VISION NATIONALE
DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUE
CONSERVONS LA BIODIVERSITE, SOURCE
DE VIE ET DE DEVELOPPEMENT DURABLE
V. LES THEMES COUVERTS PAR LA STRATEGIE
THÈME 16: CONNAISSANCES TRADITIONNELLES ET VALEURS
SPIRITUELLES
PROBLÉMATIQUE.
Au Niger, environ 90% des besoins fondamentaux des
populations rurales sont satisfaits à partir des ressources biologiques
tirées de l’agriculture, de l’élevage et de la faune sauvage, de la
foresterie, de la pêche et l'aquaculture (source: évaluation de la
biodiversité, Mai 1998). La diversité biologique est ainsi
quotidiennement exploitée dans des domaines aussi variés que
l’alimentation, l’habitat, la santé, la culture, etc. La gestion de
ces ressources, effectuée de tout temps par les communautés rurales a
permis d’une part à l’homme d’être en harmonie avec son
environnement et d’autre part d’accumuler des connaissances et
pratiques traditionnelles transmises de génération en génération et
favorables à la conservation et à l’utilisation durable de la diversité
biologique.
Ces connaissances et pratiques traditionnelles, peuvent
encore aujourd’hui rendre d’éminents services au pays dans la gestion
durable de la biodiversité en proie à une dégradation en partie liée
à des modes d’exploitation, qui lui sont préjudiciables. Les plus dénoncés
concernent la coupe inconsidérée du bois vert, l’exploitation des
ressources végétales et animales menacées, certains prélèvements
abusifs d'organes sur les végétaux pour l’alimentation humaine et
animale, pour la pharmacopée traditionnelle et autres services
domestiques.
Des mythes , chants, contes, proverbes, rites et
interdits révèlent un réel souci de protection de l’environnement, à
l’exemple du chant en zarma de l’arbre balku: Maerua angolensis:
«Tuurey baaba, balku ganjora
boro kan na balku nya beeri
kala a ma ni ganji wande
jine kaniyan».
Le chant de l’arbre balku dit à peu près, selon Mme
Fatima M.,1997:
"Père des arbres de la brousse
est l’arbre balku Maerua angolensis
quiconque abat un arbre balku
ne pourra dormir le soir
devant son épouse’’.
Malheureusement, ces connaissances et pratiques
traditionnelles favorables à une gestion durable de la biodiversité ne
sont pas toujours accessibles, compte tenu de leur mode de transmission
par les dépositaires. Ces derniers, conscients du rôle qu’ils jouent
dans la société ne livrent pas à tout le monde leurs savoir et
savoir-faire, de peur de transgresser des interdits et de ternir leur
statut social. La transmission se fait plus généralement de père en
fils ou entre des personnes de confiance.
L’institution d’un cadre adéquat de reconnaissance
et de protection des droits de ces dépositaires des savoirs et
savoir-faire, permettrait peut être de lever les obstacles et favoriser
ainsi, l’accès aux connaissances qui incarnent des modes de vie
traditionnels présentant un intérêt pour la conservation et
l’utilisation durable de la diversité biologique.
En ratifiant la Convention sur la Biodiversité en
Juillet 1995, le Niger s’engage dès lors à appliquer les dispositions
de l’article 8 alinéa J de ladite convention, selon lesquelles «Chaque
partie contractante, dans la mesure du possible et selon qu’il
conviendra, sous réserve des dispositions de sa législation nationale,
respecte, préserve et maintient les connaissances, innovations et
pratiques des communautés autochtones et locales qui incarnent des modes
de vie traditionnels présentant un intérêt pour la conservation et
l’utilisation durable de la diversité biologique et en favorise
l’application sur une plus grande échelle, avec l’accord et la
participation des dépositaires de ces connaissances, innovations et
pratiques et encourage le partage équitable des avantages découlant de
l’utilisation de ces connaissances, innovations et pratiques».
Pour y parvenir, quelques éléments d’orientations
stratégiques et les mesures ci-dessous sont proposées.
ORIENTATIONS STRATÉGIQUES
16.1.- Identification, reconnaissance, valorisation et
diffusion des savoirs et savoir-faire traditionnels, favorables à la
conservation et à l’utilisation durable de la diversité biologique.
16.2.- Promotion et protection des droits des dépositaires
des savoirs et savoir-faire traditionnels, favorables à la conservation
et à l’utilisation durable de la diversité biologique
16.3.- Création d’un cadre formel de collaboration
entre les détenteurs des savoirs en général et ceux relatifs à la
conservation et à l’utilisation durable de la diversité biologique en
particulier.
MESURES PROPOSÉES
16.1.1 Adopter des approches permettant de collecter
les connaissances et pratiques traditionnelles favorables à la
conservation et à l’utilisation durable de la diversité biologique
(MH/E, Université, INRAN, ATPN).
16.1.2 Prendre en compte dans les programmes de
formation et de recherche les connaissances et pratiques traditionnelles
favorables à la conservation et à l’utilisation durable de la
biodiversité (MH/E, MEN, Université, ATPN, INRAN, MSP).
16.1.3 Inventorier les connaissances et pratiques
traditionnelles, favorables à la conservation et à l’utilisation
durable de la biodiversité (MH/E, Université, INRAN, ATPN, ACCT).
16.1.4 Élaborer des dossiers de projets prenant en
compte les connaissances et pratiques traditionnelles dans la conservation
et l’utilisation durable de la biodiversité (MH/E, Université, INRAN,
ATPN).
16.1.5 Organiser des journées "porte
ouverte" ainsi que des fora sur les connaissances et pratiques
traditionnelles, favorables à la conservation et à l’utilisation
durable de la biodiversité (MH/E, Université, INRAN, ATPN).
16.2.1 Elaborer des textes législatifs et réglementaires
de gestion des ressources biologiques intégrant les connaissances et
pratiques traditionnelles favorables à la conservation et à
l’utilisation durable de la biodiversité (MH/E, MJ/DH/GS, MES/RT,
MC/C).
16.2.2 Élaborer des textes législatifs et réglementaires,
conformément aux dispositions de l’accord relatif aux aspects des
droits des agriculteurs, de propriété intellectuelle liés au commerce
(compensation, droit de propriété, brevet, partage des bénéfices),
prenant en compte les connaissances et pratiques traditionnelles
favorables à la conservation et à l’utilisation durable de la
biodiversité (MH/E, Université, INRAN, MC/C, MSP).
16.3.1 Créer l’ordre des tradipraticiens (MH/E,
MI/AT, MSP, ATPN).
16.3.2 Mettre en place une équipe pluridisciplinaire
pour promouvoir la recherche participative en matière de la conservation
et de l’utilisation durable de la biodiversité (MH/E, MSP, Université,
ATPN, INRAN).
ACTIONS EN COURS
| INTITULE |
PERIODE |
ACTEURS |
COUVERTURE |
| Travaux phytochimiques sur les espèces médicinales |
- |
Université Abdou Moumouni. |
Nationale |
| Programme d’Education Environnementale |
1993-2000 |
UICN, Coop. Danoise, Départements de
Zinder et Diffa |
Régionale |
| Association pharmaco-santé AMIN |
1994 |
SNV, DED Coopération Canada |
Nationale |
|
Médecine traditionnelle et pharmacopée:
contribution aux études ethno-Botaniques et floristiques du Niger |
1979 |
ACCT, UAMD, MSP |
Nationale |
ACTION EN ATTENTE
| INTITULE |
BAILLEURS DE FONDS POTENTIELS |
NIVEAU DE NEGOCIATION |
| Coopérative d’Herboristerie «BANITURI» |
Membres de la Coopérative et Autres |
En instruction |
ACTIONS NOUVELLES.
P1
. Création d’un réseau national des personnes détenant
des connaissances et pratiques traditionnelles, en vue de l’étude et de
la promotion des connaissances traditionnelles relatives à la
conservation et à l’utilisation durable de la diversité biologique;
P1
. Programme de recherche en pharmacopée traditionnelle vétérinaire;
P2
. Poursuite des études des espèces médicinales du
Niger;
P3.
Appui aux tradipraticiens pour constituer des sources
d'approvisionnement en plantes médicinales;
P3
. Création de jardins botaniques nationaux et régionaux,
pour conserver les espèces à grande valeur médicinale et/ou culturelle.
CONSERVONS LA BIODIVERSITE, SOURCE
DE VIE ET DE DEVELOPPEMENT DURABLE
