3. ÉLÉMENTS DE LA POLITIQUE ET STRATÉGIE EN MATIÈRE
D'ENVIRONNEMENT ET DE DÉVELOPPEMENT DURABLE
3.3.4. Actions à court terme
Le volet des actions à court terme s'inspire au départ du texte
même de la Convention sur la lutte contre la désertification (CCD).
Celle-ci suggère la mise sur pied de plans d'intervention d'urgence
pour renforcer les dispositifs de prévention et de gestion des
situations de sécheresse. Cette idée a été reprise et adaptée à la
situation particulière du Niger.
Contexte et bien-fondé
Telles qu'envisagées, les actions à court terme veulent tenir
compte du temps que demanderont la définition et la mise en œuvre des
programmes prioritaires qui sont au cœur de la stratégie . Même si
certains d'entre eux sont déjà en bonne voie de matérialisation
(schéma directeur des ressources en eau, PGRN, etc.), il n'en demeure
pas moins qu'il devra se passer encore plusieurs mois avant que les
travaux concrets aptes à résoudre les problèmes identifiés ne soient
entrepris et que les résultats escomptés ne soient effectivement
ressentis. Or, certaines situations critiques ont été portées à
l'attention des responsables du PNEDD par les populations lors des
différentes consultations régionales. Celles-ci demandent une
intervention immédiate pour empêcher que certains phénomènes ne
deviennent à toutes fins pratiques irréversibles ou exigent des
efforts trop considérables de la part de tous les intervenants (par
exemple l'aménagement de mares ou de cuvettes, la réalisation de
points d'eau, le traitement des koris, etc.). En somme, les actions à
court terme se veulent d'abord un tremplin pour certains programmes
prioritaires.
Par ailleurs, ces mêmes actions veulent également traduire
l'engagement réel du gouvernement et de ses partenaires au regard de
l'environnement. Trop souvent les plans nationaux ont-ils débouché sur
des actions trop longues à mettre en place qui, au moment de leur
démarrage, ne répondaient plus tout à fait aux besoins mis en
lumière lors de la planification des interventions. En lançant
d'entrée de jeu son volet d'actions à court terme, le PNEDD souhaite
donc affirmer toute l'importance que l'État entend accorder à ce plan
national pour l'environnement et le développement durable.
Dans ce contexte, et compte tenu de l'importance de cet outil
d'intervention dans la stratégie de mise en œuvre de la présente
politique nationale, il est déjà entendu dans la définition même du
volet des actions court terme, que celui-ci soit permanent,
c'est-à-dire qu'il se poursuive même après le lancement des
différents programmes prioritaires. Il sera bien évidemment appelé à
évoluer, mais il sera toujours nécessaire de pouvoir disposer d'un
outil d'intervention direct, souple et efficace qui permette de
répondre immédiatement à certains besoins pressants.
C'est pour bien marquer le caractère opérationnel immédiat des
actions à court terme qu'il a été décidé de présenter ce volet
dans un document séparé. Ce dernier, contient tous les détails
relatifs aux objectifs, aux modalités de fonctionnement, à l'ancrage
administratif et aux aspects budgétaires de l'opération. Malgré cette
présentation autonome, on comprendra que ce volet fait partie
intégrante du PNEDD et qu'il en constitue un des éléments
fondamentaux. Les paragraphes qui suivent fournissent quelques
informations supplémentaires relatives à ce volet particulier du
PNEDD.
Objectifs
Les actions à court terme visent, entre autres, à satisfaire trois
objectifs principaux :
- convaincre par le concret les populations de participer à la
sauvegarde de leur milieu et les encourager à s'investir dans les
actions d'envergure à moyen et long terme que proposeront les
programmes d'actions prioritaires;
- responsabiliser les populations face à la gestion de leur propre
environnement de manière à assurer la pérennité des
investissements réalisés;
- valoriser le savoir-faire endogène;
Concept
Le concept des actions à court terme est simple. Il s'agit de
petites opérations répondant aux besoins réels ressentis et exprimés
par les populations et s'inscrivant dans le cadre du PNEDD. Ces actions
doivent être conçues et réalisées par les populations elles-mêmes.
Il s'agira donc d'interventions qui auront recours à des technologies
simples et éprouvées facilement maîtrisables par les populations.
Elles seront préférablement orientées vers la protection ou la
restauration des ressources naturelles. D'autres types d'actions
pourront également être considérés dans la mesure où elles
s'accordent avec les orientations et les lignes directrices des
programmes prioritaires annoncées dans le PNEDD.
Des critères de sélection seront donc élaborés et diffusés
auprès des collectivités, des ONG et des associations de tous genres
qui sont en contact direct avec les populations. Ces regroupements
seront invités à formuler leur demande en complétant un formulaire
spécial qui permettra un traitement rapide de la requête. Les demandes
seront reçues et traitées par un comité de sélection présidé par
un représentant de la société civile. Ce comité relèvera d'une
structure autonome légère et efficace, elle-même placée sous la
responsabilité du SE/CNEDD. Cette structure sera essentiellement
chargée de la planification et de la gestion des activités du volet
dans son ensemble, de même que du suivi et de l'évaluation des
différentes actions mises en œuvre. Elle n'exécutera elle-même
aucune action urgente. Son rôle sur le terrain se limitera à faire
connaître le volet, à aider les demandeurs à préparer leur requête
et à suivre le déroulement des projets retenus et, bien entendu, à
mobiliser les ressources nécessaires.
L'essentiel du financement des actions devra être assuré par le
programme. Conformément aux orientations stratégiques du programme
PAN/LCD – GRN (voir chapitre 4), la population sera également
appelée à contribuer financièrement de manière à garantir la
pérennité des interventions réalisées. Les actions seront soumises
à un plafond budgétaire et devront être réalisées à l'intérieur
d'un calendrier facilement maîtrisable.
Selon l'importance du budget global qui sera alloué à la
réalisation du volet des actions à court terme, une partie du montant
disponible pourrait être distribuée de façon équitable entre chacune
des différentes régions du pays. Une seconde tranche pourrait être
réservée pour les spécificités régionales, alors qu'une troisième
tranche pourrait être disponible pour appuyer les meilleurs projets,
toutes régions confondues, de manière à créer une saine émulation
entre les régions. Les modalités définitives à cet égard seront
arrêtées par les responsables de la structure à mettre en place.
Il faut souligner enfin le risque que ce volet des actions urgentes
du PNEDD soit confondu avec le Système d'alerte précoce et de gestion
des catastrophes (SAP/GC) déjà en place dans le pays. Rappelons à cet
égard que tellesque conçues, les actions à court terme devraient
être lancées précisément pour éviter qu'un certain nombre de
catastrophes ne se produisent. Une bonne coordination entre les deux
programmes devrait être recherchée afin d'éviter tout recoupement ou
dédoublement des efforts sur le terrain.
On trouvera tous les détails relatifs à ce volet dans le document
intitulé Volet Actions à court terme du Plan national de
l'environnement pour un développement durable.
3.3.5. Programmes prioritaires
Les programmes prioritaires constituent la partie centrale du PNEDD.
Ce sont eux qui orienteront les actions à court terme ainsi que les
actions transversales décrites ci-après. Ce volet principal de la
stratégie regroupe six programmes qui trouvent leur justification dans
les enjeux reconnus précédemment et dans la dynamique des causes et
des effets mise en lumière dans l'analyse de la problématique
présentée au début de ce chapitre (voir section 3.1).
Les six programmes prioritaires sont les suivants :
- Programme d'action national de lutte contre la désertification et
de gestion des ressources naturelles (PAN/LCD – GRN)
- Programme eau et développement durable
- Programme énergie et développement durable
- Programme environnement urbain et cadre de vie
- Programme de gestion de la diversité biologique
- Programme changements et variabilités climatiques.
Les quatre premiers programmes sont majeurs et
structurants. En termes de planification stratégique (section 3.3.1),
il s'agit bien de programmes en environnement mais qui veulent aller
plus loin que la simple correction de situations critiques. L'approche
globale qu'ils proposent et la place qu'ils veulent faire aux
populations en font de véritables programmes de développement durable.
Certains de ces programmes sont déjà en voie de planification.
C'est le cas notamment du programme d'action national de lutte contre la
désertification et de gestion des ressources naturelles (PAN/LCD –
GRN), du programme eau et développement, de même que du programme
énergie. Les autres devront être mis en chantier au cours des mois qui
suivront l'adoption du PNEDD. Conformément à l'approche globale et
systémique suivie jusqu'à présent, il importe en effet d'entamer les
actions dès la première année de la mise en œuvre du plan national.
Tout retard important pourrait autrement compromettre la possibilité de
créer la synergie souhaitée entre les différents programmes
prioritaires et entre les divers intervenants.
Il importe de rappeler ici que la planification et la mise en œuvre
de ces différents programmes n'est pas du ressort du CNEDD. Comme on le
verra plus loin, le Conseil s'intéresse d'abord et avant tout à la
coordination et à l'efficacité des efforts à entreprendre en matière
d'environnement et de développement durable. Conformément aux
fondements de la politique, (section 3.2.1) la planification détaillée
relève ainsi des départements ministériels et de leurs partenaires de
la société civile, des ONG et du secteur privé.
Les deux derniers programmes prioritaires qui portent sur la
diversité biologique et les changements climatiques, sont également
importants. Mais leurs effets sur les populations risquent, à court
terme, d'être moins structurants que ceux des quatre premiers
programmes. Ils n'en demeurent pas moins essentiels pour le Niger qui
est partie prenante des grandes conventions internationales sur la
biodiversité et les changements climatiques.
Programme d'action national de lutte contre la désertification et
de gestion des ressources naturelles (PAN/LCD – GRN)
Ce premier programme s'intéresse directement à la question centrale
de la pérennité du capital-ressources. Il veut arrêter la
dilapidation de ce capital et, si possible, contribuer à sa
reconstitution là où le potentiel le permet.
Ce programme principal hérite d'une longue tradition où se sont
affrontées deux visions distinctes : l'une axée sur la lutte contre la
désertification et l'autre sur la gestion des ressources naturelles. La
première a surtout permis de mettre au point un ensemble d'outils et de
techniques d'aménagement pour lutter contre les manifestations les plus
évidentes de la désertification. La seconde, issue de l'expérience de
la première, a voulu mettre l'accent sur la responsabilisation et la
participation des populations à la gestion de leur terroir et aux
décisions qui les concernent.
La préparation de la CCD a permis de faire un bilan complet des
actions passées et de revoir le concept même de lutte contre la
désertification. L'approche que revendique maintenant la Convention
accorde une place centrale à la population. Elle milite en faveur d'un
nouveau partage des pouvoirs entre les différents intervenants et
appelle à une nouvelle définition des rôles et responsabilités. La
Convention ne fait pas de la lutte contre la désertification une fin en
soi. Elle vise des objectifs beaucoup plus larges, faisant plutôt de
cette lutte un volet essentiel du développement durable dans les pays
touchés.
Les deux visions s'étant considérablement rapprochées, le PNEDD
propose de fusionner la lutte contre la désertification et la gestion
des ressources naturelles dans un seul et même programme. L'appellation
retenue renvoie aux exigences de la Convention qui souhaite que tous les
pays touchés signataires préparent un programme d'action national
(PAN) dans lequel on identifiera les «facteurs qui contribuent à la
désertification et les mesures concrètes à prendre pour lutter contre
celle-ci et atténuer les effets de la sécheresse». (CCD, article 10).
C'est ainsi que le programme de lutte contre la désertification et
de gestion des ressources naturelles poursuit les objectifs suivants:
- analyser et suivre les facteurs qui contribuent à la
sécheresse et à la désertification;
- assurer une gestion durable des ressources naturelles et des
terroirs;
- organiser et faire participer les populations rurales dans la
gestion durable des ressources naturelles;
- améliorer la production rurale;
- améliorer les conditions de vie des communautés rurales;
- assurer un financement adéquat des activités prévues dans les
différents programmes.
Les travaux du PAN/LCD – GRN ont déjà débuté. D'une part, des
actions concrètes ont été entreprises depuis longtemps dans le cadre
des deux programmes séparés. D'autre part, le processus d'élaboration
du PAN/LCD – GRN est lancé. Une Commission technique au sein du CNEDD
a été mise en place et le processus de recrutement des spécialistes
qui feront le travail est en route. Le chapitre 4 fournit toutes les
précisions nécessaires relatives à ce programme prioritaire
structurant.
Programme eau et développement durable
Bien que ce programme concerne également les ressources naturelles
et qu'il aurait pu être intégré dans le large programme PAN/LCD –
GRN, il a été convenu d'en faire une entité autonome en raison de
l'importance stratégique que revêt l'eau au Niger.
Dans l'ensemble du Sahel, la grande question de l'eau constitue un
thème intégrateur fondamental. Elle est associée à la santé humaine
et animale, à la productivité des terres agricoles et des terres de
pâture, à l'habitat et à l'assainissement du milieu, à l'énergie et
aux ressources halieutiques. L'aménagement du territoire et les
pratiques de gestion propres aux différentes ressources naturelles
reconnaissent par ailleurs le bassin-versant comme unité écologique de
référence pour caractériser le milieu. Et cette notion dépasse
largement les limites géographiques du pays. Pour toutes ces raisons,
le PNEDD a donc tenu à élaborer un programme particulier pour l'eau
qui jouisse du premier niveau de priorité, plutôt que d'en faire une
simple composante d'un programme qui aurait poursuivi simultanément
d'autres objectifs.
Le Schéma directeur de mise en valeur et de gestion des ressources
en eau du Niger a été approuvé par l'État en 1993. Actualisé en
1997, ce dernier constitue la pierre angulaire du programme eau et
développement durable. Les principaux objectifs que poursuit ce
programme sont les suivants :
- améliorer la connaissance du potentiel hydraulique et de ses
possibilités d'exploitation;
- satisfaire les besoins en eau des populations et améliorer leur
environnement;
- mobiliser les ressources en eau en vue de sécuriser les
différentes productions;
- améliorer la connaissance du potentiel hydraulique et des
possibilités de son exploitation;
- améliorer le cadre juridique et institutionnel.
Programme énergie et développement durable
Le programme prioritaire de l'énergie constitue l'un des piliers du
PNEDD. La grande question de l'énergie est en effet au cœur des problèmes
du Niger en matière de développement et d'environnement (voir figure
4). L'impact direct du prélèvement du bois-énergie sur les ressources
ligneuses entraîne toute une cascade de difficultés environnementales
qui, au bout du compte, contribuent à la dégradation généralisée
des terres et à la désertification du pays. Le programme prioritaire
vise donc fondamentalement à résoudre deux problèmes, à savoir
comment rationaliser la gestion du bois-énergie, d'une part, et comment
parvenir à développer des sources d'énergie alternatives qui
permettent de satisfaire aux besoins domestiques et industriels toujours
plus importants que commande le développement du pays, d'autre part.
Au regard de la première question, le programme veut s'inscrire dans
la continuité de certains travaux entrepris depuis plusieurs années
(projet énergie - volet offre). On continuera ainsi à développer des
modes de gestion et d'intervention qui tiennent compte à la fois de la
capacité productive du milieu, de l'ensemble des différentes fonctions
que jouent les formations végétales au regard des autres composantes
naturelles et humaines de l'écosystème, de même que des divers usages
qu'en font les populations.
La seconde question, beaucoup plus large fournira l'occasion de
dresser le bilan des potentiels du Niger en matière d'énergie. Il
s'agira d'examiner chacune des différentes filières possibles pour la
production d'énergie électrique (filière hydraulique et thermique) en
tenant compte bien sûr des critères techniques, économiques et
environnementaux habituels, mais dans la perspective également des
ententes convenues lors de la Conférence de Kyoto (décembre 1997). Le
programme s'intéressera également ici aux sources d'énergie
alternatives, notamment l'énergie solaire et éolienne.
Tel qu'indiqué dans le chapitre 4, les objectifs du programme
énergie sont les suivants :
- améliorer la sécurité en matière d'énergie et assurer une
gestion intégrée des différentes ressources énergétiques;
- assurer une gestion rationnelle du bois-énergie;
- accroître l'utilisation de sources d'énergie alternatives au
bois-énergie;
- élaborer des mesures d'accompagnement pour faciliter l'adoption
de technologie nouvelles.
Programme environnement urbain et cadre de vie
Le programme environnement urbain et cadre de vie s'adresse
directement aux populations. Il porte principalement sur l'aspect
assainissement du milieu et s'intéresse en particulier aux problèmes
de pollutions et nuisances. Il envisage l'aménagement urbain dans une
perspective de complémentarité avec le milieu rural.
La question de l'urbanisation est relativement récente au Niger. On
a vu précédemment que les villes connaissaient cependant une
croissance importante et que les tendances actuelles permettent de
croire que près de 30% de la population du Niger habiteront les centres
urbains à l'horizon de l'an 2000.
Par ailleurs, le rétrécissement de l'espace vital qui caractérise
le Niger commande que l'on planifie dès maintenant l'aménagement des
villes, non pas d'une manière réactive, mais de façon pro-active.
Dans le contexte actuel, la réduction de la pression sur le milieu et
la sécurisation du capital-ressources semblent en effet devoir passer
par l'aménagement des villes et par la dynamisation économique de
celles-ci. De «centres d'accueil» qu'elles sont actuellement pour les
populations qui ne trouvent plus leur subsistance dans les campagnes de
plus en plus pauvres, elles doivent progressivement opérer leur
mutation en pôles de développement et devenir de véritables
débouchés pour les producteurs ruraux.
Or, le cadre de vie en milieu urbain est difficile. Les populations
généralement pauvres qui gagnent la ville s'installent sans moyens
dans des quartiers périphériques où les infrastructures et les
équipements font défaut. Les problèmes d'assainissement sont
omniprésents et la qualité de vie en souffre considérablement.
Le programme Environnement urbain et cadre de vie veut contribuer à
changer cette situation. Il s'inscrit en complémentarité avec celui de
la lutte contre la pauvreté qui s'intéresse déjà à la création
d'entreprises et d'emplois et au développement économique des villes.
Il entend ainsi prendre en charge un certain nombre d'éléments qui ont
trait à l'assainissement du milieu et au contrôle des pollutions et
nuisances. Il veut profiter du fait que la situation est encore
maîtrisable pour commencer dès maintenant à véritablement prendre en
charge la croissance des villes et des activités urbaines.
Du point de vue rural, le programme entend également s'intéresser
aux centres principaux pour s'assurer que les solutions locales aux
problèmes de pollutions et nuisances soient efficaces et durables à
l'échelle où ils se manifestent. L'optique sera ici celle de la santé
et du risque environnemental. Les efforts porteront par conséquent sur
la réduction et le contrôle des vecteurs de maladies, et,
conséquemment, sur l'amélioration du cadre de vie des populations
touchées.
Tel qu'envisagé, le programme environnement urbain et cadre de vie
poursuit essentiellement deux objectifs principaux :
- assurer une meilleure maîtrise de la croissance urbaine;
- améliorer le cadre de vie des populations urbaines et rurales;
- Programme de gestion de la diversité biologique.
La Convention sur la diversité biologique a été adoptée en juin
1992 lors de la Conférence des Nations-Unies sur l'environnement et le
développement (CNUED). Le Niger l'a signée à la même date et l'a
ratifiée en juillet 1995. Les objectifs ultimes de cette convention
sont : (1) la conservation de la diversité biologique, (2)
l'utilisation durable de ses éléments et (3) le partage juste et
équitable des avantages découlant de l'exploitation des ressources
génétiques grâce, notamment, à un accès satisfaisant à ces
ressources et à un transfert approprié des techniques pertinentes.
Tirant les leçons de ses expériences et pour honorer ses
engagements, le Niger a obtenu du Fonds pour l'Environnement Mondial
(FEM) un appui financier pour élaborer sa stratégie nationale et son
plan d'action en matière de diversité biologique dans le cadre de la
mise en œuvre de la Convention.
L'objectif principal de l'activité habilitante est d'aider le
Conseil national de l'environnement pour un développement durable
(CNEDD) et le Gouvernement du Niger à élaborer une stratégie
nationale assortie d'un plan d'action en matière de diversité
biologique (SNPA-DB). Celle-ci déterminera l'état actuel, les
pressions existantes, les options et les actions prioritaires à
entreprendre aux fins d'assurer la conservation, l'utilisation durable
et le partage juste et équitable des avantages de la diversité
biologique du pays. Le projet s'appuiera sur les connaissances
existantes pour élaborer la SNPA-DB par un processus de planification
participative et de consultation des parties prenantes. Cette activité
aidera également le Niger à faire face à ses obligations au titre de
la Convention sur la diversité biologique en préparant son premier
rapport du pays à la Conférence des Parties. La SNPA-DB constituera
une composante du PNEDD. Elle sera élaborée en étroite relation avec
le programme d'action national de lutte contre la désertification et de
gestion des ressources naturelles (PAN/LCD-GRN).
Programme changements et variabilités climatiques
La Convention cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques
a été adoptée lors de la Conférence de Rio. Son objectif principal
est de stabiliser la concentration de gaz à effets de serre dans
l'atmosphère à un niveau suffisamment bas pour éviter les influences
anthropiques sur le climat terrestre. En devenant Partie de ladite
Convention et après l'avoir ratifiée en juillet 1995, le Niger, comme
tout pays partie, a pris les engagements suivants :
établir, mettre à jour périodiquement, publier et mettre à
disposition de la Conférence des Parties à la Convention un inventaire
national des émissions par source et de l'absorption, par puits, des
gaz à effet de serre non réglementé par le Protocole de Montréal;
élaborer une stratégie nationale, formuler, exécuter, publier et
mettre à jour régulièrement des programmes et projets visant à
atténuer les changements climatiques en contribuant à réduire les
émissions et en accélérant l'absorption des gaz à effet de serre non
visés par le Protocole de Montréal, ainsi que des mesures propres à
faciliter l'adaptation aux changements climatiques.
communiquer à la Conférence des Parties des informations liées à
l'application de la Convention, conformément à l'article 12.
Le programme sur les changements et les variabilités climatiques sera
élaboré en étroite relation avec le programme majeur sur l'énergie
et le développement durable.
3.3.6. Actions d'accompagnement
Le troisième volet de la stratégie est conçu comme un volet
transversal. Il complète le volet des programmes prioritaires en
proposant différentes interventions qui doivent soutenir les actions
prévues dans le cadre des programmes majeurs. Jusque dans une certaine
mesure, il doit même les précéder, puisqu'il vise notamment à mettre
en place les conditions favorables pour le plein développement de ces
programmes.
Le volet des actions d'accompagnement se résume à un programme
central de développement des capacités dans le domaine de
l'environnement (DCE). Celui-ci compte trois composantes principales :
- une composante renforcement des institutions gouvernementales et
non gouvernementales dans le domaine de l'environnement;
- une composante information, éducation , communication en
environnement;
- une composante suivi de l'environnement et système d'information
environnemental (SIE)
La problématique du Niger en matière d'environnement et de
développement durable a reconnu au nombre des causes de la situation
difficile que vit le pays, certains grands facteurs déterminants
rattachés à l'attitude des populations, à celle des institutions qui
les regroupent ou les représentent, ainsi qu'au cadre juridique dans
lequel ils évoluent. Par ailleurs, il a aussi été mentionné
précédemment que l'approche sur laquelle s'appuie la présente
stratégie (voir section 3.3.3) accorde une importance capitale à
l'information, mais aussi à l'efficacité de la circulation de celle-ci
entre les différents intervenants chargés de la gestion de situations
critiques, comme c'est ici le cas. Enfin, on a fait de l'approche
globale (systémique) le premier des principes devant guider la
politique nigérienne en matière d'environnement et de développement
durable (voir section 3.2.3).
Or, tel qu'entendu dans la définition qu'en donne l'OCDE (voir
section 3.3.1), le développement des capacités dans le domaine de
l'environnement permet d'aborder l'ensemble de ces questions de manière
cohérente et unifiée. Il s'agit en fait d'un processus plutôt qu'un
produit qui, en s'appuyant précisément sur une approche globale,
entend favoriser la meilleure prise en compte des liens qui unissent les
composantes du milieu, les intervenants et les institutions.
Renforcement des institutions gouvernementales et non
gouvernementales dans le domaine de l'environnement
Considérant la situation actuelle du Niger en matière
institutionnelle, cette première composante s'impose d'elle-même.
D'une part, les institutions gouvernementales sont mal outillées pour
prendre en compte les questions environnementales qui les concernent.
D'autre part, la société civile arrive difficilement à s'organiser
pour participer valablement à la mise en œuvre de la stratégie. Les
organisations non gouvernementales (ONG) et les autres formes de
regroupement privé sont encore fragiles et ont de la peine à démarrer
leurs activités. Il est donc difficile, voire impossible pour elles de
jouer le rôle fondamental qui leur revient en matière de gestion de
l'environnement.
Le renforcement institutionnel devra donc distinguer entre
différentes clientèles. D'une part, on retrouvera celle qui aura la
charge de coordonner l'ensemble du processus national découlant de la
mise en œuvre du PNEDD. D'autre part, il y aura toutes les autres
(publiques et privées) qui ont comme responsabilité d'intégrer les
préoccupations environnementales dans leurs politiques, programmes et
projets respectifs.
Information, éducation et communication en environnement(IEC)
En ce qui a trait à l'information, à l'éducation et la
communication, les besoins sont multiples et variés. Le programme vise
donc simultanément plusieurs objectifs. Il se préoccupera d'abord de
faire connaître le PNEDD et ses différentes composantes de manière à
s'assurer de la plus grande participation possible de l'ensemble des
intervenants à la préparation des programmes prioritaires.
Par ailleurs, chacun de ces programmes comportera vraisemblablement
ses propres exigences en matière d'information, d'éducation et de
communication. Or, compte tenu de la complémentarité des programmes
prioritaires entre eux et de l'importance de formuler des messages
clairs et cohérents à l'intention du public en général, le programme
transversal IEC jouera un rôle de coordination essentiel en matière de
diffusion de l'information environnementale (volet communication). Les
moyens auxquels il devra avoir recours devront permettre de toucher
toutes les couches de la société dans chacune des différentes
régions du pays.
Au plan de l'éducation en environnement, le programme sera
principalement dirigé vers les jeunes. Il les visera à travers le
réseau formel de l'éducation aux niveaux primaire et secondaire, mais
également en utilisant des moyens particuliers pour toucher les jeunes
qui ne fréquentent pas l'école.
Au-delà des jeunes, le programme devra atteindre les adultes
travailleurs et les intéresser à la question de l'environnement au
moyen de formations sur mesure adaptées aux contraintes qui leur sont
propres (temps de formation, accessibilité pour les non scolarisés,
etc.).
Suivi environnemental et système d'information
L'approche globale et l'intégration des préoccupations
environnementales dans l'ensemble des décisions et des actions
demandent une gestion de l'information performante qui livre les bonnes
données au bon moment et selon des standards reconnus. Ces informations
doivent être déterminées à l'avance en fonction des objectifs
poursuivis et des résultats à atteindre. Elles doivent être
consignées dans des bases de données facilement accessibles que des
systèmes d'information spécialisés permettent d'extraire et
d'analyser en fonction de la nature du problème à solutionner.
Dans ce contexte, les systèmes d'informations dont il est ici
question doivent aller bien plus loin que l'accumulation et la
centralisation de données disparates relatives aux différents aspects
de l'environnement. Elles doivent être dorénavant standardisées et
complètement compatibles entre elles d'où la nécessité de convenir
au départ de la toponymie officielle, des nomenclatures propres à
chaque information géocodée, des formats d'échange et de toute autre
norme encore qui permette la meilleure circulation possible de
l'information entre les différents utilisateurs éventuels. On aura
compris ici que la facilité d'échange de l'information constitue en
soi une valeur recherchée, presqu'aussi importante que l'information
elle-même. Et cet échange ne sera possible que dans la mesure où tous
les utilisateurs s'entendent au préalable sur l'utilisation
systématique d'une même référence géographique (base cartographique
standard).
Or, selon les arrêtés ministériels actuels, le suivi
environnemental et l'évaluation des résultats du PNEDD incombent à la
structure chargée de sa mise en œuvre. Concrètement, cette structure
doit pouvoir participer à la planification des opérations à
entreprendre dans le cadre du PNEDD, suivre et appuyer par des conseils
ou des informations pertinentes la réalisation des opérations prévues
et, finalement, évaluer les progrès accomplis.
C'est notamment pour répondre à ce mandat qu'il sera nécessaire de
mettre en place un système national d'information sur l'environnement
(SIE). Celui-ci impliquera deux grandes catégories d'acteurs qui
devront apprendre à travailler d'une manière différente ensemble.
D'une part, on retrouvera les organisations qui ont une tradition de
producteurs d'informations, comme l'IGNN et plusieurs ministères
sectoriels qui disposent de données précises sur les ressources et le
territoire qu'ils doivent contribuer à mettre en valeur de façon
durable (MHE, MAG/EL). D'autre part, on aura les utilisateurs de ces
informations, ceux qui travaillent à la planification des opérations
ou qui sont carrément impliqués dans leur exécution sur le terrain
(C/GRN, ONG, etc.).
Or, comme les coûts d'acquisition de telles informations sont
élevés, les producteurs ne pourront plus générer les données comme
ils avaient l'habitude de le faire, c'est à dire en fonction d'un
programme d'acquisition plus ou moins interne qui les amenait à
collecter des informations pour leurs besoins particuliers. Ces
informations étaient ensuite mises à la disposition des utilisateurs,
qui devaient du reste s'en contenter.
La dynamique sera dorénavant toute autre et elle exigera que les
différents intervenants coordonnent davantage leurs activités. Le
coût des programmes d'acquisition des données devra être partagé par
les différents utilisateurs qui devront donc s'entendre au préalable
sur les caractéristiques des informations à acquérir. Dans ce
contexte, le PNEDD aura vraisemblablement un rôle important à jouer
précisément au chapitre de la coordination entre tous les
intervenants.
La préparation d'un tel programme exigera une longue réflexion et
elle devra s'appuyer sur un nécessaire consensus qu'il faudra
obligatoirement trouver.
