LA STRATÉGIE NATIONALE ET LE PLAN D'ACTION EN MATIÈRE DE DIVERSITÉ BIOLOGIQUE


INTRODUCTION

La dégradation des ressources naturelles en général et de la diversité biologique en particulier a des conséquences nombreuses. Certaines, sont d'une gravité exceptionnelle dans la mesure où elles peuvent mettre en péril les bases fondamentales du cadre de vie et hypothéquer le développement des générations futures. C'est le cas en particulier de la gestion qui est faite des composantes des règnes végétal et animal dont le potentiel diminue dangereusement. Certains éléments de ces composantes sont même menacés de disparition.

Au Niger, à l'instar de bien de pays, l'importance de la diversité biologique est bien perçue par les populations. En effet, celles-ci tirent l'essentiel de leurs besoins fondamentaux à partir des ressources biologiques, confirmant ainsi le rôle certain des produits locaux d'origine animale et végétale dans l'économie domestique (ménagère). Il en est de même de leur valeur écologique, esthétique, culturelle, religieuse, scientifique, pharmaceutique et technologique.

A titre illustratif, dans le domaine de la diversité biologique végétale, 210 espèces présentent un grand intérêt dans le régime alimentaire de la population, particulièrement pendant les périodes de disette et de famine. Les plantes sauvages consommées dont la cueillette est généralement assurée par les femmes, fournissent un apport riche en éléments essentiels, complétant ainsi le régime alimentaire à base de céréales (mil, sorgho, blé, riz, etc.).

Les plantes sauvages contiennent plusieurs éléments nutritifs essentiels, en quantité suffisante pour satisfaire plus de 50% des besoins quotidiens d'un enfant âgé de 4 à 6 ans, y compris les vitamines A et C, le calcium et le fer, ainsi que les protéines (Wilson, 1989). Ceci présente d'autant plus d'intérêt que certains de ces éléments sont soit faiblement représentés, soit absents dans la nourriture de base qu'est le mil. Parmi ces éléments figurent la lysine, acide aminé essentiel,  qui se trouve en grandes quantités dans deux espèces (Amaranthus spinosa et Moringa oleifua) consommées surtout au village.

En ce qui concerne l'alimentation du bétail, 235 espèces sont utilisées. En pharmacopée traditionnelle, 270 espèces servent à divers usages. Dans l'artisanat, 127 espèces sont concernées. Sur le plan culturel et religieux, beaucoup d'espèces rentrent dans le cadre de certaines cérémonies en particulier rituelles. Durant ces dernières années, une importance plus marquée est accordée à la lutte biologique dans le cadre de la protection des végétaux.

Quant à la diversité biologique animale, elle est utilisée pour l'alimentation, la pharmacopée, le transport, le tourisme, etc.

Signalons enfin que le Niger constitue un pôle important dans la gestion des mouvements des espèces migrateurs et qu'il est par ailleurs le seul pays au monde abritant encore à l'état naturel des espèces animales rares telles que l'addax.

L'importance de la diversité biologique réside par ailleurs dans sa contribution à l'économie nationale à travers le rôle qu'elle joue dans les deux composantes fondamentales du secteur rural à savoir l'agriculture et l'élevage.

Conscient de cette situation, le Niger s'est joint à la communauté internationale pour signer et ratifier la Convention internationale sur la diversité biologique. Par cet acte, le Niger manifeste ainsi son intention "de collaborer avec d'autres pays dans un effort commun en vue de protéger les habitats, les espèces et le matériel génétique, et d'utiliser les ressources de façon durable puis d'apporter les changements politiques, économiques et gestionnels requis pour que les avantages découlant de l'exploitation des écosystèmes forestiers, des sols, de la production agricole, de la gestion de la faune, des pêches, des ressources génétiques soient équitablement répartis entre les collectivités locales, régionales, nationales et sur le plan international".

Par ailleurs l'application des différentes dispositions de la Convention sur la diversité biologique, notamment l'article 6, fait obligation aux états signataires de mener sur leurs territoires un certain nombre d'activités habilitantes devant permettre d'atteindre les objectifs principaux qui sont assignés à ladite Convention.

C'est pourquoi, dans la perspective de la mise en œuvre des actions et recommandations décidées dans les différents fora, le Niger a sollicité et obtenu du FEM un appui de 240838 $ US pour financer le processus d'élaboration de sa SNPA/DB. Tout en poursuivant les trois objectifs de la Convention tels qu'énoncés ci-haut, la SNPA/DB vise les objectifs stratégiques suivants:

  • élaborer un cadre spécifique de référence et d'harmonie pour tous les secteurs ayant en charge la gestion de la DB;
  • promouvoir l'intégration multisectorielle des programmes et des actions en faveur de la conservation et de l'utilisation durable de la DB;
  • améliorer les connaissances des éléments constitutifs de la DB et assurer un suivi régulier de leur évolution;
  • concevoir des modèles et des techniques de gestion intégrée et durable des ressources de la DB;
  • poursuivre les travaux de recherche sur la compréhension du climat et utiliser au mieux les résultats y afférents dans la gestion de la DB.

Ainsi, l'élaboration de la SNPA/DB va permettre au Niger de se doter d'un cadre global de planification de toutes les interventions en la matière.

Ce cadre sera également celui de mobilisation de ressources financières, humaines et matérielles. Il permettra en plus de conscientiser et de mobiliser tous les partenaires, en particulier la société civile qui constituera la principale composante cible de la SNPA/DB.

D'une durée de cinq ans, le premier Plan d'Action issu de la Stratégie Nationale est constitué d'un ensemble de sept  programmes et projets prioritaires. Il sera réactualisé au fur et à mesure, par l'insertion progressive des actions des priorités 2 et 3 de la Stratégie Nationale.

  

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Dernière mise à jour:  23-08-04


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