4. PROGRAMMES PRIORITAIRES ET ACTIONS D'ACCOMPAGNEMENT
4.2.1. Programme PAN/LCD – GRN
Les travaux d'élaboration du PAN/LCD-GRN en sont à leur phase de
lancement avec la finalisation des termes de référence de l'étude y
relative (voir annexe 1). Ces travaux se déroulent sous la supervision
de la Commission PAN/LCD-GRN (cf section 4.3 sur les aspects
institutionnels). Bien que la question de l'eau fasse techniquement
l'objet du second programme, une attention toute particulière sera
accordée à cet aspect dans le cadre du PAN/LCD – GRN. La prise en
compte de cette dimension fondamentale sera en effet intégrée tant au
niveau de la préoccupation qu'à celui de l'approche de gestion de
terroirs qui est à la base même de ce programme central.
Le PAN/LCD-GRN intègre dans ses objectifs et ses stratégies, ceux
qui sont issus de trois programmes nationaux d'envergure à savoir le Plan
national de lutte contre la désertification (PNLCD), le Programme
national de gestion des ressources naturelles (PNGRN) et le Plan
d'action forestier tropical (PAFT). Il tient compte en outre des
suggestions de la CCD quant aux programmes d'action nationaux (PAN),
ainsi que des composantes spécifiques relatives à la gestion des
ressources naturelles que l'on retrouve dans d'autres programmes
nationaux, notamment celui sur la lutte contre la pauvreté.
S'appuyant sur les réflexions et les expériences acquises dans le
cadre de tous les travaux menés à ce jour en matière de gestion des
ressources naturelles et de lutte contre la désertification, le
PAN/LCD-GRN s'articulera autour des principaux points suivants :
- l'identification des facteurs qui contribuent à la sécheresse et
à la désertification;
- la gestion conservatoire et durable des ressources naturelles;
- les mesures concrètes d'atténuation des effets de la sécheresse
et de la désertification;
- l'amélioration des conditions de vie des communautés rurales.
Plusieurs programmes et projets fondés sur l'approche gestion des
terroirs sont en cours de réalisation. On peut citer à titre d'exemple
le PDRM/FENU à Mayahi, le PDRAA à Aguié, le PASP/GTZ dans le nord
Tillaberi, le Projet Gestion Terroirs Rive Droite dans le Nord Téra, le
PDRT à Tahoua, etc. Rappelons que la mission de préparation du Programme
national de gestion des ressources naturelles indiquait en 1993, que
« l'ex cellule PIGRN avait identifié cent onze (111) projets
relatifs à la gestion des ressources naturelles ».
Par ailleurs, le PGRN, financé par la Banque Mondiale, a déjà démarré
des actions en matière de gestion de ressources naturelles depuis
octobre 1996. Les opérations, qui dureront cinq ans, concernent trois
cent quatre vingt (380) communautés rurales dans un premier temps dans
cinq arrondissements différents : Boboye, Doutchi, Gouré, Tessaoua et
Say. Il sera donc important que le PAN/LCD-GRN capitalise toutes les expériences
passées et en cours et qu'il s'intéresse même à certains projets réalisés
dans d'autres pays de la sous-région.
Le PAN/LCD – GRN est central dans la stratégie parce qu'il
s'attaque directement à l'enjeu reconnu précédemment, à savoir la pérennisation
du capital – ressources. Par ailleurs, il veut également contribuer
à la réduction de la pauvreté en permettant une amélioration de la
production et du cadre de vie des populations rurales. Les objectifs généraux
que poursuit ce programme prioritaire s'emboîtent en effet les uns dans
les autres, et se complètent mutuellement pour garantir l'atteinte de
la finalité du programme. Il est ainsi question de mieux gérer les
ressources et le milieu de manière à améliorer le capital productif,
d'accroître la production pour en tirer un meilleur rendement et de
meilleurs revenus, d'améliorer les conditions de vie des populations
rurales et d'assurer enfin le financement des activités prévues pour
garantir la pérennité des actions. A cet titre, une harmonisation des
méthodes d'intervention devra être recherchée et être imposée à
chaque acteur.
L'examen du tableau qui suit démontre l'importance que l'approche
entend accorder à la participation des populations à la gestion des
ressources et de l'espace, ainsi qu'au transfert des responsabilités y
relatives en faveur des communautés locales. La décentralisation est
en effet au cœur de ce programme prioritaire et constitue une condition
critique pour la réussite de l'entreprise. De plus, la stratégie
globale du PAN-LCD/GRN entend accorder une importance capitale, d'abord
à l'organisation des populations en groupements ou en associations
d'intérêt, ensuite au renforcement des capacités de ces groupements
en matière d'environnement et de développement durable. Les femmes et
les jeunes, à cet égard, seront visés de façon toute particulière.
Les activités à réaliser devront concourir, d'une part à assurer la
sécurité foncière des paysannes et, d'autre part, à leur garantir un
plein accès aux ressources de base (eau, bois de feu, terre, etc.).
Par rapport aux jeunes l'engagement institutionnel de plus en plus
grand observé ces dernières années en faveur de cette composante
sociale, devra être poursuivi et concrétisé. Les actions à l'endroit
des jeunes sont encore peu importantes malgré leur mobilisation dans le
cadre du SNP et des opérations comme Sahel Vert et en dépit de la
place qu'ils doivent occuper pour la gestion de l'environnement et le développement
durable.
Mais puisque toutes ces considérations et beaucoup d'autres encore
ont déjà été rapportées dans les différents documents de
programmes et de projets cités ci-avant, le travail à effectuer par la
Commission technique mandatée par le CNEDD doit s'orienter surtout vers
une synthèse pratique et opérationnelle des différents travaux menés
à ce jour. Les approches sont connues et elles se recoupent. En somme,
compte tenu de toutes les informations déjà disponibles, le travail de
la Commission et des consultants consistera, entre autres, à systématiser
les besoins reconnus par les différents intervenants, à répertorier
les actions en cours, à identifier les priorités dans une perspective
globale (non plus sectorielle) et à l'échelle qui convienne et, enfin,
à proposer des moyens d'action réalistes qui tiennent compte des
capacités des populations de s'approprier les solutions proposées. En
fait, le premier programme prioritaire du PNEDD se consacrera à
l'assemblage de tout ce qui existe déjà, plutôt qu'à la recherche de
nouvelles solutions.
Les termes de référence pour l'élaboration du PAN/LCD – GRN
insistent encore sur le fait que celui-ci doit servir de lien avec le
Programme d'action sous-régional (PASR) et le Programme d'action régionale
(PAR) également prévus dans le cadre de la CCD.
PROGRAMME D'ACTION NATIONAL DE LUTTE CONTRE LA DÉSERTIFICATION
ET DE GESTION DES RESSOURCES NATURELLES (PAN/LCD – GRN)
| Objectifs généraux |
Orientations stratégiques |
Actions possibles |
| 1. Analyser et suivre les
facteurs qui contribuent à la sécheresse et à la désertification. |
1.1 Identifier les facteurs. |
1.1.1 Compléter le bilan diagnostic
environnemental (ex: réaliser le bilan diagnostic des
Ressources Naturelles (UTA/DE-PGRN)). |
| 1.2 Adopter des indicateurs de suivi. |
1.2.1 Mettre en place un Système de Suivi sur
l'Environnement (Système d'Information sur l'Environnement). |
| 2. Assurer une gestion durable des
ressources naturelles dans les terroirs. |
2.1 Adopter une approche participative d'aménagement
des terroirs. |
2.1.1 Parachever le cadre réglementaire et
vulgariser les textes juridiques sur les organisations de base
(loi portant statut des coopératives, loi sur le régime
juridique des structures locales de gestion des ressources
naturelles, etc.). |
| 2.2 Procéder au transfert des pouvoirs de décision
aux communautés de base (décentralisation) et rendre
effective leur responsabilisation. |
2.2.1 Favoriser l'émergence et/ou la
consolidation des organisations de base notamment les
organisations spécifiques de producteurs.
2.2.2 Accélérer la mise en œuvre de la décentralisation.
2.2.3 Favoriser l'établissement de relations transparentes
librement négociées entre les pouvoirs technico-administratifs
et les organisations de base (contrat / protocole / convention,
etc.). |
| 3 Organiser et faire participer les
populations rurales dans la gestion durable des ressources
naturelles. |
3.1 Promouvoir les associations (GIE, ONG, Coopératives,
OCB, etc.) et renforcer leurs capacités. |
3.1.1 Créer et/ou renforcer les structures
d'encadrement et de conseil aux organisations de base.
3.1.2 Doter les communautés rurales (CR) de moyens leur
permettant de gérer leur environnement. |
| 3.2 Assurer la sécurité foncière aux
producteurs et l'accès des femmes aux ressources et une
participation équitable à la gestion de ces ressources. |
3.2.1 Finaliser les textes d'application du Code
Rural et les mettre en œuvre .
3.2.2 Encourager l'émergence des organisations féminines et
promouvoir leurs activités génératrices de revenus.
3.2.3 Assurer les transferts d'information, de compétence et de
technologies en direction des femmes.
3.2.4 Mettre en place un Système d'information foncier
multi-usage (SIFOM) et un mécanisme efficace de gestion des
conflits. |
| 4 Améliorer la production rurale et
garantir sa durabilité. |
4.1 Restaurer et préserver le capital productif. |
4.1.1 Réhabiliter les terres dégradées en
conservant le caractère productif des écosystèmes.
4.1.2 Réhabiliter la zone pastorale en conservant le caractère
productif des écosystèmes.
4.1.3 Lutter contre les feux de brousse |
| 4.2 Améliorer les pratiques
agro-sylvo-pastorales. |
4.2.1 Promouvoir et vulgariser les technologies
endogènes, valoriser les connaissances locales.
4.2.2 Renforcer les capacités des services d'appui au monde
rural.
4.2.3 Diversifier et intensifier les productions
agro-sylvo-pastorales.
4.2.4 Vulgariser les technologies de conservation et de gestion
des eaux et des sols.
4.2.5 Promouvoir l'agro-foresterie.
4.2.6 Créer un cadre incitatif au développement de structures
de recherche-développement-formation (R/D/F).
4.2.7 Favoriser les échanges de technologie à travers la coopération
Sud-Sud. |
| 4.3 Spécialiser les régions dans les
productions agro-pastorales en respectant les vocations des
terres. |
4.3.1 Dresser la carte des potentialités et
contraintes pour les différents types d'activités dans les régions.
4.3.2 Élaborer des programmes de spécialisation des
productions agro-pastorales. |
| 4.4 Réaliser des infrastructures de soutien à
la production agro-pastorale. |
4.4.1 Réaliser des pistes de desserte pour désenclaver
les zones de production.
4.4.2 Construire des infrastructures de conservation, de
stockage et de transformation des produits. |
| 5. Améliorer les conditions de vie
des Communautés rurales. |
5.1 Améliorer la perception du caractère économique
des ressources naturelles auprès des communautés de base. |
5.1.1 Sensibiliser et informer les communautés
rurales sur tous les aspects de la LCD-GRN.
5.1.2 Développer l'entreprenariat rural.
5.1.3 Promouvoir des activités génératrices de revenu. |
| 5.2 Améliorer les conditions de vie et de
travail des femmes. |
5.2.1 Créer des activités génératrices de
revenu (unités artisanales, embouche etc.).
5.2.2 Alléger les tâches domestiques (moulins à grains,
moyens d'exhaure de l'eau). |
| 6 Assurer un financement adéquat des
activités prévues dans les différents programmes. |
6.1 Réfléchir sur un système de financement
adapté au programme. |
6.1.1 Réaliser des études sur le financement.
6.1.2 Favoriser l'émergence des opérateurs en matière
d'approvisionnement et de commercialisation.
6.1.3 Favoriser la mise en place du Fonds national de
l'environnement (FNE). |
| 6.2 Assurer une gestion transparente des moyens. |
6.2.1 Mettre en place des outils et techniques de
gestion opérationnelle et transparente. |
| 6.3 Faire de la participation financière des
populations une des conditionalités pour le financement des
actions de l'environnement. |
6.3.1 Mener des actions d'information sur le
financement de l'environnement.
6.3.2 Favoriser l'émergence de mécanismes de mobilisation des
ressources locales et initier les OCB aux négociations pour la
recherche de financement |