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Projet de stratégie et de plan d'action national
sur la diversité biologique
Thème 2: Ressources fauniques
Problématique
La Mauritanie compte une faune riche et diversifiée. Le territoire
national accueille en particulier la plus forte concentration d'échassiers
du monde et des millions d'oiseaux migrateurs y séjournent pendant
l'hiver. Les milieux humides du pays constituent des haltes migratoires ou
des aires d'hivernage de première importance pour ces oiseaux. Outre la
sauvagine et les autres oiseaux migrateurs, on rencontre des populations résidentes
d'outardes, de pintades, de francolins, de gangas, etc. L'autruche est également
présente dans certaines zones localisées et d'accès difficile.
Parmi les mammifères on peut citer la gazelle à front roux, la gazelle
dorcas (dans des endroits isolés), le mouflon à manchettes, les hyènes,
l'oryctérope, les damans, le porc-épic, l'écureuil, le phacochère, le
cynocéphale, le singe patas, le chacal, le fennec, les chats sauvages, le
lièvre, le hérisson, etc.
Parmi les reptiles, on peut mentionner la tortue terrestre, la vipère, la
couleuvre, le varan, le boa et le python.
Les eaux territoriales, très poissonneuses (cf. thème 3), abritent une
petite population de phoques moines et sont fréquentées
occasionnellement par quelques espèces de cétacés.
La majorité de ces espèces, quelles soient rares ou abondantes, font
l'objet d'un braconnage incontrôlé qui met en péril la survie de
plusieurs d'entre elles. Seule la chasse à la sauvagine et au phacochère
est autorisée sous réserve d'une délivrance d'un permis sportif de
petite chasse. Les quotas et les périodes sont déterminés annuellement
par un arrêté ministériel. Le contrôle de la chasse se bute à un
manque de personnel, à une déficience des moyens d'intervention et à un
arsenal juridique inadéquat.
D'autres causes ont aussi joué dans la disparition de la faune: i) la
peste bovine, qui a décimé les effectifs de certaines antilopes; ii)
l'implantation des villages, qui a perturbé les routes migratoires de
certains animaux; iii) les campagnes d'éradication des animaux considérés
nuisibles au moyen de battues ou d'appâts à la strychnine; iv)
l'abattage par les agriculteurs des phacochères et des singes qui
endommagent leurs cultures; v) les pratiques de feux de brousse.
Par ailleurs, la désertification causée par l'assèchement climatique et
le surpâturage des animaux domestiques a contribué à la disparition de
la faune sauvage. Dans les zones humides aménagées, la gestion des
niveaux d'eau ne tient pas toujours compte des besoins de la faune
sauvage.
Les informations précises sur la faune sauvage terrestre sont quasi
inexistantes. Seules quelques données sporadiques qualitatives peuvent être
trouvées dans certains rapports techniques. Des inventaires relatifs aux
oiseaux migrateurs sont réalisés sur une base périodique par le Réseau
de dénombrement et de suivi des zones humides.
Objectifs
- Renforcer les connaissances actuelles sur l'état des populations
animales, leur tendance démographique, leurs habitats préférentiels,
et leur niveau d'exploitation.
- Définir les méthodes effectives de gestion de la faune basées sur
la détermination des quotas et des périodes d'exploitation en vue
d'une utilisation durable de la ressource.
- Impliquer les communautés locales dans la gestion et l'exploitation
des ressources fauniques.
- Adopter des mesures législatives et réglementaires définissant
les rôles et devoirs de la populations en vue d'enrayer les mauvaises
pratiques d'exploitation de la faune.
Options stratégiques
- Réaliser des inventaires périodiques des ressources fauniques
d'intérêt économique.
- Accentuer la lutte anti-braconnage et assurer la protection et la
surveillance de la faune (terrestre et aquatique) en impliquant les
populations locales.
- Élaborer et mettre en place des projets intégrés de conservation
de la faune.
- Encourager la pisciculture en appuyant les coopératives comme la
coopérative féminine de Bacao tout le long du fleuve et niveau des
lacs (Aleg, Mal, R'Kiz) et mares (Mahmouda, Kankossa et autres…).
- Mener des activités de recherche pour une meilleure connaissance du
patrimoine faunique de Mauritanie.
- Adapter les textes juridiques existants à la réalité du terrain
de manière à favoriser une gestion participative des ressources
fauniques par les populations locales.
- Favoriser la prise en charge progressive de la protection et de la
gestion de la faune par les populations riveraines. (Révision du code
de la protection de la faune afin de conférer aux communautés
locales, aux ONG et aux associations de conservation et de chasse un
contrôle accru sur les ressources fauniques).
- Sensibiliser et former les population locales sur la nécessité de
protéger la faune.
- Intégrer le processus de dénombrement national des oiseaux
nicheurs agrotropicaux dans les plans de gestion des zones humides
mauritaniennes.
- Compléter le réseau national des aires protégées en y intégrant
des zones d'importances pour la faune.
- Entreprendre des études d'impact de tout projet de développement
au niveau des zones humides sur la composante faune.
- Créer une banque de données sur les oiseaux d'eau douce et un
atlas des oiseaux nicheurs de Mauritanie.
- Délimiter des aires de reproduction pour les oiseaux dans les zones
humides.
Actions en cours
- Programme de dénombrement et de suivi des oiseaux des zones humides
- Plan directeur du parc national du banc d'Arguin
- Plan directeur du parc national du Diawling
- Programme de surveillance de la zone d'El Aft
Actions envisagées
- Étude du potentiel faunique de Mauritanie
- Localisation des zones de richesse faunique et des biotopes
favorables
- Inventaires quantitatifs de la grande faune
- Projet de développement de zones de chasse à travers les
amodiations
- Programme d'implication des populations à la lutte anti-braconnage
- Programme de vulgarisation sur la faune

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