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Projet de stratégie et de plan d'action national
sur la diversité biologique
Thème 5: Ressources agricoles
5.1 Agriculture
5.2. Élevage et ressources
pastorales
5.1 Agriculture
Problématique
En Mauritanie, l'agriculture est fortement tributaire de la situation géographique
du pays. Les terres arables (pluviales, décrues, oasis et irriguées) ne
représentent que 502 000 ha. Le potentiel irrigable du pays est de
137.000 ha dont seulement 33.600 sont actuellement aménagés et consacrés
à la production intensive du riz, le reste étant occupé par le maraîchage.
Le potentiel en pluvial varie entre 5 000 ha, les années de faible
pluviosité, et 220 000 ha.
En zone oasienne, la composante agricole repose essentiellement sur le
palmier dattier. L'agriculture oasienne, traditionnellement irriguée, a
joué, au cours de son évolution, un rôle social particulièrement
important, ayant permis la sédentarisation des populations locales. Elle
a récemment évolué vers une activité économique à grande valeur
ajoutée.
Dans l'ensemble, les productions agricoles ne couvrent que 40% des besoins
alimentaires de la population. Le déficit est structurel et le pays est
importateur net de produits alimentaires.
Le secteur rural tient une place importante dans l'économie, occupant
environ 60% de la population et contribuant pour plus de 22% à la
formation du PIB, soit environ 16 milliards d'Ouguyas en 1997.
L'agriculture proprement dite contribue à elle seule 4,7% du PIB.
Face au rétrécissement des superficies cultivables consécutif aux différentes
sécheresses et à la mauvaise gestion des terres, bon nombre de
ressources phytogénétiques essentielles à la sécurité alimentaire et
au développement futur de l'agriculture sont aujourd'hui menacées. Parmi
celles-ci figurent des espèces qui fournissent les cultures vivrières de
base.
L'agrobiodiversité en Mauritanie est menacée à plusieurs égards:
- disparition progressive de plantes sauvages importantes pour
l'alimentation et d'espèces sauvages endémiques apparentées à des
plantes cultivées ;
- concentration de la production alimentaire autour d'un nombre réduit
de céréales cultivées et d'espèces sauvages apparentées;
- absence de mesures adéquates de protection des cultivars et des
semences;
- absence de programmes nationaux en matière de formation agricole;
- pression démographique entraînant l'exploitation de sols pauvres ;
- salinisation des terres agricoles causée par la mauvaise gestion des
niveaux d'eau des milieux humides;
- mauvaise gestion des pesticides et engrais;
- non valorisation des connaissances et des pratiques agricoles
traditionnelles;
- faible intégration de l'agriculture, du pastoralisme et de
l'exploitation des ressources ligneuses
Dans la Guidimakha, zone de très grand potentiel agricole, un tiers
des sols sont affectés par l'érosion hydrique qui y est particulièrement
sévère. La zone est affligée par un manque de main d'œuvre et une
production agricole stagnante, de vastes superficies étant laissées en
friche. La sous-exploitation de cette région est causée en grande partie
par son enclavement qui rend difficile l'acheminement des productions vers
les marchés urbains.
Objectifs
- Intégrer aux programmes et politiques agricoles existants des
considérations sur la protection et la mise en valeur de la
biodiversité.
- Élaborer, et appliquer des méthodes et des techniques améliorées
qui réduisent les effets néfastes de l'agriculture sur
l'environnement et permettent de maintenir l'intégrité de l'écosystème
du sol et de la biodiversité.
- Assurer la sécurité alimentaire et promouvoir le développement et
la diversification de la production agricole sans épuiser les
ressources ni dégrader l'environnement.
- Valoriser le potentiel agricole dans les zones sous-exploitées.
- Promouvoir la domestication et la valorisation des espèces
sauvages.
- Assurer la protection de la diversité agrobiologique nationale.
- Adopter une approche plus intégrée de la gestion du pastoralisme,
de l'agriculture, de la pêche et des ressources forestières.
Options stratégiques
- Diversifier la production par la combinaison de cultures irriguées,
de cultures de décrue, de cultures pluviales, de l'élevage et de la
pêche.
- Suivre, améliorer et étendre les réformes en cours en vue
d'encourager les investissements privés et l'intervention des opérateurs
privés dans le secteur agricole.
- Diversifier les activités rurales dans les zones de cultures
pluviales. Par exemple, valoriser Nymphaea lotus et Oryza
barthii comme plantes aquatiques alimentaires et Sporobolus
robustus comme plante à valeur artisanale (fabrication des
nattes).
- Favoriser l'intégration des activités de production agricoles et
d'élevage (zones humides, oasis et parcours pastoraux) par la mise en
place de mesures de gestion participatives.
- Promouvoir la recherche et le développement de technologies adaptées
au besoin spécifique de chaque filière.
- Promouvoir les cultures oasiennes (en particulier l'arboriculture
fruitière).
- Mener des campagnes de sensibilisation et de formation des
populations locales sur l'application de normes d'aménagement et de
mise en valeur agricole, la lutte contre les effets néfastes du vent,
le suivi phytosanitaire, la protection des végétaux et la protection
de l'environnement.
- Dans la région de Guidimakha, appuyer une production agricole
respectueuse de l'environnement (assurer la protection du couvert végétal
et des zones boisées), protéger les sols contre l'érosion et
favoriser l'accès aux marchés urbains.
- Promouvoir les échanges d'informations agricoles au niveau local,
national et international.
- Assurer aux techniciens agricoles une formation sur les méthodes de
collecte et de conservation des ressources phytogénétiques locales.
Actions en cours
- Projet Oasis (financé par le FIDA et le FADES), dont la deuxième
phase vient de débuter.
- Programme de développement intégré de l'agriculture irriguée en
Mauritanie (PDIAIM), dont le démarrage est imminent.
- Projet de vulgarisation des semences traditionnelles
- Projet de gestion des ressources naturelles en zones pluviales
(PGRNP) (Banque mondiale).
- Gestion intégrée des ressources naturelles de l'Est mauritanien
(GIRNEM).
- Plan de développement intégré de la vallée du Sénégal (OMVS).
Actions envisagées
- Programme de diversification des cultures
- Valorisation des espèces, variétés et cultivars adaptées aux
conditions locales
- Identification de nouvelles variétés à fort potentiel agricole
- Promotion de l'agroforesterie et des systèmes de brise-vent
- Intégration de l'agriculture, de l'élevage et de la pêche
- Formation technique et sensibilisation
- Programme d'appui à la conservation des variétés cultivées (voir
section 1.3)
5.2. Élevage et ressources
pastorales
Problématique
L'élevage est très important dans l'économie nationale puisqu'il
représente 80% du PIB du secteur agricole. La Mauritanie compte un
cheptel considérable composé de 1.320.000 bovins, 1.140.000 chameaux,
10.332.000 moutons et chèvres, 225.000 ânes et 63.000 chevaux. Ce
cheptel est réparti dans trois zones d'élevage dont la plus importante
est le Sud-Est (les deux Hodhs et Assaba) avec 64% du cheptel bovin, 49%
des ovins et caprins et 40% du cheptel camelin. La deuxième zone est le
Sud-Ouest (Guidimakha, Gorgol, Brakna et Trarza) avec 37% du cheptel
bovin, 44% du cheptel ovin et caprin et 22% du cheptel camelin. Le Nord du
pays (Tagant, Adrar, Inchiri Tiris Zemmour) constitue la zone d'élevage
la moins importante avec 3% des bovins, 7% des ovins et caprins et 38% du
cheptel camelin.
Cet élevage est aujourd'hui confronté à de nombreuses contraintes:
- il est fortement dépendant des aléas climatiques;
- l'environnement est gravement menacé par le surpâturage notamment
autour des points d'eau dans les zones de concentration du cheptel;
- l'intégration insuffisante de l'agriculture et de l'élevage avec
pour conséquence la perte de fumier naturel et l'utilisation incomplète
des sous-produits dans l'alimentation du bétail;
- la faible productivité des animaux levés;
- la production de fourrage en irrigué est pratiquement inexistante;
- la faible industrialisation malgré l'existence récente de quelques
unités de transformation de lait et aliments concentrés pour bétail
- l'enclavement des zones de production;
- l'insuffisance opérationnelle des service de recherche, de formation
et de vulgarisation (la recherche en matière de zootechnie a été
particulièrement négligée dans le passé);
- le manque de financement des activités liées à l'élevage (absence
de crédit pour l'élevage);
- le fonctionnement du secteur de l'élevage en dehors du circuit économique
(non réglementé);
- la faible capacité organisationnelle des éleveurs propriétaires et
des pasteurs (bergers).
La croissance future de ce secteur passera par un renouvellement du
mode de gestion des ressources renouvelables et une intégration totale de
l'élevage aux autres activités agricoles tenant compte des considérations
environnementales.
Objectifs
- Améliorer et affiner les connaissances du cheptel et de ses
performances.
- Prendre en compte la diversité et les potentialités respectives
des grandes zones agro-écologiques dans la gestion des troupeaux.
- Promouvoir l'adoption des pratiques axées sur le développement
durable de l'élevage au moyen de la recherche vétérinaire, de la
formation et du transfert de technologies.
- Encourager les éleveurs à mieux utiliser les nouvelles pratiques vétérinaires.
- Trouver un équilibre entre les intérêts des pasteurs
traditionnels et des propriétaires modernes de cheptel
- Introduire des techniques améliorées de gestion des parcours.
- Adopter une approche plus intégrée de la gestion du pastoralisme,
de l'agriculture et des ressources forestières.
Options stratégiques
- Promouvoir des systèmes d’exploitation écologiquement sains et
moins prédateurs sur l’environnement à travers une meilleure
responsabilisation des éleveurs.
- Favoriser la conservation et l'enrichissement des pâturages.
- Assurer une meilleure surveillance zoo-sanitaire tenant en compte
aussi bien les animaux domestiques que la faune de façon à mieux
conserver la biodiversité animale.
- Identifier les animaux standards de chaque race.
- Identifier et encadrer les éleveurs des différentes races dans
leurs berceaux d'origine.
- Étudier le potentiel et les caractéristiques génétiques des différentes
races d'animaux élevés en Mauritanie.
- Améliorer le potentiel de production par la technique de sélection
à noyau ouvert.
- Conserver selon les moyens disponibles (par in-situ ou ex-situ ou
les deux à la fois) les races considérées en voie de disparition,
comme c'est le cas du mouton maure à poils longs.
- Procéder à un inventaire et à la mise en place d'un système de
suivi des pâturages et des ressources sylvo-pastorales.
- Sensibiliser les populations à une meilleure gestion du
pastoralisme (prévention des feux de brousse, utilisation des
parcours, gestion des points d'eau, etc.).
- Valoriser l'utilisation et la commercialisation des sous-produits de
l'élevage (cuir, peaux, poils, onglons, cornes, sang, etc.).
Actions en cours
- Programme d'appui aux associations pastorales (Coopération française)
- Projet de gestion des ressources naturelles pour l'agriculture
pluviale (Banque mondiale)
- Projet des services agricoles (Banque mondiale)
- Projet PARC (Lutte contre la peste bovine et peri-pneumonie
contagieuse bovine) (CEE)
- Projet pour le développement intégré de l'agriculture irriguée
en Mauritanie (Banque mondiale, en cours de négociation)
Actions envisagées
- Programme de promotion pour un élevage durable
- Organisation de foires d'élevage (présentation des différentes
races)
- Diffusion d'information sur les bonnes pratiques d'élevage (tenue
des parcours, méthodes de sélection des animaux)
- Transactions de géniteurs
- Cueillette d'informations sur les éleveurs de races performantes
- Conservation ex situ des races et variétés d'animaux d'élevage
d'importance nationale (voir thème 1.3)

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