur l'ensemble du territoire et couvre une superficie de d'environ 1000 Km², soit 1,6 % du territoire.

Les bassins du Chari et du Logone sont dirigés vers la cuvette tchadienne. Ceux de l'Oubangui et de la Sangha alimentent la cuvette congolaise. Le réseau hydrographique comprend des cours d'eau et des étangs permanents, des plaines d'inondation temporaires, des mares, des marais et marécages et s'inscrivent dans la catégorie des zones humides intérieures prises en compte dans la Convention de Ramsar. Ces biotopes humides de la RCA offrent des écosystèmes variés qui constituent un patrimoine naturel très important et de grande valeur biologique. Le potentiel écologique de ces écosystèmes repose, pour beaucoup, sur les eaux tranquilles des rivières, lacs, mares et marais et sur les écotones entre l'eau et la terre ferme. Car au delà de l'eau se succèdent progressivement le long des rives, suivant un gradient d'humidité décroissant, une diversité de formations végétales et d'espèces animales, à l'origine de la richesse des ces écosystèmes aquatiques.

a) Végétation des zones humides

Dans les écosystèmes aquatiques l'eau est le facteur qui contrôle le milieux. Suivant qu'elle est permanente (courante ou stagnante) ou intermittente, on a les rivières les lacs, les mares et les marais qui influent sur les milieux naturels voisins et favorisent le développement d'associations végétales spécifiques et différents de celles des écosystèmes voisins. 

Aussi, distingue-t-on plusieurs types de végétations liés par la présence d'eau. Il s'agit notamment des végétations herbacées aquatiques unistrates et pluristrates, des herbacées semi-aquatiques et les divers types de végétations arbustives et arborescentes liés aux sols hydromorphes (forêts ripicoles , galeries forestières). 

Les galeries forestières qui bordent les points d'eau des bassins du Chari et du Logone sont en grande partie herbacées, tandis que les zones humides du Sud disposent de forêts ripicoles qui s'identifient aux forêts denses humides. La flore aquatique, encore insuffisamment étudiée, est estimée à environ 149 espèces.

b) Faune aquatique et semi-aquatique

La variabilité des écosystèmes aquatiques en fait le réservoir d'une faune riche et diversifiée. Une multitude d'animaux vivent dans l'eau ou au bord de l'eau en relation avec les plantes aquatiques et semi-aquatiques qui offrent une importante biomasse végétale pouvant leur servir de nourriture. Les grandes classes du Règne animal suivantes sont représentées, il s'agit notamment : des Protozoaires, des Annélides, des Mollusques, des Crustacés et des vertébrés tels que les Poissons, les Amphibiens , les Reptiles, les Oiseaux et les Mammifères. Quant aux ressources halieutiques du pays, environ 23 genres ont été identifiés. Les bassins du Chari et du Logone possèdent environ 195 espèces de poissons indigènes et le bassins de l'Oubangui en compte 206 espèces. Les principales espèces commerciales sont Alestes sp., Clatias sp., Hydrocynus sp., Lates sp., Heterotis sp., auxquels s'ajoute Tilapia sp. qui est une espèce introduite. 

La production de poissons est estimée à 10 000 tonnes par an, dont 80 % proviennent de la région Nord pour la pêcherie fluviale et 300 tonnes par an pour la pisciculture. La RCA importe 500 tonnes de poissons par an. le niveau de consommation de poisson est estimée à 35 Kg / an / hab. La demande de poisson est environ 12 000 tonnes pour une production potentielle comprise entre 20 000 et 50 000 tonnes par an.

2.3.3.2- Problèmes et tendance de la biodiversité aquatique

a) Assèchement périodique

L'étiage sévère des cours d'eau du Nord s'accompagne d'un assèchement des plaines d'inondation. Dans la zone sahélo-soudaniènne des cas d'assèchement définitifs de certains points d'eau autrefois permanents sont constatés. Pendant la période d'assèchement les œufs des poissons restent piégés dans la vase desséchée. En outre, de nombreux poissons périssent alors que ceux regroupés dans les eaux rétractées au fond des lits endurent le manquent de nutriments devenus rares et la capture par les pêcheurs devenue facile.

b) Utilisation des produits chimiques pour la pêche

La pollution des eaux par les produits industriels, dont la landrine, utilisés pour la pêche constitue un grand danger aussi bien pour les faunes aquatiques et terrestres que pour les populations riveraines situées en aval et qui encourent le risque d'intoxication étant donné que le processus d'épuration des eaux est très lent à savoir : 16 jours pour l'eau des cours d'eau, 5 ans pour l'eau des marais, 17 ans pour l'eau des lacs et 1400 ans pour les eaux souterraines.

c) Détournement des cours d'eau

Le détournement des cours d'eau, la pollution par des particules de boue et l'ensablement consécutifs aux travaux d'exploitation du diamant concourent à l'altération de la qualité de l'eau qui devient alors opaque et contraint les poissons à s'immobiliser momentanément.

Par ailleurs les plans d'eau sont aussi victimes de la pollution physique (débris végétaux), de l'érosion régressive, de la pêche par barrage et aux explosifs.

d) Dégradation des forêts ripicoles

Le feux de brousse, les cultures répétitives et la destruction des berges lors de l'exploitation minière dégradent les forêts ripicoles exposant ainsi les cours d'eau, les vases et les nappes phréatique à une évaporation massive susceptible d'affaiblir le régime des cours d'eau.

e) Diminution des ressources aquatiques

Les problèmes ci-dessus énumérés contribuent au changement du milieux aquatique qui provoque la réduction en nombre de certaines populations de poissons telles que Hepsetus odoe et Lates niloticus respectivement dans l'Ouham à Bossangoa et Batangafo, et dans le Mbomou à Mobaye. 

f) Faiblesse sur les plans institutionnel et légal

Le manque d'une loi nationale adéquate sur la pêche, des infrastructures et des moyens humains suffisants et compétents sont autant problèmes pour une meilleure conservation des zones humides en RCA. En outre, le pays n'a pas encore ratifié la convention de RAMSAR relative aux zones humides d'importance internationale.

2.3.4- Plantes cultivées 

Sur base des informations de la littérature et des études de terrain, on retrouve dans les différentes zones agroclimatiques, une production diversifiée des cultures vivrières, des cultures de rente et industrielles ou des cultures fruitières puis légumières.

2.3.4.1- Les facteurs de production et la force de travail.

A l'exception de la zone des savanes cotonnières où les cultures attelées sont pratiquées par quelques ménages, il se confirme le caractère relativement peu développé de l'agriculture centrafricaine. Les champs regroupés en blocs délimités dans la savane ou dans les galeries forestières sont défrichés à la main en début de saison sèche. La friche est généralement brûlée en début des pluies en mars. Le labour se fait à la main avec des outils rudimentaires.

Les facteurs de production ne sont que très faiblement utilisés (pour les cultures vivrières, fruitières et légumières) faute de crédit et d'encadrement technique de base suffisant. Les paysans recherchent de plus en plus des variétés améliorées au détriment des espèces locales parfois mieux adaptées aux conditions écologiques. Ces données indiquent aussi que les programmes de conservation in situ et ex situ sont assez limités en RCA ; en ce qui concerne les cultures vivrières, fruitières et légumières, faute de financement. La force de travail est principalement constituée par les membres de la famille auxquels s'ajoute parfois de la main d'œuvre temporaire en période de pointe.

2.3.4.2- Situation des cultures

a) Les cultures vivrières

Pour les vivriers, on distingue :

- les plantes à racines et à tubercules(manioc, patate douce, le taro et le macabo);
- les céréales (maïs, riz, sorgho, mil, fonio, eulesine) ;
- les oléagineux (arachide, sésame, soja) ; 
- les bananes douces, bananes plantains, courges, et melons, etc.

A côté de ces cultures vivrières qui occupent 65% de la superficie cultivée, on note la présence des cultures légumières et fruitières dont les superficies et la production sont mal connues. Les semences sont constituées par les variétés locales dont le choix et la conservation in situ sont mauvais ; ce qui les expose à une érosion génétique prononcée. Selon la zone agro-climatique, les semis vont de mars à mai. Les pratiques culturales sont rudimentaires et souvent la durée de la jachère n'est plus respectée.

b) Les cultures de rente et industrielles

Le coton, le café, le tabac, le palmier à huile et la canne à sucre sont des cultures industrielles identifiées dans les différentes zones écologiques. Le coton est actuellement la principale culture de rente dans la zone de savane tandis que le café est produit uniquement dans la zone forestière. Le palmier à huile est exploité traditionnellement à l'exception du Complexe CENTRAPALM où l'huile de palme est produite industriellement.

Il en est de même pour la canne à sucre que l'on retrouve dans les exploitations indigènes sans pour autant faire l'objet d'un grand commerce à l'exception du raffinage sucrier de NGAKOBO. La culture du tabac est en nette régression dans le pays et n'est plus pratiquée que dans le Sud-Ouest de la RCA.

2.3.4.3- Les principales menaces.

Le cotonnier, la caféier, le palmier à huile à BOSSONGO et la canne à sucre à NGAKOBO, bénéficient des financements adéquats et d'un encadrement technique acceptable. De ce fait, il résulte que leurs ressources génétiques (exceptées pour les variétés locales de palmier à huile et de canne à sucre) sont moins menacées que celles des cultures fruitières, légumières ou vivrières. Toutefois, elles subissent toutes, à de degrés divers, une érosion génétique à cause des faibles capacités de conservation in situ et ex situ et de nombreuses pressions anthropiques dont elles font l'objet.

Pour ces cultures, les principales menaces sont :

- la dégradation des écosystèmes agricoles ;
- l'absence d'inventaire des variétés améliorées et le manque de registre d'introduction ;
- les capacités de conservation in situ et ex situ particulièrement réduites ;
- l'absence de promotion commerciale et de conservation in situ des espèces dites "secondaires" ;
- la fragilité des écosystèmes liés aux systèmes de culture ;
- l'absence des structures de gestion et de conservation des ressources phytogénétiques ;
- les risques de sécheresse.

Les causes de ces pressions, leurs conséquences et les solutions proposées par les paysans pour limiter leurs effets sont données sur les matrices composées des pressions consignées dans le rapport des enquêtes de terrain.

Certaines espèces comme le manioc, le riz et le maïs restent menacées malgré leur forte production. D'autres comme des variétés de sorgho par exemple, se raréfient ou disparaissent (exemple du Sorgho à Godolo et à Bokouti II qui est très fortement menacé par les oiseaux granivores).

Au niveau du Centre Sud et de l'Est, les pressions sont faibles dans les jeunes palmeraies. Cette culture subit cependant des coupes abusives au niveau de plusieurs localités pour l'exploitation de vin de palme ; dans ces localités, le palmier à huile doit ainsi être considéré comme une culture menacée.

2.3.4.4- Lacunes et problèmes

En RCA, l'ouverture des champs et leur extension entraînent une destruction importante des écosystèmes savanicoles et forestiers. Cette situation est aggravée par le caractère itinérant de l'agriculture et des feux de brousse saisonniers et désorganisés. Le manque de force de travail consécutif à l'exode rural pour ouvrir des nouveaux champs et la poussée démographique pour la couverture des besoins alimentaires, incitent les paysans à raccourcir la durée de jachère. Cette pratique appauvrit les sols et pousse les agriculteurs à rechercher de nouvelles terres plus fertiles en forêt galeries. Les semences et le matériel végétal utilisés sont très sensibles aux insectes et maladies dont l'introduction est importante actuellement dans le pays par suite de la faiblesse des capacités institutionnelles.

Les pratiques agricoles modernes s'imposent de plus en plus en utilisant les cultures attelées et en faisant appel à des variétés améliorées au détriment des espèces locales mieux adaptées aux conditions écologiques de différentes régions. En outre, il faut signaler l'emploi inapproprié des intrants (engrais, insecticides, fongicides, etc.) La transhumance du bétail bovin Peulh qui bien souvent envahit les zones des cultures provoque à la fois la dégradation rapide du sol et l'envahissement des cultures par l'herbe de Laos ; engendrant un surcroît de travail pour les paysans.

2.3.5- Les animaux domestiques

2.3.5.1- Situation du gros bétail

L'effectif bovin était estimé à 2.017.500 têtes en 1990. Il comprenait plusieurs systèmes d'élevage dont le système pastoral transhumant avec 92,76% du cheptel était le plus important. A cette époque, le système sédentaire trypanotolérant et le système des éleveurs de zébus ne représentaient respectivement que 0,36% et 0,63%. Le système lié à la traction bovine ne comptait que 0,63% du cheptel total. Actuellement, l'effectif du cheptel bovin est estimé à 3.000.000 têtes. Cet élevage de type extensif et transhumant concerne les races suivantes :

- le zébu Mbororo que l'on trouve au Niger, au Tchad et en RCA ;
- le zébu Goudali cantonné dans le Nord Ouest.

A l'heure actuelle, le zébu et les éleveurs habituellement concentrés dans l'Ouest et la zone orientale d'élevage (zones traditionnelles) se répandent autour de Bambari, Alindao jusqu'à la limite de la forêt du Sud. On en trouve jusque dans l'enclave de Nola mais l'expansion s'est surtout réalisée en région centrale directement au Nord de Bangui.

- le taurin Baoulé, importé de la Côte d'Ivoire depuis 1925 ;
- le taurin Ndama, type plus représentatif de l'espèce taurine en Afrique Occidentale et Centrale.

L'effectif bovins taurins est estimé en 1987 à 8.500 têtes, il n'a pas subi de forte variation de 1981 à 1987.

Il est à noter que le cheptel bovin s'est fortement accru ces dernières années essentiellement par des apports extérieurs bien davantage que par son taux d'accroissement naturel.

Les données des ateliers locaux et régionaux organisés dans les différentes zones écologiques confirment les données documentaires résumées ci-dessus. De plus en plus, le bétail intègre même les zones cynégétiques ; ce qui l'expose davantage aux maladies de la faune (ex : bovidés sauvages). L'élevage bovin est pratiqué essentiellement par les nomades Peulhs-Mbororo récemment immigrés en RCA. Toutefois, le métayage des bœufs trypanotolèrants se développe progressivement dans le Centre-Est et le Centre-Sud. Le gros bétail dispose d'un pâturage riche et varié à travers tout le pays.

Les parcours pastoraux couvrent près de 50% du territoire national et leur production en espèces appétées par les animaux est très importante. Le pâturage est géré à travers plusieurs structures telles que les communes pastorales, les zones d'actions agro-pastorales (ZAGROP), les unités pastorales (UP) et les associations éléveurs-agriculteurs (AEA). Toutefois, ce pâturage connaît de plus une dégradation liée essentiellement à :

- la transhumance du bétail et sa migration du Nord vers le Sud de la RCA pendant la saison sèche, à la recherche de bons pâturages ;

- l'envahissement par les espèces ligneuses et l'herbe de Laos ;

- les feux de brousse désordonnés ;

- l'assèchement des points d'eau pendant la saison sèche dans les zones à forte disponibilité de pâturage.

Lors des études de terrain, il a été constaté que les parcours pastoraux sont mal conservés. Beaucoup d'espèces ligneuses telles que Chromolaena odorata, Sida spp et d'autres espèces épineuses remplacent progressivement les espèces végétales recherchées par le bétail.

2.3.5.2- Situation de l'élevage du petit bétail

Le petit élevage est très important car il est composé d'espèces très prolifiques (caprins) ou à faible indice de consommation (porc et volaille). Cet élevage est essentiellement laissé à l'initiative privée avec soit des éleveurs traditionnels dans les villages ou en faible proportion, en ville dans des élevages améliorés. La divagation d'animaux est la caractéristique de cet élevage traditionnel.

L'intérêt des autochtones pour l'élevage du petit bétail a été noté lors des enquêtes de terrains conduites au niveaux de principales zones écologiques. Cet élevage est resté familial, sans organisation ni technique. Les cabris et la volaille sont souvent atteints par la maladie qui diminuent leur cheptel. Ceci fait que ces espèces sont très menacées. Le canard, malgré sa rusticité est rare voire inexistant de certains sites.

2.3.5.3- Les principales menaces

Tout le cheptel centrafricain est soumis à des degrés divers à l'érosion génétique dont les effets varient d'une espèce à l'autre.

L'élevage des espèces animales domestiques subit principalement les menaces suivantes :

- le risque de réintroduction des maladies contagieuses existant à l'état endémique dans certains pays voisins (peste, la péripneumonie contagieuse des bovidés) ;
- les problèmes sanitaires accentuées par la transhumance incontrôlée et le manque de soins vétérinaires pour certaines maladies contagieuses notamment la tuberculose bovine, ou l'hématoparasitose etc… ;
- la cherté des produits vétérinaires , rendant difficile le traitement des animaux ;
- la dégradation des parcours pastoraux ;
- le délaissement par l'Etat du petit élevage en faveur de l'élevage bovin ;
- L'insuffisance du savoir des éleveurs et la sélection animale basée sur des critères non zootechniques.

2.3.5.4- Lacunes et problèmes

La production pastorale bénéficie de l'effet favorable de l'écologie en RCA. Les parcours pastoraux sont importants mais sont cependant soumis à de fortes pressions anthropiques telles que les feux de brousse désordonnés et le surpâturage.

De même, les animaux domestiques sont soumis à des contraintes croissantes provenant à la fois de la gestion du secteur élevage et de la conduite même de cet élevage. L'élevage bovin comme le petit bétail se heurtent aux problèmes suivants :

1. Les problèmes sanitaires accentués par la transhumance incontrôlée surtout au niveau des frontières et le manque des soins vétérinaires pour les maladies contagieuses telles que la peste, la péripneumonie contagieuse des bovidés, l'hématoparasitose, la tuberculose bovine etc. ;
2. La cherté des produits vétérinaires rendant difficile le traitement des animaux ;
3. La dégradation des parcours pastoraux ;
4. Le délaissement par l'Etat du petit bétail ;
5. La faible formation des éleveurs Peulhs et autochtones dans le domaine vétérinaire et zootechnique.

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