PLAN NATIONAL DE L'ENVIRONNEMENT POUR UN DEVELOPPEMENT DURABLE

2. BILAN-DIAGNOSTIC DE LA SITUATION DU NIGER EN MATIÈRE D'ENVIRONNEMENT ET DE DÉVELOPPEMENT DURABLE

2.1.4. Ressources hydriques et approvisionnement en eau

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, le Niger, pays sec, dispose d'abondantes ressources en eau, surtout souterraines. Le problème essentiel demeure l'accessibilité à ces ressources dont les conditions d'exploitation ne permettent pas de satisfaire, dans les conditions optimales, les besoins des populations, du cheptel, de l'agriculture et de l'industrie.

Les eaux de surface, dont la répartition est très inégale sur le territoire national, relèvent principalement des écoulements ayant pour siège deux bassins principaux: le bassin occidental et le bassin oriental dont la ligne de démarcation est constituée approximativement par la falaise de Tiguedit, au sud de l'Aïr.

Dans le bassin du Niger occidental, les écoulements les plus importants concernent essentiellement ceux du fleuve Niger lui-même et ceux de ses sept affluents de rive droite dont l'écoulement saisonnier est lié aux pluies d'hivernage.

Dans le bassin du Niger oriental, les eaux de la Komadougou Yobé, rivière semi-permanente qui fait frontière avec le Nigéria, viennent se déverser dans le lit du Lac Tchad. Lorsque la Komadougou est en eau, la progression de l'onde hydrique et son premier passage dans les villages nigériens riverains constitue toujours un épisode socio-culturel et économique très attendu et de grande importance parce qu'il est synonyme de vivification et de reprise des activités de la pêche et des cultures maraîchères.

Par ailleurs, les eaux de surface se concentrent aussi dans des systèmes d'écoulement épisodique liés aux précipitations atmosphériques. C'est le cas des Dallols de l'Ader Doutchi, Maggia, de la Tarka, des Goulbis, des Koramas et de l'Aïr. Une partie des eaux superficielles se retrouve enfin dans les mares permanentes (Tabalak, (région de Tahoua), Madarounfa (région de Maradi)) et dans les mares saisonnières.Le tableau synthétique n°4 ci-dessous donne la situation des écoulements moyens des principaux cours d'eau du pays.

Tableau 4: Ecoulements moyens annuels des principaux cours d'eau du pays

Cours d'eau

Station

Ecoulement moyen annuel (millions de m3)
Niger Niamey + 32.400 (période 1929-1969)
+ 21.900(période 1970-1996)
Gorouol Algongui 322
Sirba Garbé Kourou 697
Mékrou Barou 923
Komadougou Bagara 501
Zermou Zermou 9
Goulbi de Maradi Nielloua 218
Maggia Doguéraoua 71
Teloua Azel 21

Source: Ministère de l'Hydraulique et de l'Environnement - DRE

Le volume d'eau annuellement charrié et disponible dans les différentes unités hydrographiques est estimé à quelque 31 milliards de m3 dont 29 milliards relèvent du seul bassin du fleuve Niger. La diminution constante du débit du fleuve Niger induit des étiages de plus en plus sévères compromettant ainsi l'alimentation en eau des populations et du cheptel, l'irrigation, ainsi que les activités industrielles concentrées dans la vallée.

Le Ministère de l'Hydraulique et de l'Environnement (MHE) estime que moins de 1% du potentiel des eaux de surface est actuellement exploité. Par ailleurs, il faut également signaler que dans la majeure partie du pays, l'eau de surface facilement accessible provient de cours d'eau prenant généralement leur source dans les pays voisins et dont la gestion échappe totalement au contrôle des pouvoirs publics nigériens en dépit de l'existence d'organismes sous-régionaux de coopération comme l'Autorité du bassin du fleuve Niger (ABN).

En ce qui a trait aux eaux souterraines, elles constituent l'essentiel des ressources hydriques du Niger et, par conséquent, la première source d'approvisionnement en eau. À l'instar des eaux de surface, elles relèvent de deux grands bassins, à savoir le bassin du Niger occidental, qui englobe le sous-bassin des Ouilliminden, et le bassin du Niger oriental.

Les eaux souterraines se trouvent à des profondeurs dépassant généralement (60 m), sous forme de nappes libres ou de nappes sous pression. Elles peuvent être continues ou discontinues et exploitées par pompage à motricité humaine.

Par ailleurs, selon les séries stratigraphiques dans lesquelles elles sont contenues, les nappes peuvent être distinguées en nappes renouvelables, lorsqu'elles sont alimentées par les eaux d'infiltration, et en nappes non renouvelables lorsqu'elles sont emprisonnées dans des réservoirs relevant parfois de systèmes d'artésianisme.

Les écoulements annuels souterrains représentent annuellement 2,5 milliards de m3 alors que les ressources hydriques non renouvelables, estimées à quelque 2000 milliards de m3, sont peu exploitées. Compte tenu de la profondeur où elles se trouvent leur mobilisation représente des coûts importants.

Les eaux souterraines sont exploitées au moyen de puits traditionnels ou modernes, de forages ou de forages-puits.En matière d'hydraulique villageoise, le Schéma directeur des ressources en eau évalue à 9 300 le nombre de points d'eau moderne exécutés entre 1980 et 1990.La couverture nationale des besoins en eau est ainsi passée dans la période indiquée, de 30 à 59%. Toutefois, cette couverture est très inégale selon les régions où elle varie de 35 à 68 %.

Dans le domaine de l'hydraulique urbaine, des efforts significatifs ont été réalisés ces dernières années. Ils ont permis d'ajouter 98 nouveaux réseaux d'approvisionnement aux 38 déjà existants. Le traitement des eaux pose cependant un problème de plus en plus important, surtout pour les centres alimentés à partir des prélèvements dans le fleuve Niger, pendant l'hivernage. Certaines agglomérations sont aussi concernées en raison de la pollution ou des risques de contamination des nappes.

En ce qui a trait à l'hydraulique pastorale, les efforts consentis dès les années 60 ont permis la mise en place d'une infrastructure considérable. Ainsi, à la fin des années 80, le Niger pouvait compter sur plus de 1160 points d'eau pastoraux inégalement répartis sur le territoire, dont 140 forages. Malgré ces efforts, l'hydraulique pastorale se heurte à d'énormes difficultés de gestion de ces infrastructures et à la dégradation de l'environnement autour de plusieurs points d'eau.
Concernant enfin l'hydraulique agricole, on estime le potentiel des terres irrigables à quelque 270 000 ha. L'irrigation a été surtout développée dans la vallée du fleuve Niger, la vallée de la Maggia et la vallée de la Komadougou-Yobé. On y compte aujourd'hui 13.460 ha de terres aménagées en maîtrise totale de l'eau.

Ces superficies pourraient être considérablement augmentées si les différents aménagements dont on parle depuis longtemps sur le fleuve Niger - et plus particulièrement le barrage de Kandadji - étaient réalisés. Toutefois, les coûts élevés de ces infrastructures les rendent difficilement compétitives par rapport à la petite irrigation qui continue de se révéler plus accessible.
Les conditions bio-géographiques, climatiques et hydro-géologiques déterminent la nature et l'importance des activités économiques, rurales notamment. Au nombre de celles-ci, l'agriculture, l'élevage et la foresterie ont un impact important en matière d'environnement.

2.1.5. Ressources fauniques et aires protégées.

En dépit du caractère désertique du pays, le Niger possédait il y a une trentaine d'années d'importantes et très diversifiées ressources fauniques terrestres et aquatiques.

Les politiques étatiques mises en œuvre dans le domaine de la faune et de l'aménagement des espaces cynégétiques, ont consisté essentiellement en la protection de certaines espèces fauniques et floristiques, au classement sous forme de forêts ou de réserves de certaines portions du territoire, et à l'interdiction périodique de la chasse dès 1964 (la mesure devint définitive en 1972). C'est dans le cadre de cette politique que les 220 000 ha du Parc national du W, ont été érigés d'abord en aire protégée dès 1925, puis en réserve totale de faune en 1953. La réserve du W est contiguë à deux réserves tampon, soit la réserve de Tamou (75 000 ha) et la réserve partielle de faune de Dosso (306 000ha). C'est dans la même perspective que les 76 000 ha de la réserve de Gadabéji ont été classés comme tels en 1955.

En 1988, la Réserve naturelle nationale de l'Aïr et du Ténéré, du fait de l'importance de sa richesse et de sa diversité biologique, fut reconnue comme telle sur 7,7 millions d'hectares englobant la Réserve naturelle intégrale dite Sanctuaire des Addax qui couvre 1,2 millions d'hectares. Cette décision apparaît ainsi pratiquement comme le seul acte de classement opéré depuis l'indépendance hormis la réhabilitation de huit gommeraies.

Malheureusement, la dégradation des conditions climatiques de ces dernières années, l'extension des superficies agricoles, le braconnage et les feux de brousse ont eu des répercussions négatives sur cet important patrimoine faunique et floristique du pays ; celles-ci se sont traduites par :
une réduction importante du nombre d'espèces (dont dix espèces de poissons) et la réduction des aires de distribution; la disparition totale (au Niger) de certaines espèces animales dont l'oryx, la panthère et la loutre à joues blanches.

Mais en dépit de cet appauvrissement de la diversité biologique, le potentiel faunique reste encore relativement riche. Dans le seul Parc du W, on compte en effet quelque 150 espèces de mammifères, environ 312 espèces d'oiseaux et au moins 150 espèces de reptiles et d'amphibiens
Concernant plus précisément les ressources halieutiques, les fluctuations et la dégradation du régime pluviométrique ont entraîné une importante réduction de la superficie des plans d'eau de près de 300.000 ha entre 1974 et 1984. Le lac Tchad notamment s'est entièrement retiré du territoire nigérien. En outre, l'envasement des cours d'eau et la prolifération de la jacinthe d'eau, en modifiant les habitats, ont gravement affecté leur potentiel productif et fait passer la production de poisson par exemple de 15 000 à 20 000 tonnes en moyenne dans les années 70, à moins de 2 000 tonnes au début des années 90. Cependant, les autorités ont entrepris des actions de promotion de l'aquaculture pour compenser les baisses de production.

vers le chapitre precedent retour à la page d'accueil vers le chapitre suivant

 Page d'accueil > Implementation > Documents > PNEDD > Chapitre 214-215 Ressources Hydriques et Fauniques

Dernière mise à jour:  23-08-04


© 2003. Participer à la vie du centre d'échange en contactant:
Mme MANOU IDI Aï
Téléphone: (227)-72.25.59
Fax: (227)-72.29.81
Contactez nous