PLAN NATIONAL DE L'ENVIRONNEMENT POUR UN DEVELOPPEMENT DURABLE

2. BILAN-DIAGNOSTIC DE LA SITUATION DU NIGER EN MATIÈRE D'ENVIRONNEMENT ET DE DÉVELOPPEMENT DURABLE

2.2. Contexte socio-économique

2.2.1. Structures administratives et population

La loi n° 96-05 du 6 février 1996, réorganise le territoire nigérien en créant des régions divisées en départements, eux-mêmes subdivisés en arrondissements et communes. Les régions, les départements et les communes sont érigées en collectivités territoriales. La loi 96-06 du 6 février 1996, détermine quant à elle les principes fondamentaux de la libre administration des collectivités territoriales.

En attendant les textes d'application des lois ci-dessus mentionnées dans le cadre de la politique de décentralisation, le territoire nigérien se trouve toujours structuré selon les dispositions de la réforme administrative intervenue en juillet 1964 et qui l'organise en départements (ou préfectures), arrondissements (ou sous-préfectures), communes urbaines et rurales. Au terme de cette réforme, seuls les arrondissements (qui peuvent comporter des postes administratifs) et les communes (qui peuvent être érigées en villes à la condition d'avoir au moins 25.000 habitants), sont considérés comme des collectivités territoriales, c'est-à-dire des entités administratives disposant d'un budget propre, réparti en un budget de fonctionnement et un budget d'investissement.

Il existe actuellement, en 1998, sept départements considérés comme des régions, une communauté urbaine (Niamey) (de statut équivalent aux départements et créée en 1988), 36 arrondissements et 21 communes (18 urbaines et 3 rurales).

Au recensement général de la population de 1988, le Niger comptait 7,2 millions d'habitants. Le taux annuel d'accroissement qui était évalué à 2,77 % lors du recensement de 1977, serait passé dans l'intervalle à 3,32 %, ce qui permet d'estimer la population à 9,2 millions d'habitants en 1997, soit plus de trois fois son niveau de 1960 (2.876.000 habitants). Il s'agit donc d'une population qui croît rapidement. Les projections de la Direction de la population la situent à près de 10 millions en l'an 2000, 11,4 millions en 2005, 13 millions en 2010 et 16,3 millions en 2020.

Cette croissance exceptionnellement élevée, l'une des plus fortes d'Afrique où le taux moyen est de 2,9% l'an, est d'abord due à l'amélioration des conditions sanitaires qui ont entraîné une baisse significative du taux de mortalité au cours des trente dernières années (25°/oo au début des années 60, contre 20°/oo actuellement). Mais elle est surtout le résultat d'une forte natalité (52°/oo ) et d'un taux synthétique de fécondité élevé (7,1). De ce fait le temps de doublement de la population est de plus en plus réduit. Il est passé de 25 ans dans les années 60, à 22 ans dans les années 70-80, et à 19 ans actuellement. Néanmoins, les taux de mortalité infantile et juvéno-infantile demeurent toujours élevés (respectivement 123 et 318°/oo), et l'espérance de vie à la naissance est relativement faible (48 ans contre 51 en moyenne pour l'Afrique et 63 ans pour l'ensemble du monde).

Composée en majorité de personnes de sexe féminin (50,2%) et de jeunes (50% environ de la population a moins de 15 ans), la population nigérienne est répartie entre huit groupes socio-linguistiques, dont deux, les Haoussa et les Songhaï-Zarma forment près de 80% des effectifs. Ces groupes socio-linguistiques islamisés dans une proportion de plus de 95% partagent des valeurs communes dans leurs rapports avec les questions d'environnement, de même qu'en matière de gestion de l'espace en général et d'accès aux ressources naturelles en particulier. La plupart les considèrent comme gratuites et en usent sans se soucier apparemment des conséquences néfastes de leur comportement sur l'épuisement accéléré de ces ressources.

Agriculteurs et/ou éleveurs pour la plupart, les Nigériens se répartissent en sédentaires et nomades. Toutefois, la proportion de ces derniers qui était de 15% dans les années 60 est en baisse continue (moins de 10% actuellement), à la suite notamment des sécheresses récurrentes qui ont profondément bouleversé les habitudes de vie et qui ont amené de nombreux nomades à se sédentariser, soit en milieu rural, soit dans les centres urbains.

La population nigérienne est très inégalement répartie sur le territoire. Les trois quarts de la population restent concentrés dans les zones méridionales au sud du 16ème parallèle sur le quart environ de la superficie totale du pays. La densité moyenne est de 6 hab/km2. Toutefois, comme le tableau 4 l'indique, les densités varient de moins de 1 hab/km2 dans le département d'Agadez où vivent 3% des habitants, à 34,7 hab/km2 dans celui de Maradi (19% de la population en 1988) où certains secteurs surpeuplés peuvent atteindre jusqu'à 80 hab/km2.

La population se répartit inégalement aussi entre les villes, (17,7 % de la population en 1993 contre 13 % en 1977 et à peine 5 % en 1960) et les campagnes (82,3 % en 1993). Si la tendance actuelle se maintient, on estime que 25 à 30 % des Nigériens seront des citadins à l'horizon de l'an 2000.

En tout cas, les effectifs de la population et les modifications sensibles qui affectent sa répartition spatiale, posent un sérieux problème d'adéquation avec les niveaux de la production agricole qui sont non seulement en baisse continue, mais enregistrent également des déficits céréaliers structurels de plus en plus importants (voir section sur l'agriculture).

Tableau 5: Population, Superficie et Densité par Département

Département Population Superficie (km2) Densité ( hab/km2)
Agadez 205 232 627 080 0,33
Diffa 187 230 147 017 1,27
Dosso 1 018 058 31 740 32,07
Maradi 1 363 228 39 219 34,76
Tahoua 1 306 048 106 397 12,28
Tillabéry 1 322 949 91 521 14,46
Zinder 1 409 417 146 170 9,64
C.U Niamey 391 569 402 974,00
Niger 7 204 631 1 189 546 6,06

Source: Données du Recensement général de la population, 1988.

 Ces chiffres sont approximatifs. Ils n'ont aucune valeur juridique. Néanmoins, les densités moyennes qu'ils expriment sont très près de la réalité.

La population nigérienne est très mobile. Cette mobilité qui s'effectue au plan interne et externe, a des conséquences importantes sur la répartition géographique et, de ce fait, au niveau de la pression exercée sur les ressources naturelles.

Les migrations internes se font généralement des campagnes vers les centres urbains et plus particulièrement vers Niamey, la capitale, ainsi que vers les centres secondaires miniers du nord, tels que Arlit, Akokan et Tchirozérine. La croissance des effectifs de ces villes est largement influencée par un important courant migratoire en provenance des régions méridionales. On observe aussi ces dernières années, que les mouvements migratoires sont également plus vigoureux en direction, d'une part, des autres centres secondaires du pays, et d'autre part, des zones rurales à fortes potentialités. Cela laisse apparaître ainsi, dans le cas des migrations urbaines, une inversion de la tendance jusqu'alors observée et selon laquelle le mouvement se faisait presque exclusivement au profit des grands centres comme Niamey. De plus, il a été observé d'intenses mouvements migratoires préférentiels entre Niamey et les villes d'Agadez, Dosso, Diffa, Tillabéry et Tahoua.

Les migrations externes, contrairement aux migrations internes, concernent davantage les hommes que les femmes. Celles-ci sont plutôt impliquées dans les migrations internes. Les migrations internationales concernent surtout des jeunes. Les plus nombreux proviennent essentiellement des milieux à très faibles potentialités et à tradition migratoire comme le département de Tahoua. Les migrations internationales qui sont surtout dirigées vers les pays côtiers de la sous-région, se font de plus en plus vers la Libye, et l'Arabie Saoudite. Par ailleurs, ces déplacements d'ordre historique et liés surtout à des contraintes socio-économiques - mais qui peuvent être conjoncturels - génèrent des revenus importants qui n'ont malheureusement pas induit une transformation notable des systèmes de production.

Face aux défis majeurs que pose la satisfaction des besoins fondamentaux de la population, le Gouvernement élabora en 1992, une Politique nationale de population dont l'objectif est de parvenir à une maîtrise de la croissance démographique et des flux migratoires, afin de les ajuster aux conditions d'un développement économique visant une amélioration qualitative substantielle des niveaux de vie notamment en milieu rural. Les objectifs globaux de cette politique visent :

l'amélioration du cadre de vie des populations;
l'amélioration de la rentabilité du système éducatif;
l'amélioration de la situation des couches sociales les plus défavorisées et les plus vulnérables, en particulier les femmes et les jeunes.
Quant aux objectifs spécifiques, ils concernent:

l'adoption du planning familial comme moyen privilégié pour réguler les naissances, dans le respect de l'identité culturelle des populations;
la mise en œuvre d'actions visant l'amélioration de la santé maternelle et infantile;
la prise en compte de la dimension sanitaire et éducative des questions environnementales dans les actions de développement par l'amélioration de la couverture sanitaire et la lutte contre certaines maladies à prévalence élevée;
le relèvement du taux de scolarisation toujours bas (29%) avec un accent particulier sur la scolarisation des jeunes filles;
le développement d'une politique de sensibilisation et de formation des populations par l'intermédiaire des médias et l'alphabétisation des adultes;
la poursuite de la stratégie de désenclavement des différentes régions par le développement des voies de communication.

2.2.2. Agriculture, élevage et foresterie

Politiques nationales sectorielles

Les premiers éléments de la politique agricole d'ensemble du Niger, sont contenus dans la circulaire no 25 du 30 juin 1922 de l'administrateur des Colonies, Commissaire du Gouvernement Général, adressée aux Commandants des Cercles. Il s'agissait déjà à l'époque et en résumé:

  • d'utiliser au maximum les ressources aquifères et fourragères du pays;
  • d'étudier et introduire un outillage à l'extension des cultures et l'intensification des résultats en envisageant notamment l'utilisation du bétail dans les travaux agricoles;
  • de réagir contre la monoculture et de recommander les cultures intercalaires;
  • de réagir contre les feux de brousse et de pratiquer un reboisement intensif d'espèces locales, de multiplier les dattiers et de déterminer des zones de réserve et des zones de reboisement autour des villages;
  • de favoriser la création de marchés libres pour l'écoulement des produits et de créer des greniers de réserve pour l'alimentation et les semailles.

En 1925, le même administrateur convenait que la mise en valeur du pays signifie obligatoirement le développement des ressources naturelles et leur exploitation intensive.

Les stratégies de développement de l'agriculture ainsi définies, seront celles qui prévaudront jusqu'à l'indépendance en 1960. Depuis, les objectifs en la matière n'ont guère varié. Il s'agit d'accorder la priorité au développement du secteur rural par des actions visant l'amélioration des conditions de vie des populations à travers notamment l'augmentation des productions afin d'atteindre l'autosuffisance alimentaire.

Les méthodes d'intervention en matière de développement rural de la période post indépendance peuvent être regroupées selon trois grandes périodes: de 1960 à 1972, de 1972 à 1983 et de 1984 à nos jours.

De l'indépendance à 1972, le souci majeur consistait, à travers une planification centralisée et une stratégie de développement sectorielle placée dans le cadre de perspectives décennales de développement économique et social, à créer les conditions optimales du développement du secteur rural. Ceci devait se réaliser non seulement au moyen d'un encadrement de proximité des populations - par le développement du mouvement coopératif et l'institution d'une vigoureuse politique d'animation - mais également grâce à un accroissement des productions, notamment le mil et la principale culture d'exportation, l'arachide.

La très longue période de sécheresse débutée en 1965-66 et qui atteindra son paroxysme en 1973, va bouleverser les stratégies de développement du secteur agricole sans que le cadre conceptuel de planification qui les sous-tend en soit modifié pour autant. Ainsi, de 1973-1974 à 1982, et grâce à un environnement financier favorable induit essentiellement par l'accroissement des ventes d'uranium, d'une part, et des avantages offerts par les marchés financiers internationaux, d'autre part, la politique de développement rural sera fondée sur une approche productiviste sectorielle conduite dans de grands projets dont l'une des caractéristiques principales est le recours à des "paquets technologiques."

La nouvelle stratégie montra tôt ses limites d'autant plus qu'à partir de 1983, le pays s'engage dans une longue et difficile phase de récession économique qui perdure encore. Une nouvelle réflexion sur les politiques de développement rural est alors conduite à travers des séminaires, ateliers et débats nationaux. On retiendra ici le séminaire sur les stratégies d'intervention en milieu rural (Zinder,1982), le débat national sur la lutte contre la désertification (Maradi,1984) - dont les résultats sont consignés dans le document connu sous le nom de l'Engagement de Maradi - le débat national sur l'élevage (Tahoua,1985) - qui a donné lieu à un plan d'action pour l'élevage - et enfin, l'atelier sur les stratégies de développement de l'élevage dans la zone pastorale (Niamey,1986).

Ces réflexions ont conduit globalement à une réorientation de l'approche de la politique de développement rural, dont l'objectif principal reste l'autosuffisance alimentaire, vers une approche plus intégrée fondée sur:

  • la participation des populations à la conception des actions de développement,
  • la restauration et la préservation de l'environnement,
  • l'adoption de l'approche terroir dans les actions de développement,
  • la création d'un environnement économique et juridique plus incitatif.

Cette nouvelle approche s'est traduite dans les faits par l'adoption, en août 1992, d'un cadre institutionnel cohérent que sont les Principes directeurs d'une politique de développement rural. Ses grands axes concernent plus particulièrement:

  • la gestion des ressources naturelles;
  • l'organisation du monde rural par la participation des populations et la modification du rôle de l'État;
  • la sécurité alimentaire;
  • l'intensification et la diversification des productions;
  • le financement des activités rurales;
  • l'élaboration et la mise en œuvre d'une politique démographique et d'aménagement du territoire.

Les politiques contenues dans ce document seront confirmées et complétées en 1997 par un programme de relance économique s'appuyant prioritairement sur le secteur rural. Ses objectifs principaux visent la satisfaction des besoins alimentaires des populations notamment par la gestion durable des ressources naturelles et la mise en œuvre de réformes touchant le monde rural, ainsi que par l'amélioration de leur niveau de vie grâce à l'accroissement de leurs revenus.

Agriculture

La part de l'agriculture dans la formation de la richesse nationale est en baisse constante du fait d'une évolution très défavorable des conditions dans lesquelles elle se pratique : elle est ainsi passée de 35,3 % du PIB en 1961, à 22,5 % en 1980, et à seulement 18,6 % en 1991. Le potentiel des terres cultivables représentait en 1984 à peine 15% de la superficie du Niger. Ce potentiel est très inégalement réparti entre les régions du pays comme l'illustre le tableau 6.

Tableau 6: Répartition des terres cultivables par département

Département Superficie totale
(ST) (km2)*
Superficie cultivable
(ha)
Rapport SC/ST
(%)
Agadez 627.080 72.000 0,11
Diffa 147.017 299.500 2,03
Dosso 31.740 2.511.540 79,12
Maradi 39.219 2.670.990 68,10
Tahoua 106.397 2.292.492 21,54
Tillabéry 91.683 4.485.901 48,92
Zinder 146.170 5.538.800 37,89
Niamey-ville 240 1.000 4,16
Total 1.189.546 17.881.223 15,03

Source: Comme dans le tableau 5, les superficies sont celles déterminées par le RGP de 1988 elles n'ont pas valeur officielle.

Dans les faits, seulement un quart des terres sont en culture. Le reste se répartit entre les jachères(60%) - dont le potentiel diminue de façon inquiétante du fait de la pression démographique et du caractère extensif de la production - et les réserves de terres(15%), également en phase de réduction accélérée. Ainsi, la FAO a estimé en 1993, qu'au cours de ces dernières années, quelque 70 000 à 80 000 ha de nouvelles terres ont été annuellement consacrées aux activités agricoles au détriment des forêts et de l'élevage.

L'agriculture nigérienne est essentiellement une agriculture pluviale à laquelle sont affectées chaque année près de 99% des superficies cultivées. Sa contrainte majeure réside dans la disponibilité insuffisante de l'eau au moment de certaines phases critiques du cycle végétatif des plantes cultivées, les attaques parasitaires et le manque d'intrants.

Les cultures vivrières, céréalières notamment (mil, sorgho, riz et maïs), constituent les bases de la production. C'est à elles que profite l'accroissement des superficies cultivées qui sont passées de 3 291 000 ha en 1979, à 3 500 000 ha en 1984 et à près de 7 000 000 ha en 1994, selon les rapports annuels du service de l'agriculture.

L'emprise des superficies cultivées reflète les transformations structurelles lentes mais notables qui interviennent dans des systèmes de production qui sont de plus en plus dominés par la pratique de l'association des cultures. Les légumineuses (niébé et arachide essentiellement) - dont la production est destinée surtout à l'exportation - sont en effet associées aux principales cultures vivrières. Le coton, les tubercules(manioc) et les cultures maraîchères et fruitières complètent le tableau des productions agricoles. Les très faibles performances enregistrées par l'agriculture sont le résultat d'une situation générale marquée par différents facteurs dont les suivants:

  • la persistance du caractère extensif des systèmes agraires;
  • la baisse des rendements;
  • les coûts élevés de production et par conséquent la très faible compétitivité des produits;
  • le faible niveau des prix aux producteurs et l'absence de structures efficaces de commercialisation et d'approvisionnement en intrants;
  • les faibles performances du système de recherche notamment en matière de vulgarisation.

Les productions baissent en conséquence, exacerbant la question persistante de la sécurité alimentaire que même la politique constante d'autosuffisance alimentaire, à travers ses différentes approches et actions, n'est pas parvenue à annihiler.

Tel que le tableau 7 l'indique, les bilans céréaliers accusent depuis 1984 des déficits chroniques importants.

Élevage

Il se pratique au Niger deux types principaux d'élevage: l'élevage sédentaire, en zone agricole; et l'élevage en zone pastorale. Ce dernier est pratiqué par des populations rompues aux exigences de différents systèmes pastoraux que sont le nomadisme et la transhumance.

La disponibilité et l'accès à l'eau et les pâturages sont les deux contraintes principales de l'élevage nigérien. Elles dépendent toutes deux directement des pluies. Par ailleurs, la mauvaise répartition des ouvrages d'hydraulique pastorale sur l'ensemble du territoire entraîne la surexploitation de certains pâturages, tandis que d'autres sont pratiquement inexploités.

Tableau 7: Évolution de la production et du bilan céréalier (en millier de tonnes)

Année Population (1.000) Production Production
Disponible
Besoins Excédent
Ou déficit
1982 5.954 1.699,7 1.444,7 1.429,0 +15,7
1983 6.151 1.705,2 1.449,4 1.476,2 -26,8
1984 6.355 1.063,1 903,6 1.525,2 -621,6
1985 6.565 1.839,2 1.563,3 1.575,6 +12,3
1986 6.783 1.825,2 1.551,4 1.627,9 -76,5
1987 7.008 1.431,9 1.217,1 1.681,9 -464,8
1988 7.240 2.384,3 2.026,7 1.737,6 +289,1
1989 7.480 1.493,1 1.269,1 1.795,2 -526,1
1990 7.728 1.398,2 1.188,5 1.854,7 -666,2
1991 7.924 2.321,0 1.972,9 1.990,8 -17,9
1992 8.280,9 2.173,8 1.847,7 2.080,5 -232,7
1993 8.583,6 2.079,4 1.767,5 2.162,6 -395,1
1994 8.891,9 2.566,7 2.181,7 2.216,1 -34,4
1995 9.485,0 2.093,3 1.769,1 2.295,4 -526,3
1996 9.288,6 2.261,0 1.906,5 2.229,8 -323,3

Source: Service des statistiques agricoles, Ministère de l'Agriculture et de l'Élevage.

Le cheptel nigérien est principalement constitué de caprins, d'ovins, de bovins et de camelins. Le tableau 8 donne l'évolution du cheptel pour certaines années repères.

Tableau 8: Évolution des effectifs du cheptel national (en millier de têtes)

Année Bovins Ovins Caprins Camelins Asins+Équins
1965 4 100 2 630 6 000 360 475
1970 4 000 2 700 6 000 345 570
1973 2 200 1 800 5 300 285 488
1975 2 508 2 129 5 395 253 544
1981 3 419 3 188 7 118 399 758
1983 3 524 3 448 7 478 322 745
1984 1 649 2 071 3 757 - 355
1987 1 495 2 676 4 314 352 456
1990 1 711 3 097 4 970 349 514
1995 2 994 4 206 7 414 379 837

Source: Annuaires statistiques du service de l'élevage.

Jusqu'en 1973, les politiques étatiques en matière d'élevage ont été axées sur l'amélioration de l'état sanitaire du cheptel par la lutte contre les épizooties (vaccinations gratuites) et la conduite d'une politique d'hydraulique pastorale dominée par la construction de forages équipés de stations de pompage. Le résultat fut l'accroissement des effectifs jusqu'au début des années 70 et, conséquemment, l'augmentation de la charge pastorale souvent sans rapport avec les capacités du milieu.

Avec la sécheresse de 1973, les politiques étatiques ont été dominées par les efforts de reconstitution du troupeau. Avec le Plan d'action de Tahoua, les stratégies en matière d'élevage finirent par prendre en compte les aspects environnementaux et la capacité de charge du milieu.

La part de l'élevage dans la formation du PIB, est en baisse constante (20,7% du PIB en 1961, 17,1% en 1975, 16,5% en 1984, et seulement 12,8% en 1991). Cela à cause naturellement des faibles performances structurelles du sous-secteur, mais également à cause des effets désastreux des sécheresses récurrentes qui déciment régulièrement le troupeau national depuis une trentaine d'années.

Le sous-secteur de l'élevage s'est adapté à cette situation par une modification notable de la composition des troupeaux. Les camelins et les caprins qui résistent plutôt bien à la sécheresse sont en effet de plus en plus nombreux. On observe également un transfert des effectifs de la zone pastorale vers les régions méridionales agricoles mieux pourvues, mais également plus peuplées.

Foresterie

Les politiques nationales en matière de foresterie ont évolué depuis trois décennies d'une attitude conservationniste vers une stratégie de lutte contre la désertification et la gestion intégrée de l'ensemble des ressources naturelles. C'est dans ce cadre qu'a d'abord été élaboré un Plan national de lutte contre la désertification (PNLCD), puis un Projet de gestion des ressources naturelles(PGRN).

Entre 1982 et 1989, il a été procédé à un inventaire des ressources forestières du Niger, à l'exception du département d'Agadez. Cela a permis d'estimer globalement les ressources forestières à 16 millions d'hectares, soit 11 600 000 ha de terres forestières marginales et 440 000 ha de terres forestières aménageables.

Les forêts nigériennes sont soumises à une forte pression anthropique et animale et subissent par ailleurs les conséquences des sécheresses récurrentes. Leur production est très faible (0,1 à 1,5 stères/ha/an). Les populations tirent en effet 87% de leurs besoins énergétiques du bois prélevé sur les formations forestières surexploitées. Cela représente un volume pouvant varier entre 1,5 et 2 millions de tonnes par an. L'approvisionnement des populations urbaines représente quelque 12 % de la demande globale du pays.

La gestion de cette situation préoccupante, caractérisée par l'amenuisement des ressources (d'ores et déjà le capital productif est entamé), a conduit à l'élaboration et à la mise en œuvre de mesures visant à réduire les effets négatifs sur l'environnement.

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Dernière mise à jour:  23-08-04


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