4. PROGRAMMES PRIORITAIRES ET ACTIONS D'ACCOMPAGNEMENT
4.3. Actions d'accompagnement
4.3.1. Programme de développement des capacités
en environnement : vue d'ensemble
Bien-fondé
L'analyse institutionnelle détaillée qui a été menée dans le
cadre de travaux de préparation du PNEDD a fait ressortir de multiples
besoins que le Plan national se doit de prendre en considération dans
sa stratégie de mise en œuvre. Ces différents besoins peuvent être résumés
comme suit :
- Favoriser les échanges et les communications entre les différents
intervenants des secteurs privé et public sur le thème du développement
durable et de l'environnement. Faire connaître les outils que le
Niger a mis en place pour traiter de cette question nationale
fondamentale (stratégie du PNEDD, etc.). Développer des réseaux
d'échange avec les différents partenaires nationaux et avec
l'ensemble des pays de la sous-région.
- Aider la population à développer ses moyens pour qu'elle puisse
mieux assumer le rôle qui lui revient en matière de gestion des
ressources et de l'espace.
- Développer et diffuser des outils simples et efficaces qui
permettent de s'assurer que les préoccupations environnementales
sont effectivement prises en compte dans les décisions et les
actions visant la mise en valeur des ressources et du milieu.
- Développer une série d'indicateurs qui permettront de suivre l'évolution
de la situation au regard de l'environnement et du développement
durable.
- Suivre ces indicateurs et prendre les décisions qui s'imposent
pour améliorer les résultats attendus.
- Renforcer les connaissances relatives à l'état de
l'environnement. Mettre en place un mécanisme de suivi de
l'environnement et développer les systèmes d'information appropriés
(SIE).
- Développer et mettre en place l'ensemble des outils législatifs
et réglementaires qui permettront de définir les balises à partir
desquelles il sera possible de mieux gérer les ressources et le
milieu. Assurer une bonne cohérence entre les différents textes
existants, les compléter et les diffuser.
Asseoir solidement le cadre institutionnel national en matière de
gestion de l'environnement et du développement durable ; clarifier les
rôles et les responsabilités des différentes structures appelées à
coordonner les actions y afférentes.
Mettre en place les systèmes nationaux de gestion de l'environnement
et développer les procédures et les outils nécessaires (procédures
d'évaluation environnementale, élaboration des normes nationales de référence,
etc.).
Apporter le soutien nécessaire pour le développement des entités
qui auront la responsabilité de veiller à l'application de la
politique nationale en matière d'environnement et de développement
durable dans les différentes régions du pays (conseils départementaux,
communes et collectivités locales).
Développer des politiques nationales concrètes d'encouragement auprès
du secteur privé pour favoriser l'intégration de l'environnement dans
l'élaboration des options de développement.
Aider les différentes organisations des secteurs privé ou public à
intégrer les préoccupations environnementales dans leur processus de décisions
et dans leur cycle des programmes et projets en les appuyant dans la
formulation d'une politique et d'une stratégie adaptée.
Assister ces mêmes organisations dans la mise en place d'une
fonction environnement au sein de leur structure.
Aider les organismes privés et publics à développer des procédures
internes et des systèmes de gestion appropriés qui garantissent la
prise en compte de la préoccupation environnementale dans toutes les
activités.
Former le personnel de ces organisations aux exigences de
l'environnement et du développement durable, ainsi qu'aux particularités
des systèmes de gestion mis en place au sein de l'organisation.
Accélérer la création d'OCB opérationnelles autonomes capables de
prendre part efficacement et durablement à la mise en œuvre du PNEDD.
Favoriser l'émergence de bureaux de consultants spécialisés en
matière d'environnement et de développement durable.
Introduire la question de l'environnement et du développement
durable dans les différents programmes d'enseignement scolaire et
d'alphabétisation.
Etc.
Cette longue liste laisse entrevoir toute l'importance de mettre en
place un large programme qui saura s'intéresser au renforcement et au développement
des capacités de toute la société nigérienne en matière
d'environnement et de développement durable. Il faut souligner en effet
que les problèmes environnementaux du Niger sont davantage liés au
cumul de multiples petites actions posées par l'ensemble de la
population plutôt qu'à l'existence de grands facteurs ou phénomènes
bien ciblés et plus facilement contrôlables. De ce fait, l'appui qu'il
conviendra d'apporter devra pouvoir rejoindre l'ensemble des
intervenants en tenant compte de leur spécificité et de la pauvreté
de leurs moyens. Cela représente certes le défi le plus considérable
auquel le Niger a à faire face pour tenter de freiner l'érosion de son
capital productif.
Le programme envisagé comprend trois composantes principales qui
devraient permettre de regrouper les différents besoins selon qu'ils
concernent :
- l'appui institutionnel,
- l'information, l'éducation et la communication environnementale,
- le suivi de l'environnement et système d'information
environnemental.
Tel que l'envisage le présent programme, ces trois volets sont développés
de manière complémentaire, même si les activités qu'ils sous-tendent
sont fondamentalement différentes. Voilà pourquoi il a été décidé
de les regrouper au sein d'une même entité dénommée Cellule de développement
des capacités dans la future organisation du SE/CNEDD (voir figure
5).
Objectifs généraux du programme de développement des capacités
Le programme de développement des capacités dans le domaine de
l'environnement vise à donner aux Nigériens et aux Nigériennes les
connaissances et les moyens nécessaires pour qu'ils puissent désormais
tenir compte des exigences particulières du maintien des équilibres écologiques
dans les choix individuels et collectifs qu'ils auront à faire et dans
les actions qu'ils auront à poser en vue de parvenir à un niveau de développement
économique et social qui traduise une réelle amélioration du niveau
de vie et qui soit durable, c'est-à-dire qui soit équitable envers
tous et toutes et qui n'hypothèque pas les générations futures en préservant
maintenant le capital productif.
Résultats attendus
Résultats à long terme (impact)
Les décisions prises en matière de gestion des ressources naturelles
et de l'espace tiennent compte des effets qu'ils peuvent entraîner sur
les différentes composantes naturelles et humaines (sociales et économiques
du milieu)
Résultats à moyen terme (effet)
La population en général et les responsables des différentes
organisations privées et publiques en particulier adoptent une attitude
responsable à l'égard des questions d'environnement et de développement
durable. Les comportements changent.
Résultats à court terme (extrants)
Les différents intervenants sont sensibilisés aux tenants et
aboutissants d'une gestion rationnelle du milieu grâce à des campagnes
d'information bien ciblées qui rejoignent tout le monde.
Des systèmes de gestion qui intègrent les questions d'environnement
et de développement durable sont élaborés et mis en place au sein des
différents organismes privés et publics.
La meilleure connaissance de l'état de l'environnement permet de développer
des stratégies de gestion individuelles et collectives qui assurent la
sauvegarde, voire la fructification du capital productif du pays.
Principes de base du développement des capacités dans le domaine de
l'environnement (DCE)
Les principes de base sur lesquels s'appuie le développement des
capacités dans le domaine de l'environnement rejoignent ceux qui
sous-tendent la présente politique nationale.
Le concept du DCE est plus global que celui des approches
institutionnelles classiques. Il délaisse la vision sectorielle
traditionnelle propre à chaque domaine d'intervention (agriculture, pêche,
transport, énergie, etc.) au profit d'une approche multi-sectorielle et
intégrée comme la gestion par bassin-versant par exemple.
Le DCE favorise une approche systémique. Cela ne veut pas dire de
tout entreprendre en même temps ou de se disperser dans toutes les
directions en tentant d'intervenir partout avec des moyens somme toute
limités. Au contraire, cela signifie identifier, cibler des problèmes
bien particuliers, des fonctions ou des organisations qui sont au cœur
des difficultés que l'on souhaite résoudre et concentrer les efforts
de tous les intervenants en leur direction.
Le DCE exige que l'on accorde une attention particulière à la médiation
et à la gestion des conflits. Le fait de vouloir intervenir de manière
globale et multi-sectorielle ne manquera pas de soulever des luttes de
juridiction entre les différentes institutions ou des conflits
d'utilisation au regard de certaines ressources communes. Il importera
donc d'anticiper ces conflits par un partage judicieux des rôles et des
responsabilités entre les différents acteurs et d'élaborer et de
mettre en place des mécanismes de résolution de ces conflits.
Le DCE oblige à penser à long terme. C'est sans doute là une des
difficultés les plus importantes pour un pays comme le Niger qui est
aux prises avec des problèmes immédiats qui relèvent de la survie même
des populations. Les solutions proposées sont le plus souvent des
solutions à court et à moyen terme dont les horizons dépassent
rarement les cinq années. Le DCE propose d'inscrire les interventions
dans des schémas beaucoup plus longs qui respectent mieux la réalité
des situations à changer. Cet aspect doit être compris par tous les
intervenants, notamment les bailleurs de fonds qui ont à cet égard des
exigences qui ne sont pas toujours compatibles avec celles des problèmes
à résoudre.
Le DCE accorde une importance capitale au savoir-faire local. Il
encourage les initiatives du milieu et fait reposer son action sur les
consensus acquis et sur les institutions endogènes fonctionnelles. En
somme, il valorise les composantes et les ressources du milieu plutôt
que de chercher à les remplacer par des éléments étrangers.
Enfin, les actions qui seront proposées en matière de DCE
s'inscriront davantage dans une approche programme plutôt que dans une
approche projet. Le but est en effet d'accompagner et de soutenir les
efforts des intervenants plutôt que de diriger les interventions à
leur place. En d'autres termes, le processus d'apprentissage fait partie
des résultats attendus
Lignes directrices du programme de développement des capacités
dans le domaine de l'environnement
Description
Le programme de développement des capacités dans le domaine de
l'environnement (PDCE) est conçu comme un « programme parapluie »
qui vise essentiellement à coordonner les efforts entrepris pour développer
les connaissances et les possibilités des différents intervenants à
l'échelle du pays. On a déjà souligné l'ampleur des besoins de tous
les intervenants (société civile, secteur privé, secteur public) en
matière d'environnement et de développement durable. Le PNEDD veut
satisfaire ces besoins, mais de façon concertée. Il apparaît
essentiel en effet de s'assurer que les messages, les techniques, les
approches et les outils qui seront proposés à l'ensemble des
partenaires soient cohérents et conséquents avec les orientations
nationales.
C'est pour répondre à cette préoccupation qu'il est apparu nécessaire
de développer un programme national de développement des capacités
qui soit accessible à tous les intervenants de quelque nature que ce
soit. Au-delà de ce souci, il est aussi apparu que le regroupement des
efforts encouragerait les échanges entre les partenaires et permettrait
de réaliser des économies substantielles dans la mobilisation des
ressources d'appui auxquelles il sera sans doute nécessaire d'avoir
recours.
Tel que mentionné précédemment, le programme de développement des
capacités comprend trois composantes complémentaires qui visent des
objectifs bien différents. Les paragraphes qui suivent précisent le
contenu de chaque composante.
Composante appui institutionnel
Le volet appui institutionnel représente une des pièces maîtresses
de ce programme de développement des capacités. Il doit permettre,
d'une part, de fournir aux organisations et aux individus les
connaissances, les techniques et les moyens de tenir compte de
l'environnement dans l'ensemble de leurs actions, mais il doit aussi
contribuer, d'autre part, à développer une certaine vision unifiée au
sein des différents groupes quant à la manière d'appréhender la
question et la gestion de l'environnement et du développement durable.
Cette dernière dimension est fondamentale pour que chacun des petits
gestes qui seront posés par l'ensemble des intervenants produisent les
résultats attendus.
L'appui institutionnel renvoie au concept généralement connu qui
consiste à améliorer - renforcer le fonctionnement interne des
organisations et développer les compétences de leur personnel pour les
aider à mieux réaliser les tâches qui leur sont confiées. Dans le
cas du développement des capacités dans le domaine de l'environnement,
on se préoccupera tout particulièrement des implications de la prise
en compte des questions environnementales dans le fonctionnement de
l'organisation, notamment en ce qui a trait à la prise de décision, au
cycle de projet, à la gestion des ressources humaines et matérielles,
à la formation du personnel, au suivi des activités et à l'évaluation
de la performance de l'organisation, à la gestion de l'information et
surtout à la coordination (relation) avec les partenaires extérieurs
(fournisseurs, clients - bénéficiaires, administration locale et
centrale, etc.). Une attention particulière sera accordée par ailleurs
au lien qu'il faudra établir et maintenir avec le volet bonne
gouvernance du Programme de gestion de l'économie.
La composante appui institutionnel visera plus particulièrement les
objectifs suivants :
- responsabiliser les intervenants et leur permettre de développer
eux-mêmes les outils nécessaires pour une meilleure gestion de
l'environnement et du développement durable.
- faire participer la société civile à la conception et à la
mise en œuvre des interventions visant à améliorer les conditions
de vie.
- contribuer à régler les conflits institutionnels persistants;
- renforcer les institutions existantes (aux niveaux centralisé et
décentralisé) dans leur compétence pour gérer les préoccupations
environnementales;
Il va de soi que le type d'appui à fournir variera selon les
organisations concernées. À cet égard, le programme de DCE reconnaît
trois catégories d'organismes distincts :
- les institutions nationales dont le mandat principal est lié à
l'environnement et au développement durable (SE/CNEDD, MHE, CDEDD);
- les organisations non gouvernementales et les associations
diverses;
- les organismes publics (ministères techniques) et les entreprises
privées.
Les institutions nationales chargées de l'environnement et du développement
durable
Les organisations dont le mandat principal est de gérer les
questions relatives à l'environnement et au développement durable
devront bénéficier d'un programme d'appui spécifique. Il importe en
effet que ces institutions soient à la hauteur du rôle qui leur
incombe si l'on veut réellement que le PNEDD rapporte les dividendes
attendus. Or, les multiples conflits institutionnels qui ont marqué
l'histoire récente du Niger en matière d'environnement et de développement
durable ont affecté la confiance des partenaires à l'endroit de ces
institutions. Il apparaît donc essentiel que celles-ci soient renforcées
pour qu'elles puissent faire montre de toute l'efficacité nécessaire.
Conséquemment, la composante appui institutionnel du PDCE permettra,
selon les institutions désignées :
- d'élaborer un diagnostic institutionnel pour reconnaître les
forces et les faiblesses des organisations existantes; ce diagnostic
portera sur la structure de l'organisation, les différents systèmes
de gestion, les effectifs, les relations avec les partenaires de la
société civile et du secteur public et tout autre aspect pertinent
qui permettra de compléter l'état de la situation;
- d'évaluer la compétence du personnel en place; et de revoir les
tâches et responsabilités du personnel clé en fonction de la
mission de l'organisation;
- d'élaborer un programme de formation sur mesure pour renforcer
les compétences des personnels de l'organisation;
- d'adapter et de systématiser les différents systèmes de gestion
internes;
- d'élaborer le processus et les procédures nationales en matière
d'études d'impact;
- d'élaborer les normes nationales essentielles pour la gestion des
produits dangereux notamment;
- de revoir, de compléter et d'harmoniser les différents textes législatifs
du Niger en matière d'environnement et de développement durable;
- de développer un cadre de suivi-évaluation des actions de
l'organisation;
- d'élaborer un programme de communication spécifique pour
favoriser les échanges avec les autres institutions nationales et
internationales.
Bien entendu, cette liste est indicative et pourra être modifiée et
enrichie au besoin.
Les organisations non gouvernementales et les associations diverses
Les besoins des ONG et des associations sont spécifiques. Mais
encore ici, il importe d'abord de les renforcer dans leurs structures même
avant d'aborder les questions d'environnement et de développement
durable. Bien que leur nombre ait considérablement augmenté au cours
des dernières années, les ONG n'occupent pas encore toute la place qui
leur revient dans le débat sur l'environnement et le développement
durable. Cela tient en partie à la nature des relations qu'elles
entretiennent avec le Gouvernement et au fait principalement qu'elles
manquent d'organisation. Elles auront donc besoin d'appui pour développer
les structures sociales de base et pour faciliter le regroupement et
l'organisation des populations.
Dès lors, le programme de développement des capacités devra
permettre :
- d'identifier les ONG, associations, coopératives et autres formes
de regroupement les plus dynamiques dans chacune des différentes régions
du pays;
- d'établir, de concert avec les responsables des collectifs
nationaux, tel que le Groupement des aides privées (GAP), les
besoins types des différentes organisations en matière de gestion
d'abord et d'environnement ensuite;
- de mettre au point différents outils d'appui à la gestion des
ONG et autres associations adaptés aux caractéristiques mêmes des
ces groupements (par exemple : modules de sensibilisation, de
formation et d'éducation, structures techniques d'encadrement,
structures de financement, etc.) qui favoriseront les initiatives et
la mise en valeur du savoir-faire local;
- d'organiser des événements (tournées, séminaires, visites
inter-régionales) qui permettront de diffuser les résultats
positifs obtenus par certains intervenants.
- développer des outils spécifiques se rapportant à
l'environnement et au développement durable. S'assurer à cet égard
de bien lier les questions d'environnement aux différents aspects
économiques ou de santé par exemple pour mieux convaincre les gens
de l'importance d'intégrer les préoccupations environnementales
dans leurs habitudes de vie.
- de former les ONG et les associations aux particularités des études
d'impact sur l'environnement.
- Promouvoir une plus grande implication des femmes et des jeunes.
Les organismes publics (ministères techniques) et les entreprises
privées
Les organismes publics et les entreprises privées ont pour
responsabilité de traduire dans leur mode de fonctionnement l'esprit de
la présente politique et la lettre de la réglementation du Niger en
matière d'environnement. Celle-ci sera en effet revue et complétée
pour mieux tenir compte, le cas échéant, des orientations politiques
du pays telles qu'arrêtées dans le présent document. En somme, on
demande aux différents organismes d'intégrer la préoccupation
environnementale dans les décisions et dans les activités qui les
concernent. Or l'expérience démontre que pour y parvenir, les modes de
gestion doivent être revus.
Dans ce contexte, le programme de développement des capacités dans
le domaine de l'environnement (PDCE) veut aider les organisations du
secteur privé et du secteur public à procéder aux changements nécessaires.
Concrètement, le PDCE leur permettra :
- d'élaborer leur propre politique en matière d'environnement et
de développement durable;
- de revoir la structure de leur organisation pour intégrer les préoccupations
environnementales;
- de développer, le cas échéant une fonction environnement au
sein de leur organisation;
- d'élaborer des procédures, des méthodes et des outils qui
permettent d'intégrer efficacement les préoccupations
environnementales dans les décisions et les actions;
- de former le personnel responsable de la gestion de
l'environnement au sein de leur organisation aux techniques de
l'analyse environnementale et aux exigences des études d'impact;
- de former l'ensemble du personnel de leur organisation aux procédures,
méthodes, techniques et outils mis en place pour assurer la gestion
de l'environnement et du développement durable.
Cette liste, comme les deux précédentes d'ailleurs, n'exclut aucune
intervention pertinente.
Composante information, éducation, communication (IEC)
La composante information, éducation, communication est à la base
de la stratégie de mise en œuvre du PNEDD. La participation –
mobilisation de tous les intervenants nationaux, qui apparaît comme la
condition la plus essentielle à l'atteinte des objectifs du PNEDD,
exige en effet d'informer, de sensibiliser et d'éduquer les
intervenants. Le changement d'attitude et de comportement des
populations à l'égard de leur milieu de vie ne sera possible que dans
la mesure où celles-ci seront correctement informées de la situation,
d'une part, et qu'elles prendront pleinement conscience des effets de
leurs actions et de leur interaction sur le milieu à court et à long
terme, d'autre part.
Pour garantir la pleine participation de tous les acteurs et assurer
la coordination nécessaire des messages à faire passer, il apparaît
indiqué de mettre en œuvre une véritable stratégie de communication
environnementale à l'échelle nationale qui dépasse largement la seule
dimension information. Elle doit se prolonger jusqu'à la formation des
individus, voire jusqu'à l'éducation formelle des jeunes et des
responsables nationaux.
Plus schématiquement, on peut résumer les objectifs immédiats de
la composante IEC de la manière suivante :
- assurer la pleine participation de tous les intervenants nationaux
et internationaux dans la mise en œuvre du PNEDD;
- favoriser les changements d'attitude et de comportement à l'égard
des ressources et du milieu;
- informer l'ensemble des acteurs du contenu du PNEDD et des
programmes qui le composent;
- renforcer les actions en cours en matière d'éducation
environnementale et les étendre à l'ensemble du territoire
national, en intégrant le secteur informel de l'éducation;
- développer des programmes de formation adaptés à l'intention
des adultes.
En plus d'assumer la responsabilité d'informer et de sensibiliser
l'ensemble des intervenants par rapport au contenu global du PNEDD, le
programme de communication environnementale apportera également son
soutien aux différentes stratégies de communication et d'éducation
que comportent tous les programmes prioritaires discutés précédemment.
Cette décision est encore une fois motivée par le besoin de cohérence
et par la volonté de réaliser certaines économies d'échelle dans la
mise en œuvre des efforts requis par le PNEDD.
Concrètement, la composante IEC permettra :
- d'élaborer un programme global d'information – sensibilisation
sur le PNEDD qui tienne compte des spécificités régionales et qui
intègre le volet des actions à court terme comme une composante
fondamentale du programme;
- de définir une stratégie d'information qui convienne à la fois
aux besoins globaux du PNEDD et à ceux des programmes prioritaires
qui le composent;
- de développer tout le matériel nécessaire pour la communication
relative au PNEDD (contenu d'émissions, documentation écrite,
encarts publicitaires, pièces de théâtre, cassettes vidéo,
etc.).
- d'évaluer l'impact des programmes d'éducation environnementale déjà
en cours au Niger;
- d'appuyer la préparation de programmes d'éducation en
environnement qui s'adresseront aux différents niveaux
d'enseignement (primaire, secondaire et supérieur);
- d'appuyer l'élaboration de programmes et d'outils spécialement
conçus à l'intention du secteur informel et des adultes.
Composante suivi de l'environnement et système d'information
environnemental national (SIEN)
La composante suivi de l'environnement et système d'information
environnemental national a comme objectif principal de permettre au
Niger de surveiller l'évolution du milieu dans le temps et dans
l'espace de manière à pouvoir ajuster au fur et à mesure les stratégies
de gestion et de mise en valeur des différents éléments bio-physique
et humain du territoire. Le suivi de l'environnement pose d'emblée le
problème des indicateurs de développement durable à partir desquels
il sera possible d'effectuer les mesures qui permettront d'évaluer les
progrès accomplis. De plus, comme on l'a déjà indiqué dans le
chapitre 3, le fait de devoir intégrer toutes les informations dans un
système d'information environnemental national unique représente une
difficulté et un défi de coordination considérables.
Le programme national de gestion des ressources naturelles dressait
en 1993 un portrait de la situation qui renseigne sur les principaux
intervenants intéressés par le suivi de l'environnement. On retiendra
de cette présentation que les institutions sont nombreuses, mais
qu'aucune d'entre elles ne s'intéresse globalement à l'ensemble des
dimensions environnementales. Leur mandat étant sectoriel, elles
concentrent leur intérêt sur le domaine dans lequel elles
interviennent. Néanmoins, le développement d'un programme national de
suivi de l'environnement obligera à prendre en compte l'ensemble de
leurs préoccupations.
En matière de données sur l'environnement, les informations
proviennent essentiellement de quatre sources. Il y a d'abord (1) les
cartes thématiques générales, la plupart du temps anciennes et qui ne
couvrent pas tout le pays, (2) les cartes thématiques régionales établies
à l'occasion de projets de développement ou d'études, (3) les
photographies aériennes panchromatiques dont la couverture intégrale
la plus récente remonte à 1975 et que complètent des photo-mosaïques
à moyenne échelle couvrant une grande partie du sud nigérien, et (4)
les images satellitaires de sources variées (NOAA, LANDSAT MSS, LANDSAT
TM, SPOT) utilisées par certaines institutions à caractère régional
(AGRHYMET) sinon dans le cadre de projets spécifiques. On notera par
ailleurs que l'on peut retrouver plusieurs documents partiels produits
dans le cadre de programmes et projets particuliers. Bien qu'il ne soit
pas l'unique distributeur de tous ces produits, l'IGNN demeure l'une des
sources principales d'information au Niger. L'Unité technique d'appui
(UTA) de la Direction environnement dispose également de données
utiles en ce qui a trait aux sols et à la végétation
Différents systèmes d'information géographique sont déjà implantés
au Niger. Au nombre de ceux-ci, mentionnons le système d'information
géographique du Niger (SIGNER) du MHE, le PADE (MAG/EL) utilisé
pour le traitement des cartes d'indice de végétation, les systèmes
que gère AGHRYMET principalement orientés vers les prévisions météorologiques
et le système d'information de la Direction du développement régional
et local (DDRL) relatif aux arrondissements. On retrouve en outre
d'autres systèmes mis en place dans le cadre de projets tels que le
projet intégré Keita (PIK) ou le Projet agro-sylvo-pastoral (PASP).
Le programme de développement des capacités dans le domaine de
l'environnement doit entre autres permettre de :
- faire le point sur la situation du Niger en matière d'information
environnementale (sources, disponibilité, dépositaires, etc.)
- établir la liste des producteurs/utilisateurs
- entreprendre une enquête relative aux besoins des différents
utilisateurs de manière à définir les standards, les
nomenclatures, les formats d'échange, etc.
- définir les rôles et responsabilités des différents acteurs
intéressés par l'information géographique;
- adopter une politique claire relative aux coûts des différentes
prestations;
- définir les indicateurs de développement durable;
- mettre en place un système d'information environnemental national
(SIEN) et adopter des indicateurs de suivi-évaluation du processus;
- établir un programme de suivi environnemental en tenant compte
des besoins internes du pays et des engagements du Niger dans le
cadre des grandes conventions.
- déterminer les infrastructures à mettre en place pour le suivi
environnemental;
- etc..
Ancrage, organisation et déroulement
Le programme de développement des capacités dans le domaine de
l'environnement sera placé sous la responsabilité du SE/CNEDD à
travers une structure à créer et à mettre en place, appelée Cellule
de Développement des capacités dans le domaine de l'environnement
(CDCE).
Cette cellule sera dirigée par un coordonnateur national spécialisé
en gestion de l'environnement. La cellule sera éclatée en Divisions
correspondant aux trois composantes retenues.
Le rôle de la Cellule, sera d'élaborer les différents
sous-programmes relatifs à chaque composante, de voir à leur mise en
œuvre conformément à la planification, de suivre le déroulement des
différentes activités et d'évaluer les résultats obtenus.
La CDCE sera assistée dans l'exécution de son mandat par un bureau
d'étude international spécialisé en management environnemental et
ayant une expérience reconnue en développement des capacités dans le
domaine de l'environnement. Il apparait en effet que le programme aura
besoin d'un appui important au départ, le temps de définir les actions
et de lancer les opérations. Par ailleurs, bien qu'il soit possible de
confier un tel mandat à un consultant indépendant, nous croyons qu'il
serait beaucoup plus avantageux pour le SE/CNEDD d'avoir recours à un
bureau d'étude qui saura compter sur des appuis à l'étranger pour
identifier les personnes ressources les plus qualifiées, capables
d'apporter une contribution valable au programme. La complexité liée
à la définition et au lancement d'un tel programme ne doit pas être
minimisée.
Le programme de développement des capacités dans le domaine de
l'environnement devrait durer entre 8 et 10 ans avec une première
tranche de trois ans. Le coût de cette première tranche devrait se
situer autour de 3 millions de dollars américains.
Durant les trois premières années, le bureau d'étude étranger
mettra à la disposition de la Cellule un conseiller technique permanent
en poste à Niamey. Celui-ci sera appuyé au besoin par des spécialistes
ponctuels qui prendront en charge certains aspects particuliers du
mandat (SIE, éducation en environnement, développement institutionnel,
etc.).
Par ailleurs, le PDCE identifiera un maximum de trois régions dans
lesquelles on mettra en place les CDEDD et autres structures décentralisées
que l'on appuiera de manière particulière au cours des deux premières
années du projet. Ces régions seront désignées régions pilotes à
partir desquelles on tirera les enseignements qui permettront d'ajuster
les mandats octroyés à ces structures régionales.
La dotation de la Cellule en personnel respectera le rythme des
travaux. Lorsque tout sera en place, il pourrait être nécessaire de
compter sur la présence d'un responsable pour chaque division.
