2. BILAN-DIAGNOSTIC DE LA SITUATION DU NIGER EN MATIÈRE
D'ENVIRONNEMENT ET DE DÉVELOPPEMENT DURABLE
Faire "l'état des lieux" en matière d'environnement et de développement
durable est un préalable indispensable dans le processus de l'élaboration
du PNEDD. L'objectif du bilan diagnostic environnemental consiste à
exposer de façon concise mais précise, le contexte général dans lequel
s'inscrit l'élaboration du PNEDD - au plan géographique et au plan des
politiques économiques et socio-culturelles - de manière à dégager les
enjeux.
2.1. Contexte bio-physique et activités associées
2.1.1. Physiographie générale
La figure 2 permet de constater que quatre grandes unités
physiographiques principales se partagent la superficie de 1 267 000 km2
que couvre le territoire nigérien. Dans toutes ces unités, les modelés
et les reliefs, à quelques exceptions près, sont très peu élevés. En
effet, les altitudes qui s'élèvent progressivement du sud-ouest au
nord-est, sont généralement comprises entre 200 et 500 m, faisant du
Niger un pays contrasté.
Figure 2. Carte générale du Niger
Les quatre unités physiographiques sont: les hauts plateaux du
nord-est, le massif de l'Aïr, les bas plateaux de l'ouest, du centre et
du sud, et, enfin, les plaines.
- Les hauts plateaux du nord-est
L'altitude des hauts plateaux du nord-est (Djado, Afafi, Tchigaï,
Manguéni) varie entre 800 et 1.000 m. Il s'agit de modelés plats,
parfois très escarpés (jusqu'à 300m de dénivellation) et parsemés,
dans ce cas, de gorges rendant l'accès souvent difficile.
Le massif de l'Aïr, dans le centre nord du pays, est une montagne
dyssimétrique qui couvre environ 61 500 km2.Il se subdivise en deux
compartiments bien distincts dans ses parties septentrionales et méridionales.
La partie méridionale est la plus vaste.
L'Aïr est un massif cristallin constitué par un ensemble de roches métamorphiques
structurées en pénéplaines, jonchées de gros blocs pierreux, de boules
de granit, de regs caillouteux, de roches détritiques et de coulées
basaltiques, ou hérissées de pics de roches intrusives.
L'Aïr dont l'altitude moyenne se situe entre 500 et 900 m, porte en
outre une quinzaine de sommets, tantôt tabulaires ou annulaires, tantôt
escarpés, et pouvant s'élever jusqu'à 2 000 m d'altitude comme dans les
monts Bagzan. Le massif, dont le relief est très contrasté, est entaillé,
surtout dans sa partie méridionale, par de splendides vallées sèches
parfois encaissées et à fonds plat, tapissées de sables grossiers. Ces
vallées qui peuvent être relativement humides comme celles des piémonts
des massifs, peuvent permettre une agriculture oasienne riche. Les vallées
servent de collecteurs aux eaux de ruissellement qui viennent se déverser
dans les plaines façonnées en amphithéâtre du Talak à l'ouest, de
l'Irhazer au sud.
C'est la beauté des paysages très variés du massif de l'Aïr et son
exceptionnelle richesse faunique et floristique qui ont valu à certaines
parties de son territoire d'être classées comme site de patrimoine
mondial de l'Humanité.
Les bas plateaux de l'ouest, du centre et du sud qui concernent la
majeure partie de la superficie entre l'Aïr et les frontières méridionales
du pays, abritent aussi la plus grande partie de la population.
Les bas plateaux peuvent être entaillés par des vallées fossiles,
vestiges de systèmes hydrologiques anciens. Le fond de ces vallées
reliques est parfois tapissé de dunes. Il s'agit de l'Azawak et des
Dallols à l'ouest, de la Maggia, de la vallée de Badéguichiri, de la
Tarka, des Goulbis et des Koramas au centre.
Dans les reliefs de bas plateaux dont l'altitude varie le plus souvent
entre 200 et 500 m, le socle peut affleurer par endroits sous la forme de
boules granitiques comme dans le Liptako-Gourma (rive droite du fleuve
Niger), le sud Maradi et le Damagaram-Mounio. Ailleurs, le relief peut se
présenter sous la forme de collines de petites dimensions et de très
faible altitude comme dans l'Ader-Doutchi, et même de petits massifs avec
les mêmes caractéristiques que les collines, comme celui de Termit.
Les plaines occupent de vastes étendues du territoire nigérien. Les
plus importantes sont situées aux pieds des versants nord-est et est du
massif de l'Aïr où s'étend l'immense désert du Ténéré avec 300 000
km2 soit 23,68 % du pays. On les retrouve également dans l'Est autour du
bassin du lac Tchad où se développe par ailleurs un important système
de dunes et de cuvettes.
D'une manière générale et exception faite des reliefs élevés et
des grandes vallées, le caractère plat des paysages influence peu les écosystèmes
naturels et humains qui tiennent plutôt leur spécificité d'autres
facteurs comme le climat.
La pluviosité constitue l'élément déterminant du climat. Les
pluies, généralement orageuses et par conséquent de forte érosivité,
sont synchronisées avec les mouvements apparents du soleil. Les valeurs
mensuelles moyennes de l'évapotranspiration potentielle et de la température
sont assez élevées, notamment pendant la saison chaude (Mars à Juin).
Elles sont respectivement de 18 à 27 mm et de 24 à 35 ° C.
Les vents chauds et secs d'Est et du Nord-Est (harmattan) de vitesse
relativement élevée sont dominants pendant la saison sèche (Octobre à
Mai), tandis que pendant la saison des pluies (Juin à Septembre) les
vents humides du Sud et du Sud-Ouest (mousson) de vitesse modérée sont
dominants.
Trois faits essentiels caractérisent le régime des pluies.
En premier lieu la pluviosité est faible en général et varie selon
un gradient négatif du sud (800 mm au maximum dans le sahel) vers le
Nord, où les pluies peuvent être exceptionnelles (entre 10 et 90 jours
selon les régions).
Deuxièmement, la pluviométrie est très irrégulière dans l'espace
et dans le temps avec une grande variation du nombre de jours annuels de
pluie. À titre de comparaison, il faut rappeler que le cycle végétatif
de la plupart des cultures pluviales varie entre 70 et 120 jours.
L'occurrence de périodes de sécheresse récurrentes avec une tendance à
la diminution de la pluviosité constitue certes le trait le plus marquant
de ce climat. Enfin, rappelons que le décalage des isohyètes vers le sud
sur une distance de 75 à 100 km selon les régions dû en partie au déficit
pluviométrique observé depuis 1968, a favorisé l'extension des zones désertiques
dont la proportion est passée de 66 à 77% environ du territoire
national.
Troisièmement, les premières pluies tombent de plus en plus
tardivement, alors même que la fin de la saison des pluies ne varie que
très peu. Cela se traduit par un raccourcissement de la durée de la
saison humide qui est passée d'un maximum de 4 mois qu'elle était au
cours de la période 1930-1960 à un minimum d'un mois depuis. Cette
tendance à l'aridification a une grande influence sur les ressources
naturelles, support des activités humaines.
Les conditions climatiques permettent de distinguer deux saisons; une
longue saison sèche (8 à 10 mois) et une courte saison des pluies (2 à
4 mois). Toutefois, la combinaison des différents facteurs du climat,
notamment la pluie, les températures et les vents, permettent aux
populations nigériennes de partager l'année en quatre saisons: une
saison des pluies (juin à septembre), une saison des récoltes (septembre
à octobre), une saison sèche et fraîche (novembre à février) et une
saison sèche et chaude (mars à juin).
- Les Zones agro-climatiques
Les conditions climatiques, associées à la position en latitude et
plus rarement à l'altitude, permettent par ailleurs de distinguer quatre
grandes zones agro-climatiques qui se superposent du sud au nord; il
s'agit dans l'ordre de la zone subhumide, de la zone sahélienne, de la
zone semi-désertique et de la zone désertique (voir figure 3).
Figure 3. Cartes des zones agro-climatiques
- La zone soudanienne subhumide
La zone soudanienne subhumide couvre la partie sud-ouest du pays. C'est
la zone la plus arrosée (600-800 mm), mais aussi la moins étendue (moins
de 3 % de la superficie). Elle concerne le sud du Département de Dosso,
une petite portion de celui de Tillabéry (sud de l'arrondissement de
Say), le sud Maradi et le sud Zinder.
Les sols y sont de type ferrugineux tropicaux. Ils sont sablo-limoneux,
souvent lessivé dans les faciès sableux, gravillonnaires à lithiques
sur les plateaux cuirassés ou enfin limoneux argileux et hydromorphes
dans les bas-fonds et sur les versants des vallées.
C'est la zone qui présente le plus grand intérêt du point de vue
biologique, du fait de la richesse et de la très grande variété des espèces
végétales qu'elle abrite (plus de 2750 espèces y ont été répertoriées
en 1991 par l'UICN).
La zone soudanienne subhumide est le domaine des savanes arborées,
arbustives dégradées ou herbeuses auxquelles se mêlent quelques forêts
claires et forêts-galeries. La végétation ligneuse fait l'objet d'une
exploitation intense et incontrôlée qui a largement contribué à sa dégradation,
comme c'est le cas des rôneraies de Gaya.
La zone soudanienne subhumide, favorable à l'agriculture et à l'élevage,
est aussi celle qui abrite la réserve totale de faune de Tamou (75.000
ha) et le Parc National du W (220.000 ha).
La zone sahélienne couvre environ 15 millions d'hectares, soit 30 % du
territoire du Niger. Elle s'étend de la limite nord de la zone
soudanienne subhumide aux latitudes concernées par le tracé convexe,
dans sa partie occidentale, de l'hysohyète 200 mm. Du fait des sécheresses
de ces dernières années, les isohyètes se sont déplacées vers le Sud,
entraînant ainsi une contraction de la zone sahélienne.
La zone sahélienne se subdivise en réalité en deux ensembles: la
zone sud sahélienne, et la zone nord sahélienne.
La zone sud sahélienne reçoit entre 400 et 600 mm d'eau, généralement
répartis sur plus de 100 jours. Elle comprend le centre et le nord des régions
de Tillabéry et de Dosso, le sud Tahoua, le centre des régions de Maradi
et de Zinder et enfin le sud de la région de Diffa.
Les sols de la zone sud sahélienne sont constitués de sols tropicaux
subarides et se distinguent en deux grands types dont la fertilité varie
selon la position topographique où on les trouve.
La végétation de la zone sud sahélienne est constituée
majoritairement de steppes arborées et arbustives, parfois contractées
en "brousse tigrée" sur les plateaux cuirassés. Zone
agro-pastorale de cultures sous pluies, la zone sud sahélienne est
soumise à une intense exploitation et à des défrichements inconsidérés
sous la pression démographique.
Dans la zone nord sahélienne la pluviosité varie de 150 à 300 mm.
Les sols de type subarides sableux peu évolués, ou de type subarides
limono-sableux ou argilo-limoneux du nord, ne conviennent pas à
l'agriculture. Par contre, la végétation de la zone nord sahélienne,
qui représente un potentiel forestier de 6 millions d'hectares constitués
de steppes herbacées et arbustives dominées par les espèces graminéennes,
lui confère une vocation essentiellement pastorale.
C'est ce qui a conduit à l'époque à fixer légalement la limite méridionale
de la zone pastorale aux environs de l'hysohyète 350 mm, correspondant à
peu près au 15ième degré de latitude nord.
- Les zones désertiques et semi-désertiques
Du fait de la continentalité et de la position en latitude du Niger,
environ 67 % de la superficie du pays sont constitués de terres arides et
semi-arides de type saharien.
Les zones désertiques et semi-désertiques reçoivent en général
annuellement moins de 100 mm de pluie. Toutefois, l'Aïr en général, et
plus particulièrement son secteur sud-ouest, se distingue de l'ensemble
comme un îlot plus humide qui recueille annuellement entre 180 et 200 mm
d'eau.
Les sols dans cette partie du Niger sont constitués principalement de
matériaux minéraux bruts issus des affleurements rocheux. Il s'agit généralement
de sols sableux peu évolués et de sols halomorphes qui ne se prêtent
pas à l'agriculture, sauf dans les vallées et les dépressions humides.
La végétation dans les zones sahariennes se concentre dans les vallées
de l'Aïr et dans les oasis situées aux pieds des falaises du Kawar. Elle
apparaît sous la forme de forêts reliques ou de végétation
anthropique.
Dans les zones désertiques et semi-désertiques la nature des sols
limite les activités humaines à l'agriculture irriguée d'oasis et, dans
les parties méridionales, à l'élevage des camelins et des caprins là où
on retrouve certains habitats spécifiques comme dans le massif de l'Aïr.
La structure géologique du Niger est relativement simple. Elle
comprend deux grands ensembles:
les bassins sédimentaires phanérozoïques dont les plus importants
sont ceux des Illumenden à l'Ouest et ceux du Lac Tchad à l'Est. Les séries
stratigraphiques de ces bassins dont les âges s'étalent du Cambrien au
Pleistocène sont caractérisées par une alternance de dépôts à
influence marine et de complexes continentaux; et les formations du socle
précambrien qui affleurent dans le Liptako, l'Aïr, le Ténéré, le
Damagaram Mounio et le Sud Maradi. Elles sont essentiellement formées de
gabbros, de dolérites, de basalte, d'andésites, de ryolites, de tufs
basiques à intermédiaires, des granitoïdes, etc…
Ces formations renferment un potentiel minier important et varié. Les
formations du socle cambrien sont connues pour leurs minéralisations en
or, platine, chrome, cuivre, plomb, zinc, titane, lithium, vanadium,
cassitérite, etc. Pour l'exploration de l'or, une quinzaine de permis
sont en vigueur dans le Liptako Gourma où s'y mènent d'intenses activités
de recherches minières. L'orpaillage a également cours sur certains
sites du Liptako, avec parfois plusieurs milliers d'acteurs sur un site.
Quant aux formations sédimentaires, particulièrement celles du bassin
des Illumenden, elles renferment diverses substances dont le fer, le
cuivre, l'argent, le gypse, le baryum, les phosphates, etc…et des
substances énergétiques: l'uranium et le charbon qui font l'objet
d'exploitation, constituant aujourd'hui les plus importantes activités
minières du pays.
Par ailleurs, des accumulations d'hydrocarbures ont été mis en évidence
dans les bassins du Lac Tchad et du Djado où l'exploration se poursuit
activement.
L'uranium dont les réserves sont très importantes est exploité à
Arlit et à Akokan. Les quantités produites et celles vendues ont suivi
l'évolution indiquée dans le tableau 2 ci-dessous:
Tableau 2: Évolution de la production et de l'exportation d'uranium
(1971 à 1997)
| Année |
Production
(Tonnes) |
Quantité
vendue
(tonnes) |
Quantité
vendue
(millions FF) |
| 1971 |
410 |
400 |
40,00 |
| 1972 |
869 |
300 |
29,68 |
| 1973 |
949 |
1.090 |
100,22 |
| 1974 |
1.114 |
1.250 |
127,92 |
| 1975 |
1.306 |
1.400 |
280,00 |
| 1976 |
1.460 |
1.500 |
420,08 |
| 1977 |
1.441 |
1.465 |
4.568,42 |
| 1978 |
2.061 |
2.202 |
1.023,10 |
| 1979 |
3.616 |
3.479 |
1.671,72 |
| 1980 |
4.128 |
3.865 |
1.893,16 |
| 1981 |
4.364 |
4.800 |
1.938,38 |
| 1982 |
4.257 |
3.420 |
1.641,26 |
| 1983 |
3.426 |
4.095 |
2.199,96 |
| 1984 |
3.276 |
3.383 |
1.974,86 |
| 1985 |
3.181 |
3.212 |
1.924,88 |
| 1986 |
3.108 |
2.955 |
1.771,46 |
| 1987 |
2.970 |
2.969 |
1.738,76 |
| 1988 |
2.965 |
2.968 |
1.637,86 |
| 1989 |
2.962 |
2.967 |
1.482,58 |
| 1990 |
2.832 |
2.964 |
1.207,56 |
| 1991 |
2.963 |
2.963 |
1.125,02 |
| 1992 |
2.965 |
2.964 |
1.006,30 |
| 1993 |
2.913 |
2.968 |
917,28 |
| 1994 |
2.974 |
2.851 |
755,66 |
| 1995 |
2.974 |
3.097 |
756,64 |
| 1996 |
3.320 |
- |
- |
| 1997 |
3.450 |
- |
- |
| Total |
70.794 |
65.527 |
28.094,30 |
Source: Ministère des Mines et de l'Énergie.
Ce tableau permet de constater que la production annuelle d'uranium,
qui était supérieure à 4 000 tonnes au tout début des années 80 a
chuté brusquement à partir de 1983 pour se stabiliser progressivement
autour des 2 900 tonnes.
Les ventes à l'exportation ont suivi évidemment une évolution
comparable. Or, à partir de 1975, l'uranium était devenu le principal
produit d'exportation du pays et représentait à un certain moment, près
de 75% de recettes d'exportation. Ces recettes sont ainsi passées de 2
milliards de FCFA en 1971, à 11 milliards en 1975, puis à 96,9 milliards
en 1981, pour retomber à 81,8 milliards en 1988, 56 milliards en 1991 et
45,8 milliards en 1993. En 1994, elles sont remontées à 75,5 milliards
FCFA (Ministère des Mines et de l'Energie).
Le charbon est exploité à Anou Araren où les réserves sont estimées
à environ neuf (9) millions de tonnes. Il permet de produire de l'électricité
pour alimenter les sites miniers uranifères et la ville d'Agadez. La
production du charbon, la production et la vente de l'énergie électrique
issue de ce charbon ont évolué tel qu'indiqué dans le tableau 3.
La production cumulée de charbon après dix-sept années
d'exploitation s'établit à 2438778 tonnes. Compte tenu de l'importance
des réserves disponibles, il est opportun d'envisager d'autres modes
d'utilisation de ce charbon. C'est à ce titre qu'a été expérimenté au
début de la présente décennie le procédé de carbonisation pour
produire un combustible domestique (comme substitut au bois de chauffe) à
partir d'une usine pilote d'une capacité de 3.000 tonnes par an installée
à Anou Araren. Il se dessine aujourd'hui des perspectives favorables à
la reprise imminente de cette expérimentation pour la faire déboucher au
stade de production industrielle.
Tableau 3: Évolution de la production du charbon, de la production
et de la vente d'électricité au Niger de 1980 à 1996
| Années |
1980 |
1981 |
1982 |
1983 |
1984 |
1985 |
1986 |
1987 |
| Prod. GWH |
000 |
75,7 |
103,08 |
120,9 |
108,6 |
133,08 |
138,9 |
139,7 |
| Vente GWH |
- |
49,86 |
84,02 |
98,68 |
89,77 |
106 |
109,06 |
111,63 |
Prod. Charb.
En tonnes |
72.800 |
79.768 |
109.025 |
129.967 |
129.985 |
158.718 |
154.889 |
163.114 |
| Années |
1988 |
1989 |
1990 |
1991 |
1992 |
1993 |
1994 |
1995 |
1996 |
| Prod. GWH |
138,1 |
133,4 |
133,8 |
137,8 |
127,5 |
133,5 |
138,2 |
140,7 |
144,6 |
| Vente GWH |
103,48 |
99,85 |
100,15 |
104,02 |
96,41 |
100,67 |
105,48 |
106,61 |
109,7 |
Prod. Charb.
En tonnes |
159.316 |
171.434 |
153.919 |
156.542 |
133.525 |
156.310 |
156.474 |
170.970 |
182.022 |
Source: Ministère des Mines et de l'Énergie
Aussi paradoxal que cela puisse paraître, le Niger, pays sec, dispose
d'abondantes ressources en eau, surtout souterraines. Le problème
essentiel demeure l'accessibilité à ces ressources dont les conditions
d'exploitation ne permettent pas de satisfaire, dans les conditions
optimales, les besoins des populations, du cheptel, de l'agriculture et de
l'industrie.
Les eaux de surface, dont la répartition est très inégale sur le
territoire national, relèvent principalement des écoulements ayant pour
siège deux bassins principaux: le bassin occidental et le bassin oriental
dont la ligne de démarcation est constituée approximativement par la
falaise de Tiguedit, au sud de l'Aïr.
Dans le bassin du Niger occidental, les écoulements les plus
importants concernent essentiellement ceux du fleuve Niger lui-même et
ceux de ses sept affluents de rive droite dont l'écoulement saisonnier
est lié aux pluies d'hivernage.
Dans le bassin du Niger oriental, les eaux de la Komadougou Yobé, rivière
semi-permanente qui fait frontière avec le Nigéria, viennent se déverser
dans le lit du Lac Tchad. Lorsque la Komadougou est en eau, la progression
de l'onde hydrique et son premier passage dans les villages nigériens
riverains constitue toujours un épisode socio-culturel et économique très
attendu et de grande importance parce qu'il est synonyme de vivification
et de reprise des activités de la pêche et des cultures maraîchères.
Par ailleurs, les eaux de surface se concentrent aussi dans des systèmes
d'écoulement épisodique liés aux précipitations atmosphériques. C'est
le cas des Dallols de l'Ader Doutchi, Maggia, de la Tarka, des Goulbis,
des Koramas et de l'Aïr. Une partie des eaux superficielles se retrouve
enfin dans les mares permanentes (Tabalak, (région de Tahoua), Madarounfa
(région de Maradi)) et dans les mares saisonnières.Le tableau synthétique
n°4 ci-dessous donne la situation des écoulements moyens des principaux
cours d'eau du pays.
Tableau 4: Ecoulements moyens annuels des principaux cours d'eau du
pays
| Cours d'eau |
Station
|
Ecoulement moyen
annuel (millions de m3) |
| Niger |
Niamey |
+ 32.400 (période
1929-1969)
+ 21.900(période 1970-1996) |
| Gorouol |
Algongui |
322 |
| Sirba |
Garbé Kourou |
697 |
| Mékrou |
Barou |
923 |
| Komadougou |
Bagara |
501 |
| Zermou |
Zermou |
9 |
| Goulbi de Maradi |
Nielloua |
218 |
| Maggia |
Doguéraoua |
71 |
| Teloua |
Azel |
21 |
Source: Ministère de l'Hydraulique et de l'Environnement -
DRE
Le volume d'eau annuellement charrié et disponible dans les différentes
unités hydrographiques est estimé à quelque 31 milliards de m3 dont 29
milliards relèvent du seul bassin du fleuve Niger. La diminution
constante du débit du fleuve Niger induit des étiages de plus en plus sévères
compromettant ainsi l'alimentation en eau des populations et du cheptel,
l'irrigation, ainsi que les activités industrielles concentrées dans la
vallée.
Le Ministère de l'Hydraulique et de l'Environnement (MHE) estime que
moins de 1% du potentiel des eaux de surface est actuellement exploité.
Par ailleurs, il faut également signaler que dans la majeure partie du
pays, l'eau de surface facilement accessible provient de cours d'eau
prenant généralement leur source dans les pays voisins et dont la
gestion échappe totalement au contrôle des pouvoirs publics nigériens
en dépit de l'existence d'organismes sous-régionaux de coopération
comme l'Autorité du bassin du fleuve Niger (ABN).
En ce qui a trait aux eaux souterraines, elles constituent l'essentiel
des ressources hydriques du Niger et, par conséquent, la première source
d'approvisionnement en eau. À l'instar des eaux de surface, elles relèvent
de deux grands bassins, à savoir le bassin du Niger occidental, qui
englobe le sous-bassin des Ouilliminden, et le bassin du Niger oriental.
Les eaux souterraines se trouvent à des profondeurs dépassant généralement
(60 m), sous forme de nappes libres ou de nappes sous pression. Elles
peuvent être continues ou discontinues et exploitées par pompage à
motricité humaine.
Par ailleurs, selon les séries stratigraphiques dans lesquelles elles
sont contenues, les nappes peuvent être distinguées en nappes
renouvelables, lorsqu'elles sont alimentées par les eaux d'infiltration,
et en nappes non renouvelables lorsqu'elles sont emprisonnées dans des réservoirs
relevant parfois de systèmes d'artésianisme.
Les écoulements annuels souterrains représentent annuellement 2,5
milliards de m3 alors que les ressources hydriques non renouvelables,
estimées à quelque 2000 milliards de m3, sont peu exploitées. Compte
tenu de la profondeur où elles se trouvent leur mobilisation représente
des coûts importants.
Les eaux souterraines sont exploitées au moyen de puits traditionnels
ou modernes, de forages ou de forages-puits.En matière d'hydraulique
villageoise, le Schéma directeur des ressources en eau évalue à 9 300
le nombre de points d'eau moderne exécutés entre 1980 et 1990.La
couverture nationale des besoins en eau est ainsi passée dans la période
indiquée, de 30 à 59%. Toutefois, cette couverture est très inégale
selon les régions où elle varie de 35 à 68 %.
Dans le domaine de l'hydraulique urbaine, des efforts significatifs ont
été réalisés ces dernières années. Ils ont permis d'ajouter 98
nouveaux réseaux d'approvisionnement aux 38 déjà existants. Le
traitement des eaux pose cependant un problème de plus en plus important,
surtout pour les centres alimentés à partir des prélèvements dans le
fleuve Niger, pendant l'hivernage. Certaines agglomérations sont aussi
concernées en raison de la pollution ou des risques de contamination des
nappes.
En ce qui a trait à l'hydraulique pastorale, les efforts consentis dès
les années 60 ont permis la mise en place d'une infrastructure considérable.
Ainsi, à la fin des années 80, le Niger pouvait compter sur plus de 1160
points d'eau pastoraux inégalement répartis sur le territoire, dont 140
forages. Malgré ces efforts, l'hydraulique pastorale se heurte à d'énormes
difficultés de gestion de ces infrastructures et à la dégradation de
l'environnement autour de plusieurs points d'eau.
Concernant enfin l'hydraulique agricole, on estime le potentiel des terres
irrigables à quelque 270 000 ha. L'irrigation a été surtout développée
dans la vallée du fleuve Niger, la vallée de la Maggia et la vallée de
la Komadougou-Yobé. On y compte aujourd'hui 13.460 ha de terres aménagées
en maîtrise totale de l'eau.
Ces superficies pourraient être considérablement augmentées si les
différents aménagements dont on parle depuis longtemps sur le fleuve
Niger - et plus particulièrement le barrage de Kandadji - étaient réalisés.
Toutefois, les coûts élevés de ces infrastructures les rendent
difficilement compétitives par rapport à la petite irrigation qui
continue de se révéler plus accessible.
Les conditions bio-géographiques, climatiques et hydro-géologiques déterminent
la nature et l'importance des activités économiques, rurales notamment.
Au nombre de celles-ci, l'agriculture, l'élevage et la foresterie ont un
impact important en matière d'environnement.
En dépit du caractère désertique du pays, le Niger possédait il y a
une trentaine d'années d'importantes et très diversifiées ressources
fauniques terrestres et aquatiques.
Les politiques étatiques mises en œuvre dans le domaine de la faune
et de l'aménagement des espaces cynégétiques, ont consisté
essentiellement en la protection de certaines espèces fauniques et
floristiques, au classement sous forme de forêts ou de réserves de
certaines portions du territoire, et à l'interdiction périodique de la
chasse dès 1964 (la mesure devint définitive en 1972). C'est dans le
cadre de cette politique que les 220 000 ha du Parc national du W, ont été
érigés d'abord en aire protégée dès 1925, puis en réserve totale de
faune en 1953. La réserve du W est contiguë à deux réserves tampon,
soit la réserve de Tamou (75 000 ha) et la réserve partielle de faune de
Dosso (306 000ha). C'est dans la même perspective que les 76 000 ha de la
réserve de Gadabéji ont été classés comme tels en 1955.
En 1988, la Réserve naturelle nationale de l'Aïr et du Ténéré, du
fait de l'importance de sa richesse et de sa diversité biologique, fut
reconnue comme telle sur 7,7 millions d'hectares englobant la Réserve
naturelle intégrale dite Sanctuaire des Addax qui couvre 1,2 millions
d'hectares. Cette décision apparaît ainsi pratiquement comme le seul
acte de classement opéré depuis l'indépendance hormis la réhabilitation
de huit gommeraies.
Malheureusement, la dégradation des conditions climatiques de ces
dernières années, l'extension des superficies agricoles, le braconnage
et les feux de brousse ont eu des répercussions négatives sur cet
important patrimoine faunique et floristique du pays ; celles-ci se sont
traduites par :
une réduction importante du nombre d'espèces (dont dix espèces de
poissons) et la réduction des aires de distribution; la disparition
totale (au Niger) de certaines espèces animales dont l'oryx, la panthère
et la loutre à joues blanches.
Mais en dépit de cet appauvrissement de la diversité biologique, le
potentiel faunique reste encore relativement riche. Dans le seul Parc du
W, on compte en effet quelque 150 espèces de mammifères, environ 312 espèces
d'oiseaux et au moins 150 espèces de reptiles et d'amphibiens
Concernant plus précisément les ressources halieutiques, les
fluctuations et la dégradation du régime pluviométrique ont entraîné
une importante réduction de la superficie des plans d'eau de près de
300.000 ha entre 1974 et 1984. Le lac Tchad notamment s'est entièrement
retiré du territoire nigérien. En outre, l'envasement des cours d'eau et
la prolifération de la jacinthe d'eau, en modifiant les habitats, ont
gravement affecté leur potentiel productif et fait passer la production
de poisson par exemple de 15 000 à 20 000 tonnes en moyenne dans les années
70, à moins de 2 000 tonnes au début des années 90. Cependant, les
autorités ont entrepris des actions de promotion de l'aquaculture pour
compenser les baisses de production.
2.2. Contexte socio-économique
2.2.1. Structures administratives et population
La loi n° 96-05 du 6 février 1996, réorganise le territoire nigérien
en créant des régions divisées en départements, eux-mêmes subdivisés
en arrondissements et communes. Les régions, les départements et les
communes sont érigées en collectivités territoriales. La loi 96-06 du 6
février 1996, détermine quant à elle les principes fondamentaux de la
libre administration des collectivités territoriales.
En attendant les textes d'application des lois ci-dessus mentionnées
dans le cadre de la politique de décentralisation, le territoire nigérien
se trouve toujours structuré selon les dispositions de la réforme
administrative intervenue en juillet 1964 et qui l'organise en départements
(ou préfectures), arrondissements (ou sous-préfectures), communes
urbaines et rurales. Au terme de cette réforme, seuls les arrondissements
(qui peuvent comporter des postes administratifs) et les communes (qui
peuvent être érigées en villes à la condition d'avoir au moins 25.000
habitants), sont considérés comme des collectivités territoriales,
c'est-à-dire des entités administratives disposant d'un budget propre, réparti
en un budget de fonctionnement et un budget d'investissement.
Il existe actuellement, en 1998, sept départements considérés comme
des régions, une communauté urbaine (Niamey) (de statut équivalent aux
départements et créée en 1988), 36 arrondissements et 21 communes (18
urbaines et 3 rurales).
Au recensement général de la population de 1988, le Niger comptait
7,2 millions d'habitants. Le taux annuel d'accroissement qui était évalué
à 2,77 % lors du recensement de 1977, serait passé dans l'intervalle à
3,32 %, ce qui permet d'estimer la population à 9,2 millions d'habitants
en 1997, soit plus de trois fois son niveau de 1960 (2.876.000 habitants).
Il s'agit donc d'une population qui croît rapidement. Les projections de
la Direction de la population la situent à près de 10 millions en l'an
2000, 11,4 millions en 2005, 13 millions en 2010 et 16,3 millions en 2020.
Cette croissance exceptionnellement élevée, l'une des plus fortes
d'Afrique où le taux moyen est de 2,9% l'an, est d'abord due à l'amélioration
des conditions sanitaires qui ont entraîné une baisse significative du
taux de mortalité au cours des trente dernières années (25°/oo au début
des années 60, contre 20°/oo actuellement). Mais elle est surtout le résultat
d'une forte natalité (52°/oo ) et d'un taux synthétique de fécondité
élevé (7,1). De ce fait le temps de doublement de la population est de
plus en plus réduit. Il est passé de 25 ans dans les années 60, à 22
ans dans les années 70-80, et à 19 ans actuellement. Néanmoins, les
taux de mortalité infantile et juvéno-infantile demeurent toujours élevés
(respectivement 123 et 318°/oo), et l'espérance de vie à la naissance
est relativement faible (48 ans contre 51 en moyenne pour l'Afrique et 63
ans pour l'ensemble du monde).
Composée en majorité de personnes de sexe féminin (50,2%) et de
jeunes (50% environ de la population a moins de 15 ans), la population nigérienne
est répartie entre huit groupes socio-linguistiques, dont deux, les
Haoussa et les Songhaï-Zarma forment près de 80% des effectifs. Ces
groupes socio-linguistiques islamisés dans une proportion de plus de 95%
partagent des valeurs communes dans leurs rapports avec les questions
d'environnement, de même qu'en matière de gestion de l'espace en général
et d'accès aux ressources naturelles en particulier. La plupart les
considèrent comme gratuites et en usent sans se soucier apparemment des
conséquences néfastes de leur comportement sur l'épuisement accéléré
de ces ressources.
Agriculteurs et/ou éleveurs pour la plupart, les Nigériens se répartissent
en sédentaires et nomades. Toutefois, la proportion de ces derniers qui
était de 15% dans les années 60 est en baisse continue (moins de 10%
actuellement), à la suite notamment des sécheresses récurrentes qui ont
profondément bouleversé les habitudes de vie et qui ont amené de
nombreux nomades à se sédentariser, soit en milieu rural, soit dans les
centres urbains.
La population nigérienne est très inégalement répartie sur le
territoire. Les trois quarts de la population restent concentrés dans les
zones méridionales au sud du 16ème parallèle sur le quart environ de la
superficie totale du pays. La densité moyenne est de 6 hab/km2.
Toutefois, comme le tableau 4 l'indique, les densités varient de moins de
1 hab/km2 dans le département d'Agadez où vivent 3% des habitants, à
34,7 hab/km2 dans celui de Maradi (19% de la population en 1988) où
certains secteurs surpeuplés peuvent atteindre jusqu'à 80 hab/km2.
La population se répartit inégalement aussi entre les villes, (17,7 %
de la population en 1993 contre 13 % en 1977 et à peine 5 % en 1960) et
les campagnes (82,3 % en 1993). Si la tendance actuelle se maintient, on
estime que 25 à 30 % des Nigériens seront des citadins à l'horizon de
l'an 2000.
En tout cas, les effectifs de la population et les modifications
sensibles qui affectent sa répartition spatiale, posent un sérieux problème
d'adéquation avec les niveaux de la production agricole qui sont non
seulement en baisse continue, mais enregistrent également des déficits céréaliers
structurels de plus en plus importants (voir section sur l'agriculture).
Tableau 5: Population, Superficie et Densité par Département
| Département |
Population |
Superficie (km2) |
Densité ( hab/km2) |
| Agadez |
205 232 |
627 080 |
0,33 |
| Diffa |
187 230 |
147 017 |
1,27 |
| Dosso |
1 018 058 |
31 740 |
32,07 |
| Maradi |
1 363 228 |
39 219 |
34,76 |
| Tahoua |
1 306 048 |
106 397 |
12,28 |
| Tillabéry |
1 322 949 |
91 521 |
14,46 |
| Zinder |
1 409 417 |
146 170 |
9,64 |
| C.U Niamey |
391 569 |
402 |
974,00 |
| Niger |
7 204 631 |
1 189 546 |
6,06 |
Source: Données du Recensement général de la population,
1988.
Ces chiffres sont approximatifs. Ils n'ont aucune valeur
juridique. Néanmoins, les densités moyennes qu'ils expriment sont très
près de la réalité.
La population nigérienne est très mobile. Cette mobilité qui
s'effectue au plan interne et externe, a des conséquences importantes sur
la répartition géographique et, de ce fait, au niveau de la pression
exercée sur les ressources naturelles.
Les migrations internes se font généralement des campagnes vers les
centres urbains et plus particulièrement vers Niamey, la capitale, ainsi
que vers les centres secondaires miniers du nord, tels que Arlit, Akokan
et Tchirozérine. La croissance des effectifs de ces villes est largement
influencée par un important courant migratoire en provenance des régions
méridionales. On observe aussi ces dernières années, que les mouvements
migratoires sont également plus vigoureux en direction, d'une part, des
autres centres secondaires du pays, et d'autre part, des zones rurales à
fortes potentialités. Cela laisse apparaître ainsi, dans le cas des
migrations urbaines, une inversion de la tendance jusqu'alors observée et
selon laquelle le mouvement se faisait presque exclusivement au profit des
grands centres comme Niamey. De plus, il a été observé d'intenses
mouvements migratoires préférentiels entre Niamey et les villes
d'Agadez, Dosso, Diffa, Tillabéry et Tahoua.
Les migrations externes, contrairement aux migrations internes,
concernent davantage les hommes que les femmes. Celles-ci sont plutôt
impliquées dans les migrations internes. Les migrations internationales
concernent surtout des jeunes. Les plus nombreux proviennent
essentiellement des milieux à très faibles potentialités et à
tradition migratoire comme le département de Tahoua. Les migrations
internationales qui sont surtout dirigées vers les pays côtiers de la
sous-région, se font de plus en plus vers la Libye, et l'Arabie Saoudite.
Par ailleurs, ces déplacements d'ordre historique et liés surtout à des
contraintes socio-économiques - mais qui peuvent être conjoncturels - génèrent
des revenus importants qui n'ont malheureusement pas induit une
transformation notable des systèmes de production.
Face aux défis majeurs que pose la satisfaction des besoins
fondamentaux de la population, le Gouvernement élabora en 1992, une
Politique nationale de population dont l'objectif est de parvenir à une
maîtrise de la croissance démographique et des flux migratoires, afin de
les ajuster aux conditions d'un développement économique visant une amélioration
qualitative substantielle des niveaux de vie notamment en milieu rural.
Les objectifs globaux de cette politique visent :
l'amélioration du cadre de vie des populations;
l'amélioration de la rentabilité du système éducatif;
l'amélioration de la situation des couches sociales les plus défavorisées
et les plus vulnérables, en particulier les femmes et les jeunes.
Quant aux objectifs spécifiques, ils concernent:
l'adoption du planning familial comme moyen privilégié pour réguler
les naissances, dans le respect de l'identité culturelle des populations;
la mise en œuvre d'actions visant l'amélioration de la santé maternelle
et infantile;
la prise en compte de la dimension sanitaire et éducative des questions
environnementales dans les actions de développement par l'amélioration
de la couverture sanitaire et la lutte contre certaines maladies à prévalence
élevée;
le relèvement du taux de scolarisation toujours bas (29%) avec un accent
particulier sur la scolarisation des jeunes filles;
le développement d'une politique de sensibilisation et de formation des
populations par l'intermédiaire des médias et l'alphabétisation des
adultes;
la poursuite de la stratégie de désenclavement des différentes régions
par le développement des voies de communication.
2.2.2. Agriculture, élevage et foresterie
Politiques nationales sectorielles
Les premiers éléments de la politique agricole d'ensemble du Niger,
sont contenus dans la circulaire no 25 du 30 juin 1922 de l'administrateur
des Colonies, Commissaire du Gouvernement Général, adressée aux
Commandants des Cercles. Il s'agissait déjà à l'époque et en résumé:
- d'utiliser au maximum les ressources aquifères et fourragères du
pays;
- d'étudier et introduire un outillage à l'extension des cultures et
l'intensification des résultats en envisageant notamment
l'utilisation du bétail dans les travaux agricoles;
- de réagir contre la monoculture et de recommander les cultures
intercalaires;
- de réagir contre les feux de brousse et de pratiquer un reboisement
intensif d'espèces locales, de multiplier les dattiers et de déterminer
des zones de réserve et des zones de reboisement autour des villages;
- de favoriser la création de marchés libres pour l'écoulement des
produits et de créer des greniers de réserve pour l'alimentation et
les semailles.
En 1925, le même administrateur convenait que la mise en valeur du
pays signifie obligatoirement le développement des ressources naturelles
et leur exploitation intensive.
Les stratégies de développement de l'agriculture ainsi définies,
seront celles qui prévaudront jusqu'à l'indépendance en 1960. Depuis,
les objectifs en la matière n'ont guère varié. Il s'agit d'accorder la
priorité au développement du secteur rural par des actions visant l'amélioration
des conditions de vie des populations à travers notamment l'augmentation
des productions afin d'atteindre l'autosuffisance alimentaire.
Les méthodes d'intervention en matière de développement rural de la
période post indépendance peuvent être regroupées selon trois grandes
périodes: de 1960 à 1972, de 1972 à 1983 et de 1984 à nos jours.
De l'indépendance à 1972, le souci majeur consistait, à travers une
planification centralisée et une stratégie de développement sectorielle
placée dans le cadre de perspectives décennales de développement économique
et social, à créer les conditions optimales du développement du secteur
rural. Ceci devait se réaliser non seulement au moyen d'un encadrement de
proximité des populations - par le développement du mouvement coopératif
et l'institution d'une vigoureuse politique d'animation - mais également
grâce à un accroissement des productions, notamment le mil et la
principale culture d'exportation, l'arachide.
La très longue période de sécheresse débutée en 1965-66 et qui
atteindra son paroxysme en 1973, va bouleverser les stratégies de développement
du secteur agricole sans que le cadre conceptuel de planification qui les
sous-tend en soit modifié pour autant. Ainsi, de 1973-1974 à 1982, et grâce
à un environnement financier favorable induit essentiellement par
l'accroissement des ventes d'uranium, d'une part, et des avantages offerts
par les marchés financiers internationaux, d'autre part, la politique de
développement rural sera fondée sur une approche productiviste
sectorielle conduite dans de grands projets dont l'une des caractéristiques
principales est le recours à des "paquets technologiques."
La nouvelle stratégie montra tôt ses limites d'autant plus qu'à
partir de 1983, le pays s'engage dans une longue et difficile phase de récession
économique qui perdure encore. Une nouvelle réflexion sur les politiques
de développement rural est alors conduite à travers des séminaires,
ateliers et débats nationaux. On retiendra ici le séminaire sur les
stratégies d'intervention en milieu rural (Zinder,1982), le débat
national sur la lutte contre la désertification (Maradi,1984) - dont les
résultats sont consignés dans le document connu sous le nom de
l'Engagement de Maradi - le débat national sur l'élevage (Tahoua,1985) -
qui a donné lieu à un plan d'action pour l'élevage - et enfin,
l'atelier sur les stratégies de développement de l'élevage dans la zone
pastorale (Niamey,1986).
Ces réflexions ont conduit globalement à une réorientation de
l'approche de la politique de développement rural, dont l'objectif
principal reste l'autosuffisance alimentaire, vers une approche plus intégrée
fondée sur:
- la participation des populations à la conception des actions de développement,
- la restauration et la préservation de l'environnement,
- l'adoption de l'approche terroir dans les actions de développement,
- la création d'un environnement économique et juridique plus
incitatif.
Cette nouvelle approche s'est traduite dans les faits par l'adoption,
en août 1992, d'un cadre institutionnel cohérent que sont les Principes
directeurs d'une politique de développement rural. Ses grands axes
concernent plus particulièrement:
- la gestion des ressources naturelles;
- l'organisation du monde rural par la participation des populations
et la modification du rôle de l'État;
- la sécurité alimentaire;
- l'intensification et la diversification des productions;
- le financement des activités rurales;
- l'élaboration et la mise en œuvre d'une politique démographique
et d'aménagement du territoire.
Les politiques contenues dans ce document seront confirmées et complétées
en 1997 par un programme de relance économique s'appuyant prioritairement
sur le secteur rural. Ses objectifs principaux visent la satisfaction des
besoins alimentaires des populations notamment par la gestion durable des
ressources naturelles et la mise en œuvre de réformes touchant le monde
rural, ainsi que par l'amélioration de leur niveau de vie grâce à
l'accroissement de leurs revenus.
Agriculture
La part de l'agriculture dans la formation de la richesse nationale est
en baisse constante du fait d'une évolution très défavorable des
conditions dans lesquelles elle se pratique : elle est ainsi passée de
35,3 % du PIB en 1961, à 22,5 % en 1980, et à seulement 18,6 % en 1991.
Le potentiel des terres cultivables représentait en 1984 à peine 15% de
la superficie du Niger. Ce potentiel est très inégalement réparti entre
les régions du pays comme l'illustre le tableau 6.
Tableau 6: Répartition des terres cultivables par département
| Département |
Superficie totale
(ST) (km2)* |
Superficie
cultivable
(ha) |
Rapport SC/ST
(%) |
| Agadez |
627.080 |
72.000 |
0,11 |
| Diffa |
147.017 |
299.500 |
2,03 |
| Dosso |
31.740 |
2.511.540 |
79,12 |
| Maradi |
39.219 |
2.670.990 |
68,10 |
| Tahoua |
106.397 |
2.292.492 |
21,54 |
| Tillabéry |
91.683 |
4.485.901 |
48,92 |
| Zinder |
146.170 |
5.538.800 |
37,89 |
| Niamey-ville |
240 |
1.000 |
4,16 |
| Total |
1.189.546 |
17.881.223 |
15,03 |
Source: Comme dans le tableau 5, les superficies sont celles
déterminées par le RGP de 1988 elles n'ont pas valeur officielle.
Dans les faits, seulement un quart des terres sont en culture. Le reste
se répartit entre les jachères(60%) - dont le potentiel diminue de façon
inquiétante du fait de la pression démographique et du caractère
extensif de la production - et les réserves de terres(15%), également en
phase de réduction accélérée. Ainsi, la FAO a estimé en 1993, qu'au
cours de ces dernières années, quelque 70 000 à 80 000 ha de nouvelles
terres ont été annuellement consacrées aux activités agricoles au détriment
des forêts et de l'élevage.
L'agriculture nigérienne est essentiellement une agriculture pluviale
à laquelle sont affectées chaque année près de 99% des superficies
cultivées. Sa contrainte majeure réside dans la disponibilité
insuffisante de l'eau au moment de certaines phases critiques du cycle végétatif
des plantes cultivées, les attaques parasitaires et le manque d'intrants.
Les cultures vivrières, céréalières notamment (mil, sorgho, riz et
maïs), constituent les bases de la production. C'est à elles que profite
l'accroissement des superficies cultivées qui sont passées de 3 291 000
ha en 1979, à 3 500 000 ha en 1984 et à près de 7 000 000 ha en 1994,
selon les rapports annuels du service de l'agriculture.
L'emprise des superficies cultivées reflète les transformations
structurelles lentes mais notables qui interviennent dans des systèmes de
production qui sont de plus en plus dominés par la pratique de
l'association des cultures. Les légumineuses (niébé et arachide
essentiellement) - dont la production est destinée surtout à
l'exportation - sont en effet associées aux principales cultures vivrières.
Le coton, les tubercules(manioc) et les cultures maraîchères et fruitières
complètent le tableau des productions agricoles. Les très faibles
performances enregistrées par l'agriculture sont le résultat d'une
situation générale marquée par différents facteurs dont les suivants:
- la persistance du caractère extensif des systèmes agraires;
- la baisse des rendements;
- les coûts élevés de production et par conséquent la très faible
compétitivité des produits;
- le faible niveau des prix aux producteurs et l'absence de structures
efficaces de commercialisation et d'approvisionnement en intrants;
- les faibles performances du système de recherche notamment en matière
de vulgarisation.
Les productions baissent en conséquence, exacerbant la question
persistante de la sécurité alimentaire que même la politique constante
d'autosuffisance alimentaire, à travers ses différentes approches et
actions, n'est pas parvenue à annihiler.
Tel que le tableau 7 l'indique, les bilans céréaliers accusent depuis
1984 des déficits chroniques importants.
Élevage
Il se pratique au Niger deux types principaux d'élevage: l'élevage sédentaire,
en zone agricole; et l'élevage en zone pastorale. Ce dernier est pratiqué
par des populations rompues aux exigences de différents systèmes
pastoraux que sont le nomadisme et la transhumance.
La disponibilité et l'accès à l'eau et les pâturages sont les deux
contraintes principales de l'élevage nigérien. Elles dépendent toutes
deux directement des pluies. Par ailleurs, la mauvaise répartition des
ouvrages d'hydraulique pastorale sur l'ensemble du territoire entraîne la
surexploitation de certains pâturages, tandis que d'autres sont
pratiquement inexploités.
Tableau 7: Évolution de la production et du bilan céréalier (en
millier de tonnes)
| Année |
Population (1.000) |
Production |
Production
Disponible |
Besoins |
Excédent
Ou déficit |
| 1982 |
5.954 |
1.699,7 |
1.444,7 |
1.429,0 |
+15,7 |
| 1983 |
6.151 |
1.705,2 |
1.449,4 |
1.476,2 |
-26,8 |
| 1984 |
6.355 |
1.063,1 |
903,6 |
1.525,2 |
-621,6 |
| 1985 |
6.565 |
1.839,2 |
1.563,3 |
1.575,6 |
+12,3 |
| 1986 |
6.783 |
1.825,2 |
1.551,4 |
1.627,9 |
-76,5 |
| 1987 |
7.008 |
1.431,9 |
1.217,1 |
1.681,9 |
-464,8 |
| 1988 |
7.240 |
2.384,3 |
2.026,7 |
1.737,6 |
+289,1 |
| 1989 |
7.480 |
1.493,1 |
1.269,1 |
1.795,2 |
-526,1 |
| 1990 |
7.728 |
1.398,2 |
1.188,5 |
1.854,7 |
-666,2 |
| 1991 |
7.924 |
2.321,0 |
1.972,9 |
1.990,8 |
-17,9 |
| 1992 |
8.280,9 |
2.173,8 |
1.847,7 |
2.080,5 |
-232,7 |
| 1993 |
8.583,6 |
2.079,4 |
1.767,5 |
2.162,6 |
-395,1 |
| 1994 |
8.891,9 |
2.566,7 |
2.181,7 |
2.216,1 |
-34,4 |
| 1995 |
9.485,0 |
2.093,3 |
1.769,1 |
2.295,4 |
-526,3 |
| 1996 |
9.288,6 |
2.261,0 |
1.906,5 |
2.229,8 |
-323,3 |
Source: Service des statistiques agricoles, Ministère de
l'Agriculture et de l'Élevage.
Le cheptel nigérien est principalement constitué de caprins, d'ovins,
de bovins et de camelins. Le tableau 8 donne l'évolution du cheptel pour
certaines années repères.
Tableau 8: Évolution des effectifs du cheptel national (en millier de
têtes)
| Année |
Bovins |
Ovins |
Caprins |
Camelins |
Asins+Équins |
| 1965 |
4 100 |
2 630 |
6 000 |
360 |
475 |
| 1970 |
4 000 |
2 700 |
6 000 |
345 |
570 |
| 1973 |
2 200 |
1 800 |
5 300 |
285 |
488 |
| 1975 |
2 508 |
2 129 |
5 395 |
253 |
544 |
| 1981 |
3 419 |
3 188 |
7 118 |
399 |
758 |
| 1983 |
3 524 |
3 448 |
7 478 |
322 |
745 |
| 1984 |
1 649 |
2 071 |
3 757 |
- |
355 |
| 1987 |
1 495 |
2 676 |
4 314 |
352 |
456 |
| 1990 |
1 711 |
3 097 |
4 970 |
349 |
514 |
| 1995 |
2 994 |
4 206 |
7 414 |
379 |
837 |
Source: Annuaires statistiques du service de l'élevage.
Jusqu'en 1973, les politiques étatiques en matière d'élevage ont été
axées sur l'amélioration de l'état sanitaire du cheptel par la lutte
contre les épizooties (vaccinations gratuites) et la conduite d'une
politique d'hydraulique pastorale dominée par la construction de forages
équipés de stations de pompage. Le résultat fut l'accroissement des
effectifs jusqu'au début des années 70 et, conséquemment,
l'augmentation de la charge pastorale souvent sans rapport avec les
capacités du milieu.
Avec la sécheresse de 1973, les politiques étatiques ont été dominées
par les efforts de reconstitution du troupeau. Avec le Plan d'action de
Tahoua, les stratégies en matière d'élevage finirent par prendre en
compte les aspects environnementaux et la capacité de charge du milieu.
La part de l'élevage dans la formation du PIB, est en baisse constante
(20,7% du PIB en 1961, 17,1% en 1975, 16,5% en 1984, et seulement 12,8% en
1991). Cela à cause naturellement des faibles performances structurelles
du sous-secteur, mais également à cause des effets désastreux des sécheresses
récurrentes qui déciment régulièrement le troupeau national depuis une
trentaine d'années.
Le sous-secteur de l'élevage s'est adapté à cette situation par une
modification notable de la composition des troupeaux. Les camelins et les
caprins qui résistent plutôt bien à la sécheresse sont en effet de
plus en plus nombreux. On observe également un transfert des effectifs de
la zone pastorale vers les régions méridionales agricoles mieux
pourvues, mais également plus peuplées.
Foresterie
Les politiques nationales en matière de foresterie ont évolué depuis
trois décennies d'une attitude conservationniste vers une stratégie de
lutte contre la désertification et la gestion intégrée de l'ensemble
des ressources naturelles. C'est dans ce cadre qu'a d'abord été élaboré
un Plan national de lutte contre la désertification (PNLCD), puis un
Projet de gestion des ressources naturelles(PGRN).
Entre 1982 et 1989, il a été procédé à un inventaire des
ressources forestières du Niger, à l'exception du département d'Agadez.
Cela a permis d'estimer globalement les ressources forestières à 16
millions d'hectares, soit 11 600 000 ha de terres forestières marginales
et 440 000 ha de terres forestières aménageables.
Les forêts nigériennes sont soumises à une forte pression
anthropique et animale et subissent par ailleurs les conséquences des sécheresses
récurrentes. Leur production est très faible (0,1 à 1,5 stères/ha/an).
Les populations tirent en effet 87% de leurs besoins énergétiques du
bois prélevé sur les formations forestières surexploitées. Cela représente
un volume pouvant varier entre 1,5 et 2 millions de tonnes par an.
L'approvisionnement des populations urbaines représente quelque 12 % de
la demande globale du pays.
La gestion de cette situation préoccupante, caractérisée par
l'amenuisement des ressources (d'ores et déjà le capital productif est
entamé), a conduit à l'élaboration et à la mise en œuvre de mesures
visant à réduire les effets négatifs sur l'environnement.
2.2.3. Énergie et environnement
La biomasse fournit, à partir de quelque 8,5 millions d'hectares de
formations naturelles, 90% de la consommation totale d'énergie du Niger.
Environ 80% de cette consommation sont constitués par les besoins des ménages.
La consommation annuelle de bois a été estimée en 1997 à plus de 2
millions de tonnes, dont 150 000 tonnes pour les seuls besoins de la ville
de Niamey. Compte tenu du croît démographique, cette consommation est
appelée à doubler dans un quart de siècle, d'où le risque de voir
s'accentuer la dégradation du couvert végétal dont la production est déjà
très faible (50 pieds à l'hectare).
Le bilan énergétique bois-énergie des régions, objet du tableau 9
montre que tous les départements, à l'exception de Dosso, sont déficitaires.
L'approvisionnement en bois se pose de manière particulièrement aiguë
dans les départements de Tahoua, Maradi, Tillabéri et Zinder.
Tableau 9: Bilan de la productivité forestière et de la consommation
bois-énergie
| Départements |
Production (T) |
Consommation (T) |
Bilan (T) |
| Agadez |
1 800 |
91 980 |
- 90 180 |
| Diffa |
21 517 |
55 003 |
- 33 486 |
| Dosso |
409 770 |
306 600 |
103 170 |
| Maradi |
90 000 |
398 815 |
- 308 815 |
| Tahoua |
27 672 |
485 000 |
- 457 328 |
| Tillabéry |
300 000 |
600 000 |
- 300 000 |
| Zinder |
60 000 |
200 000 |
- 140 000 |
| CU Niamey |
0 |
156 000 |
- 156 000 |
| Total |
910 759 |
2 293 398 |
- 1 382 639 |
Source : Bilan-diagnostic des stratégies, programmes et
projets passés, en cours et en attente dans le domaine des énergies
nouvelles et renouvelables au Niger. Cabinet du Premier Ministre (CNEDD)
et le Ministère de l'Agriculture et de l'Élevage (CGRN), décembre 1997.
L'importance sans cesse croissante des besoins en bois-énergie a
conduit le Gouvernement à rechercher à ce problème des solutions
alternatives, notamment dans le domaine des énergies nouvelles et
renouvelables. Plusieurs programmes ont été élaborés dans ce cadre. Il
s'agit en particulier :
- du projet Énergie domestique dont l'objectif est de parvenir à une
réduction de la consommation de bois-énergie par la promotion du pétrole
lampant et une meilleure utilisation des formations naturelles, grâce
à la mise en place de schémas directeurs départementaux d'aménagement
des formations naturelles et à la création de marchés ruraux de
bois;
- du projet Gaz urbain, dont l'objectif est de mettre à la
disposition des populations de petits équipements à leur portée;
- du projet Charbon qui se propose de valoriser le charbon minéral en
vue de son utilisation dans les ménages grâce à un équipement
adapté.
En général, ces programmes rencontrèrent d'énormes difficultés
dans leur exécution. Cependant, les marchés ruraux de bois dont le
principe est basé sur la responsabilisation des villageois dans la
gestion de leurs terroirs, obtiennent des résultats positifs unanimement
appréciés.
2.2.4. Industrie, tourisme et environnement
Industrie
En créant une base industrielle susceptible d'entretenir la
croissance, le Niger a mis en œuvre deux stratégie :
- l'industrialisation par la valorisation des ressources locales et
- l'industrialisation par la substitution aux importations.
Le tissu industriel nigérien comptait 72 unités en 1995 dont 29 en état
de marche, à l'exclusion des boulangeries (source PRE).
Pour le cas de la ville de Niamey où se trouve la plus forte
concentration d'unités industrielles, localisées en zone industrielle
sur les bords du fleuve , à l'aval de la ville, quatre stations d'épuration
sont installées.
Leurs activités sont régulièrement suivies par le Service des
Etablissements Dangereux, Incommodes et Insalubres (EDII).
Il n'existe aucune étude scientifique ayant évalué l'impact de la
zone industrielle sur la faune aquatique du fleuve, la pollution atmosphérique,
etc…
Tourisme
La faune sauvage comprend les espèces des domaines désertique,
saharien, sahélien et soudanien.
Le Niger recèle d'importantes potentialités, notamment des espèces
rares ou menacées de disparition telles que la girafe, l'addax, l'oryx ou
l'autruche à cou rouge. Cette caractéristique de la diversité
biologique est favorable au développement d'un écotourisme et d'un
tourisme de vision.
L'activité touristique est principalement concentrée dans deux pôles
: la partie Nord du pays et la région du fleuve et du parc du W.
Sur le plan financier, l'ensemble des activités liées au secteur du
tourisme ont généré un chiffre d'affaires de 9,6 milliards de francs
CFA en 1994 (source PRE). Le secteur a souffert de la situation d'insécurité
qui a prévalu à partir de 1990, plus particulièrement dans la partie
septentrionale du pays.
2.2.5. Communication et environnement
Par les effets qu'elle produit, la communication (les médias et les
voies de communication) joue un rôle important dans la problématique
environnementale.
Par rapport à l'évolution des supports médiatiques, le Niger a connu
un essor significatif depuis bientôt une décennie, grâce au développement
de la presse privée et étatique, en particulier avec l'installation de
radios régionales qui représentent un potentiel d'éducation et de
sensibilisation des populations en environnement. Les médias ont également
permis de nombreuses actions en faveur de l'environnement et le développement
des activités culturelles tel le théâtre. Le développement des médias
est d'autant plus important qu'il facilite la capacité d'assimilation de
certaines notions environnementales, en dépit du fort taux d'analphabétisme
du pays.
Par rapport aux voies de communication, en jetant un regard sur l'évolution
du réseau routier nigérien, on observe un accroissement significatif de
9.949 km en 1986, à 13.808 km en 1990. Pour ces cinq dernières années,
seules quelques réalisations ont pu être faites.
Malgré tout, l'évolution du réseau a eu un impact certain sur
l'environnement à plusieurs égards. En désenclavant certaines régions,
les routes facilitent l'accès à de nombreuses ressources tel que le bois
ou certains espaces cultivables. Parallèlement, les voies de
communication, en facilitant les échanges véhiculent des informations.
Mais bien souvent, faute d'une politique soutenue, les constructions des
routes ne prennent que peu en compte la préservation de l'environnement.
Il faut souligner que depuis 1997, la loi fait obligation de procéder à
une évaluation de l'impact environnemental avant le début d'exécution
des travaux et d'intégrer au corps des travaux toutes les mesures visant
à atténuer les effets négatifs sur l'environnement.
2.2.6. Economie et Environnement
Le Niger était le pays le plus pauvre de la planète selon l'indice de
développement humain de 1996. Il a connu un taux de croissance démographique
moyen de 3,3 % par an pour la période de 1975 à 1994 contre un taux de
croissance du PIB réel de 1,7 % en moyenne pour la même période. Cette
faiblesse du taux de croissance du PIB par rapport à celui de la
population persiste et s'amplifie depuis plus de quinze ans.
L'appauvrissement continu de la population est en outre illustré à
travers la tendance à la baisse du PNB/tête : durant la période de 1985
à 1994, le Produit National Brut (PNB) par tête a baissé de 2,2 % en
moyenne et le PNB annuel par habitant est passé de 230 $ US en 1994 à
220 $ US en 1995 (source Banque Mondiale au Niger). Il était estimé à
310 $ US en 1990.
Cette baisse traduit concrètement le haut degré d'érosion des
conditions de vie des nigériens et l'analyse sur la pauvreté révèle
que plus de 60 % de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté.
Il faut rappeler que l'histoire économique récente du pays montre que
le PNB par habitant y a fluctué énormément, passant de phases
d'expansion à des phases de régression plus ou moins sévères.
En effet jusqu'au début des années 70, l'économie du Niger était
dominée par le secteur rural. La culture de l'arachide et le bétail
fournissaient l'essentiel des recettes d'exportation. En 1961,le secteur
rural participait alors à hauteur de 61,2 % dans la formation du PIB.
Mais la croissance était faible. De 1975 à 1982, le dynamisme du marché
de l'uranium a permis d'augmenter de façon substantielle les revenus
d'exportation. On observa alors une transformation notable de l'économie
nigérienne marquée durant cette période par d'importants
investissements. Ces investissements justifiaient par ailleurs des
emprunts, en particulier sur les marchés financiers internationaux, qui
finirent par alourdir le service de la dette, dont l'encours est passé de
27 milliards de FCFA en 1975 à près de 300 milliards en 1982. La
croissance économique était redevenue forte. Elle était en moyenne de
7% l'an entre 1977 et 1981. Malheureusement, dès 1983, le pays s'installe
dans une longue récession qui fait chuter le taux de croissance à moins
0,4 % dès 1984,à la suite de la dégradation du marché de l'uranium et
de la baisse des revenus d'exportation qui en étaient tirés. Ces
derniers chuteront de 24% entre 1985 et 1991.
La baisse des revenus tirés de l'uranium devait alors ramener le pays
à une situation beaucoup plus morose où l'économie devait de nouveau
s'appuyer sur le secteur rural. Or celui-ci se trouvait dans une phase de
régression marquée par une diminution considérable des ressources
disponibles. Basées sur le bétail et le niébé plutôt que sur
l'arachide, comme c'était le cas durant les années 80, les recettes
d'exportation devaient en effet passer de 15 à 20 milliards qu'elles étaient
entre 1980 et 1988, à quelque 5 milliards seulement en 1990. Cela devait
entraîner des déficits graves de la balance commerciale notamment vis-à-vis
du premier partenaire commercial du Niger qu'est le Nigéria. Soulignons
de plus, que la fluctuation et les dépréciations fréquentes et
successives de la monnaie nigériane - le Naira – au cours des dernières
années ont aussi engendré des conséquences fâcheuses sur l'économie
nigérienne.
Pour sa part, la dévaluation du franc CFA, intervenue en janvier 1994,
était sensée corriger les distorsions constatées dans les économies
des pays concernés, le Niger en particulier dont l'absence de programme
appuyé par les Institutions de Bretton Woods durant la période 1990 -
1993 lui a imposé une gestion endogène de l'économie et une certaine
autarcie financière. Du fait de la compétitivité qui en résulterait,
et que devaient encore renforcer des mesures d'accompagnement, elle était
supposée permettre la mise en œuvre de programmes financiers d'appui à
la relance de la production grâce à la valorisation des produits.
Malheureusement, le Niger dont les productions rurales se trouvaient à l'époque
dans une phase de déclin, n'a pas pu et n'a pas su tirer grand profit de
l'opération.
Parallèlement aux difficultés des principaux secteurs de l'économie,
celle-ci s'est «informalisée». Ainsi le secteur informel non agricole
est passé de 11,3 % du PIB en 1965 (l'année de la première estimation)
à 33,7 % en 1990 et à 41,5 % en 1996.
Dans ce contexte de paupérisation de la population où le poids de la
dette constitue une contrainte majeure et où les performances de l'économie
reposent essentiellement sur un secteur rural en difficulté, la gestion
de l'environnement, que l'on associe à la sauvegarde du
capital-ressources, devient économiquement une priorité majeur.
2.4. Besoins exprimés par
les régions
Les besoins exprimés par les régions dans le cadre de l'élaboration
du PNEDD traduisent des préoccupations locales particulières. Ces
besoins sont multiples et varient dans l'espace selon les caractéristiques
fondamentales des milieux naturel et humain. Ainsi, on peut observer que
les besoins des différentes régions s'apparentent davantage lorsque
celles-ci occupent les mêmes grandes zones agro-climatiques définies
dans la section 2.2.2. Ces zones étant d'abord délimitées en fonction
de la pluviosité, les besoins des régions ont donc tendance à présenter
une plus grande homogénéité d'ouest en est que du nord au sud.
Malgré cette tendance générale, on constate aussi des spécificités
différentielles locales, notamment dans le cas de la vallée du Fleuve
Niger, du bassin du Lac Tchad et des oasis de la zone désertique. Les
besoins exprimés par les populations de ces ensembles différeront donc
considérablement de ceux des autres régions du Niger. On peut penser ici
à l'importance que revêt le problème de la jacinthe d'eau pour les
habitants de la vallée du Fleuve Niger ou à l'intérêt qu'accordent les
populations de la zone du Lac Tchad et des oasis au phénomène
d'ensablement des plans d'eau.
Les variations pédologiques locales influencent la nature du paysage.
Elles constituent aussi un facteur déterminant quant aux possibilités
d'utilisation des terres. A cet égard, des régions comme celle de
l'Ader-Doutchi que caractérisent des sols caillouteux bien différents
des sols dunaires qui occupent la majeure partie du territoire de la zone
sahélienne, seront particulièrement préoccupées par les travaux de
CES/DRS et différentes techniques permettant de capter l'eau et de
diminuer les effets de l'érosion hydrique qui menace le milieu.
Malgré de nombreuses disparités inter et intra-régionales, un effort
a été fait pour tenter de regrouper l'ensemble des besoins exprimés par
les populations selon leur nature et leur fréquence. Douze catégories
ont été ainsi distinguées. Chacune d'elles regroupe un certain nombre
d'actions qui donnent un aperçu de la diversité des besoins exprimés
(voir tableau 9). Il importe de signaler que les besoins exprimés
par les populations lors des consultations régionales ont été considérés
dans la définition et la planification du volet des actions à court
terme du PNEDD (voir section 3.3.4).
Tableau 10: Besoins exprimés par les populations lors des
consultations départementales
| Domaines considérés |
Actions possibles |
| Conservation et restauration du milieu |
· CES/DRS
· Fixation des dunes
· Traitement des koris
· Lutte contre l'ensablement
des cours d'eau et des infrastructures |
| Gestion des ressources
forestières et fauniques |
·
Aménagement des forêts naturelles
· valorisation des produits
et sous-produits forestiers
· lutte contre les feux de
brousse
· aménagement de la faune et
d'un réseau d'aires protégées |
| Mobilisation et gestion des ressources
en eau |
· amélioration
des connaissances relatives aux ressources en eau de surface et
souterraines
· hydraulique rurale
· hydraulique pastorale
· irrigation privée
· protection de la ressource
· lutte contre la jacinthe
d'eau |
| Gestion des productions
agro-sylvo-pastorales |
· aménagement
des espaces agro-sylvo-pastoraux
· aménagement des vallées,
oasis et périmètres irrigables
· agro-foresterie
· intensification et
diversification des productions agricoles |
| Développement des productions
halieutiques et apicoles
Aménagement des pêcheries
|
· pêche
et aquaculture
· amélioration des
techniques de production et de conditionnement du miel
· intégration agriculture et
pêche par la rizi-pisciculture |
| Biodiversité |
· amélioration
des connaissances du patrimoine
· gestion des habitats |
| Hygiène et assainissement en milieu
urbain |
· aménagement
urbain (lutte contre les pollutions et les nuisances)
· travaux d'assainissement |
| Développement des capacités en
environnement |
· communication
· information, éducation,
formation
· promotion de la femme et
des jeunes |
| Energie |
· amélioration
de la production des forêts
· création de plantations
· économie d'énergie
· énergie de substitution |
| Amélioration et renforcement du cadre
juridique et institutionnel |
· décentralisation
· harmonisation et
enrichissement des lois et textes d'application
· gestion alternative des
conflits
· sécurité foncière |
| Mines et industries |
· valorisation
des ressources minières
· valorisation des résidus
agricoles |
| Infrastructures routières et télécommunications |
· Réhabilitation
et construction de routes de désenclavement
· Développer la téléphonie
rurale |
2.5. Programmes mis en oeuvre depuis 1980
Les programmes mis en œuvre depuis 1980 ont été exécutés dans le
cadre de la politique de planification sur fonds propres ou sur
financements extérieurs par l'entremise de programmes bilatéraux ou
multilatéraux. Dans les années 80, la stratégie dominante dans la
recherche de financement des programmes consistait principalement en
l'organisation de tables rondes sectorielles auxquelles étaient associés
les bailleurs de fonds.
L'exécution des différents programmes a donc suivi l'évolution des
stratégies étatiques de développement. Ainsi, jusqu'en 1982-83, les
programmes ont été mis en œuvre le plus souvent dans le cadre de
projets sectoriels de développement et plus particulièrement de
"projets productivité" conçus dans la plupart des régions.
L'objectif de ces projets, appuyés par un réseau d'encadrement plus ou
moins dense, consistait à concourir à l'amélioration de la productivité
agricole notamment par:
- l'approvisionnement et la distribution d'intrants (engrais,
semences, pesticides, etc.) ainsi que la mise à la disposition des
producteurs d'équipements et matériels agricoles;
- le redressement de la fertilité des sols (fumure de fond) et l'exécution
de travaux de protection des sols (CES/DRS);
- la vulgarisation de thèmes techniques simples et adaptés;
- la formation de jeunes ruraux dans des structures d'encadrement qu'étaient
les Centres de Formation des Jeunes Agriculteurs(CFJA), les Centres de
Promotion Rurale (CPR) ou Centres de Perfectionnement Technique (CPT)
selon l'origine du financement;
- la recherche d'une meilleure intégration entre les activités
agricoles et d'élevage;
- l'amélioration de la communication par l'aménagement de pistes
rurales;
- l'amélioration des conditions sanitaires en milieu rural par la
formation d'équipes de santé villageoise (ESV) composées de
secouristes et de matrones;
- l'alphabétisation des masses rurales.
Par la suite, les stratégies étatiques ont évolué vers une approche
intégrée d'abord, puis une approche terroirs des actions de développement.
La mise en œuvre des programmes, tout en continuant de se faire par
l'entremise de projets de développement intégrés de dimension plus réduite,
eut recours de plus en plus aux interventions des ONG dont le rôle a été
amplifié à partir de 1985. L'implication et l'amplification du rôle des
ONG est le résultat, notamment, des difficultés financières de l'État
qui ont engendré une perte de confiance des bailleurs de fonds dans les
canaux administratifs de gestion des projets.
Un document de la Direction des Études et de la programmation du
Ministère de l'Agriculture, produit en mars 1987, et intitulé Bilan d'exécution
et comportement de l'agriculture nigérienne en 1986, estimait à l'époque
à 108 921 795 000 F CFA, le montant cumulé des investissements réalisés
dans le secteur de l'agriculture. La répartition s'effectuerait telle
qu'elle apparaît dans le tableau 10.
Pour assurer son développement, le Niger fait appel entre autre aux
financements extérieurs. Or il fait preuve dans ce domaine d'une faible
capacité d'absorption. Ainsi, les données disponibles indiquent que pour
la période 1987-91, le taux d'exécution financière des projets
d'investissement dans le secteur rural se situerait aux niveaux ci-après
: agriculture:37,6 %; élevage:23,5 %; eaux et forêts:30,6 %; micro-réalisations:17,9
%.
Tableau 11: État récapitulatif des investissements réalisés dans le
domaine de l'agriculture.
| Désignation |
Intérieur |
% |
Extérieur |
% |
Total Investissements |
% total |
| Projets nationaux |
2484506 |
7,96 |
28767667 |
92,05 |
31252173 |
28,69 |
| Projets régionaux |
9966411 |
33,27 |
19966955 |
66,73 |
29922366 |
27,47 |
| Projets locaux |
819394 |
3,23 |
24544492 |
96,77 |
25363886 |
23,29 |
| AHA |
1125449 |
5,05 |
21157801 |
94,95 |
22283250 |
20,46 |
| Projets d'appui |
- |
- |
100120 |
100 |
100120 |
0,09 |
| Total |
14384760 |
13,21 |
94537035 |
86,79 |
108921795 |
100 |
Source: DEP, Ministère de l'Agriculture. AHA: aménagements
hydro-agricoles
Un recensement des différents programmes et projets effectué dans le
cadre de l'élaboration du PNEDD a permis de dénombrer quelque trente
programmes et projets à couverture nationale, et près de 270 programmes
et projets de dimension très variable, dont une concentration de
micro-projets dans les départements de Tahoua et Tillabéry. La répartition
se fait de la manière suivante:
Agadez: 8
Diffa: 44
Dosso: 38
Maradi: 38
Niamey: 4
Tahoua: 26
Tillabéry: 76
Zinder: 30.
Dans l'ensemble, les programmes de développement mis en œuvre depuis
1980, du fait de la situation de récession économique générale du
pays, ont donné des résultats plutôt mitigés par rapport aux objectifs
fixés pour faire face aux graves distorsions des équilibres macro-économiques.
Ceci a nécessité la mise en œuvre de programmes d'ajustement structurel
qui eux-mêmes n'ont pas produit les effets positifs attendus.
En ce qui a trait à la situation économique générale, si les
politiques appliquées ont permis une réduction des déséquilibres
internes et externes, de 1982 à 1984, les années suivantes ont été
essentiellement caractérisées par l'accentuation de ces mêmes déséquilibres.
L'approche et les méthodes d'intervention des programmes économiques
sont largement en cause dans les résultats obtenus. Leur caractère trop
technique mettait davantage l'accent sur les résultats physiques plutôt
que sur les conditions de la pérennité des actions où l'on aurait dû
favoriser un cadre cohérent de communication entre tous les intervenants.
Les programmes d'ajustement structurel ont introduit de nombreuses réformes
et mesures encourageant le désengagement de l'État des différents
secteurs de développement au profit d'une libéralisation croissante et
ce, même si, au bout du compte, cette libéralisation n'a pas permis la
reprise de la croissance espérée.
2.6. Principaux enjeux en matière d'environnement et
de développement durable
La notion d'enjeu est cruciale dans l'analyse environnementale. Elle
permet de synthétiser une situation complexe et d'identifier les points
fondamentaux qui guideront la suite de l'analyse. Par définition même,
les enjeux ne sont pas nombreux. Ils correspondent à ce que l'on risque
finalement de perdre ou de gagner si une intervention, un événement se
produit. Dans certains cas, comme ici au Niger, l'enjeu sera plutôt
associé à la non intervention, au fait de ne rien changer dans l'ordre
des choses, de laisser la situation continuer d'évoluer selon les
tendances actuelles.
Il importe de rappeler par ailleurs la distinction qu'il faut faire
entre la notion d'impact et celle d'enjeu. L'impact vient après l'action.
C'est un résultat, un effet. Un impact, si important soit-il, pourra être
corrigé, atténué, parfois complètement, parfois partiellement par un
certain nombre de mesures plus ou moins coûteuses et efficaces.
De son côté, l'enjeu précède l'action. C'est la mise bien concrète
que l'on est prêt à faire, même à perdre dans l'espoir d'arriver au résultat
escompté, d'obtenir l'impact recherché. Il y a dans la notion d'enjeu,
l'idée du «tout ou rien». Une fois l'action terminée, l'intervention réalisée,
on récolte les dividendes attendus ou on fournit sa contribution.
En matière d'environnement, l'analyse à mener doit justement
permettre d'évaluer si les retombées attendues (les effets) d'une
politique, d'un programme, d'un projet ou d'une simple action sur le
milieu valent le risque que l'on est prêt à prendre à l'égard de
certaines composantes de ce milieu. Dans la perspective du développement
durable, non seulement cherchera-t-on à minimiser le risque à court
terme, mais on voudra également s'assurer que les actions envisagées
dans l'immédiat n'hypothéqueront pas l'avenir non plus.
Or, dans le cas du Niger, c'est la pérennité du capital-ressources
qui est en jeu. Les analyses réalisées dans le cadre de plusieurs
programmes et projets indiquent en effet que le Niger arrive de plus en
plus difficilement à faire fructifier ce capital. Le retour sur
l'investissement (en ressources et en efforts) est insuffisant, ce qui, à
la longue, expose le capital même à des risques importants. Les stratégies
de gestion doivent être revues.
De plus, l'état de dégradation avancée dans lequel se retrouvent
certaines ressources, combiné à l'assèchement du climat que confirme le
glissement des isohyètes vers le sud du pays, entraînent à leur tour la
réduction de l'espace vital. Dans le contexte où la population ne
dispose que de moyens limités pour modifier ses stratégies individuelles
et collectives de survie, la pression devient forcément excessive sur les
ressources résiduelles encore exploitables. S'enclenche alors un cercle
vicieux qui, réduit à sa plus simple expression met en cause la
population, les ressources naturelles et la pauvreté, chacun entretenant
envers l'autre une relation biunivoque de cause à effet.
Dans ces circonstances particulières où l'État devrait jouer un rôle
régulateur important en facilitant les changements d'attitude et de
comportement susceptibles d'entraîner des modifications de la structure même
de la société, comment celui-ci pourrait-il rétablir la communication
avec les nigériens dans un contexte de crise économique et financière
qui limite son action? Il s'ensuit une absence totale de discipline
sociale et une inefficacité de la gestion publique qui sont difficilement
compatibles avec le principe même du développement durable.
Cette situation particulière soulève au Niger des préoccupations
singulièrement importantes notamment en matière de croît démographique,
de sécurité alimentaire, d'approvisionnement énergétique, d'aménagement
du territoire et de croissance urbaine pour ne citer que les grandes
questions les plus fondamentales. Elles remettent en cause l'efficacité
de l'État et posent le problème de la pertinence des institutions, des
lois et des politiques telles qu'elles existent au Niger.
En reconnaissant la pérennité du capital–ressources comme enjeu
principal, la discussion s'oriente donc maintenant sur les actions à
mettre en place pour permettre de transformer en profondeur les stratégies
de gestion de ce capital, pour revoir concrètement la relation entre
l'homme et son milieu de vie.
3. ÉLÉMENTS DE LA POLITIQUE ET STRATÉGIE EN MATIÈRE
D'ENVIRONNEMENT ET DE DÉVELOPPEMENT DURABLE
S'appuyant sur le bilan - diagnostic validé par les partenaires lors
des différents forums régionaux, cette troisième partie propose les
lignes directrices de la politique environnementale nationale à venir.
Elle suggère également la stratégie de mise en œuvre de cette
politique. Mais au préalable, elle propose une vue d'ensemble de la
problématique de l'environnement et du développement durable au Niger
à partir de laquelle on élaborera la stratégie.
3.1. Problématique de l'environnement et du développement
durable au Niger
Il est difficile de distinguer entre les causes et les effets de la
situation décrite dans le chapitre précédent. Les événements
s'influencent mutuellement et les effets sur les composantes
environnementales et sociales se combinent, de sorte qu'il est même
hasardeux de tenter de les distinguer. Pourtant, il est essentiel que
les partenaires s'entendent sur une certaine conception de la réalité
qui permette d'isoler les facteurs les plus significatifs, d'identifier
les éléments prioritaires et de reconnaître les agents de changement
autour desquels se concentreront les actions à mettre en œuvre pour
tenter de modifier la situation actuelle.
La figure 4 résume les traits dominants de la problématique de
l'environnement et du développement durable au Niger. Elle propose une
certaine hiérarchisation des faits de manière à mieux comprendre la
situation que l'on souhaite changer.
Le schéma se lit de la gauche vers la droite. Au départ, on
constate que la problématique du développement et de l'environnement
tient évidemment aux grandes caractéristiques du milieu naturel, d'une
part, et à celles de la population et des activités humaines, d'autre
part. En effet, la relation plus ou moins harmonieuse entre la
population et le milieu (les ressources) dépend d'abord de grands
facteurs historiques et traditionnels, mais aussi de facteurs plus récents
ou plus conjoncturels (facteurs déterminants). Or, comme le schéma
l'indique, cette relation est plutôt difficile dans le cas du Niger; on
parle même de dysfonctionnement.
- Les facteurs déterminants (partie gauche de la figure 4)
Au nombre des facteurs qui déterminent le comportement des
populations et la nature des activités humaines, on trouvera d'abord la
culture et la tradition. Celles-ci influencent et règlent au premier
chef le comportement des gens et les rapports qu'ils entretiennent avec
le milieu. Les organisations familiales et les communautés humaines -
souvent sans instruction - sont en grande partie influencées, voire régies
par la tradition. Certaines questions fondamentales, comme celle de la démographie
ou du régime foncier par exemple, seront ainsi fortement orientées
(conduites) par cette dimension primordiale du développement durable. Dès
lors, les changements que l'on voudra apporter sur ce plan demanderont
beaucoup d'efforts et de temps. La stratégie devra en tenir compte,
notamment lors de l'établissement des priorités.
Par ailleurs, l'attitude des intervenants (individus ou institutions)
et la nature des activités humaines sont aussi réglées par un
ensemble de conditions qui dépendent, entre autres, du cadre juridique
(besoin d'harmonisation entre certains textes, régime foncier qui
limite les actions correctrices possibles), des rapports institutionnels
entre les intervenants (tensions au sein de l'administration quant à la
responsabilité du dossier environnement), de l'économie (baisse du
capital-ressources, diminution de la production et de la productivité,
performance générale médiocre) et des grandes politiques qui
orientent les décisions de tous les partenaires. Or, en termes stratégiques,
certains efforts devront obligatoirement être faits dans chacun de ces
différents domaines pour que se mette en place un contexte plus
favorable aux changements escomptés. Ces efforts, souvent préalables
à toute action en environnement, seront pris en compte dans l'établissement
des programmes d'action.
Au plan des ressources naturelles, le climat, notamment l'aridité et
son impact direct sur la disponibilité en eau, constitue le principal
facteur déterminant. Comme on l'a vu précédemment, les grandes zones
éco-climatiques évoluent dans le temps et dans l'espace selon l'indice
de pluviosité. Il en résulte que l'histoire du Niger est indissociable
de celle des grandes sécheresses sahéliennes. Les modes d'occupation
des terres et d'utilisation du sol sont profondément marqués par cette
donne. Celle-ci conditionne fortement la nature de la relation entre la
population et le milieu.
Or, le dysfonctionnement qui caractérise précisément cette
relation au Niger donne d'abord lieu à tout un cortège de problèmes
de développement qui s'influencent mutuellement, contribuant ainsi à
l'accentuation du déséquilibre entre la population et le milieu. Le
schéma de la figure 4 en présente quelques-uns parmi les plus
importants.
- Les problèmes de développement (partie centrale de la figure
4)
La fragilité des systèmes de production agricole et la précarité
des conditions de culture et d'élevage figurent parmi les principaux
problèmes de développement au Niger. Elles tiennent à l'accroissement
continue de la pression sur les ressources comme réponse à de nombreux
phénomènes, tels que l'accroissement démographique, le morcellement
des terres, la diminution de la fertilité des sols, la situation
technico-économique précaire des agriculteurs et des éleveurs, les
pratiques culturales et d'élevage inadéquates, la sécheresse, etc. Il
s'ensuit une diminution notable de la production et de la productivité
agricole qui accroît encore davantage la pauvreté des populations et
ne fait qu'accentuer la fragilité et la précarité de la situation.
Cette baisse de la production et de la productivité conduit par
ailleurs les agriculteurs à compenser les pertes enregistrées par une
augmentation des superficies utiles. Cela les pousse vers des régions
marginales où les potentiels du milieu sont nettement limités. À la
perte économique et écologique s'ajoutent alors encore les conflits
relatifs à l'utilisation des terres qui opposent les agriculteurs, les
éleveurs et les pasteurs. En fait, la diminution des revenus vient ici
exacerber une situation conflictuelle ancienne qui privilégie la sédentarisation
(l'agriculture) au détriment du nomadisme (l'élevage). Les «commissions
foncières» que le nouveau code rural propose de généraliser
devraient contribuer à atténuer ces tensions.
En marge de tous ces problèmes, le pays connaît également des
difficultés importantes au chapitre de l'énergie, notamment en matière
d'énergie domestique. Avec l'agriculture, celle-ci est en effet
responsable du recul important des zones forestières. La situation
tient ici de la combinaison de plusieurs facteurs de nature économique
(les coûts à la consommation ne tiennent pas compte des coûts de
renouvellement de la ressource – notion d'externalités), juridique
(le régime foncier ne valorise pas les arbres ; seule l'agriculture
donne accès aux titres de propriété), et institutionnelle (les
intervenants sont nombreux : 2 ministères (MHE et MME), quatre services
ou directions (SSRT, SPN/GT, direction de l'environnement et direction
de l'énergie) et l'ensemble des intervenants privés et des acteurs de
la société civile).
(Figure 4) : Problématique environnement et développement
durable
Au chapitre des ressources en eau, le problème se présente
davantage sous l'angle de la maîtrise. Le Niger dispose en effet de
ressources intéressantes encore inexploitées. Cette situation a pour
effet de limiter les nouveaux établissements humains, contribuant ainsi
à l'accroissement de la pression sur les milieux qui bénéficient de
ressources en eau plus facilement mobilisables. Dès lors, ces milieux
se fragilisent encore davantage et finissent par ne plus avoir beaucoup
à offrir aux populations dont le niveau de vie continue de se dégrader.
Tous ces problèmes liés à la gestion des ressources naturelles et
de l'espace ajoutent à l'attrait des villes et provoquent le déplacement
des populations rurales des zones les plus affectées vers les grands
centres du Niger ou des pays voisins (phénomène d'exode rural). Mal équipées
pour faire face à cet afflux important d'individus essentiellement
pauvres et démunis, les villes du Niger, à commencer par la capitale,
n'arrivent pas à canaliser et à maîtriser cet accroissement rapide de
la population urbaine. Les problèmes prennent ici différentes formes :
1) planification déficiente, 2) installation souvent anarchique des
nouveaux arrivés dans des quartiers périphériques sans services, 3)
collecte, transport et élimination des déchets mal planifiés, 4)
insuffisance des systèmes de collecte et de traitement des eaux
domestiques, 5) diminution de la qualité de l'air, liée notamment à
la présence d'un parc automobile en mauvais état, 6) sous-emploi et chômage
chronique, etc.
Enfin, le dysfonctionnement de la relation population - milieu - ou
le déséquilibre constaté entre les besoins de la population et
l'offre - tient aussi à l'inégale distribution des ressources, dont
l'accès à certaines d'entre elles n'est pas universel. Cette inégale
distribution des ressources, et conséquemment de la richesse, alimente
d'ailleurs directement les conflits entre les agriculteurs, les éleveurs
et les pasteurs dont il a été question plus haut (accaparement de
certaines ressources marginales par l'un ou l'autre groupe, généralement
les agriculteurs). Voilà certainement un élément fondamental dont la
stratégie devra tenir compte pour éviter que cette situation ne se détériore
encore davantage et ne conduise à un épuisement définitif de
certaines ressources.
Comme la figure 4 l'indique, les relations entre tous ces facteurs
sont multiples et biunivoques. D'une part, les problèmes de développement
sont à la fois résultats et causes du dysfonctionnement de la relation
entre la population et le milieu. D'autre part, ils procèdent et
contribuent aux trois grandes crises qui marquent profondément le développement
du Niger : l'insécurité alimentaire, la pauvreté et la crise de l'énergie
domestique. Ce sont ces grandes crises qui sont au cœur de la problématique
de la désertification au Niger et qui expliquent une large part des
problèmes économiques et financiers de l'État.
Les problèmes de l'environnement (partie droite de la figure 4)
La dernière section du schéma proposé aborde les problèmes
environnementaux proprement dits. Ils découlent directement des problèmes
de développement et des crises majeures dont le Niger ne parvient
toujours pas à se sortir. Par ailleurs, leur nature et leur importance
sont telles qu'ils contribuent à leur tour à aggraver les problèmes
de développement dont il a été question plus haut. Le schéma
regroupe les principaux problèmes d'environnement dans deux grandes catégories
de milieux : le milieu naturel et rural et le milieu urbain. Réduits à
leur plus simple expression, les problèmes environnementaux en milieu
rural, se posent principalement en termes de :
Déboisement, diminution de la biomasse et de la biodiversité
animale et végétale · Recul des zones naturelles et notamment
forestières sous l'effet de l'avancée du front de culture.
Accroissement continue de la demande en bois-énergie (plus de 3
millions de t/an en l'an 2000).
Diminution de la superficie totale des espaces protégés sous
l'effet de l'accroissement des besoins pour les activités
productives.
Dégradation de l'habitat de la faune
Disparition de certaines espèces de faune et de flore
Dégradation des terres; Érosion /alluvionnement; Ensablement des
cours d'eau, des terres de culture et de l'habitat · Absence
d'amendement
Ouverture de terres marginales sans potentialités suffisantes.
Dégradation des sols et perte de fertilité.
Abandon des espaces devenus improductifs.
Instabilité des berges de certains cours d'eau, notamment du
Niger suite à la disparition du couvert végétal.
Ruissellement et ravinement importants en saison humide ;
formation de glacis et de ravines.
Forte érosion éolienne qui ne se limite plus à la zone sahélienne.
Perte de l'usage de certains espaces productifs (cultures, pâturages,
forêts ouvertes, cours d'eau).
Menace à la sécurité des gens; déplacements de
populations.
Perte des eaux de surfaces et baisse de la nappe phréatique
Envahissement du fleuve par la jacinthe d'eau et
autres végétaux aquatiques nuisibles.
Déséquilibre écologique qui menace différents cours d'eau
permanents, notamment le Niger.
Nuisances au regard de certaines activités ou mises en valeur
particulière de ces cours d'eau.
Envahissement des pâturages, des forêts et des
terres de culture par sida cordifolia et zonia sp. · .
. Perturbation et modification des écosystèmes.
Prolifération d'espèces végétales inutilisables par le bétail,
et la population; diminution de la biodiversité.
Compétition de l'espace avec les plantes utiles.
En milieu urbain, les problèmes environnementaux principaux
prennent la forme de :
Déchets domestiques, encombrement des déchets et pollution du sol
Difficultés d'évacuation des déchets : collecte et transport déficients
Absence de sites correctement aménagés pour le traitement sécuritaire
des déchets
Problème particulier des sacs de plastique
Insalubrité des quartiers spontanés de certaines
villes · Encombrement et difficulté d'acheminer les services de base
Difficulté d'assainissement du milieu
Multiplication des sources de maladie (maladies parasitaires),
Pollution des eaux de surface et souterraines et pollution atmosphérique
·
Réseau limité de collecte des eaux pluviales et des eaux usées
Absence de traitement des eaux usées
Canalisations encombrées, obstruées qui n'assurent plus l'évacuation
des eaux de surface en saison humide
Risque de contamination des eaux de surface et souterraines
On se référera à la partie 2 du présent rapport pour une
description complète des principaux problèmes environnementaux.
Voilà donc une illustration bien imparfaite de la relation entre
l'environnement et le développement durable. Cette dynamique tout à
fait particulière est au cœur des choix que la stratégie et le
programme d'intervention devront faire. Elle devrait permettre de
reconnaître certaines variables clés sur lesquelles il sera possible
d'agir pour induire les changements souhaités. Il faut rappeler
cependant que ces variables sont rarement indépendantes et que les
modifications qu'il serait souhaitable d'y apporter exigeront parfois
des démarches complexes et à plusieurs niveaux à la fois.
3.2. Eléments de la politique en matière
d'environnement et de développement durable
Les prochains paragraphes présentent quelques éléments déterminants
qui orienteront les options stratégiques retenues. Il s'agit plus précisément
de prémisses et de positions, voire de postulats qui supportent la réflexion
stratégique.
3.2.1. Fondements de la politique
La politique nigérienne en matière d'environnement et de développement
durable reconnaît la nécessité d'ouvrir le débat sur le développement
du pays, de manière à tenir compte de l'ensemble des préoccupations
culturelles, sociales, économiques, écologiques et politiques qui caractérisent
le vécu quotidien de la population du Niger.
La politique nigérienne en matière d'environnement et de développement
durable reflète le compromis que les différents acteurs et partenaires
nigériens ont convenu au terme d'une longue consultation nationale.
La politique nigérienne en matière d'environnement et de développement
durable se veut mobilisatrice. Elle engage tous les intervenants des
domaines public et privé de même que l'ensemble de la société civile
à traduire ses principes, ses orientations et ses prescriptions en
actions concrètes qui permettront d'atteindre collectivement les
objectifs visés.
La politique nigérienne en matière d'environnement et de développement
durable se situe à la rencontre des multiples engagements de l'État au
regard de la population, de la lutte contre la pauvreté, de la bonne
gouvernance, de la lutte contre la désertification, de la gestion des
ressources naturelles, du développement rural, du maintien de la
biodiversité et de nombreux autres engagements encore pris depuis une
vingtaine d'années.
La politique nigérienne en matière d'environnement et de développement
durable reconnaît l'interdépendance des problèmes de développement et
d'environnement, et la complémentarité des acteurs. Elle concède à l'État
un rôle fondamental de coordination et de régulation en matière
d'environnement et de développement durable ; elle fait de tous les
acteurs de la société civile, du secteur privé et du secteur public les
agents de sa mise en œuvre.
La finalité de la politique nigérienne en matière d'environnement et
de développement durable est d'élargir les options de développement du
Niger et de pérenniser ces options pour les générations futures. Cela
suppose que les actions à planifier ne doivent pas se limiter à la seule
réduction des effets négatifs sur le milieu. Elles doivent également
proposer, à plus long terme, des alternatives valables aux voies
actuelles de développement pour que les changements souhaités puissent
s'opérer.
Dans cette optique, l'élargissement des options signifie concrètement
de lever les différentes contraintes - institutionnelles par exemple -
qui entravent le développement, de se donner de nouvelles perspectives
pour apprécier certains problèmes de développement, de combiner les
efforts plutôt que d'intervenir sans se soucier suffisamment des autres
intervenants, de modifier les approches de gestion, de revoir les
indicateurs de performance, etc.
Le but de cette politique fondamentale est de mettre en place les
conditions favorables à l'amélioration à long terme de la sécurité
alimentaire, à la solution de la crise de l'énergie domestique, à l'amélioration
des conditions sanitaires et au développement économique des populations
et du pays. En somme, la politique nigérienne en matière d'environnement
et de développement durable veut compléter et renforcer les différents
efforts entrepris dans le cadre d'autres programmes importants, en
particulier le programme cadre national de lutte contre la pauvreté.
En termes opérationnels, il s'agit de systématiser la prise en compte
des préoccupations environnementales dans toutes les décisions qui
concernent le développement du pays. Comme il a été mentionné plus tôt,
plusieurs intervenants tiennent déjà compte de l'environnement dans la
planification et l'exécution de leur mandat. Mais il manque de lignes
directrices, de guides qui permettent d'évaluer si les diverses
politiques, ainsi que les multiples programmes et projets mis en œuvre à
travers tout le pays sont conformes à l'intérêt public. La politique
nigérienne en matière d'environnement et de développement durable
entend apporter une solution à ce problème.
Certains principes fondamentaux, certaines valeurs orienteront la stratégie
de mise en œuvre de la politique nationale. Les plus importants sont
discutés ci-après.
- La nécessité d'une approche globale
Le schéma de la problématique de l'environnement et du développement
durable au Niger a mis en évidence la complexité des relations entre les
différents éléments qui sous-tendent les réalités de l'insécurité
alimentaire, de la pauvreté et de la crise de l'énergie. Or, il est évident
que la simple multiplication des actions isolées et des interventions
sectorielles, comme on a d'ailleurs pu l'expérimenter dans le passé, ne
suffit pas à renverser les différents processus de dégradation des
conditions du milieu naturel et du milieu social.
La perspective environnementale du problème commande de toujours
rappeler les liens entre toutes les composantes. Il faut par conséquent
privilégier une approche globale et systémique tant dans l'examen des
causes des problèmes à résoudre que dans la vision de l'espace à aménager.
En somme, il importe de se rappeler que la gestion de l'environnement
n'est pas sectorielle. Elle a une dimension transnationale qui nécessite
la mise à contribution non seulement de toutes les capacités nationales
(acquis du savoir et du savoir faire populaire), mais aussi les expériences
des autres pays. En outre, les impératifs d'une gestion rationnelle des
ressources nécessitent la création d'une véritable tradition de
recherche scientifique.
- L'importance de centrer l'attention sur les composantes humaines
et sociales de l'environnement
L'environnement touche et comprend d'abord l'être humain. Dans le
contexte nigérien, il ne faut pas voir celui-ci comme l'ennemi de la
nature, mais comme celui qui s'efforce de vivre avec elle et par elle.
Comme le suggèrent de nombreuses approches maintenant, les populations
doivent être au centre des préoccupations et des solutions à chercher.
La gestion des rapports entre la population et le milieu a d'abord une
dimension humaine, culturelle et sociale, avant d'avoir une portée
bio-physique.
Comme l'indique la politique de la population, «la ressource humaine
est la ressource la plus précieuse et la plus sûre au Niger». Le pays
n'a pas d'autre choix que de mettre d'abord l'accent sur les aspects
humains des problèmes et de faire une grande place aux populations dans
la mise en œuvre de sa stratégie.
Bien au-delà de la sensibilisation, elles doivent participer à
l'identification des problèmes, à la recherche de solutions et à la
mise en œuvre de ces dernières.
- L'impératif de la vision à long terme et de l'approche «pro-active»
Malgré l'urgence que commande la situation dans certaines régions et
la nécessité de réagir le plus rapidement possible à certains déséquilibres
importants, la perspective stratégique exige une vision à moyen et à
long terme. L'action doit viser les causes profondes des situations
actuelles. Les objectifs que poursuit la politique exigent une attitude
volontaire et «pro-active»; il faut aller au devant des problèmes pour
sortir de la crise.
La nécessité de l'implication et de la participation des populations
à travers des structures décentralisées efficaces
La saine gestion des ressources et de l'espace exige la pleine et entière
participation des populations à l'établissement du diagnostic, à la
recherche de solutions pratiques, ainsi qu'à leur mise en œuvre. La
prise en compte de l'environnement conduit à un nouveau partage des
pouvoirs et à une nouvelle définition des rôles et des responsabilités
entre tous les acteurs.
Dans ce sens, le double processus de démocratisation et de décentralisation
doit impérativement s'accélérer pour que les institutions locales appelées
à jouer un rôle fondamental dans la gestion des ressources et de
l'espace soient déjà en place et pleinement opérationnelles avant que
ne démarrent les interventions concrètes sur le terrain.
- L'obligation d'établir des priorités pratiques
Le défi de la politique nigérienne en matière d'environnement et de
développement durable est de savoir concilier l'approche globale et la
vision à long terme avec les urgences que commande une population démunie,
déjà contrainte à modifier sa propre stratégie de subsistance. La
grande perspective globale risque en effet de faire perdre de vue les
obligations plus immédiates. Il importe donc d'insister sur la nécessité
d'accorder toute la priorité requise aux situations qui sont de nature à
induire dès maintenant des effets irréversibles ou quasi-irréversibles
sur les ressources et le développement qui en dépend.
- Le besoin de s'appuyer sur les acquis
La réflexion sur les problèmes d'environnement et de développement a
été entreprise depuis longtemps déjà. La présente politique doit donc
s'inscrire dans le prolongement de cette réflexion. Il faut tirer
davantage profit en effet des nombreux efforts qui ont été entrepris sur
différentes bases, tantôt sectorielles, tantôt thématiques pour améliorer
la situation nigérienne. En fait, ce principe réaffirme la volonté et
la nécessité de bien ancrer le PNEDD dans la réalité du Niger et d'éviter
de réinventer ce qui existe déjà.
- L'obligation de cohérence et de cohésion
La contradiction entre certaines décisions et la confusion entre
divers intervenants (notamment des ministères et des bailleurs de fonds)
quant au choix d'une approche ou d'une méthode la mieux appropriée pour
corriger certaines problématiques particulières, se sont avérées stériles
et inopportunes.
L'efficacité de la politique nigérienne en matière d'environnement
et de développement durable passe par l'obligation de cohérence entre
les interventions et de cohésion entre les parties.
3.3. Stratégie nigérienne en matière
d'environnement et de développement durable
Pour bien comprendre la stratégie, il importe de rappeler d'abord
quelques principes propres à la planification stratégique en
environnement, de même que quelques constats qui découlent de l'analyse
qui précède.
3.3.1. Planification stratégique en environnement
La planification stratégique en environnement vise concrètement à
identifier diverses actions susceptibles de favoriser la prise en compte
de l'environnement au sein des organisations. Elle regroupe habituellement
ces actions selon trois grandes catégories :
- l'intégration de la préoccupation environnementale dans le
processus de décision devant mener à l'action;la définition
d'actions en environnement;
- le développement des capacités en environnement.
- L'intégration de la préoccupation environnementale dans le
processus de décision
De tous les types d'intervention possibles, l'intégration est généralement
reconnue comme la plus efficace. Elle consiste à prendre les préoccupations
environnementales en considération dès l'étape de planification et de définition
de l'intervention. Elle s'appuie pour se faire sur un certain nombre
d'outils pratiques parmi lesquels l'évaluation environnementale (EE) et
l'étude d'impact sur l'environnement (EIE) sont certainement les mieux
connus et les plus répandus. Elle exige généralement de revoir le cycle
de planification de projet et le partage des rôles et des responsabilités
au sein de l'organisation.
Les principaux avantages de l'intégration tiennent du fait que
lorsqu'elle intervient très tôt dans le processus décisionnel, elle
permet de réaliser des économies considérables de temps et d'argent
qu'exigent habituellement la recherche et la mise au point de mesures pour
corriger les impacts négatifs sur l'environnement.
La définition d'actions ou de projets en environnement
Cette façon d'intervenir considère plutôt l'environnement comme un
secteur. Les projets dont il est ici question peuvent généralement être
regroupés en deux grandes catégories : d'une part, les projets qui s'intéressent
à la gestion des ressources naturelles (ressources minérales sol, air,
eau, flore, faune, etc.) et, d'autre part, les projets qui portent sur la
pollution et les nuisances (gestion des déchets, assainissement du
milieu, contaminations diverses, etc.). Ces projets veulent le plus
souvent corriger une situation préjudiciable à l'environnement ou protéger
certaines ressources reconnues rares et menacées.
Il importe de signaler ici les risques de recoupement entre ce type de
projet et les projets classiques d'agriculture, de foresterie, d'aménagement
urbain, etc. Il faut faire attention en effet pour que tous les projets
qui s'intéressent à la gestion des ressources naturelles ou à la mise
en place des infrastructures urbaines, par exemple, ne deviennent pas des
projets en environnement. Une telle situation risquerait d'ouvrir la porte
à des conflits de juridiction entre les différentes unités
administratives responsables.
Le développement des capacités en environnement
Tel que l'Organisation de coopération et de développement économique
(OCDE) le conçoit, les capacités dans le domaine de l'environnement réfèrent
«aux possibilités qu'ont, dans un contexte donné, les individus, les
groupes, les organisations et les institutions, de s'attaquer aux problèmes
d'environnement dans le cadre des efforts déployés pour parvenir à un développement
durable. L'expression développement des capacités dans le domaine de
l'environnement (DCE) désigne le processus qui permet de renforcer les
capacités dans le domaine de l'environnement et les structures
institutionnelles appropriées». Le DCE est donc susceptible d'intéresser
toutes les institutions et les organisations des secteurs privé et public
préoccupées par la question de l'environnement.
On notera que ces trois différents types d'intervention sont souvent
combinés pour de meilleurs résultats. La formulation des objectifs du
PNEDD laisse déjà entendre qu'on devra avoir recours à ces trois catégories
d'actions.
3.3.2. Principaux constats relatifs à la situation
au Niger
Le Niger est aux prises avec trois perturbations majeures qui affectent
à la fois son capital - ressources et son capital humain. L'insécurité
alimentaire, la crise de l'énergie et la pauvreté se conjuguent pour créer
des problèmes d'environnement considérables, problèmes qui ne font
d'ailleurs qu'accentuer le déséquilibre entre l'offre et la demande.
Les problèmes de dégradation des ressources naturelles apparaissent
comme les plus importants problèmes d'environnement à l'échelle du
pays.
L'organisation traditionnelle de l'espace national ne répond plus aux
exigences d'une population de plus en plus nombreuse et démunie. Certains
affirment que la capacité de support du milieu est atteinte et même dépassée
dans certaines régions du pays.
L'état de dégradation de certains milieux ou de certaines composantes
(notamment les sols et la forêt) exige une intervention immédiate pour
assurer la sauvegarde de ces ressources en danger.
Le partage des rôles et responsabilités entre les différents
intervenants n'est pas clair. Les conflits institutionnels ont souvent
retardé les décisions et empêché les interventions.
Le cadre juridique soutient mal l'action. Outre les textes qui sont
parfois désuets ou incomplets, le problème vient surtout du fait que les
lois ne sont pas mises en application faute de réglementation et de
moyens de contrôle adéquats. Cela tient également à la coexistence de
deux systèmes juridiques, l'un traditionnel, l'autre moderne qui sont
souvent en contradiction l'un envers l'autre.
Les objectifs que poursuit la politique nigérienne en matière
d'environnement et de développement durable indiquent déjà des voies à
suivre que la stratégie doit prendre en compte.
3.3.3. Approche proposée
Considérant la gravité de la situation environnementale au Niger et
l'ampleur des problèmes de développement observés, la stratégie
retenue pour la mise en œuvre de la politique nigérienne en matière
d'environnement et de développement durable emprunte à l'approche de
gestion de situations de crise. En réduisant cette approche à sa plus
simple expression, on reconnaît trois étapes complémentaires qui
peuvent être entreprises de façon séquentielle ou simultanée.
La première étape consiste habituellement à pallier l'urgence. Il
s'agit d'intervenir d'abord là où la situation est critique et où les
conséquences de la non intervention pourraient être dangereuses pour la
sauvegarde de l'élément touché ou celle des individus qui en dépendent.
Il s'agit en quelque sorte d'une opération de sauvetage d'individus, de
groupes d'individus ou de ressources exposés à un danger menaçant.
Cette première étape est généralement limitée dans le temps.
L'information la plus utile ici provient habituellement des individus
directement touchés.
La seconde étape consiste à concentrer tous les efforts disponibles
pour protéger, voire renforcer les ressources menacées les plus
importantes pour la survie de la population du milieu. En somme, on s'intéresse
ici au capital productif des communautés, aux composantes susceptibles de
leur apporter un minimum de bien-être. La durée de l'intervention dépendra
alors de la nature des éléments affectés et de la sévérité des
perturbations en cause. Cette étape exige la participation et la
collaboration de tous les intervenants.
Enfin la troisième étape se situe plus loin dans le temps par rapport
à l'élément perturbateur. Elle vise le rétablissement et la
consolidation de la situation initiale. Il est ici question de réhabilitation,
de restauration et de reconstruction des stocks et des infrastructures qui
en permettent l'exploitation. C'est généralement l'occasion de revoir
les méthodes d'intervention, de repenser les approches et de mieux cibler
les actions.
De plus, il faut encore souligner que le succès d'une telle approche dépend
surtout de la qualité de la communication entre tous les intervenants
(population sinistrée, responsables locaux et autres). Elle dépend également
de la qualité de l'information qui guide les décisions au fur et à
mesure que la situation évolue. Cela suppose un excellent système de
suivi et de repérage (indicateurs) qui permette de mesurer les progrès
accomplis.
Inspirée par cette approche, la stratégie de mise en œuvre de la
politique nigérienne en matière d'environnement et de développement
durable, débouche sur diverses actions regroupées selon trois catégories
: actions urgentes (court terme), programmes prioritaires (moyen et long
terme) et actions d'accompagnement (moyen et long terme). Par ailleurs, la
stratégie s'articule autour de deux axes principaux : les ressources
naturelles et le développement des capacités en environnement. Elle
accorde une place prépondérante aux populations et en particulier aux
jeunes et aux femmes.
À cet égard, il importe de signaler que le PNEDD reconnaît aux
femmes un rôle essentiel et primordial dans la meilleure gestion des
ressources et de l'espace. Ce sont elles en effet qui réalisent
quotidiennement la plus grande partie des travaux agricoles et ménagers
et qui entretiennent de ce fait un rapport déterminant avec le milieu. Ce
sont elles également qui vivent chaque jour l'impact de la dégradation
du milieu, et qui voient leur tâche familiale s'alourdir constamment, au
fur et à mesure de l'appauvrissement des ressources, de leur propre
appauvrissement et de celui de leur famille.
La mise en application du code rural leur assurera une plus grande sécurité
foncière et un meilleur accès aux ressources. Il est donc clair pour le
PNEDD que toutes les actions qui seront proposées dans le cadre de sa
mise en œuvre devront accorder une place importante aux femmes comme
agent de changement. Qu'il s'agisse de pratiques culturales ou d'élevage,
de santé et d'hygiène, d'assainissement et de lutte contre la pollution
domestique, les femmes devront toujours être au centre des réflexions et
des actions à entreprendre. Elles devront être associées à la définition
des problèmes, à la recherche de solutions et à la mise en œuvre de
ces dernières. Le rôle que leur réserve le PNEDD veut aller bien au-delà
de la notion de groupe-cible. Elles doivent être partie prenante des décisions
et doivent bénéficier au premier chef de tout l'appui nécessaire pour
qu'elles puissent devenir des interlocutrices de plein droit.
Dans ce contexte, la présente stratégie a préféré intégrer la
femme dans toutes les activités qu'elle propose plutôt que de lui réserver
des actions spécifiques et limitatives. Cela n'empêche pas cependant que
des interventions concrètes découlant de la mise en œuvre de la stratégie
puissent lui être spécifiquement destinées. Une étude fine sur la
situation de la femme nigérienne au regard de l'environnement doit être
menée prochainement pour mieux comprendre toute cette problématique
fondamentale et dégager des actions qui cadrent bien avec l'approche que
favorisent le Ministère du Développement social, de la Population et de
la Promotion de la Femme et l'ensemble de ses partenaires en vue d'améliorer
le rôle et le statut de la femme dans la société nigérienne.
3.3.4. Actions à court terme
Le volet des actions à court terme s'inspire au départ du texte même
de la Convention sur la lutte contre la désertification (CCD). Celle-ci
suggère la mise sur pied de plans d'intervention d'urgence pour renforcer
les dispositifs de prévention et de gestion des situations de sécheresse.
Cette idée a été reprise et adaptée à la situation particulière du
Niger.
Contexte et bien-fondé
Telles qu'envisagées, les actions à court terme veulent tenir compte
du temps que demanderont la définition et la mise en œuvre des
programmes prioritaires qui sont au cœur de la stratégie . Même si
certains d'entre eux sont déjà en bonne voie de matérialisation (schéma
directeur des ressources en eau, PGRN, etc.), il n'en demeure pas moins
qu'il devra se passer encore plusieurs mois avant que les travaux concrets
aptes à résoudre les problèmes identifiés ne soient entrepris et que
les résultats escomptés ne soient effectivement ressentis. Or, certaines
situations critiques ont été portées à l'attention des responsables du
PNEDD par les populations lors des différentes consultations régionales.
Celles-ci demandent une intervention immédiate pour empêcher que
certains phénomènes ne deviennent à toutes fins pratiques irréversibles
ou exigent des efforts trop considérables de la part de tous les
intervenants (par exemple l'aménagement de mares ou de cuvettes, la réalisation
de points d'eau, le traitement des koris, etc.). En somme, les actions à
court terme se veulent d'abord un tremplin pour certains programmes
prioritaires.
Par ailleurs, ces mêmes actions veulent également traduire
l'engagement réel du gouvernement et de ses partenaires au regard de
l'environnement. Trop souvent les plans nationaux ont-ils débouché sur
des actions trop longues à mettre en place qui, au moment de leur démarrage,
ne répondaient plus tout à fait aux besoins mis en lumière lors de la
planification des interventions. En lançant d'entrée de jeu son volet
d'actions à court terme, le PNEDD souhaite donc affirmer toute
l'importance que l'État entend accorder à ce plan national pour
l'environnement et le développement durable.
Dans ce contexte, et compte tenu de l'importance de cet outil
d'intervention dans la stratégie de mise en œuvre de la présente
politique nationale, il est déjà entendu dans la définition même du
volet des actions court terme, que celui-ci soit permanent, c'est-à-dire
qu'il se poursuive même après le lancement des différents programmes
prioritaires. Il sera bien évidemment appelé à évoluer, mais il sera
toujours nécessaire de pouvoir disposer d'un outil d'intervention direct,
souple et efficace qui permette de répondre immédiatement à certains
besoins pressants.
C'est pour bien marquer le caractère opérationnel immédiat des
actions à court terme qu'il a été décidé de présenter ce volet dans
un document séparé. Ce dernier, contient tous les détails relatifs aux
objectifs, aux modalités de fonctionnement, à l'ancrage administratif et
aux aspects budgétaires de l'opération. Malgré cette présentation
autonome, on comprendra que ce volet fait partie intégrante du PNEDD et
qu'il en constitue un des éléments fondamentaux. Les paragraphes qui
suivent fournissent quelques informations supplémentaires relatives à ce
volet particulier du PNEDD.
Objectifs
Les actions à court terme visent, entre autres, à satisfaire trois
objectifs principaux :
- convaincre par le concret les populations de participer à la
sauvegarde de leur milieu et les encourager à s'investir dans les
actions d'envergure à moyen et long terme que proposeront les
programmes d'actions prioritaires;
- responsabiliser les populations face à la gestion de leur propre
environnement de manière à assurer la pérennité des
investissements réalisés;
- valoriser le savoir-faire endogène;
Concept
Le concept des actions à court terme est simple. Il s'agit de petites
opérations répondant aux besoins réels ressentis et exprimés par les
populations et s'inscrivant dans le cadre du PNEDD. Ces actions doivent être
conçues et réalisées par les populations elles-mêmes. Il s'agira donc
d'interventions qui auront recours à des technologies simples et éprouvées
facilement maîtrisables par les populations. Elles seront préférablement
orientées vers la protection ou la restauration des ressources
naturelles. D'autres types d'actions pourront également être considérés
dans la mesure où elles s'accordent avec les orientations et les lignes
directrices des programmes prioritaires annoncées dans le PNEDD.
Des critères de sélection seront donc élaborés et diffusés auprès
des collectivités, des ONG et des associations de tous genres qui sont en
contact direct avec les populations. Ces regroupements seront invités à
formuler leur demande en complétant un formulaire spécial qui permettra
un traitement rapide de la requête. Les demandes seront reçues et traitées
par un comité de sélection présidé par un représentant de la société
civile. Ce comité relèvera d'une structure autonome légère et
efficace, elle-même placée sous la responsabilité du SE/CNEDD. Cette
structure sera essentiellement chargée de la planification et de la
gestion des activités du volet dans son ensemble, de même que du suivi
et de l'évaluation des différentes actions mises en œuvre. Elle n'exécutera
elle-même aucune action urgente. Son rôle sur le terrain se limitera à
faire connaître le volet, à aider les demandeurs à préparer leur requête
et à suivre le déroulement des projets retenus et, bien entendu, à
mobiliser les ressources nécessaires.
L'essentiel du financement des actions devra être assuré par le
programme. Conformément aux orientations stratégiques du programme
PAN/LCD – GRN (voir chapitre 4), la population sera également appelée
à contribuer financièrement de manière à garantir la pérennité des
interventions réalisées. Les actions seront soumises à un plafond budgétaire
et devront être réalisées à l'intérieur d'un calendrier facilement maîtrisable.
Selon l'importance du budget global qui sera alloué à la réalisation
du volet des actions à court terme, une partie du montant disponible
pourrait être distribuée de façon équitable entre chacune des différentes
régions du pays. Une seconde tranche pourrait être réservée pour les
spécificités régionales, alors qu'une troisième tranche pourrait être
disponible pour appuyer les meilleurs projets, toutes régions confondues,
de manière à créer une saine émulation entre les régions. Les modalités
définitives à cet égard seront arrêtées par les responsables de la
structure à mettre en place.
Il faut souligner enfin le risque que ce volet des actions urgentes du
PNEDD soit confondu avec le Système d'alerte précoce et de gestion des
catastrophes (SAP/GC) déjà en place dans le pays. Rappelons à cet égard
que tellesque conçues, les actions à court terme devraient être lancées
précisément pour éviter qu'un certain nombre de catastrophes ne se
produisent. Une bonne coordination entre les deux programmes devrait être
recherchée afin d'éviter tout recoupement ou dédoublement des efforts
sur le terrain.
On trouvera tous les détails relatifs à ce volet dans le document
intitulé Volet Actions à court terme du Plan national de l'environnement
pour un développement durable.
3.3.5. Programmes prioritaires
Les programmes prioritaires constituent la partie centrale du PNEDD. Ce
sont eux qui orienteront les actions à court terme ainsi que les actions
transversales décrites ci-après. Ce volet principal de la stratégie
regroupe six programmes qui trouvent leur justification dans les enjeux
reconnus précédemment et dans la dynamique des causes et des effets mise
en lumière dans l'analyse de la problématique présentée au début de
ce chapitre (voir section 3.1).
Les six programmes prioritaires sont les suivants :
- Programme d'action national de lutte contre la désertification et
de gestion des ressources naturelles (PAN/LCD – GRN)
- Programme eau et développement durable
- Programme énergie et développement durable
- Programme environnement urbain et cadre de vie
- Programme de gestion de la diversité biologique
- Programme changements et variabilités climatiques.
Les quatre premiers programmes sont majeurs et
structurants. En termes de planification stratégique (section 3.3.1), il
s'agit bien de programmes en environnement mais qui veulent aller plus
loin que la simple correction de situations critiques. L'approche globale
qu'ils proposent et la place qu'ils veulent faire aux populations en font
de véritables programmes de développement durable.
Certains de ces programmes sont déjà en voie de planification. C'est
le cas notamment du programme d'action national de lutte contre la désertification
et de gestion des ressources naturelles (PAN/LCD – GRN), du programme
eau et développement, de même que du programme énergie. Les autres
devront être mis en chantier au cours des mois qui suivront l'adoption du
PNEDD. Conformément à l'approche globale et systémique suivie jusqu'à
présent, il importe en effet d'entamer les actions dès la première année
de la mise en œuvre du plan national. Tout retard important pourrait
autrement compromettre la possibilité de créer la synergie souhaitée
entre les différents programmes prioritaires et entre les divers
intervenants.
Il importe de rappeler ici que la planification et la mise en œuvre de
ces différents programmes n'est pas du ressort du CNEDD. Comme on le
verra plus loin, le Conseil s'intéresse d'abord et avant tout à la
coordination et à l'efficacité des efforts à entreprendre en matière
d'environnement et de développement durable. Conformément aux fondements
de la politique, (section 3.2.1) la planification détaillée relève
ainsi des départements ministériels et de leurs partenaires de la société
civile, des ONG et du secteur privé.
Les deux derniers programmes prioritaires qui portent sur la diversité
biologique et les changements climatiques, sont également importants.
Mais leurs effets sur les populations risquent, à court terme, d'être
moins structurants que ceux des quatre premiers programmes. Ils n'en
demeurent pas moins essentiels pour le Niger qui est partie prenante des
grandes conventions internationales sur la biodiversité et les
changements climatiques.
Programme d'action national de lutte contre la désertification et
de gestion des ressources naturelles (PAN/LCD – GRN)
Ce premier programme s'intéresse directement à la question centrale
de la pérennité du capital-ressources. Il veut arrêter la dilapidation
de ce capital et, si possible, contribuer à sa reconstitution là où le
potentiel le permet.
Ce programme principal hérite d'une longue tradition où se sont
affrontées deux visions distinctes : l'une axée sur la lutte contre la désertification
et l'autre sur la gestion des ressources naturelles. La première a
surtout permis de mettre au point un ensemble d'outils et de techniques
d'aménagement pour lutter contre les manifestations les plus évidentes
de la désertification. La seconde, issue de l'expérience de la première,
a voulu mettre l'accent sur la responsabilisation et la participation des
populations à la gestion de leur terroir et aux décisions qui les
concernent.
La préparation de la CCD a permis de faire un bilan complet des
actions passées et de revoir le concept même de lutte contre la désertification.
L'approche que revendique maintenant la Convention accorde une place
centrale à la population. Elle milite en faveur d'un nouveau partage des
pouvoirs entre les différents intervenants et appelle à une nouvelle définition
des rôles et responsabilités. La Convention ne fait pas de la lutte
contre la désertification une fin en soi. Elle vise des objectifs
beaucoup plus larges, faisant plutôt de cette lutte un volet essentiel du
développement durable dans les pays touchés.
Les deux visions s'étant considérablement rapprochées, le PNEDD
propose de fusionner la lutte contre la désertification et la gestion des
ressources naturelles dans un seul et même programme. L'appellation
retenue renvoie aux exigences de la Convention qui souhaite que tous les
pays touchés signataires préparent un programme d'action national (PAN)
dans lequel on identifiera les «facteurs qui contribuent à la désertification
et les mesures concrètes à prendre pour lutter contre celle-ci et atténuer
les effets de la sécheresse». (CCD, article 10).
C'est ainsi que le programme de lutte contre la désertification et de
gestion des ressources naturelles poursuit les objectifs suivants:
- analyser et suivre les facteurs qui contribuent à la sécheresse
et à la désertification;
- assurer une gestion durable des ressources naturelles et des
terroirs;
- organiser et faire participer les populations rurales dans la
gestion durable des ressources naturelles;
- améliorer la production rurale;
- améliorer les conditions de vie des communautés rurales;
- assurer un financement adéquat des activités prévues dans les
différents programmes.
Les travaux du PAN/LCD – GRN ont déjà débuté. D'une part, des
actions concrètes ont été entreprises depuis longtemps dans le cadre
des deux programmes séparés. D'autre part, le processus d'élaboration
du PAN/LCD – GRN est lancé. Une Commission technique au sein du CNEDD a
été mise en place et le processus de recrutement des spécialistes qui
feront le travail est en route. Le chapitre 4 fournit toutes les précisions
nécessaires relatives à ce programme prioritaire structurant.
Programme eau et développement durable
Bien que ce programme concerne également les ressources naturelles et
qu'il aurait pu être intégré dans le large programme PAN/LCD – GRN,
il a été convenu d'en faire une entité autonome en raison de
l'importance stratégique que revêt l'eau au Niger.
Dans l'ensemble du Sahel, la grande question de l'eau constitue un thème
intégrateur fondamental. Elle est associée à la santé humaine et
animale, à la productivité des terres agricoles et des terres de pâture,
à l'habitat et à l'assainissement du milieu, à l'énergie et aux
ressources halieutiques. L'aménagement du territoire et les pratiques de
gestion propres aux différentes ressources naturelles reconnaissent par
ailleurs le bassin-versant comme unité écologique de référence pour
caractériser le milieu. Et cette notion dépasse largement les limites géographiques
du pays. Pour toutes ces raisons, le PNEDD a donc tenu à élaborer un
programme particulier pour l'eau qui jouisse du premier niveau de priorité,
plutôt que d'en faire une simple composante d'un programme qui aurait
poursuivi simultanément d'autres objectifs.
Le Schéma directeur de mise en valeur et de gestion des ressources en
eau du Niger a été approuvé par l'État en 1993. Actualisé en 1997, ce
dernier constitue la pierre angulaire du programme eau et développement
durable. Les principaux objectifs que poursuit ce programme sont les
suivants :
- améliorer la connaissance du potentiel hydraulique et de ses
possibilités d'exploitation;
- satisfaire les besoins en eau des populations et améliorer leur
environnement;
- mobiliser les ressources en eau en vue de sécuriser les différentes
productions;
- améliorer la connaissance du potentiel hydraulique et des
possibilités de son exploitation;
- améliorer le cadre juridique et institutionnel.
Programme énergie et développement durable
Le programme prioritaire de l'énergie constitue l'un des piliers du
PNEDD. La grande question de l'énergie est en effet au cœur des problèmes
du Niger en matière de développement et d'environnement (voir figure 4).
L'impact direct du prélèvement du bois-énergie sur les ressources
ligneuses entraîne toute une cascade de difficultés environnementales
qui, au bout du compte, contribuent à la dégradation généralisée des
terres et à la désertification du pays. Le programme prioritaire vise
donc fondamentalement à résoudre deux problèmes, à savoir comment
rationaliser la gestion du bois-énergie, d'une part, et comment parvenir
à développer des sources d'énergie alternatives qui permettent de
satisfaire aux besoins domestiques et industriels toujours plus importants
que commande le développement du pays, d'autre part.
Au regard de la première question, le programme veut s'inscrire dans
la continuité de certains travaux entrepris depuis plusieurs années
(projet énergie - volet offre). On continuera ainsi à développer des
modes de gestion et d'intervention qui tiennent compte à la fois de la
capacité productive du milieu, de l'ensemble des différentes fonctions
que jouent les formations végétales au regard des autres composantes
naturelles et humaines de l'écosystème, de même que des divers usages
qu'en font les populations.
La seconde question, beaucoup plus large fournira l'occasion de dresser
le bilan des potentiels du Niger en matière d'énergie. Il s'agira
d'examiner chacune des différentes filières possibles pour la production
d'énergie électrique (filière hydraulique et thermique) en tenant
compte bien sûr des critères techniques, économiques et
environnementaux habituels, mais dans la perspective également des
ententes convenues lors de la Conférence de Kyoto (décembre 1997). Le
programme s'intéressera également ici aux sources d'énergie
alternatives, notamment l'énergie solaire et éolienne.
Tel qu'indiqué dans le chapitre 4, les objectifs du programme énergie
sont les suivants :
- améliorer la sécurité en matière d'énergie et assurer une
gestion intégrée des différentes ressources énergétiques;
- assurer une gestion rationnelle du bois-énergie;
- accroître l'utilisation de sources d'énergie alternatives au
bois-énergie;
- élaborer des mesures d'accompagnement pour faciliter l'adoption
de technologie nouvelles.
Programme environnement urbain et cadre de vie
Le programme environnement urbain et cadre de vie s'adresse directement
aux populations. Il porte principalement sur l'aspect assainissement du
milieu et s'intéresse en particulier aux problèmes de pollutions et
nuisances. Il envisage l'aménagement urbain dans une perspective de complémentarité
avec le milieu rural.
La question de l'urbanisation est relativement récente au Niger. On a
vu précédemment que les villes connaissaient cependant une croissance
importante et que les tendances actuelles permettent de croire que près
de 30% de la population du Niger habiteront les centres urbains à
l'horizon de l'an 2000.
Par ailleurs, le rétrécissement de l'espace vital qui caractérise le
Niger commande que l'on planifie dès maintenant l'aménagement des
villes, non pas d'une manière réactive, mais de façon pro-active. Dans
le contexte actuel, la réduction de la pression sur le milieu et la sécurisation
du capital-ressources semblent en effet devoir passer par l'aménagement
des villes et par la dynamisation économique de celles-ci. De «centres
d'accueil» qu'elles sont actuellement pour les populations qui ne
trouvent plus leur subsistance dans les campagnes de plus en plus pauvres,
elles doivent progressivement opérer leur mutation en pôles de développement
et devenir de véritables débouchés pour les producteurs ruraux.
Or, le cadre de vie en milieu urbain est difficile. Les populations généralement
pauvres qui gagnent la ville s'installent sans moyens dans des quartiers périphériques
où les infrastructures et les équipements font défaut. Les problèmes
d'assainissement sont omniprésents et la qualité de vie en souffre
considérablement.
Le programme Environnement urbain et cadre de vie veut contribuer à
changer cette situation. Il s'inscrit en complémentarité avec celui de
la lutte contre la pauvreté qui s'intéresse déjà à la création
d'entreprises et d'emplois et au développement économique des villes. Il
entend ainsi prendre en charge un certain nombre d'éléments qui ont
trait à l'assainissement du milieu et au contrôle des pollutions et
nuisances. Il veut profiter du fait que la situation est encore maîtrisable
pour commencer dès maintenant à véritablement prendre en charge la
croissance des villes et des activités urbaines.
Du point de vue rural, le programme entend également s'intéresser aux
centres principaux pour s'assurer que les solutions locales aux problèmes
de pollutions et nuisances soient efficaces et durables à l'échelle où
ils se manifestent. L'optique sera ici celle de la santé et du risque
environnemental. Les efforts porteront par conséquent sur la réduction
et le contrôle des vecteurs de maladies, et, conséquemment, sur l'amélioration
du cadre de vie des populations touchées.
Tel qu'envisagé, le programme environnement urbain et cadre de vie
poursuit essentiellement deux objectifs principaux :
- assurer une meilleure maîtrise de la croissance urbaine;
- améliorer le cadre de vie des populations urbaines et rurales;
- Programme de gestion de la diversité biologique.
La Convention sur la diversité biologique a été adoptée en juin
1992 lors de la Conférence des Nations-Unies sur l'environnement et le développement
(CNUED). Le Niger l'a signée à la même date et l'a ratifiée en juillet
1995. Les objectifs ultimes de cette convention sont : (1) la conservation
de la diversité biologique, (2) l'utilisation durable de ses éléments
et (3) le partage juste et équitable des avantages découlant de
l'exploitation des ressources génétiques grâce, notamment, à un accès
satisfaisant à ces ressources et à un transfert approprié des
techniques pertinentes.
Tirant les leçons de ses expériences et pour honorer ses engagements,
le Niger a obtenu du Fonds pour l'Environnement Mondial (FEM) un appui
financier pour élaborer sa stratégie nationale et son plan d'action en
matière de diversité biologique dans le cadre de la mise en œuvre de la
Convention.
L'objectif principal de l'activité habilitante est d'aider le Conseil
national de l'environnement pour un développement durable (CNEDD) et le
Gouvernement du Niger à élaborer une stratégie nationale assortie d'un
plan d'action en matière de diversité biologique (SNPA-DB). Celle-ci déterminera
l'état actuel, les pressions existantes, les options et les actions
prioritaires à entreprendre aux fins d'assurer la conservation,
l'utilisation durable et le partage juste et équitable des avantages de
la diversité biologique du pays. Le projet s'appuiera sur les
connaissances existantes pour élaborer la SNPA-DB par un processus de
planification participative et de consultation des parties prenantes.
Cette activité aidera également le Niger à faire face à ses
obligations au titre de la Convention sur la diversité biologique en préparant
son premier rapport du pays à la Conférence des Parties. La SNPA-DB
constituera une composante du PNEDD. Elle sera élaborée en étroite
relation avec le programme d'action national de lutte contre la désertification
et de gestion des ressources naturelles (PAN/LCD-GRN).
Programme changements et variabilités climatiques
La Convention cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques a
été adoptée lors de la Conférence de Rio. Son objectif principal est
de stabiliser la concentration de gaz à effets de serre dans l'atmosphère
à un niveau suffisamment bas pour éviter les influences anthropiques sur
le climat terrestre. En devenant Partie de ladite Convention et après
l'avoir ratifiée en juillet 1995, le Niger, comme tout pays partie, a
pris les engagements suivants :
établir, mettre à jour périodiquement, publier et mettre à
disposition de la Conférence des Parties à la Convention un inventaire
national des émissions par source et de l'absorption, par puits, des gaz
à effet de serre non réglementé par le Protocole de Montréal;
élaborer une stratégie nationale, formuler, exécuter, publier et mettre
à jour régulièrement des programmes et projets visant à atténuer les
changements climatiques en contribuant à réduire les émissions et en
accélérant l'absorption des gaz à effet de serre non visés par le
Protocole de Montréal, ainsi que des mesures propres à faciliter
l'adaptation aux changements climatiques.
communiquer à la Conférence des Parties des informations liées à
l'application de la Convention, conformément à l'article 12.
Le programme sur les changements et les variabilités climatiques sera élaboré
en étroite relation avec le programme majeur sur l'énergie et le développement
durable.
3.3.6. Actions d'accompagnement
Le troisième volet de la stratégie est conçu comme un volet
transversal. Il complète le volet des programmes prioritaires en
proposant différentes interventions qui doivent soutenir les actions prévues
dans le cadre des programmes majeurs. Jusque dans une certaine mesure, il
doit même les précéder, puisqu'il vise notamment à mettre en place les
conditions favorables pour le plein développement de ces programmes.
Le volet des actions d'accompagnement se résume à un programme
central de développement des capacités dans le domaine de
l'environnement (DCE). Celui-ci compte trois composantes principales :
- une composante renforcement des institutions gouvernementales et non
gouvernementales dans le domaine de l'environnement;
- une composante information, éducation , communication en
environnement;
- une composante suivi de l'environnement et système d'information
environnemental (SIE)
La problématique du Niger en matière d'environnement et de développement
durable a reconnu au nombre des causes de la situation difficile que vit
le pays, certains grands facteurs déterminants rattachés à l'attitude
des populations, à celle des institutions qui les regroupent ou les représentent,
ainsi qu'au cadre juridique dans lequel ils évoluent. Par ailleurs, il a
aussi été mentionné précédemment que l'approche sur laquelle s'appuie
la présente stratégie (voir section 3.3.3) accorde une importance
capitale à l'information, mais aussi à l'efficacité de la circulation
de celle-ci entre les différents intervenants chargés de la gestion de
situations critiques, comme c'est ici le cas. Enfin, on a fait de
l'approche globale (systémique) le premier des principes devant guider la
politique nigérienne en matière d'environnement et de développement
durable (voir section 3.2.3).
Or, tel qu'entendu dans la définition qu'en donne l'OCDE (voir section
3.3.1), le développement des capacités dans le domaine de
l'environnement permet d'aborder l'ensemble de ces questions de manière
cohérente et unifiée. Il s'agit en fait d'un processus plutôt qu'un
produit qui, en s'appuyant précisément sur une approche globale, entend
favoriser la meilleure prise en compte des liens qui unissent les
composantes du milieu, les intervenants et les institutions.
Renforcement des institutions gouvernementales et non
gouvernementales dans le domaine de l'environnement
Considérant la situation actuelle du Niger en matière
institutionnelle, cette première composante s'impose d'elle-même. D'une
part, les institutions gouvernementales sont mal outillées pour prendre
en compte les questions environnementales qui les concernent. D'autre
part, la société civile arrive difficilement à s'organiser pour
participer valablement à la mise en œuvre de la stratégie. Les
organisations non gouvernementales (ONG) et les autres formes de
regroupement privé sont encore fragiles et ont de la peine à démarrer
leurs activités. Il est donc difficile, voire impossible pour elles de
jouer le rôle fondamental qui leur revient en matière de gestion de
l'environnement.
Le renforcement institutionnel devra donc distinguer entre différentes
clientèles. D'une part, on retrouvera celle qui aura la charge de
coordonner l'ensemble du processus national découlant de la mise en œuvre
du PNEDD. D'autre part, il y aura toutes les autres (publiques et privées)
qui ont comme responsabilité d'intégrer les préoccupations
environnementales dans leurs politiques, programmes et projets respectifs.
Information, éducation et communication en environnement(IEC)
En ce qui a trait à l'information, à l'éducation et la
communication, les besoins sont multiples et variés. Le programme vise
donc simultanément plusieurs objectifs. Il se préoccupera d'abord de
faire connaître le PNEDD et ses différentes composantes de manière à
s'assurer de la plus grande participation possible de l'ensemble des
intervenants à la préparation des programmes prioritaires.
Par ailleurs, chacun de ces programmes comportera vraisemblablement ses
propres exigences en matière d'information, d'éducation et de
communication. Or, compte tenu de la complémentarité des programmes
prioritaires entre eux et de l'importance de formuler des messages clairs
et cohérents à l'intention du public en général, le programme
transversal IEC jouera un rôle de coordination essentiel en matière de
diffusion de l'information environnementale (volet communication). Les
moyens auxquels il devra avoir recours devront permettre de toucher toutes
les couches de la société dans chacune des différentes régions du
pays.
Au plan de l'éducation en environnement, le programme sera
principalement dirigé vers les jeunes. Il les visera à travers le réseau
formel de l'éducation aux niveaux primaire et secondaire, mais également
en utilisant des moyens particuliers pour toucher les jeunes qui ne fréquentent
pas l'école.
Au-delà des jeunes, le programme devra atteindre les adultes
travailleurs et les intéresser à la question de l'environnement au moyen
de formations sur mesure adaptées aux contraintes qui leur sont propres
(temps de formation, accessibilité pour les non scolarisés, etc.).
Suivi environnemental et système d'information
L'approche globale et l'intégration des préoccupations
environnementales dans l'ensemble des décisions et des actions demandent
une gestion de l'information performante qui livre les bonnes données au
bon moment et selon des standards reconnus. Ces informations doivent être
déterminées à l'avance en fonction des objectifs poursuivis et des résultats
à atteindre. Elles doivent être consignées dans des bases de données
facilement accessibles que des systèmes d'information spécialisés
permettent d'extraire et d'analyser en fonction de la nature du problème
à solutionner.
Dans ce contexte, les systèmes d'informations dont il est ici question
doivent aller bien plus loin que l'accumulation et la centralisation de
données disparates relatives aux différents aspects de l'environnement.
Elles doivent être dorénavant standardisées et complètement
compatibles entre elles d'où la nécessité de convenir au départ de la
toponymie officielle, des nomenclatures propres à chaque information géocodée,
des formats d'échange et de toute autre norme encore qui permette la
meilleure circulation possible de l'information entre les différents
utilisateurs éventuels. On aura compris ici que la facilité d'échange
de l'information constitue en soi une valeur recherchée, presqu'aussi
importante que l'information elle-même. Et cet échange ne sera possible
que dans la mesure où tous les utilisateurs s'entendent au préalable sur
l'utilisation systématique d'une même référence géographique (base
cartographique standard).
Or, selon les arrêtés ministériels actuels, le suivi environnemental
et l'évaluation des résultats du PNEDD incombent à la structure chargée
de sa mise en œuvre. Concrètement, cette structure doit pouvoir
participer à la planification des opérations à entreprendre dans le
cadre du PNEDD, suivre et appuyer par des conseils ou des informations
pertinentes la réalisation des opérations prévues et, finalement, évaluer
les progrès accomplis.
C'est notamment pour répondre à ce mandat qu'il sera nécessaire de
mettre en place un système national d'information sur l'environnement
(SIE). Celui-ci impliquera deux grandes catégories d'acteurs qui devront
apprendre à travailler d'une manière différente ensemble. D'une part,
on retrouvera les organisations qui ont une tradition de producteurs
d'informations, comme l'IGNN et plusieurs ministères sectoriels qui
disposent de données précises sur les ressources et le territoire qu'ils
doivent contribuer à mettre en valeur de façon durable (MHE, MAG/EL).
D'autre part, on aura les utilisateurs de ces informations, ceux qui
travaillent à la planification des opérations ou qui sont carrément
impliqués dans leur exécution sur le terrain (C/GRN, ONG, etc.).
Or, comme les coûts d'acquisition de telles informations sont élevés,
les producteurs ne pourront plus générer les données comme ils avaient
l'habitude de le faire, c'est à dire en fonction d'un programme
d'acquisition plus ou moins interne qui les amenait à collecter des
informations pour leurs besoins particuliers. Ces informations étaient
ensuite mises à la disposition des utilisateurs, qui devaient du reste
s'en contenter.
La dynamique sera dorénavant toute autre et elle exigera que les différents
intervenants coordonnent davantage leurs activités. Le coût des
programmes d'acquisition des données devra être partagé par les différents
utilisateurs qui devront donc s'entendre au préalable sur les caractéristiques
des informations à acquérir. Dans ce contexte, le PNEDD aura
vraisemblablement un rôle important à jouer précisément au chapitre de
la coordination entre tous les intervenants.
La préparation d'un tel programme exigera une longue réflexion et
elle devra s'appuyer sur un nécessaire consensus qu'il faudra
obligatoirement trouver.
4.1. Remarques préliminaires
Le présent chapitre précise les lignes directrices des différents
programmes prioritaires qui ont été retenus dans le cadre de la stratégie
du PNEDD, de même que les actions d'accompagnement. Les programmes
prioritaires ne sont pas tous finalisés. Il est prévu que leur élaboration
définitive se fera au cours des premiers mois de la mise en œuvre de la
stratégie (voir chapitre 5).
La finalisation des programmes prioritaires sera coordonnée par le
CNEDD, conformément aux termes de son mandat. Elle fera appel à
l'ensemble des intervenants touchés par chacun des différents thèmes
retenus. Il importe de rappeler encore une fois ici que la coordination débordera
le seul cadre des activités pour s'étendre également à l'articulation
des différents programmes entre eux et avec l'ensemble des politiques et
programmes existants ou en cours d'élaboration. L'approche participative
retenue pour la préparation de ces programmes devrait toutefois favoriser
la prise en compte des intérêts de tous les intervenants et faciliter
l'harmonisation des différents points de vue.
Tel que mentionné dans la stratégie, les programmes prioritaires
comptent quatre programmes majeurs et structurants ainsi que deux
programmes mineurs. Il est prévu que ces derniers seront élaborés en étroite
relation - en complémentarité même - avec les programmes majeurs. C'est
ainsi que le programme sur la biodiversité sera intimement associé au
programme PANL/LCD – GRN, tandis que celui sur les changements
climatiques sera lié au programme sur l'énergie et le développement
durable. Cela vise en fait à éviter la duplication des efforts ou pire
encore, leur inconséquence.
Pour simplifier et clarifier la discussion, les différents programmes
sont présentés dans les pages qui suivent sous forme de tableau, on
retrouvera ainsi distinctement exposés les objectifs généraux de chacun
des programmes prioritaires en regard desquels sont indiquées les grandes
orientations stratégiques devant guider leur préparation. Pour mieux
comprendre la portée et la signification de ces orientations, certaines
actions possibles sont également suggérées. Celles-ci ne sont pas
exhaustives, ni particulièrement élaborées. Elles ont le mérite néanmoins
de fixer les idées et elles permettent de faire le lien avec le volet des
actions urgentes.
Tel que conçus, ces tableaux doivent servir de point de départ pour
la préparation des termes de référence des différentes commissions
techniques qui seront chargées de l'élaboration finale des programmes.
Ils sont accompagnés d'un bref commentaire qui les situe par rapport à
l'ensemble de la démarche du PNEDD et qui permet de faire les liens entre
les différentes propositions qu'ils contiennent.
Pour bien s'assurer que ces tableaux respectent l'esprit des multiples
politiques, programmes et projets actuellement en cours auprès des
partenaires du CNEDD, ils ont été soumis à une première appréciation
auprès de certains de ces partenaires. Cette consultation, bien que
partielle et informelle, a néanmoins permis d'assurer un premier niveau
de cohérence entre les différentes perceptions de certains
intervenants-clés qui ont déjà amorcé leur réflexion et même lancé
certaines actions dans leur domaine de compétence.
4.2.1. Programme PAN/LCD – GRN
Les travaux d'élaboration du PAN/LCD-GRN en sont à leur phase de
lancement avec la finalisation des termes de référence de l'étude y
relative (voir annexe 1). Ces travaux se déroulent sous la supervision de
la Commission PAN/LCD-GRN (cf section 4.3 sur les aspects
institutionnels). Bien que la question de l'eau fasse techniquement
l'objet du second programme, une attention toute particulière sera accordée
à cet aspect dans le cadre du PAN/LCD – GRN. La prise en compte de
cette dimension fondamentale sera en effet intégrée tant au niveau de la
préoccupation qu'à celui de l'approche de gestion de terroirs qui est à
la base même de ce programme central.
Le PAN/LCD-GRN intègre dans ses objectifs et ses stratégies, ceux qui
sont issus de trois programmes nationaux d'envergure à savoir le Plan
national de lutte contre la désertification (PNLCD), le Programme
national de gestion des ressources naturelles (PNGRN) et le Plan
d'action forestier tropical (PAFT). Il tient compte en outre des
suggestions de la CCD quant aux programmes d'action nationaux (PAN), ainsi
que des composantes spécifiques relatives à la gestion des ressources
naturelles que l'on retrouve dans d'autres programmes nationaux, notamment
celui sur la lutte contre la pauvreté.
S'appuyant sur les réflexions et les expériences acquises dans le
cadre de tous les travaux menés à ce jour en matière de gestion des
ressources naturelles et de lutte contre la désertification, le
PAN/LCD-GRN s'articulera autour des principaux points suivants :
- l'identification des facteurs qui contribuent à la sécheresse et
à la désertification;
- la gestion conservatoire et durable des ressources naturelles;
- les mesures concrètes d'atténuation des effets de la sécheresse
et de la désertification;
- l'amélioration des conditions de vie des communautés rurales.
Plusieurs programmes et projets fondés sur l'approche gestion des
terroirs sont en cours de réalisation. On peut citer à titre d'exemple
le PDRM/FENU à Mayahi, le PDRAA à Aguié, le PASP/GTZ dans le nord
Tillaberi, le Projet Gestion Terroirs Rive Droite dans le Nord Téra, le
PDRT à Tahoua, etc. Rappelons que la mission de préparation du Programme
national de gestion des ressources naturelles indiquait en 1993, que
« l'ex cellule PIGRN avait identifié cent onze (111) projets
relatifs à la gestion des ressources naturelles ».
Par ailleurs, le PGRN, financé par la Banque Mondiale, a déjà démarré
des actions en matière de gestion de ressources naturelles depuis octobre
1996. Les opérations, qui dureront cinq ans, concernent trois cent quatre
vingt (380) communautés rurales dans un premier temps dans cinq
arrondissements différents : Boboye, Doutchi, Gouré, Tessaoua et Say. Il
sera donc important que le PAN/LCD-GRN capitalise toutes les expériences
passées et en cours et qu'il s'intéresse même à certains projets réalisés
dans d'autres pays de la sous-région.
Le PAN/LCD – GRN est central dans la stratégie parce qu'il s'attaque
directement à l'enjeu reconnu précédemment, à savoir la pérennisation
du capital – ressources. Par ailleurs, il veut également contribuer à
la réduction de la pauvreté en permettant une amélioration de la
production et du cadre de vie des populations rurales. Les objectifs généraux
que poursuit ce programme prioritaire s'emboîtent en effet les uns dans
les autres, et se complètent mutuellement pour garantir l'atteinte de la
finalité du programme. Il est ainsi question de mieux gérer les
ressources et le milieu de manière à améliorer le capital productif,
d'accroître la production pour en tirer un meilleur rendement et de
meilleurs revenus, d'améliorer les conditions de vie des populations
rurales et d'assurer enfin le financement des activités prévues pour
garantir la pérennité des actions. A cet titre, une harmonisation des méthodes
d'intervention devra être recherchée et être imposée à chaque acteur.
L'examen du tableau qui suit démontre l'importance que l'approche
entend accorder à la participation des populations à la gestion des
ressources et de l'espace, ainsi qu'au transfert des responsabilités y
relatives en faveur des communautés locales. La décentralisation est en
effet au cœur de ce programme prioritaire et constitue une condition
critique pour la réussite de l'entreprise. De plus, la stratégie globale
du PAN-LCD/GRN entend accorder une importance capitale, d'abord à
l'organisation des populations en groupements ou en associations d'intérêt,
ensuite au renforcement des capacités de ces groupements en matière
d'environnement et de développement durable. Les femmes et les jeunes, à
cet égard, seront visés de façon toute particulière. Les activités à
réaliser devront concourir, d'une part à assurer la sécurité foncière
des paysannes et, d'autre part, à leur garantir un plein accès aux
ressources de base (eau, bois de feu, terre, etc.).
Par rapport aux jeunes l'engagement institutionnel de plus en plus
grand observé ces dernières années en faveur de cette composante
sociale, devra être poursuivi et concrétisé. Les actions à l'endroit
des jeunes sont encore peu importantes malgré leur mobilisation dans le
cadre du SNP et des opérations comme Sahel Vert et en dépit de la place
qu'ils doivent occuper pour la gestion de l'environnement et le développement
durable.
Mais puisque toutes ces considérations et beaucoup d'autres encore ont
déjà été rapportées dans les différents documents de programmes et
de projets cités ci-avant, le travail à effectuer par la Commission
technique mandatée par le CNEDD doit s'orienter surtout vers une synthèse
pratique et opérationnelle des différents travaux menés à ce jour. Les
approches sont connues et elles se recoupent. En somme, compte tenu de
toutes les informations déjà disponibles, le travail de la Commission et
des consultants consistera, entre autres, à systématiser les besoins
reconnus par les différents intervenants, à répertorier les actions en
cours, à identifier les priorités dans une perspective globale (non plus
sectorielle) et à l'échelle qui convienne et, enfin, à proposer des
moyens d'action réalistes qui tiennent compte des capacités des
populations de s'approprier les solutions proposées. En fait, le premier
programme prioritaire du PNEDD se consacrera à l'assemblage de tout ce
qui existe déjà, plutôt qu'à la recherche de nouvelles solutions.
Les termes de référence pour l'élaboration du PAN/LCD – GRN
insistent encore sur le fait que celui-ci doit servir de lien avec le
Programme d'action sous-régional (PASR) et le Programme d'action régionale
(PAR) également prévus dans le cadre de la CCD.
PROGRAMME D'ACTION NATIONAL DE LUTTE CONTRE LA DÉSERTIFICATION
ET DE GESTION DES RESSOURCES NATURELLES (PAN/LCD – GRN)
| Objectifs généraux |
Orientations stratégiques |
Actions possibles |
| 1. Analyser et suivre les
facteurs qui contribuent à la sécheresse et à la désertification. |
1.1 Identifier les facteurs. |
1.1.1 Compléter le bilan diagnostic
environnemental (ex: réaliser le bilan diagnostic des Ressources
Naturelles (UTA/DE-PGRN)). |
| 1.2 Adopter des indicateurs de suivi. |
1.2.1 Mettre en place un Système de Suivi sur
l'Environnement (Système d'Information sur l'Environnement). |
| 2. Assurer une gestion durable des
ressources naturelles dans les terroirs. |
2.1 Adopter une approche participative d'aménagement
des terroirs. |
2.1.1 Parachever le cadre réglementaire et
vulgariser les textes juridiques sur les organisations de base
(loi portant statut des coopératives, loi sur le régime
juridique des structures locales de gestion des ressources
naturelles, etc.). |
| 2.2 Procéder au transfert des pouvoirs de décision
aux communautés de base (décentralisation) et rendre
effective leur responsabilisation. |
2.2.1 Favoriser l'émergence et/ou la consolidation
des organisations de base notamment les organisations spécifiques
de producteurs.
2.2.2 Accélérer la mise en œuvre de la décentralisation.
2.2.3 Favoriser l'établissement de relations transparentes
librement négociées entre les pouvoirs technico-administratifs
et les organisations de base (contrat / protocole / convention,
etc.). |
| 3 Organiser et faire participer les
populations rurales dans la gestion durable des ressources
naturelles. |
3.1 Promouvoir les associations (GIE, ONG, Coopératives,
OCB, etc.) et renforcer leurs capacités. |
3.1.1 Créer et/ou renforcer les structures
d'encadrement et de conseil aux organisations de base.
3.1.2 Doter les communautés rurales (CR) de moyens leur
permettant de gérer leur environnement. |
| 3.2 Assurer la sécurité foncière aux producteurs
et l'accès des femmes aux ressources et une participation équitable
à la gestion de ces ressources. |
3.2.1 Finaliser les textes d'application du Code
Rural et les mettre en œuvre .
3.2.2 Encourager l'émergence des organisations féminines et
promouvoir leurs activités génératrices de revenus.
3.2.3 Assurer les transferts d'information, de compétence et de
technologies en direction des femmes.
3.2.4 Mettre en place un Système d'information foncier
multi-usage (SIFOM) et un mécanisme efficace de gestion des
conflits. |
| 4 Améliorer la production rurale et
garantir sa durabilité. |
4.1 Restaurer et préserver le capital productif. |
4.1.1 Réhabiliter les terres dégradées en
conservant le caractère productif des écosystèmes.
4.1.2 Réhabiliter la zone pastorale en conservant le caractère
productif des écosystèmes.
4.1.3 Lutter contre les feux de brousse |
| 4.2 Améliorer les pratiques agro-sylvo-pastorales. |
4.2.1 Promouvoir et vulgariser les technologies
endogènes, valoriser les connaissances locales.
4.2.2 Renforcer les capacités des services d'appui au monde
rural.
4.2.3 Diversifier et intensifier les productions
agro-sylvo-pastorales.
4.2.4 Vulgariser les technologies de conservation et de gestion
des eaux et des sols.
4.2.5 Promouvoir l'agro-foresterie.
4.2.6 Créer un cadre incitatif au développement de structures de
recherche-développement-formation (R/D/F).
4.2.7 Favoriser les échanges de technologie à travers la coopération
Sud-Sud. |
| 4.3 Spécialiser les régions dans les productions
agro-pastorales en respectant les vocations des terres. |
4.3.1 Dresser la carte des potentialités et
contraintes pour les différents types d'activités dans les régions.
4.3.2 Élaborer des programmes de spécialisation des productions
agro-pastorales. |
| 4.4 Réaliser des infrastructures de soutien à la
production agro-pastorale. |
4.4.1 Réaliser des pistes de desserte pour désenclaver
les zones de production.
4.4.2 Construire des infrastructures de conservation, de stockage
et de transformation des produits. |
| 5. Améliorer les conditions de vie des
Communautés rurales. |
5.1 Améliorer la perception du caractère économique
des ressources naturelles auprès des communautés de base. |
5.1.1 Sensibiliser et informer les communautés
rurales sur tous les aspects de la LCD-GRN.
5.1.2 Développer l'entreprenariat rural.
5.1.3 Promouvoir des activités génératrices de revenu. |
| 5.2 Améliorer les conditions de vie et de travail
des femmes. |
5.2.1 Créer des activités génératrices de
revenu (unités artisanales, embouche etc.).
5.2.2 Alléger les tâches domestiques (moulins à grains, moyens
d'exhaure de l'eau). |
| 6 Assurer un financement adéquat des
activités prévues dans les différents programmes. |
6.1 Réfléchir sur un système de financement
adapté au programme. |
6.1.1 Réaliser des études sur le financement.
6.1.2 Favoriser l'émergence des opérateurs en matière
d'approvisionnement et de commercialisation.
6.1.3 Favoriser la mise en place du Fonds national de
l'environnement (FNE). |
| 6.2 Assurer une gestion transparente des moyens. |
6.2.1 Mettre en place des outils et techniques de
gestion opérationnelle et transparente. |
| 6.3 Faire de la participation financière des
populations une des conditionalités pour le financement des
actions de l'environnement. |
6.3.1 Mener des actions d'information sur le
financement de l'environnement.
6.3.2 Favoriser l'émergence de mécanismes de mobilisation des
ressources locales et initier les OCB aux négociations pour la
recherche de financement |
4.2.2. Programme eau et développement
durable
La faible disponibilité des ressources en eau est un facteur limitant
pour le développement d'un pays dont l'économie repose essentiellement
sur l'agriculture et l'élevage et qui est soumis à une dégradation
depuis plus d'un quart de siècle de son régime climatique. Malgré les
quantités immenses d'eau douce dont il dispose (30 milliards de m3 d'écoulement
superficiels, 2,5 milliards d'écoulement souterrains annuels et environ
2.000 milliards de réserves en eau fossile), moins de 1 % seulement des
eaux de surface et environ 20 % des écoulements annuels souterrains sont
exploités, en raison essentiellement des moyens considérables requis
pour les travaux de mobilisation au regard des conditions naturelles
telles que la nature saisonnière des écoulements et les profondeurs
excessives de la plupart des aquifères. Tel qu'il ressort des
orientations nationales, tout en étant un moteur de développement économique,
social et sanitaire, l'eau est aussi un élément déterminant dans la
sauvegarde de l'environnement.
Le Programme National Hydraulique "Eau et Développement
Durable" issu du Schéma Directeur de mise en valeur des Ressources
en Eau se propose, tout en assurant les fonctions sociales de l'eau, de
faire de celle-ci un véritable facteur de développement conciliant à la
fois les préoccupations socio-économiques et les exigences de protection
des ressources naturelles.
Plusieurs projets et programmes sont en cours d'exécution notamment
dans les domaines de :
- l'approvisionnement en eau des populations rurales;
- des équipements en matière d'hydraulique urbaine;
- des infrastructures d'assainissement en milieu urbain;
- de l'hydraulique pastorale;
- de la Grande Irrigation (aménagements hydro-agricoles) et de la
Petite Irrigation (culture de contre-saison de type bas-fond).
L'approvisionnement en eau des populations rurales constitue la
composante principale des programmes et projets avec vingt deux (22)
projets recensés dans le Schéma Directeur de Mise en valeur et de
Gestion des ressources en Eau parmi lesquels on dénombre :
- le Projet Réhabilitation de la Zone rurale de Ouallam;
- le Programme Réhabilitation des Pompes à motricité humaine dans
le département de Tillabéri et consolidation de leur dispositif de
maintenance;
- le Programme Hydraulique Villageoise et Pastorale CEAO II (Maradi,
Tahoua, Dosso, Tillabéri);
- le Projet Hydraulique Villageoise Maradi;
- le Projet Eau Unicef (Maradi, Zinder);
- le Programme Hydraulique Villageoise ALG II (Tillabéri);
- le Programme Hydraulique Villageoise Tahoua, Agadez.
Mais il se dégage de la mise en œuvre des projets et programmes que
les approches de nombreux projets hydrauliques en matière d'auto-gestion
des équipements et infrastructures hydrauliques et de la restructuration
des AHA sont très différenciées.
Les actions en cours vont se poursuivre et s'élargir dans le cadre du
Programme Eau et Développement Durable qui ouvre des perspectives à
moyen terme à travers une approche participative, qui responsabilise
l'ensemble des acteurs, en partant des populations pour remonter jusqu'à
l'Etat. Les objectifs assignés au programme sont les suivants :
- améliorer la connaissance du potentiel hydraulique et des
possibilités de son exploitation;
- satisfaire les besoins en eau des populations et améliorer leur
environnement;
- mobiliser les ressources en eau en vue de sécuriser les différentes
productions;
- améliorer le cadre juridique et institutionnel.
Dans l'optique du développement durable, la gestion rationnelle, la
protection et la sauvegarde de la ressource eau passent par une bonne
connaissance du potentiel hydraulique et des possibilités d'exploitation
qu'il offre. Cette connaissance se fera à travers l'utilisation d'un
ensemble d'outils et d'instruments et le renforcement des capacités
nationales.
La capitalisation de ces connaissances permettra de définir les axes
et de mettre en œuvre une planification rigoureuse de l'utilisation des
ressources en eau pour en assurer la pérennité.
La première préoccupation en matière d'utilisation des ressources en
eau est la satisfaction des besoins en eau des populations, le droit à
l'eau pour tous étant un droit fondamental.
Cet objectif sera atteint à travers l'approvisionnement en eau potable
des populations rurales et urbaines. La gestion sera intégrée car
incluant les aspects sanitaires aux aspects environnementaux. Ainsi,
l'alimentation en eau potable sera accompagnée de mesures de protection
sanitaire et de la ressource eau à travers la réalisation de travaux
d'assainissement rural et urbain.
La seconde préoccupation vise à asseoir un développement des
productions à travers la mobilisation des ressources en eau permettant de
les sécuriser. Cet objectif renforce celui énoncé dans le PAN/LCD-GRN
sur l'amélioration de la production rurale à travers le développement
de l'hydraulique pastorale, l'amélioration de la gestion des eaux
pluviales, la promotion de l'hydraulique agricole et la création des
conditions de développement de la pêche et de la pisciculture. Il intègre
en outre d'autres dimensions du développement durable comme l'appui aux
activités industrielles et minières et la contribution à la sécurisation
énergétique par le développement de l'hydro-électricité.
Les actions correspondantes aux objectifs précités ne peuvent connaître
leur pleine application sans un cadre juridique et institutionnel adapté
au contexte.
Selon l'approche poursuivie, la mise en œuvre du Programme repose sur
la responsabilisation de l'ensemble des acteurs du développement concernés
par l'eau, chaun à son niveau, en partant de la base. Pour ce faire, le
cadre juridique (Régime de l'eau) sera revu pour inclure des dispositions
relatives à :
- la maîtrise d'ouvrage : en dehors des infrastructures d'intérêt
national où elle reviendra à l'Etat, les utilisateurs des
infrastructures hydrauliques en ont la maîtrise d'ouvrage. Qu'il
s'agisse des collectivités locales, des groupements d'éleveurs et
d'agriculteurs ou d'associations d'irrigants ou qu'il s'agisse
d'exploitants privés ou para-publics ou de sociétés etc…, c'est
aux utilisateurs d'être les maîtres d'ouvrage en assurant la
gestion, l'entretien et le renouvellement de leurs installations de
captage, traitement, stockage, distribution d'eau et épuration des
effluents;
- la maîtrise d'œuvre : pour venir en appui aux maîtres d'ouvrage,
le secteur privé, les ONG qui ont une maîtrise de l'art, vont agir
pour le compte du maître d'ouvrage. Alors que ce rôle était dévolu
à l'Administration , cette formule permettra l'éclosion d'un secteur
privé dans le domaine(bureaux d'études, sociétés).
Le cadre institutionnel sera également modifié pour tenir compte de
la nouvelle situation née de la libération des Directions décentralisées
du Ministère chargé de l'Hydraulique des tâches de maîtrise d'œuvre .
Pour renforcer le cadre institutionnel, sept Unités de Gestion de l'Eau
seront créées comme cadre de planification , de mise en œuvre et
d'exploitation des ressources en eau pour répondre aux demandes des
Commissions Aménagement du Territoire.
Ces Unités de Gestion de l'Eau, qu'il s'agisse des eaux météoriques,
de surface et souterraines, sont des zones relativement homogènes représentatives
d'un contexte hydrologique et hydrogéologique présentant les mêmes
conditions de gestion (cf. page 63 du Schéma Directeur de mise en Valeur
et de gestion des Ressources en Eau). Ce sont : le fleuve Niger et le
Liptako, les Dallols et l'Ader Doutchi Maggia, les koris de l'Aïr-Azaouagh,
les Goulbis de Maradi et la Tarka, le Korama et le Damagaram Mounio, le Ténéré
Djado et le Manga.
Une Commission Nationale de l'Eau sera créée pour prendre le relais
du Comité Technique Permanent de Coordination des activités de
planification, de mise en valeur et de gestion des ressources en eau. Son
mandat sera entre autres de veiller à la mise à jour permanente de la
politique de l'eau, de conseiller le gouvernement dans le choix d'options
stratégiques, d'émettre des avis sur les aspects essentiels permettant
d'arbitrer les litiges en matière de gestion des eaux (internes et partagées)
etc…
La Commission Nationale de l'Eau est représentée par les Conseils Régionaux
de l'Eau qui ont pour cadre d'intervention les Unités de Gestion de
l'Eau. Elle dispose d'un Secrétariat Technique Permanent au niveau
central avec une représentation sur le terrain, chargé d'organiser les séances
de travail de la Commission Nationale et des Conseils Régionaux de l'Eau.
PROGRAMME EAU ET DEVELOPPEMENT DURABLE
| Objectifs généraux |
Orientations stratégiques |
Actions possibles |
| 1 Améliorer la
connaissance du potentiel hydraulique et des possibilités de son
exploitation
|
1.1 Mettre en place les outils et les
instruments permettant une meilleure connaissance du potentiel
hydraulique |
1.1.1 Finaliser l'inventaire des points
d'eau;
1.1.2 Identifier les plans d'eau, mares et retenues artificielles;
1.1.3 Déterminer les caractéristiques géomorphologiques des
bassins versants et hydrodynamiques des aquifères alluviaux ainsi
que les relations entre les écoulements de surface et les nappes
phréatiques;
1.1.4 Elaborer les atlas d'inventaire des ressources hydrauliques
et les annuaires hydrologiques et hydrogéologiques;
1.1.5 Confectionner des monographies par bassin et les atlas de
planification des ressources en eau par arrondissement et les
adapter ultérieurement aux Unités de Gestion des Eaux;
1.1.6 Conduire en urgence la reconnaissance des ressources en eau
dans les zones hydrogéologiquement difficiles (Damagaram et
Mounio, Liptako-Gourma, sud- Maradi);
1.1.7 Actualiser les modèles existants des aquifères alluviaux
et les étendre à d'autres systèmes;
1.1.8 Entreprendre des études relatives à la qualité des eaux
et mettre en place des mécanismes de sa surveillance;
1.1.9 Assurer une large diffusion des données et rapports; |
| 1.2 Organiser et renforcer les capacités
nationales en matière de gestion des ressources en eau |
1.2.1 Optimiser et moderniser le réseau
d'observation hydrologique avec la mise en place d'un système opérationnel
d'alerte;
1.2.2 Créer un réseau piézométrique représentatif et un réseau
de surveillance de la qualité des eaux;
1.2.3 Mettre en place un laboratoire national de référence de
l'eau et renforcer les laboratoires départementaux;
1.2.4 Assurer une planification dynamique de l'utilisation des
ressources en eau par une valorisation du système d'information géographique
(SIGNER);
1.2.5 Entreprendre des études particulières d'intérêt pour la
compréhension des processus (inondation, contamination des eaux,
érosion, autres anomalies…) et les besoins d'aménagement;
1.2.6 Elaborer des monographies et des études globales de synthèse
sur les ressources en eau et le développement de leur
utilisation; |
| 1.3 Renforcer la coopération sous-régionale
et internationale en matière de gestion concertée des eaux |
1.3.1 Redynamiser les cadres existants
de gestion des eaux partagées et susciter de nouveaux;
1.3.2 Développer des concertations régulières entre pays ainsi
que l'échange d'expérience |
| 1.4 Prévenir les situations d'urgence
dans le domaine pluviométrique |
1.4.1 Promouvoir l'augmentation de la
pluviosité par stimulation des pluies en cas d'urgence |
| 2 Satisfaire les besoins en eau des
populations et améliorer leur environnement |
2.1 Assurer l'approvisionnement en eau
potable des communautés rurales et l'assainissement des agglomérations
rurales |
2.1.1 Poursuivre la réalisation des
actions financées de réhabilitation et de travaux neufs en matière
d'hydraulique villageoise;
2.1.2 Adjoindre un volet sanitaire aux actions en cours;
2.1.3 Elaborer un programme de "consolidation" (complément
sanitaire) et de suppression des disparités régionales;
2.1.4 Renforcer les capacités nationales en matière
d'alimentation en eau potable et assainissement rural
(technologies appropriées, vulgarisation, information et
formation);
2.1.5 Poursuivre la sensibilisation sur la prise en charge de la
maintenance des ouvrages hydrauliques et sur les dispositions de
l'ordonnance portant régime de l'eau |
|
|
2.2 Assurer l'approvisionnement en eau
potable et l'assainissement des agglomérations urbaines |
2.2.1 Poursuivre les actions financées
en AEP (réhabilitation et travaux neufs);
2.2.2 Elaborer un programme de réhabilitation et de travaux neufs
en AEP dans les agglomérations urbaines;
2.2.3 Réaliser des travaux d'assainissement complémentaires aux
travaux d'AEP;
2.2.4 Elaborer des schémas d'urbanisme et d'assainissement pour
les grandes agglomérations;
2.2.5 Elaborer des plans d'urbanisation pour les chefs lieux
d'arrondissement;
2.2.6 Renforcer les capacités nationales en matière
d'AEP/assainissement urbain. |
| 2.3 Prévenir les nuisances liées à
l'eau |
2.3.1 Poursuivre la réalisation des
actions engagées en matière de :
- lutte antiérosive et de protection contre les risques
d'inondation;
- prévention des maladies hydriques;
2.3.2 Elaborer un programme en matière de lutte contre les
nuisances liées à l'eau;
2.3.3 Renforcer les capacités nationales dans le domaine de la prévention
des nuisances liées à l'eau. |
| 2.4 Protéger et mieux gérer les
ressources en eau |
2.4.1 Prévenir la pollution de l'eau
potable à travers une gestion rationnelle et sans risque des
produits chimiques, toxiques et polluants;
2.4.2 Renforcer les capacités locales, régionales et nationales
en matière de protection et gestion des eaux (tels que les comités
de gestion des points d'eau);
2.4.3 Mettre en application des approches nationales identiques en
matière d'auto-gestion des équipements et infrastructures
hydrauliques et de restructuration des AHA |
| 3 Mobiliser les ressources
en eau en vue de sécuriser les différentes productions |
3.1 Développer l'hydraulique pastorale |
3.1.1 Poursuivre la réalisation des
projets et programmes en cours;
3.1.2 Elaborer un programme d'aménagement des mares, de
construction de barrages, de forages, de puits pastoraux, de réhabilitation
de puits et stations de pompage;
3.1.3 Mettre en œuvre le programme des régions en matière de
gestion intégrée des ressources en eau et en pâturage (1.700
points d'eau) en assurant la maîtrise d'ouvrages par les
groupements d'éleveurs; |
| 3.2 Améliorer la gestion des eaux
pluviales |
3.2.1 Poursuivre la réalisation des
projets et programmes en cours;
3.2.2 Elaborer un programme de conservation et de restauration des
terroirs villageois au niveau des régions (500.000 ha de CES/DRS)
;
3.2.3 Valoriser les savoir-faire endogènes en matière de CES/DRS
(diguettes, fascines, cordons pierreux, etc…);
3.2.4 Vulgariser les technologies maîtrisées de conservation des
eaux et des sols.
3.2.5 Assurer une maîtrise de l'eau à travers notamment la
multiplication des ouvrages de retenues, à l'occasion des travaux
de génie civil par exemple. |
| 3.3 Promouvoir l'hydraulique agricole |
3.3.1 Poursuivre les actions engagées
de réhabilitation et de travaux neufs dans le domaine de la
grande irrigation (maîtrise de l'eau) et de la petite irrigation;
3.3.2 Etendre la grande irrigation par la réalisation des
ouvrages de régulation des eaux du fleuve et de ses affluents
(Kandadji) et des cours d'eau;
3.3.3 Promouvoir l'irrigation privée dont la petite irrigation
par le biais de petites retenues, d'aménagement de mares, de fonçage
de puits maraîchers à travers un appui de l'ANPIP et de forages
artésiens. |
| 3.4 Promouvoir la pêche et la
pisciculture. |
3.4.1 Poursuivre les actions engagées
de sécurisation de la pêche et de l'aquaculture;
3.4.2 Protéger le fleuve, les rivières, mares et retenues contre
l'ensablement et la végétation aquatique;
3.4.3 Mettre en valeur les retenues et les mares aménagées sur
le plan piscicole. |
| 3.5 Accompagner les activités de développement
des industries et des mines |
3.5.1 Poursuivre ou initier les actions
de lutte contre la pollution entraînée par les rejets
industriels;
3.5.2 Assurer la protection du milieu par des études conséquentes
sur la couverture des besoins en eau de surface et souterraines
des sites miniers (ex: or du LIPTAKO);
3.5.3 Veiller à la compatibilité entre les besoins en eau et la
ressource au niveau des futures Unités de Gestion de l'Eau pour
toute implantation de nouvelle industrie ou mine; |
| 3.6 Assurer les conditions de la sécurité
énergétique à travers le développement de l'hydro-électricité |
3.6.1 Achever les études devant
aboutir au choix définitif de Kandadji et/ou Gambou, Dyondonga;
3.6.2 Redynamiser la coopération sous-régionale notamment dans
le cadre de l'ABN, de l'ALG;
3.6.3 Actualiser les accords Niger-Mali et Niger-Nigéria et élaborer
des accords bilatéraux avec les autres pays voisins;
3.6.4 Finaliser les études et accords et mobiliser les ressources
pour la réalisation du ou des barrages retenus (Kandadji, Gambou,
Dyondonga). |
| 4 Améliorer le cadre
juridique et institutionnel |
4.1 Adapter et mettre en application le
cadre juridique |
4.1.1 Enrichir, adapter le code de
l'eau en y adjoignant des mesures réglementaires notamment par la
définition des statuts des nouveaux maîtres d'ouvrage et maîtres
d'œuvre et le vulgariser;
4.1.2 Mettre en application le régime de l'eau, notamment en
transférant les responsabilités aux Unités de Gestion de l'Eau;
4.1.3 Définir des approches nationales identiques en matière
d'auto-gestion des équipements et infrastructures hydrauliques et
de restructuration des AHA;
4.1.4 Encourager la promotion de l'irrigation privée en créant
un cadre légal sécurisant pour les producteurs |
| 4.2 Asseoir un cadre institutionnel adéquat |
4.2.1 Créer et rendre opérationnelles
les Unités de Gestion de l'Eau;
4.2.2 Favoriser l'émergence de structures communautaires de
gestion (ONG, Associations etc…);
4.2.3 Renforcer les capacités des structures d'encadrement et de
conseil;
4.2.4 Mettre en place la Commission Nationale de l'Eau, représentant
l'Etat auprès des structures sous-régionales sur les eaux partagées. |
4.2.3. Programme énergie et développement
durable
La consommation énergétique du Niger, estimée à 1,2 million de TEP
par an se répartit entre les combustibles ligneux (bois et résidus
agricoles) à hauteur de 91 %, les produits pétroliers (7 %) et l'électricité
(2 %).
Selon le bilan énergétique de 1995, la production de bois est estimée
à 953.900 TEP dont 80,1 % sont utilisés pour les besoins énergétiques
(cuisson des aliments et chauffage).
Le potentiel énergétique des résidus agricoles est de l'ordre de 73
TJ (tonnes joules) par an soit moins de 11 % de la consommation énergétique
du pays. Ce potentiel se réduit à 3,5 TJ si l'on applique le facteur de
disponibilité de 5 % des résidus des principales cultures (mil, sorgho,
niébé).
Les déchets d'animaux sont surtout disponibles dans les abattoirs, les
fermes et les stations d'élevage et quelques ménages urbains pratiquant
le petit élevage. L'énergie potentielle à partir de ces déchets est de
1.600 à 3.800 TEP par an.
Le bois-énergie qui représente la source principale d'énergie
domestique (80 %) provient du prélèvement effectué sur les formations
forestières, ce qui entraîne ainsi une dégradation continue de ces
ressources.
Face à cette situation, le PAN/LCD-GRN et le Programme Eau et Développement
Durable proposent des réponses appropriées pour atténuer et inverser
les tendances observées. Si ces mesures visant à protéger et faire
fructifier la biomasse sont salutaires, elles ne suffisent pas à elles
seules à enrayer le processus de dégradation en raison du décalage
toujours croissant entre l'offre en bois-énergie et les besoins de la
population. Les solutions que proposent les deux programmes s'inscrivent
dans le long terme en raison de l'état de dégradation des espaces
forestiers et des longs délais qu'exige leur développement biologique.
La pérennisation du capital-ressources étant l'enjeu principal, des
solutions alternatives au bois-énergie doivent être envisagées à court
terme de manière à desserer les contraintes qui pèsent sur les
ressources ligneuses pourvoyeuses pour l'essentiel de l'énergie
domestique.
Il s'agira de développer l'utilisation des énergies alternatives au
bois-énergie pour préserver la ressource à travers le Programme Energie
et Développement dont les objectifs sont les suivants :
- assurer la sécurité énergétique du pays et assurer une gestion
intégrée des différentes ressources nationales;
- assurer la protection de l'environnement dans l'exploitation et la
consommation des sources énergétiques;
- assurer la promotion des énergies nouvelles et renouvelables;
- assurer l'accès de tous à l'énergie.
L'objectif de sécurité énergétique est un objectif à moyen terme.
Il répond à la crise de l'énergie domestique ressortie de l'analyse
diagnostique des régions. Cet objectif s'inscrit dans l'objectif à long
terme d'indépendance énergétique
Les programmes en cours dans le domaine de l'énergie sont : le
Programme Régional Solaire (PRS) financé par le FED, le Programme Spécial
Energie (PSE Danemark en complément du Programme Energie II), le Projet
Energie II, le PREDAS (Programme Régional d'Energie Domestique et
Alternative au Sahel/CILSS), le PPTS (Programme des Politiques et stratégies
des énergies traditionnelles/BM), le PED Sahel (Programme Régional
Energie Domestique Sahel/GTZ), le Projet GAZ.
Le premier objectif du programme est axé sur la définition d'une
politique nationale de l'énergie (bois-énergie, énergie de
substitution, énergies nouvelles et renouvelables).
Le second objectif se situe au centre de la problématique
environnementale à travers deux de ses orientations stratégiques :
- assurer une gestion rationnelle du bois-énergie pour en limiter la
consommation et donc le prélèvement sur les ressources;
- promouvoir l'utilisation des sources d'énergies alternatives au
bois-énergie pour renforcer la limitation de consommation du bois-énergie
et créer un effet multiplicateur plus élevé permettant de rétablir
l'équilibre des écosystèmes. Il s'agit de développer une stratégie
en matière d'énergie de substitution visant à supprimer le bois de
chauffe comme source d'énergie.
Pour que cette politique obtienne des rendements satisfaisants, des
technologies appropriées d'utilisation rationnelle de l'énergie doivent
être promues à travers un cadre incitatif tant pour l'investisseur que
pour le consommateur.
Toutes ces actions s'inscrivent dans le cadre des énergies
traditionnelles pour lesquelles des mesures d'atténuation des impacts sur
le climat sont inscrites dans le Programme Changements et Variabilités
Climatiques.
Pour soutenir les dispositions du Protocole de Kyoto, une série
d'actions sont inscrites au programme afin de développer la production et
de favoriser la consommation d'énergies nouvelles et renouvelables
(solaire, éolienne, biomasse) qui concourt à l'atteinte du troisième
objectif poursuivi par le programme.
La solution à la crise de l'énergie domestique serait partielle si
elle n'apportait de réponse satisfaisante qu'aux seuls problèmes de
l'offre. C'est pourquoi le Programme Energie et Développement Durable prévoit
une stratégie plus large pour assurer l'accessibilité énergétique à
travers notamment des plans d'électrification et de développement du
secteur privé pour la distribution des produits pétroliers.
PROGRAMME ENERGIE ET DEVELOPPEMENT DURABLE
| Objectifs généraux |
Orientations stratégiques |
Actions possibles |
| 1 Assurer une sécurité énergétique
au Niger et assurer une Gestion Intégrée des Différentes
ressources nationales
|
1.1 Définir une politique nationale de
l'énergie |
1.1.1 Créer un cadre institutionnel en
vue de l'élaboration de la politique nationale de l'énergie;
1.1.2 Réaliser l'ensemble des études préalables à la définition
de la politique nationale (bilan énergétique, potentiels, études
prospectives, etc.)
1.1.3 Elaborer un schéma directeur national intégrant les différentes
filières (bois, charbon, pétrole, gaz, eau, soleil, vent)
1.1.4 Elaborer une législation en matière d'énergie
1.1.5 Adopter une stratégie nationale de l'énergie domestique
notamment pour le volet demande (électricité, gaz, pétrole) |
| 1.2 Valoriser les sources énergétiques
nationales |
1.2.1 Renforcer les capacités
d'intervention du Haut Commissariat aux Barrages,
1.2.2 Réactualiser les études de faisabilité relatives aux
ouvrages hydro-électriques sur le fleuve et ses affluents
(Kandadji, Gambou, etc…)
1.2.3 Créer une structure chargée des aménagements hydro-électriques;
1.2.4 Accélérer la recherche de financement en vue de la réalisation
effective des barrages prevus n'ayant pas d'impact négatif sur
l'environnement;
1.2.5 Accroître les capacités de production d'énergie électrique
par la modernisation des infrastructures existantes et par la création
d'infra structures nouvelles à base de combustibles fossiles tels
le charbon, le fuel ou le gaz;
1.2.6 Poursuivre la promotion de la prospection pétrolière;
1.2.7 Identifier les sites potentiels de micro-centrales hydro-électriques
au Niger;
1.2.8 Etudier les possibilités de mise en valeur des gisements pétroliers
du Niger;
1.2.9 Etudier la faisabilité de l'interconnexion Anou Araren -
sud Niger (Tahoua);
1.2.10 Etudier l'utilisation du charbon minéral comme source d'énergie
dans les unités industrielles et artisanales ;
1.2.11 Définir une stratégie d'utilisation pacifique de l'énergie
nucléaire (ex. centrales nucléaires modulaires) |
| 1.3 Développer les interconnexions
frontalières |
1.3.1 Identifier les villages
frontaliers du Niger susceptibles d'être interconnectés au Nigéria
par lignes MT;
1.3.2 Elaborer les dossiers techniques de l'interconnexion;
1.3.3 Promouvoir l'implication du privé nigérien dans le domaine
électrique. |
| 2. Assurer la protection de
l'environnement dans l'exploitation et la consommation des sources
énergétiques |
2.1 Assurer une gestion rationnelle du
bois-énergie |
2.1.1 Parachever l'élaboration et
mettre en œuvre les schémas directeurs d'approvisionnement en
bois-énergie pour les grandes agglomérations;
2.1.2 Etendre le réseau des marchés ruraux de bois-énergie et
améliorer leur système de gestion ;
2.1.3 Vulgariser les foyers à économie d'énergie. |
| 2.2 Promouvoir l'utilisation des
sources d'énergies alternatives au bois-énergie |
2.2.1 Adopter une politique de prix des
combustibles domestiques incitative à la substitution;
2.2.2 Créer un cadre réglementaire et fiscal incitatif au développement
du secteur privé énergie domestique pour la production et la
vulgarisation des équipements;
2.2.3 Organiser, appuyer les GIE/ONG ou toute autre organisation
valable pour assurer la vulgarisation des équipements et des
combustibles de substitution au bois-énergie;
2.2.4 Adopter une politique d'approvisionnement durable en
combustibles de substitution (pétrole, gaz);
2.2.5 Vulgariser l'utilisation du charbon minéral comme substitut
au bois-énergie ;
2.2.6 Mettre en place des mécanismes transitoires de subvention
des équipements utilisant des énergies alternatives au bois de
chauffe;
2.2.7 Mettre en place un programme participatif d'IEC en matière
d'utilisation de l'énergie produite à partir des technologies de
substitution au bois-énergie. |
| 2.3 Promouvoir les technologies
d'utilisation rationnelle et de maîtrise de l'énergie |
2.3.1 Utiliser des technologies
permettant de pratiquer une politique de prix du KWH attractive;
2.3.2 Elaborer un cadre réglementaire incitatif à
l'investissement dans les technologies moins énergétivores;
2.3.3 Identifier les sources de gaspillage de l'énergie dans les
unités industrielles et les bâtiments;
2.3.4 Mettre en place un système adéquat de gestion de la
politique tarifaire;
2.3.5 Créer un cadre institutionnel adéquat de maîtrise de l'énergie. |
| 3 Elaborer une stratégie de promotion
des énergies nouvelles et renouvelables |
3.1 Développer la production et
favoriser la consommation d'énergies nouvelles et renouvelables
(solaire, éolienne, biomasse (ENR)) |
3.1.1 Créer un cadre incitatif pour
l'innovation et la créativité à travers l'organisation des compétitions
nationales;
3.1.2 Promouvoir la recherche-développement pour la mise au point
d'équipement de production d'énergies nouvelles et
renouvelables;
3.1.3 Renforcer les structures de recherche en moyens humains,
financiers et matériels pour le développement et la fabrication
d'équipements adaptés aux énergies nouvelles et renouvelables
(irrigation, éclairage, pompage, communication, réfrigération,
cuisson, etc…)
3.1.4 Faciliter l'accessibilité et la disponibilité des équipements
utilisant les ENR à travers le développement d'un partenariat
entre les institutions de recherche et de production et les
structures de diffusion (Universités, Centres de recherche,
Secteur privé, ONG, Projets);
3.1.5 Initier les utilisateurs au fonctionnement des équipements
mis au point et les former à leur m |
Le taux de croissance de plus en plus élevé de la population urbaine
sous l'effet d'une croissance démographique interne particulièrement
forte et d'un mouvement d'exode rural vers les villes a induit un développement
incontrôlé des centres urbains qui pose en termes cruciaux le problème
de l'aménagement du cadre de vie en milieu urbain.
Les centres urbains doivent développer des capacités propres pour
faire face à la fois à leur expansion et à l'afflux des populations
rurales démunies.
Les problèmes sont nombreux et leurs solutions coûteuses, surtout au
regard des ressources financières et matérielles fort limitées des
centres urbains.
C'est pourquoi, le Programme Environnement Urbain et Cadre de vie
poursuivra deux objectifs principaux :
- assurer une meilleure maîtrise de la croissance urbaine;
- améliorer le cadre de vie des populations urbaines et rurales.
Les programmes et projets en cours d'exécution notamment dans le
domaine de l'assainissement (construction de caniveaux) restent très
modestes par rapport à ceux réalisés dans le cadre de la Décennie
Internationale de l'Eau Potable et de l'Assainissement (DIEPA). Les
travaux qui intéressent les centres urbains sont exécutés par le canal
de l'Agence Nigérienne de Travaux Publics pour l'Emploi (Nigetip) et
concernent des domaines aussi variés que le pavage, la réhabilitation et
la construction d'infrastructures sociales (écoles, dispensaires,
maternités) et économiques (marchés, gares routières, villages
artisanaux, parcs d'agrément).
Un projet de réhabilitation des infrastructures urbaines sur
financement de la Banque Mondiale (IDA) vient de voir le jour et permettra
d'accompagner les efforts des centres urbains dans leurs programmes de réalisation
des infrastructures économiques et sociales.
Mais pour que ces actions soient durables, les populations et les
autorités doivent créer les conditions d'une véritable mutation des
centres urbains en pôle de développement.
Le premier objectif vise essentiellement à contrôler l'extension
spatiale des centres urbains et à développer la relation
villes/campagnes. Pour mieux maîtriser le développement des villes, les
limites légales de celles-ci et les fonctions attachées à chaque zone
doivent être respectées. De même, le rôle des villes comme pôle de développement
doit être renforcé.
Le deuxième objectif est axé sur l'amélioration de la desserte en équipements
collectifs, l'élimination des vecteurs de maladies et la protection
contre les pollutions et nuisances. Il s'agira de réhabiliter les équipements
collectifs existants ou d'en créer de nouveaux; de développer un
programme IEC sur la salubrité publique et de réaliser des ouvrages d'évacuation
des eaux usées, de collecte et traitement des déchets domestiques et
industriels.
PROGRAMME ENVIRONNEMENT URBAIN ET CADRE DE VIE
| OBJECTIFS |
ORIENTATIONS STRATÉGIQUES |
ACTIONS POSSIBLES |
| 1 Assurer une meilleure maîtrise
de la croissance urbaine. |
1.1 Contrôler l'extension spatiale des
centres urbains. |
1.1.1 Actualiser la législation
urbaine et respecter les plans d'urbanisme.
1.1.2 Réaliser des études prospectives et développer des scénarios
de croissance. |
| 1.2 Rénover les quartiers à problème
(sous-équipés, mal lotis, non lotis ou insalubres, etc.). |
1.2.1 Moderniser le cadastre urbain
pour améliorer les ressources financières.
1.2.2 Réaliser le lotissement des quartiers traditionnels
anciens.
1.2.3 Développer les infrastructures et les équipements nécessaires. |
| 1.3 Élaborer un schéma directeur
d'urbanisme pour chacune des principales villes du pays. |
1.3.1 Réaliser les études préalables.
1.3.2 Respecter le zonage de l'espace urbain et les fonctions
urbaines qui y sont attachées.
1.3.3 Actualiser la législation sur le régime foncier.
1.3.4 Moderniser les institutions. |
| 1.4 Développer la relation ville –
campagne à travers le développement de l'offre de biens et
services et la création de véritables circuits de
commercialisation. |
1.4.1 Encourager la création des
petites et micro-entreprises à travers des mesures incitatives
particulières.
1.4.2 Favoriser les échanges inter-villes et entre les villes et
les campagnes.
1.4.3 Renforcer le rôle des villes comme pôle de développement
régional y compris à travers le développement de l'artisanat; |
| 2 Améliorer le cadre de
vie des populations urbaines et rurales.
|
2.1 Améliorer la desserte en équipements
collectifs. |
2.1.1 Réhabiliter les équipements
existants.
2.1.2 Créer de nouveaux équipements collectifs. |
| 2.2 Éliminer les vecteurs de maladie
(points d'eau insalubres, caniveaux bouchés, dépotoirs spontanés,
mares d'eau stagnante, etc.). |
2.2.1 Réaliser des plans
d'assainissement des centres urbains (évacuation des eaux
pluviales, évacuation des eaux usées, collecte et traitement des
ordures domestiques et industrielles).
2.2.2 Exécuter les travaux planifiés;
2.2.3 Vulgariser des modèles de latrines individuelles à prix
modérés |
| 2.3 Prendre des mesures de protection
et de lutte contre la pollution domestique et industrielle. |
2.3.1 Renforcer les capacités des
structures de sensibilisation et d'éducation des populations sur
la salubrité publique.
2.3.2 Encourager la création de mouvements associatifs qui
s'occupent de la gestion des déchets.
2.3.3 Adapter et appliquer la législation en matière d'hygiène
publique et d'environnement notamment par la création de brigades
d'hygiène dans les quartiers urbains.
2.3.4 Construire des stations de traitement des eaux usées et de
déchets domestiques et industriels;
2.3.5 Améliorer la sécurité dans les lieux de travail notamment
les entreprises industrielles. |
| 2.4 Améliorer l'habitat en milieu
urbain |
2.4.1 Promouvoir la construction de
logements sociaux;
2.4.2 Vulgariser les techniques de construction sans bois;
2.4.3 Prendre des mesures d'incitations fiscales pour encourager
la constr |
4.2.5. Programme changements et variabilités
climatiques
Bien que le Niger soit classé parmi les pays pauvres et que ses émissions
de gaz à effet de serre soient insignifiantes, l'approche globale qui
sous-tend sa stratégie en matière d'environnement et de développement
durable et la vision à long terme pour aller au devant des problèmes
commandent l'intégration du Programme de Changements et Variabilités
Climatiques aux programmes majeurs qui sont : PAN/LCD-GRN, Programme Eau
et Développement Durable, Energie et Développement Durable.
Plusieurs projets relatifs aux changements climatiques ont été exécutés
ou sont en cours, ou approuvés . Ils concernent en particulier les
secteurs du bois-énergie et les ENR. Parmi ceux-ci, on peut retenir :
- le Projet d'Exploitation de l'Energie éolienne dans le Sahel,
financé par l'ACDI, dont le principal objectif est d'utiliser l'énergie
éolienne pour alimenter la population rurale en eau. Les principaux
intervenants dans ce projet étaient successivement l'INRAN; la
Direction de la Météorologie Nationale, l'ONG ONVPE;
- le Projet Energie II qui organise la filière bois-énergie et
l'approvisionnement des centres urbains en bois-énergie et ses
substituts (pétrole, gaz butane, etc…);
- le Programme Développement de l'Energie Solaire et Photo voltaïque
réalisé par l'ONERSOL, qui a permis de produire et d'installer de
nombreux chauffe-eaux et distillateurs solaires à travers le pays et
également d'installer plusieurs systèmes photo-voltaïques pour l'éclairage
et l'alimentation de divers appareils électriques;
- le Projet de production de biogaz au moyen de digesteurs financé
par la GTZ;
- le Projet utilisation de l'énergie solaire pour la production de
concentré de sel par distillateur en remplacement du bois;
- le Projet UNESCO/PNUD d'un village solaire au Parc National du W,
entrant dans le cadre du programme Solaire Mondial.
Partant de ces expériences, le Niger a sollicité et obtenu un
financement pour préparer sa première communication nationale et le
programme national, dans le cadre de la mise en œuvre de la convention
sur les changements climatiques.
En outre, cet appui devrait permettre d'informer et de sensibiliser
toutes les parties prenantes aux problèmes des changements climatiques :
- il permettra de prendre en considération les questions des
changements climatiques dans la planification et la formulation des
stratégies , de promouvoir le dialogue, les échanges d'informations
et la coopération entre les intéressés du secteur public, du
secteur non gouvernemental, des milieux universitaires et du secteur
privé;
- permettra de renforcer les capacités institutionnelles du pays pour
analyser et coordonner toutes les activités de planification qui
doivent désormais intégrer la question des changements climatiques.
D'ores et déjà, le Niger a mis en place le cadre institutionnel d'exécution
du projet en créant la commission technique nationale sur les changements
et variabilités climatiques par arrêté N°054/PM/CNEDD/SE du 21 Juillet
1997. Cette commission créée pour appuyer le Secrétariat Exécutif du
Conseil National de l'Environnement pour un Développement Durable dans l'élaboration
des politiques, orientations et stratégies en matière de changements
climatiques est dotée d'un Secrétariat Technique qui constituera l'équipe
de planification chargée de coordonner les activités techniques du
projet.
PROGRAMME CHANGEMENTS ET VARIABILITES CLIMATIQUES
| Objectifs généraux |
Orientations stratégiques |
Actions possibles |
| 1. Participer à la
Stabilisation conformément aux dispositions pertinentes de la
Convention Cadre des Nations Unies sur Les Changements Climatiques
(CCNUCC) et des textes subséquents sur les concentrations de gaz
à effets de serre dans l'atmosphère à un niveau qui empêche
toute perturbation anthropique tout en garantissant un développement
économique durable du pays |
1.1 Informer, sensibiliser, éduquer et
former tous les acteurs de la société à la problématique des
changements climatiques |
A court terme
1.1.1 Vulgariser la Convention et les textes subséquents à tous
les niveaux |
| 1.2 Etablir la communication nationale
conformément aux principes directeurs adoptés par la Conférence
des parties |
1.2.1 Mener des activités habilitantes :
- Etablir, mettre à jour périodiquement, publier et mettre à la
disposition de la Conférence des Parties (COP) à la Convention
Cadre un inventaire National des émissions par source et de
l'absorption par puits, des gaz à effet de serre;
- Formuler, exécuter, publier et mettre à jour des programmes
aux niveaux national et local visant à atténuer les effets des
changements climatiques;
1.2.2 Communiquer à la Conférence des Parties (COP) des
informations pertinentes liées à l'application de la convention; |
| 1.3 Améliorer les bases scientifiques
et technologiques confortatives à la prise de décision et de
mise en œuvre |
1.3.1 Participer activement aux organes
subsidiaires (SBI, SBSTA) de la Convention
1.3.2 Renforcer les capacités humaines, scientifiques,
administratives, institutionnelles et financières en vue de faire
face aux changements climatique;
1.3.3 Renforcer les capacités nationales en matière de
planification et de gestion par la prise en compte des changements
climatiques;
1.3.4 Faire régulièrement le point sur les avancées de
l'utilisation des indicateurs de développement durable en matière
de changements climatiques dans tous les processus de prise de décision;
1.3.5 Assurer une couverture géographique plus équilibrée des
systèmes d'observation du climat (stations d'observation, bases
de données plus cohérentes et plus faciles d'accès);
1.3.6 Créer un Forum par courrier électronique utilisant des
outils de la Convention des Nations Unies UNFCC (UNITAR et CC :
Train);
1.3.7 Créer des sites WEB sur les changements climatiques pour
les utilisateurs potentiels (réseau Internet); |
| 2 Promouvoir un développement
durable |
2.1 Adopter des mesures préventives
pour contribuer au ralentissement du réchauffement par effet de
serre et/ou utiliser plus tard des mesures correctives |
2.1.1 Définir une stratégie énergétique
en accord avec la Convention et son Protocole de Kyoto;
- Optimiser l'utilisation de
l'énergie, diminuer les pertes de réseau;
- Utiliser rationnellement l'énergie
par secteurs: industrie, transport, hâbitat.
2.1.2 Encourager autant que possible le recours aux énergies de
substitution;
2.1.3 Promouvoir le Développement des énergies renouvelables :
solaire, hydraulique et éolienne en particulier; |
| 2.2 Maîtriser les atteintes à
l'environnement |
2.2.1 Lutter contre la déforestation
et la désertification en maintenant et développant la forêt;
2.2.2 Adopter une politique de gestion des déchets et éliminer
les déchets organiques : domestiques (ordures ménages) ou
industriels (déchets et effluents agro-industriels)
2.2.3 Mettre au point et vulgariser des technologies endogènes à
des conditions rentables dont l'utilisation débouche sur une réduction
importante des risques environnementaux : foyers améliorés,
digesteurs pour la production de gaz, techniques traditionnelles
de lutte contre la désertification, etc… |
| 2.3 Encourager un développement
industriel efficace par rapport à l'utilisation des ressources et
des matières, en limitant autant que possible les effets nocifs
sur l'environnement |
2.3.1 Systématiser les études
d'impact sur l'environnement des projets et unités industrielles
et réaliser des plans de limitation des impacts négatifs (PLIN);
2.3.2 Inclure les coûts d'atténuation des effets négatifs
induits par les projets et unités industrielles dans leurs coûts
de réalisation;
2.3.3 Coordonner les plans énergétiques au niveau sous-régional
et régional. |
| 2.4 Mettre en œuvre des pratiques
d'utilisation des sols et des ressources conservatoires de
l'environnement |
2.4.1 Préserver les puits de captage
des gaz à effet de serre (cas des forêts);
2.4.2 Evaluer les conséquences des changements climatiques sur
l'environnement et la santé ainsi que leurs effets socio-économiques;
2.4.3 Vulgariser des technologies propres ayant des retombées
avantageuses sur le plan social |
4.2.6. Programme de gestion de la diversité
biologique
Du fait des conditions climatiques et de la pression démographique sur
les ressources, les espèces animales et végétales ont fortement regressé
tant en terme de densité que de diversité.
La diversité biologique se caractérise par une diversité des écosystèmes
et une diversité des espèces. La diversité des espèces présente deux
composantes qui sont la diversité végétale avec entre autres ses espèces
végétales, agricoles et forestières (ligneuses et herbacées) et la
diversité animale avec notamment les espèces fauniques domestiques et
sauvages.
Ces espèces sont réparties d'une certaine façon dans les écosystèmes.
Ce qui engendre des associations différentes des êtres vivants influant
sur le fonctionnement de ces écosystèmes (ou zones géographiques
importantes).
Au sein de chaque espèce, chaque individu transmet son patrimoine génétique
à ses descendants. C'est cette diversité génétique qui permet une évolution
normale.
Ainsi, la diversité des espèces , la diversité des écosystèmes et
la diversité génétique sont les éléments constitutifs de la diversité
biologique qu'il faut conserver.
Devant la régression brutale de la diversité biologique due à la dégradation
et à la perte totale de certaines composantes de ses éléments
constitutifs, un programme de préservation de la biodiversité s'impose
puisque son existence conditionne la survie des populations qui en tirent
leur subsistance.
Plusieurs projets et programmes sont en cours dans le domaine de la
diversité biologique. Sur les vingt quatre (24) projets et programmes en
cours recensés dans l'Etude sur la Gestion de la Diversité Biologique
Forestière (février 1998), six (6) projets concernent la gestion des
ressources naturelles; neuf (9) concernent la régénération des
formations naturelles, la conservation et l'aménagement des réserves et
parcs, la protection de certaines espèces de faune, trois (3) programmes
concernent l'éducation, l'information et la sensibilisation sur les
questions environnementales etc…
Le Programme Gestion de la Diversité Biologique est un complément
indispensable du PAN/LCD-GRN pour assurer la pérennité du
capital-ressources et la durabilité des productions
agro-sylvo-pastorales.
Au stade actuel de la mise en œuvre de la stratégie nationale, l'équipe
de planification en place a supervisé la rédaction de plusieurs rapports
d'études notamment sur la diversité biologique agricole; forestière;
aquatique; domestique; l'inventaire des composantes de la diversité
biologique; le cadre institutionnel et juridique de la conservation de la
diversité biologique.
La synthèse de toutes ces études a donné lieu à un document intitulé
« évaluation de la diversité biologique » à partir duquel
sont dégagés des objectifs et orientations stratégiques ayant permis d'élaborer
l'avant projet de la SNPA – DB. Cet avant-projet sera soumis à l'appréciation
des régions pour être enrichi avant son examen à un premier atelier
national puis sa validation lors d'un deuxième atelier national.
PROGRAMME DE GESTION DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUE
| Objectifs généraux |
Orientations stratégiques |
Actions possibles |
1 Assurer la conservation
de la diversité biologique
|
1.1 Améliorer le cadre
juridique d'intervention |
1.1.1 Elaborer le Code de la Faune et
de la Pêche;
1.1.2 Réviser le Code forestier en y incluant des dispositions
mettant l'accent sur l'incitation par rapport à la répression
dans la gestion de la diversité biologiques;
1.1.3 Réviser le code minier en faveur de la préservation de la
diversité biologique;
1.1.4 Elaborer des textes traitant de la diversité agricole,
animale et forestière. |
| 1.2 Maintenir et préserver
l'intégrité des écosystèmes naturels et modifiés |
1.2.1 Aménager et entretenir un réseau
complet d'aires protégées (y compris les réserves de pêche);
1.2.2 Définir un statut clair pour chaque aire protégée;
1.2.3 Définir un plan de gestion pour chaque aire protégée;
1.2.4 Reconstituer les espaces naturels et les habitats de la
faune. |
| 1.3 Assurer la conservation
in-situ |
1.3.1 Préserver et améliorer les espèces
animales domestiques menacées de disparition (cas de la vache
Kouri);
1.3.2 Elaborer un programme cohérent de recherche en matière de
conservation et d'amélioration de la diversité biologique
locale; |
| 1.4 Assurer la conservation
ex-situ |
1.4.1 Réintroduire et promouvoir les
espèces de la faune menacées d'extinction;
1.4.2 Poursuivre l'introduction contrôlée des semences potagères
et des plants d'arbres fruitiers importés;
1.4.3 Créer des jardins botaniques et zoologiques et des
arboreta. |
| 2 Utiliser durablement la
diversité biologique |
2.1 Améliorer la
connaissance sur les éléments constitutifs de la diversité
biologique
|
2.1.1 Identifier les éléments
constitutifs de la diversité biologique;
2.1.2 Informer, sensibiliser et former les populations sur la
connaissance de la diversité biologique et renforcer
l'encadrement technique;
2.1.3 Intégrer l'éducation environnementale dans les programmes
d'enseignement
2.1.4 Valoriser les savoirs et savoir-faire des populations en
matière de gestion de la diversité biologique. |
| 2.2 Promouvoir les activités
économiques liées à la diversité biologique |
2.2.1 Encourager les activités d'élevage
ou de domestication de la faune sauvage : farming, cropping,
ranching ou d'élevages spécifiques (crocodiles, autruches,
outardes, certaines espèces de gazelles), apiculture;
2.2.2 Aménager des réserves-tampon pour l'exploitation cynégétique;
2.2.3 Promouvoir la plantation communautaire et privée d'espèces
végétales à haute valeur économique, culturelle ou sociale;
2.2.4 Favoriser le développement de l'écotourisme. |
| 3 Assurer les conditions d'un partage
juste et équitable des avantages fournis par la diversité
biologique et ses éléments constitutifs. |
3.1 Promouvoir les modes de
gestion de la diversité biologique devant garantir la durabilité,
la participation et les intérêts des populations |
3.1.1 Créer les mécanismes d'un équilibre
des avantages de la diversité biologique;
3.1.2 Sensibiliser les décideurs sur les mécanismes de partage
équitable des avantages fournis par la biodiversité et ses éléments
constitutifs;
3.1.3 Favoriser l'émergence des organisations communautaires et
mettre l'accent dans leur fonctionnement, sur le partage équitable
des avantages de la diversité biologique. |
4. PROGRAMMES PRIORITAIRES ET ACTIONS D'ACCOMPAGNEMENT
3.1. Programme de développement des capacités en
environnement : vue d'ensemble
Bien-fondé
L'analyse institutionnelle détaillée qui a été menée dans le cadre
de travaux de préparation du PNEDD a fait ressortir de multiples besoins
que le Plan national se doit de prendre en considération dans sa stratégie
de mise en œuvre. Ces différents besoins peuvent être résumés comme
suit :
- Favoriser les échanges et les communications entre les différents
intervenants des secteurs privé et public sur le thème du développement
durable et de l'environnement. Faire connaître les outils que le
Niger a mis en place pour traiter de cette question nationale
fondamentale (stratégie du PNEDD, etc.). Développer des réseaux d'échange
avec les différents partenaires nationaux et avec l'ensemble des pays
de la sous-région.
- Aider la population à développer ses moyens pour qu'elle puisse
mieux assumer le rôle qui lui revient en matière de gestion des
ressources et de l'espace.
- Développer et diffuser des outils simples et efficaces qui
permettent de s'assurer que les préoccupations environnementales sont
effectivement prises en compte dans les décisions et les actions
visant la mise en valeur des ressources et du milieu.
- Développer une série d'indicateurs qui permettront de suivre l'évolution
de la situation au regard de l'environnement et du développement
durable.
- Suivre ces indicateurs et prendre les décisions qui s'imposent pour
améliorer les résultats attendus.
- Renforcer les connaissances relatives à l'état de l'environnement.
Mettre en place un mécanisme de suivi de l'environnement et développer
les systèmes d'information appropriés (SIE).
- Développer et mettre en place l'ensemble des outils législatifs et
réglementaires qui permettront de définir les balises à partir
desquelles il sera possible de mieux gérer les ressources et le
milieu. Assurer une bonne cohérence entre les différents textes
existants, les compléter et les diffuser.
Asseoir solidement le cadre institutionnel national en matière de
gestion de l'environnement et du développement durable ; clarifier les rôles
et les responsabilités des différentes structures appelées à
coordonner les actions y afférentes.
Mettre en place les systèmes nationaux de gestion de l'environnement
et développer les procédures et les outils nécessaires (procédures d'évaluation
environnementale, élaboration des normes nationales de référence,
etc.).
Apporter le soutien nécessaire pour le développement des entités qui
auront la responsabilité de veiller à l'application de la politique
nationale en matière d'environnement et de développement durable dans
les différentes régions du pays (conseils départementaux, communes et
collectivités locales).
Développer des politiques nationales concrètes d'encouragement auprès
du secteur privé pour favoriser l'intégration de l'environnement dans l'élaboration
des options de développement.
Aider les différentes organisations des secteurs privé ou public à
intégrer les préoccupations environnementales dans leur processus de décisions
et dans leur cycle des programmes et projets en les appuyant dans la
formulation d'une politique et d'une stratégie adaptée.
Assister ces mêmes organisations dans la mise en place d'une fonction
environnement au sein de leur structure.
Aider les organismes privés et publics à développer des procédures
internes et des systèmes de gestion appropriés qui garantissent la prise
en compte de la préoccupation environnementale dans toutes les activités.
Former le personnel de ces organisations aux exigences de
l'environnement et du développement durable, ainsi qu'aux particularités
des systèmes de gestion mis en place au sein de l'organisation.
Accélérer la création d'OCB opérationnelles autonomes capables de
prendre part efficacement et durablement à la mise en œuvre du PNEDD.
Favoriser l'émergence de bureaux de consultants spécialisés en matière
d'environnement et de développement durable.
Introduire la question de l'environnement et du développement durable
dans les différents programmes d'enseignement scolaire et d'alphabétisation.
Etc.
Cette longue liste laisse entrevoir toute l'importance de mettre en
place un large programme qui saura s'intéresser au renforcement et au développement
des capacités de toute la société nigérienne en matière
d'environnement et de développement durable. Il faut souligner en effet
que les problèmes environnementaux du Niger sont davantage liés au cumul
de multiples petites actions posées par l'ensemble de la population plutôt
qu'à l'existence de grands facteurs ou phénomènes bien ciblés et plus
facilement contrôlables. De ce fait, l'appui qu'il conviendra d'apporter
devra pouvoir rejoindre l'ensemble des intervenants en tenant compte de
leur spécificité et de la pauvreté de leurs moyens. Cela représente
certes le défi le plus considérable auquel le Niger a à faire face pour
tenter de freiner l'érosion de son capital productif.
Le programme envisagé comprend trois composantes principales qui
devraient permettre de regrouper les différents besoins selon qu'ils
concernent :
- l'appui institutionnel,
- l'information, l'éducation et la communication environnementale,
- le suivi de l'environnement et système d'information
environnemental.
Tel que l'envisage le présent programme, ces trois volets sont développés
de manière complémentaire, même si les activités qu'ils sous-tendent
sont fondamentalement différentes. Voilà pourquoi il a été décidé de
les regrouper au sein d'une même entité dénommée Cellule de développement
des capacités dans la future organisation du SE/CNEDD (voir figure
5).
Objectifs généraux du programme de développement des capacités
Le programme de développement des capacités dans le domaine de
l'environnement vise à donner aux Nigériens et aux Nigériennes les
connaissances et les moyens nécessaires pour qu'ils puissent désormais
tenir compte des exigences particulières du maintien des équilibres écologiques
dans les choix individuels et collectifs qu'ils auront à faire et dans
les actions qu'ils auront à poser en vue de parvenir à un niveau de développement
économique et social qui traduise une réelle amélioration du niveau de
vie et qui soit durable, c'est-à-dire qui soit équitable envers tous et
toutes et qui n'hypothèque pas les générations futures en préservant
maintenant le capital productif.
Résultats attendus
Résultats à long terme (impact)
Les décisions prises en matière de gestion des ressources naturelles et
de l'espace tiennent compte des effets qu'ils peuvent entraîner sur les
différentes composantes naturelles et humaines (sociales et économiques
du milieu)
Résultats à moyen terme (effet)
La population en général et les responsables des différentes
organisations privées et publiques en particulier adoptent une attitude
responsable à l'égard des questions d'environnement et de développement
durable. Les comportements changent.
Résultats à court terme (extrants)
Les différents intervenants sont sensibilisés aux tenants et
aboutissants d'une gestion rationnelle du milieu grâce à des campagnes
d'information bien ciblées qui rejoignent tout le monde.
Des systèmes de gestion qui intègrent les questions d'environnement
et de développement durable sont élaborés et mis en place au sein des
différents organismes privés et publics.
La meilleure connaissance de l'état de l'environnement permet de développer
des stratégies de gestion individuelles et collectives qui assurent la
sauvegarde, voire la fructification du capital productif du pays.
Principes de base du développement des capacités dans le domaine de
l'environnement (DCE)
Les principes de base sur lesquels s'appuie le développement des
capacités dans le domaine de l'environnement rejoignent ceux qui
sous-tendent la présente politique nationale.
Le concept du DCE est plus global que celui des approches
institutionnelles classiques. Il délaisse la vision sectorielle
traditionnelle propre à chaque domaine d'intervention (agriculture, pêche,
transport, énergie, etc.) au profit d'une approche multi-sectorielle et
intégrée comme la gestion par bassin-versant par exemple.
Le DCE favorise une approche systémique. Cela ne veut pas dire de tout
entreprendre en même temps ou de se disperser dans toutes les directions
en tentant d'intervenir partout avec des moyens somme toute limités. Au
contraire, cela signifie identifier, cibler des problèmes bien
particuliers, des fonctions ou des organisations qui sont au cœur des
difficultés que l'on souhaite résoudre et concentrer les efforts de tous
les intervenants en leur direction.
Le DCE exige que l'on accorde une attention particulière à la médiation
et à la gestion des conflits. Le fait de vouloir intervenir de manière
globale et multi-sectorielle ne manquera pas de soulever des luttes de
juridiction entre les différentes institutions ou des conflits
d'utilisation au regard de certaines ressources communes. Il importera
donc d'anticiper ces conflits par un partage judicieux des rôles et des
responsabilités entre les différents acteurs et d'élaborer et de mettre
en place des mécanismes de résolution de ces conflits.
Le DCE oblige à penser à long terme. C'est sans doute là une des
difficultés les plus importantes pour un pays comme le Niger qui est aux
prises avec des problèmes immédiats qui relèvent de la survie même des
populations. Les solutions proposées sont le plus souvent des solutions
à court et à moyen terme dont les horizons dépassent rarement les cinq
années. Le DCE propose d'inscrire les interventions dans des schémas
beaucoup plus longs qui respectent mieux la réalité des situations à
changer. Cet aspect doit être compris par tous les intervenants,
notamment les bailleurs de fonds qui ont à cet égard des exigences qui
ne sont pas toujours compatibles avec celles des problèmes à résoudre.
Le DCE accorde une importance capitale au savoir-faire local. Il
encourage les initiatives du milieu et fait reposer son action sur les
consensus acquis et sur les institutions endogènes fonctionnelles. En
somme, il valorise les composantes et les ressources du milieu plutôt que
de chercher à les remplacer par des éléments étrangers.
Enfin, les actions qui seront proposées en matière de DCE
s'inscriront davantage dans une approche programme plutôt que dans une
approche projet. Le but est en effet d'accompagner et de soutenir les
efforts des intervenants plutôt que de diriger les interventions à leur
place. En d'autres termes, le processus d'apprentissage fait partie des résultats
attendus
Lignes directrices du programme de développement des capacités
dans le domaine de l'environnement
Description
Le programme de développement des capacités dans le domaine de
l'environnement (PDCE) est conçu comme un « programme parapluie »
qui vise essentiellement à coordonner les efforts entrepris pour développer
les connaissances et les possibilités des différents intervenants à l'échelle
du pays. On a déjà souligné l'ampleur des besoins de tous les
intervenants (société civile, secteur privé, secteur public) en matière
d'environnement et de développement durable. Le PNEDD veut satisfaire ces
besoins, mais de façon concertée. Il apparaît essentiel en effet de
s'assurer que les messages, les techniques, les approches et les outils
qui seront proposés à l'ensemble des partenaires soient cohérents et
conséquents avec les orientations nationales.
C'est pour répondre à cette préoccupation qu'il est apparu nécessaire
de développer un programme national de développement des capacités qui
soit accessible à tous les intervenants de quelque nature que ce soit.
Au-delà de ce souci, il est aussi apparu que le regroupement des efforts
encouragerait les échanges entre les partenaires et permettrait de réaliser
des économies substantielles dans la mobilisation des ressources d'appui
auxquelles il sera sans doute nécessaire d'avoir recours.
Tel que mentionné précédemment, le programme de développement des
capacités comprend trois composantes complémentaires qui visent des
objectifs bien différents. Les paragraphes qui suivent précisent le
contenu de chaque composante.
Composante appui institutionnel
Le volet appui institutionnel représente une des pièces maîtresses
de ce programme de développement des capacités. Il doit permettre, d'une
part, de fournir aux organisations et aux individus les connaissances, les
techniques et les moyens de tenir compte de l'environnement dans
l'ensemble de leurs actions, mais il doit aussi contribuer, d'autre part,
à développer une certaine vision unifiée au sein des différents
groupes quant à la manière d'appréhender la question et la gestion de
l'environnement et du développement durable. Cette dernière dimension
est fondamentale pour que chacun des petits gestes qui seront posés par
l'ensemble des intervenants produisent les résultats attendus.
L'appui institutionnel renvoie au concept généralement connu qui
consiste à améliorer - renforcer le fonctionnement interne des
organisations et développer les compétences de leur personnel pour les
aider à mieux réaliser les tâches qui leur sont confiées. Dans le cas
du développement des capacités dans le domaine de l'environnement, on se
préoccupera tout particulièrement des implications de la prise en compte
des questions environnementales dans le fonctionnement de l'organisation,
notamment en ce qui a trait à la prise de décision, au cycle de projet,
à la gestion des ressources humaines et matérielles, à la formation du
personnel, au suivi des activités et à l'évaluation de la performance
de l'organisation, à la gestion de l'information et surtout à la
coordination (relation) avec les partenaires extérieurs (fournisseurs,
clients - bénéficiaires, administration locale et centrale, etc.). Une
attention particulière sera accordée par ailleurs au lien qu'il faudra
établir et maintenir avec le volet bonne gouvernance du Programme
de gestion de l'économie.
La composante appui institutionnel visera plus particulièrement les
objectifs suivants :
- responsabiliser les intervenants et leur permettre de développer
eux-mêmes les outils nécessaires pour une meilleure gestion de
l'environnement et du développement durable.
- faire participer la société civile à la conception et à la mise
en œuvre des interventions visant à améliorer les conditions de
vie.
- contribuer à régler les conflits institutionnels persistants;
- renforcer les institutions existantes (aux niveaux centralisé et décentralisé)
dans leur compétence pour gérer les préoccupations
environnementales;
Il va de soi que le type d'appui à fournir variera selon les
organisations concernées. À cet égard, le programme de DCE reconnaît
trois catégories d'organismes distincts :
- les institutions nationales dont le mandat principal est lié à
l'environnement et au développement durable (SE/CNEDD, MHE, CDEDD);
- les organisations non gouvernementales et les associations diverses;
- les organismes publics (ministères techniques) et les entreprises
privées.
Les institutions nationales chargées de l'environnement et du développement
durable
Les organisations dont le mandat principal est de gérer les questions
relatives à l'environnement et au développement durable devront bénéficier
d'un programme d'appui spécifique. Il importe en effet que ces
institutions soient à la hauteur du rôle qui leur incombe si l'on veut réellement
que le PNEDD rapporte les dividendes attendus. Or, les multiples conflits
institutionnels qui ont marqué l'histoire récente du Niger en matière
d'environnement et de développement durable ont affecté la confiance des
partenaires à l'endroit de ces institutions. Il apparaît donc essentiel
que celles-ci soient renforcées pour qu'elles puissent faire montre de
toute l'efficacité nécessaire.
Conséquemment, la composante appui institutionnel du PDCE permettra,
selon les institutions désignées :
- d'élaborer un diagnostic institutionnel pour reconnaître les
forces et les faiblesses des organisations existantes; ce diagnostic
portera sur la structure de l'organisation, les différents systèmes
de gestion, les effectifs, les relations avec les partenaires de la
société civile et du secteur public et tout autre aspect pertinent
qui permettra de compléter l'état de la situation;
- d'évaluer la compétence du personnel en place; et de revoir les tâches
et responsabilités du personnel clé en fonction de la mission de
l'organisation;
- d'élaborer un programme de formation sur mesure pour renforcer les
compétences des personnels de l'organisation;
- d'adapter et de systématiser les différents systèmes de gestion
internes;
- d'élaborer le processus et les procédures nationales en matière
d'études d'impact;
- d'élaborer les normes nationales essentielles pour la gestion des
produits dangereux notamment;
- de revoir, de compléter et d'harmoniser les différents textes législatifs
du Niger en matière d'environnement et de développement durable;
- de développer un cadre de suivi-évaluation des actions de
l'organisation;
- d'élaborer un programme de communication spécifique pour favoriser
les échanges avec les autres institutions nationales et
internationales.
Bien entendu, cette liste est indicative et pourra être modifiée et
enrichie au besoin.
Les organisations non gouvernementales et les associations diverses
Les besoins des ONG et des associations sont spécifiques. Mais encore
ici, il importe d'abord de les renforcer dans leurs structures même avant
d'aborder les questions d'environnement et de développement durable. Bien
que leur nombre ait considérablement augmenté au cours des dernières
années, les ONG n'occupent pas encore toute la place qui leur revient
dans le débat sur l'environnement et le développement durable. Cela
tient en partie à la nature des relations qu'elles entretiennent avec le
Gouvernement et au fait principalement qu'elles manquent d'organisation.
Elles auront donc besoin d'appui pour développer les structures sociales
de base et pour faciliter le regroupement et l'organisation des
populations.
Dès lors, le programme de développement des capacités devra
permettre :
- d'identifier les ONG, associations, coopératives et autres formes
de regroupement les plus dynamiques dans chacune des différentes régions
du pays;
- d'établir, de concert avec les responsables des collectifs
nationaux, tel que le Groupement des aides privées (GAP), les besoins
types des différentes organisations en matière de gestion d'abord et
d'environnement ensuite;
- de mettre au point différents outils d'appui à la gestion des ONG
et autres associations adaptés aux caractéristiques mêmes des ces
groupements (par exemple : modules de sensibilisation, de
formation et d'éducation, structures techniques d'encadrement,
structures de financement, etc.) qui favoriseront les initiatives et
la mise en valeur du savoir-faire local;
- d'organiser des événements (tournées, séminaires, visites
inter-régionales) qui permettront de diffuser les résultats positifs
obtenus par certains intervenants.
- développer des outils spécifiques se rapportant à l'environnement
et au développement durable. S'assurer à cet égard de bien lier les
questions d'environnement aux différents aspects économiques ou de
santé par exemple pour mieux convaincre les gens de l'importance
d'intégrer les préoccupations environnementales dans leurs habitudes
de vie.
- de former les ONG et les associations aux particularités des études
d'impact sur l'environnement.
- Promouvoir une plus grande implication des femmes et des jeunes.
Les organismes publics (ministères techniques) et les entreprises privées
Les organismes publics et les entreprises privées ont pour
responsabilité de traduire dans leur mode de fonctionnement l'esprit de
la présente politique et la lettre de la réglementation du Niger en matière
d'environnement. Celle-ci sera en effet revue et complétée pour mieux
tenir compte, le cas échéant, des orientations politiques du pays telles
qu'arrêtées dans le présent document. En somme, on demande aux différents
organismes d'intégrer la préoccupation environnementale dans les décisions
et dans les activités qui les concernent. Or l'expérience démontre que
pour y parvenir, les modes de gestion doivent être revus.
Dans ce contexte, le programme de développement des capacités dans le
domaine de l'environnement (PDCE) veut aider les organisations du secteur
privé et du secteur public à procéder aux changements nécessaires.
Concrètement, le PDCE leur permettra :
- d'élaborer leur propre politique en matière d'environnement et de
développement durable;
- de revoir la structure de leur organisation pour intégrer les préoccupations
environnementales;
- de développer, le cas échéant une fonction environnement au sein
de leur organisation;
- d'élaborer des procédures, des méthodes et des outils qui
permettent d'intégrer efficacement les préoccupations
environnementales dans les décisions et les actions;
- de former le personnel responsable de la gestion de l'environnement
au sein de leur organisation aux techniques de l'analyse
environnementale et aux exigences des études d'impact;
- de former l'ensemble du personnel de leur organisation aux procédures,
méthodes, techniques et outils mis en place pour assurer la gestion
de l'environnement et du développement durable.
Cette liste, comme les deux précédentes d'ailleurs, n'exclut aucune
intervention pertinente.
Composante information, éducation, communication (IEC)
La composante information, éducation, communication est à la base de
la stratégie de mise en œuvre du PNEDD. La participation –
mobilisation de tous les intervenants nationaux, qui apparaît comme la
condition la plus essentielle à l'atteinte des objectifs du PNEDD, exige
en effet d'informer, de sensibiliser et d'éduquer les intervenants. Le
changement d'attitude et de comportement des populations à l'égard de
leur milieu de vie ne sera possible que dans la mesure où celles-ci
seront correctement informées de la situation, d'une part, et qu'elles
prendront pleinement conscience des effets de leurs actions et de leur
interaction sur le milieu à court et à long terme, d'autre part.
Pour garantir la pleine participation de tous les acteurs et assurer la
coordination nécessaire des messages à faire passer, il apparaît indiqué
de mettre en œuvre une véritable stratégie de communication
environnementale à l'échelle nationale qui dépasse largement la seule
dimension information. Elle doit se prolonger jusqu'à la formation des
individus, voire jusqu'à l'éducation formelle des jeunes et des
responsables nationaux.
Plus schématiquement, on peut résumer les objectifs immédiats de la
composante IEC de la manière suivante :
- assurer la pleine participation de tous les intervenants nationaux
et internationaux dans la mise en œuvre du PNEDD;
- favoriser les changements d'attitude et de comportement à l'égard
des ressources et du milieu;
- informer l'ensemble des acteurs du contenu du PNEDD et des
programmes qui le composent;
- renforcer les actions en cours en matière d'éducation
environnementale et les étendre à l'ensemble du territoire national,
en intégrant le secteur informel de l'éducation;
- développer des programmes de formation adaptés à l'intention des
adultes.
En plus d'assumer la responsabilité d'informer et de sensibiliser
l'ensemble des intervenants par rapport au contenu global du PNEDD, le
programme de communication environnementale apportera également son
soutien aux différentes stratégies de communication et d'éducation que
comportent tous les programmes prioritaires discutés précédemment.
Cette décision est encore une fois motivée par le besoin de cohérence
et par la volonté de réaliser certaines économies d'échelle dans la
mise en œuvre des efforts requis par le PNEDD.
Concrètement, la composante IEC permettra :
- d'élaborer un programme global d'information – sensibilisation
sur le PNEDD qui tienne compte des spécificités régionales et qui
intègre le volet des actions à court terme comme une composante
fondamentale du programme;
- de définir une stratégie d'information qui convienne à la fois
aux besoins globaux du PNEDD et à ceux des programmes prioritaires
qui le composent;
- de développer tout le matériel nécessaire pour la communication
relative au PNEDD (contenu d'émissions, documentation écrite,
encarts publicitaires, pièces de théâtre, cassettes vidéo, etc.).
- d'évaluer l'impact des programmes d'éducation environnementale déjà
en cours au Niger;
- d'appuyer la préparation de programmes d'éducation en
environnement qui s'adresseront aux différents niveaux d'enseignement
(primaire, secondaire et supérieur);
- d'appuyer l'élaboration de programmes et d'outils spécialement conçus
à l'intention du secteur informel et des adultes.
Composante suivi de l'environnement et système d'information
environnemental national (SIEN)
La composante suivi de l'environnement et système d'information
environnemental national a comme objectif principal de permettre au Niger
de surveiller l'évolution du milieu dans le temps et dans l'espace de
manière à pouvoir ajuster au fur et à mesure les stratégies de gestion
et de mise en valeur des différents éléments bio-physique et humain du
territoire. Le suivi de l'environnement pose d'emblée le problème des
indicateurs de développement durable à partir desquels il sera possible
d'effectuer les mesures qui permettront d'évaluer les progrès accomplis.
De plus, comme on l'a déjà indiqué dans le chapitre 3, le fait de
devoir intégrer toutes les informations dans un système d'information
environnemental national unique représente une difficulté et un défi de
coordination considérables.
Le programme national de gestion des ressources naturelles dressait en
1993 un portrait de la situation qui renseigne sur les principaux
intervenants intéressés par le suivi de l'environnement. On retiendra de
cette présentation que les institutions sont nombreuses, mais qu'aucune
d'entre elles ne s'intéresse globalement à l'ensemble des dimensions
environnementales. Leur mandat étant sectoriel, elles concentrent leur
intérêt sur le domaine dans lequel elles interviennent. Néanmoins, le développement
d'un programme national de suivi de l'environnement obligera à prendre en
compte l'ensemble de leurs préoccupations.
En matière de données sur l'environnement, les informations
proviennent essentiellement de quatre sources. Il y a d'abord (1) les
cartes thématiques générales, la plupart du temps anciennes et qui ne
couvrent pas tout le pays, (2) les cartes thématiques régionales établies
à l'occasion de projets de développement ou d'études, (3) les
photographies aériennes panchromatiques dont la couverture intégrale la
plus récente remonte à 1975 et que complètent des photo-mosaïques à
moyenne échelle couvrant une grande partie du sud nigérien, et (4) les
images satellitaires de sources variées (NOAA, LANDSAT MSS, LANDSAT TM,
SPOT) utilisées par certaines institutions à caractère régional
(AGRHYMET) sinon dans le cadre de projets spécifiques. On notera par
ailleurs que l'on peut retrouver plusieurs documents partiels produits
dans le cadre de programmes et projets particuliers. Bien qu'il ne soit
pas l'unique distributeur de tous ces produits, l'IGNN demeure l'une des
sources principales d'information au Niger. L'Unité technique d'appui
(UTA) de la Direction environnement dispose également de données utiles
en ce qui a trait aux sols et à la végétation
Différents systèmes d'information géographique sont déjà implantés
au Niger. Au nombre de ceux-ci, mentionnons le système d'information géographique
du Niger (SIGNER) du MHE, le PADE (MAG/EL) utilisé pour le traitement
des cartes d'indice de végétation, les systèmes que gère AGHRYMET
principalement orientés vers les prévisions météorologiques et le système
d'information de la Direction du développement régional et local (DDRL)
relatif aux arrondissements. On retrouve en outre d'autres systèmes mis
en place dans le cadre de projets tels que le projet intégré Keita (PIK)
ou le Projet agro-sylvo-pastoral (PASP).
Le programme de développement des capacités dans le domaine de
l'environnement doit entre autres permettre de :
- faire le point sur la situation du Niger en matière d'information
environnementale (sources, disponibilité, dépositaires, etc.)
- établir la liste des producteurs/utilisateurs
- entreprendre une enquête relative aux besoins des différents
utilisateurs de manière à définir les standards, les nomenclatures,
les formats d'échange, etc.
- définir les rôles et responsabilités des différents acteurs intéressés
par l'information géographique;
- adopter une politique claire relative aux coûts des différentes
prestations;
- définir les indicateurs de développement durable;
- mettre en place un système d'information environnemental national
(SIEN) et adopter des indicateurs de suivi-évaluation du processus;
- établir un programme de suivi environnemental en tenant compte des
besoins internes du pays et des engagements du Niger dans le cadre des
grandes conventions.
- déterminer les infrastructures à mettre en place pour le suivi
environnemental;
- etc..
Ancrage, organisation et déroulement
Le programme de développement des capacités dans le domaine de
l'environnement sera placé sous la responsabilité du SE/CNEDD à travers
une structure à créer et à mettre en place, appelée Cellule de Développement
des capacités dans le domaine de l'environnement (CDCE).
Cette cellule sera dirigée par un coordonnateur national spécialisé
en gestion de l'environnement. La cellule sera éclatée en Divisions
correspondant aux trois composantes retenues.
Le rôle de la Cellule, sera d'élaborer les différents
sous-programmes relatifs à chaque composante, de voir à leur mise en œuvre
conformément à la planification, de suivre le déroulement des différentes
activités et d'évaluer les résultats obtenus.
La CDCE sera assistée dans l'exécution de son mandat par un bureau d'étude
international spécialisé en management environnemental et ayant une expérience
reconnue en développement des capacités dans le domaine de
l'environnement. Il apparait en effet que le programme aura besoin d'un
appui important au départ, le temps de définir les actions et de lancer
les opérations. Par ailleurs, bien qu'il soit possible de confier un tel
mandat à un consultant indépendant, nous croyons qu'il serait beaucoup
plus avantageux pour le SE/CNEDD d'avoir recours à un bureau d'étude qui
saura compter sur des appuis à l'étranger pour identifier les personnes
ressources les plus qualifiées, capables d'apporter une contribution
valable au programme. La complexité liée à la définition et au
lancement d'un tel programme ne doit pas être minimisée.
Le programme de développement des capacités dans le domaine de
l'environnement devrait durer entre 8 et 10 ans avec une première tranche
de trois ans. Le coût de cette première tranche devrait se situer autour
de 3 millions de dollars américains.
Durant les trois premières années, le bureau d'étude étranger
mettra à la disposition de la Cellule un conseiller technique permanent
en poste à Niamey. Celui-ci sera appuyé au besoin par des spécialistes
ponctuels qui prendront en charge certains aspects particuliers du mandat
(SIE, éducation en environnement, développement institutionnel, etc.).
Par ailleurs, le PDCE identifiera un maximum de trois régions dans
lesquelles on mettra en place les CDEDD et autres structures décentralisées
que l'on appuiera de manière particulière au cours des deux premières
années du projet. Ces régions seront désignées régions pilotes à
partir desquelles on tirera les enseignements qui permettront d'ajuster
les mandats octroyés à ces structures régionales.
La dotation de la Cellule en personnel respectera le rythme des
travaux. Lorsque tout sera en place, il pourrait être nécessaire de
compter sur la présence d'un responsable pour chaque division.
5. ORGANISATION INSTITUTIONNELLE DE LA MISE EN ŒUVRE
DU PNEDD
L'objet de cette partie est de proposer à tous les intervenants dans
le processus d'élaboration, de mise en œuvre, de suivi et d'évaluation
du PNEDD, un cadre institutionnel détaillé permettant une vision globale
et précise de la structure, des attributions, du fonctionnement de chaque
organe intervenant dans la gestion du PNEDD ainsi que de leurs relations
avec les différentes institutions partenaires.
L'organisation institutionnelle proposée a pris en compte les
difficultés que toutes les organisations institutionnelles dans les
domaines de la gestion de l'environnement rencontrent dans nos pays et a
intégré les préoccupations suivantes :
- veiller à la mise en œuvre de tous les consensus trouvés au plan
institutionnel lors des rencontres nationales (atelier Tapoa, réunion
CNEDD, rencontre MH/E /SE) ;
- adapter l'organisation aux exigences des conventions signées et
ratifiées dans le cadre de la mise en œuvre de l'Agenda 21 ;
- adapter l'organisation aux exigences des conclusions du processus de
consultation mis en œuvre dans le cadre de l'élaboration du PNEDD ;
- favoriser le développement d'un climat de confiance entre les
structures de l'Etat et celles de la Société civile ;
- veiller à la non superposition de l'organisation aux structures
existantes et au recentrage de la compréhension du concept « Environnement » ;
- clarifier les dispositions institutionnelles, de manière à
favoriser une stabilité institutionnelle plus grande;
- veiller à une participation et à une prise en compte des intérêts
des communautés locales et de la Société civile.
Ainsi, les structures proposées auront des domaines d'intervention et
des cahiers de charges clairs et précis assurant à chacune une autonomie
de champs et modes d'intervention à travers un réseau complet à l'intérieur
duquel tous les éléments s'articulent entre eux suivant une stratégie
conforme aux objectifs du PNEDD.
L'approche globale préconisée par le Niger pour la mise en œuvre des
conventions sur la lutte contre la désertification, sur la diversité
biologique et sur les changements climatiques à travers l'élaboration du
PNEDD intègre largement tous les domaines couverts par les concepts «environnement»
et «développement durable». L'organisation proposée en conséquence
pour la coordination de la mise en œuvre, le suivi et l'évaluation du
PNEDD prend en compte les structures existantes du CNEDD auxquelles ont été
adjoints de nouveaux organes afin d'assurer un bon fonctionnement de
l'ensemble.
La flexibilité et la solidité de cette organisation lui permettront
d'assurer une coordination active et efficace de la mise en œuvre du
PNEDD. Les figures 5 et 5 bis de la page suivante présentent
l'organisation institutionnelle proposée.
Schématiquement, l'organisation institutionnelle se présente comme
suit :
Au niveau national
1. Le Programme de Relance Economique (PRE)
Soumis à l'examen de l'Assemblée Nationale, par son Excellence
Monsieur le Président de la République, il a été approuvé par la loi
n° 97-024 du 8 Juillet 1997. Il constitue dès lors le cadre de l'action
gouvernementale et la référence à nos politiques et stratégies de développement.
Le PRE intègre les engagements que nous avons convenu avec nos
partenaires au développement dans le document cadre de politique économique
et financière 1997-1999 dont le rôle est de rétablir un cadre macro-économique
stable et de créer un environnement socio-économique assaini pouvant
encourager les initiatives publiques et privées et garantir ainsi leur réussite.
Le document cadre définit les réformes à mettre en œuvre pour
atteindre cet objectif.
En plus de ces engagements macro-économiques convenus avec les
institutions de Bretton Woods, les programmes cadres thématiques suivants
s'inscrivent également dans le PRE :
- le Programme cadre National de Lutte contre la Pauvreté;
- le Programme cadre National de Promotion du Secteur Privé;
- le Programme cadre National de Renforcement de Gestion de l'Economie
et de Promotion de la Bonne Gouvernance;
- le Programme cadre National de l'Environnement pour un Développement
Durable.
Les programmes sectoriels en cours et à venir et les autres programmes
et projets à couverture nationale sont également pris en compte dans le
PRE.
Tous les objectifs de ces programmes et projets sont en parfaite adéquation
avec ceux du PRE qui se situent à moyen et long terme.
2. Le CNEDD : Conseil National de l'Environnement pour un Dévelopement
Durable
Il est l'organe politique d'orientation et de décision. C'est lui qui
est chargé de donner les impulsions nécessaires à la mise en œuvre du
PNEDD. Dirigé par le Directeur de Cabinet du Premier Ministre qui en est
son Président (décret n° 96-004/PM du 09 Janvier 1996 portant création,
composition et attributions du CNEDD). Il compte trois vice-présidents
qui sont : le Secrétaire Général du Ministère de l'Hydraulique et
de l'Environnement, un représentant de la Société civile et le Secrétaire
Général du Ministère du Plan. Il est composé de :
- 1/3 de représentants de l'État et de ses démembrements
- 2/3 de représentants de la Société Civile.
Le CNEDD est placé sous la tutelle du Cabinet du Premier Ministre (décret
n° 96-004/PM du 09 Janvier 1996 ci-dessus mentionné).
3. Le Comité de Pilotage (CP)
Le CNEDD désignera en son sein un groupe restreint (maximum dix
personnes) de techniciens représentant les structures étatiques (1/3) et
la Société Civile (2/3) pour jouer le rôle de comité de pilotage. Ces
techniciens doivent provenir des principaux secteurs concernés par le
PNEDD.
Le CP/PNEDD est une structure technique /intersectorielle de
coordination et de supervision de la mise en œuvre du PNEDD. A ce titre,
il est appelé à donner des avis techniques sur la mise en œuvre du
PNEDD (programme d'activités, budgets, problèmes, etc.). Il comprend des
éléments des structures étatiques et de la Société civile.
4. Le Secrétariat Exécutif
Organe d'exécution du CNEDD, il prépare et exécute ses décisions.
Il assure la coordination et le bon fonctionnement de l'ensemble de
l'organisation.
5. Les Commissions Techniques Nationales (CTN)
Organes techniques, elles ont pour mission d'appuyer le Secrétariat exécutif
du CNEDD dans l'élaboration, la mise en œuvre des programmes
prioritaires et de la politique nationale en matière d'environnement et
de développement durable, le suivi et l'évaluation (exemples :
CTN/PAN/LCD/GRN, CTN/Diversité biologique, CTN/Changements et variabilités
climatiques, CTN/Financement du PNEDD, etc. On retient ainsi que les
commissions techniques nationales (CTN) ne sont pas des structures
internes au SE/CNEDD mais des partenaires.
6. Les Unités Techniques de Suivi (UTS)
Entités techniques du Secrétariat Exécutif, elles sont chargées de
suivre et de coordonner la mise en œuvre des programmes à elles confiées.
Les UTS entretiennent des liens fonctionnels avec les commissions
techniques nationales. Elles en assurent d'ailleurs le secrétariat.
7. Les Cellules
Entités techniques, à vocation transversale, elles sont chargées de
coordonner les activités relevant de leurs domaines de compétences.
8. Le Bureau des Actions à court terme (BACT)
Il est chargé du suivi de la mise en œuvre des actions à court
terme. Ce Bureau devra avoir une autonomie d'organisation et de gestion;
le rôle du Secrétariat Exécutif devra se limiter au contrôle pour les
aspects qui concernent les orientations prévues dans le cadre du PNEDD.
9. Les organes d'exécution
Dans le cadre de la mise en œuvre du PNEDD, les organes d'exécution
seront :
- les ministères techniques;
- les structures des Programmes et projets;
- les structures de la Société Civile;
ces organes auront pour rôle l'exécution technique des actions sur
une base contractuelle dans certains cas.
Le Secrétariat Exécutif jouera le rôle de suivi-évaluation.
Au niveau des départements
10. Les Conseils Départementaux (CDEDD)
Ils sont les structures décentralisées du CNEDD dans chaque département
(arrondissement et commune). Ils ont la même composition et les mêmes
missions que le CNEDD et sont présidés par le Secrétaire Général
adjoint au niveau des départements pour l'heure. Une fois les élections
locales effectuées, ils seront présidés par les Présidents des
Conseils régionaux. Leur gestion (intendance) est assurée par un
conseiller dénommé «animateur permanent».
Ces Conseils disposeront de commissions et/ou groupes techniques de
travail à l'instar des commissions techniques centrales. La mise en place
de ces commissions dépendra de la spécificité de chaque département.
Pour la mise en œuvre des activités, les conseils départementaux
disposeront des structures des services techniques, des ONG et des
Associations.
Chaque conseil est appelé à élaborer un Plan Départemental de
l'Environnement pour un Développement Durable qui sera la traduction fidèle
de la mise en œuvre du PNEDD au niveau départemental.
ORGANIGRAMME DE LA
MISE EN ŒUVRE DU PNEDD (au niveau region)
ORGANIGRAMME DE LA MISE EN
ŒUVRE DU PNEDD (au niveau sous-regional ET COMMUNAL )
Aarrestad, Jostein, Niger Country Environmental Strategy Paper,
Office Memorandum préparé pour le compte de la Banque mondiale, Draft,
29 juin 1992, 40 p.
Agence Canadienne de Développement International (ACDI), Projet
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Programmes d'Action Nationaux Situation et Besoins (Burkina Faso,
Niger, Mali, Sénégal), Rapport final, Janvier 1996, 63 p.
ACDI - Direction Environnement (RER), SIMA géographes-conseils Itée,
Guide Méthodologique, Planification Stratégique en Environnement,
apport de la prise en compte de l'envrionnement comme élément stratégique
de la planification et de la programmation en développement
international, version provisoire, décembre 1992, 38 p.
AJN/PANOS, Séminaire - Atelier AJN/PANOS, Quelle communication
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Anonyme, Régionalisation et décentralisation, Annexe VII, 44
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Niger, Étude de la situation socio-politique du Niger, par
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Banque mondiale, Rapport sur le développement dans le monde 1992;
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dans le monde, Washington, 1992, 299 p.
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Banque Mondiale, Post'UNCED Series, Towards Environmentally
Sustainable Development in Sub-Saharan Africa, Building Blocks for
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l'Aménagement du Territoire, Direction de l'Aménagement du Territoire,
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l'Environnement, Schéma directeur de mise en valeur et de gestion
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République du Niger, Ministère de l'Hydraulique et de
l'Environnement, Ministère du Plan, Ministère de l'Agriculture et de
l'Élevage, Sous-comité Développement rural, Comité ad hoc pour
l'actualisation du Plan national de lutte contre la désertification, Plan
national de Lutte contre la Désertification, document de synthèse,
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République du Niger, Ministère de l'Hydraulique et de
l'environnement, Ministère du Plan, Ministère de l'Agriculture et de
l'Élevage, Sous-comité Développement rural, Comité ad hoc pour
l'actualisation du Plan national de lutte contre la désertification, Plan
national de Lutte contre la Désertification, Analyse sectorielle,
vol. 2, Secteur Forêt/ Environnement, Projet PNUD/UNSO NER 90 X 04, février
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République du Niger, Ministère des Finances et du Plan, Direction générale
du Plan, PNUD, Atelier de réflexion sur les structures de
coordination des actions de développement aux niveaux régional et
local,¸ Rapport général et textes de certaines communications,
Kollo, septembre 1993.
République du Niger, Ministère des Finances et du Plan, Direction générale
du Plan, PNUD, Document de préparation de l'Atelier sur les
structures de coordination des actions de développement au niveau régional,
rapport d'étude sur les Directions départementales du Plan, Zouma
Salifou, mai 1993, 44 p.
République du Niger, Ministère des Finances et du Plan, Direction générale
du Plan, PNUD, Atelier de réflexion sur les structures de
coordination des actions de développement aux niveaux régional et
local,¸ Rapport de synthèse, Kollo, septembre 1993, 16 p.
République du Niger, Cabinet du Premier Ministre, Conseil National
de l'Environnement pour un Développement Durable, Secrétariat Exécutif,
Rapport de Synthèse des rencontres d'information et de
sensibilisation sur le processus d'élaboration du PNEDD, le CNEDD et
les structures régionales du CNEDD, organisées du 13 octobre au 05
novembre 1996 dans les départements , janvier 1997, 16 p.
République du Niger, Cabinet du Premier Ministre, Conseil National
de l'Environnement pour un Développement Durable, Secrétariat Exécutif,
Bilan diagnostic de la problématique environnementale et
identification de programmes prioritaires pour un développement durable
au Niger, rapport d'études régionales Département de Tillabery,
Bureau d'études : BEGHS, Consultant National Encadreur: Ambouta
Karimou, Consultant Coordonateur: Issa Ousseini, septembre 1997, 161 p.
République du Niger, Cabinet du Premier Ministre, Conseil National
de l'Environnement pour un Développement Durable, Secrétariat Exécutif,
Etude sur la contribution de l'Islam à la sauvegarde de
l'environnement et à la lutte contre la désertification, 93 p.
République du Niger, Cabinet du Premier Ministre, Conseil National
de l'Environnement pour un Développement Durable, Secrétariat Exécutif,
Bilan diagnostic de la problématique environnementale et
identification de programmes prioritaires pour un développement durable
au Niger, rapport d'études régionales, Département d'Agadez,
Bureau d'études: BNIC, Consultant national encadreur: Diallo Telly,
Consultant Coordonateur: Issa Ousseini, septembre 1997, 109 p.
République du Niger, Cabinet du Premier Ministre, Conseil National
de l'Environnement pour un Développement Durable, Secrétariat Exécutif,
Bilan diagnostic de la problématique environnementale et
identification de programmes prioritaires pour un développement durable
au Niger, rapport d'études régionales, Département de Tahoua,
Bureau d'études: GAMA, Consultant national encadreur: Hassoumi Garba,
Consultant Coordonateur: Issa Ousseini, septembre 1997, 97 p.
République du Niger, Cabinet du Premier Ministre, Conseil National
de l'Environnement pour un Développement Durable, Secrétariat Exécutif,
Bilan diagnostic de la problématique environnementale et
identification de programmes prioritaires pour un développement durable
au Niger, rapport d'études régionales, Département de Diffa, ONG
Karkara, Consultant national encadreur: Saley Mamane, Consultant
Coordonateur: Issa Ousseini, septembre 1997, 99 p.
République du Niger, Cabinet du Premier Ministre, Conseil National
de l'Environnement pour un Développement Durable, Secrétariat Exécutif,
Bilan diagnostic de la problématique environnementale et
identification de programmes prioritaires pour un développement durable
au Niger, rapport d'études régionales, Département de Zinder,
Bureau d'études: Maïna, Consultant national encadreur: Hamidou Issaka
Maga, Consultant Coordonateur: Issa Ousseini, septembre 1997, 151 p.
République du Niger, Cabinet du Premier Ministre, Conseil National
de l'Environnement pour un Développement Durable, Secrétariat Exécutif,
Bilan diagnostic de la problématique environnementale et
identification de programmes prioritaires pour un développement durable
au Niger, rapport d'études régionales, Département de Maradi, ONG
ABC Ecologie Consultant national encadreur: Nassirou Sabo, Consultant
Coordonateur: Issa Ousseini, septembre 1997, 130 p.
République du Niger, Département de Dosso, Etude sur le Bilan
diagnostic de l'environnement pour un développement durable, Dosso,
version finale, octobre 1997, 148 p.
République du Niger, Cabinet du Premier Ministre, Conseil National
de l'Environnement pour un Développement Durable, Secrétariat Exécutif,
Bilan diagnostic de la problématique environnementale et
identification de programmes prioritaires pour un développement durable
au Niger, rapport d'études régionales, Communauté Urbaine de
Niamey, Bureau d'études: KRB, Consultant national encadreur: Boureima
Ousmane, Consultant Coordonateur: Issa Ousseini, septembre 1997, 56 p.
République du Niger, Cabinet du Premier Ministre, Conseil National
de l'Environnement pour un Développement Durable, Secrétariat Exécutif,
Bilan diagnostic de la problématique environnementale pour un développement
durable au Niger, études sur la santé et l'environnement,
consultants : Dr. Ag. Arya Moussa et Dr. Alfari Dagara Daouda, mars
1997, 72 p.
République du Niger, Cabinet du Premier Ministre, Conseil National
de l'Environnement pour un Développement Durable, Secrétariat Exécutif,
étude sur la contribution des collectivités territoriales et des
organisations non gouvernementales au financement des activités
environnementales au Niger, de 1984 à 1995, rapport final, juin
1997, 81 p.
République du Niger, Cabinet du Premier Ministre, Conseil National
de l'Environnement pour un Développement Durable, Secrétariat Exécutif,
Programme des Nations Unies pour le Développement, United Nations
Office For Project Services, Appui au processus d'élaboration du
Plan National de l'Environnement pour un Développement Durable (PNEDD),
Manuel d'étude prospective , version pléliminaire, consultant :
Eduardo R. Quiroga, Ph. D., août 1997, 38 p.
République du Niger, Cabinet du Premier Ministre, Conseil National
de l'Environnement pour un Développement Durable, Secrétariat Exécutif,
Annexes à l'étude sur la contribution des collectivités
territoriales et les organisations non gouvernementales au financement
des activités environnementales au Niger de 1984 à 1995, avril
1997.
République du Niger, Cabinet du Premier Ministre, Conseil National
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