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Projet de stratégie et de plan d'action national
sur la diversité biologique
Mot de présentation du ministre
Invitation à toute la population à faire sienne ce document stratégique
et à s'impliquer dans sa mise en oeuvre
Résumé
Rappel du contenu de ce document
Introduction
Ce document présente la Stratégie et le plan d'action national sur la
diversité biologique, suite logique de la Monographie nationale sur la
diversité biologique de la Mauritanie publiée en novembre 1998.
La monographie ayant fait l'inventaire exhaustif des ressources
biologiques nationales et une description des causes profondes de la perte
de la diversité biologique, il s'agira dans ce rapport d'énoncer une
stratégie pour définir des objectifs pratiques et opérationnels en vue
d'asseoir une politique globale de conservation et d'utilisation durable
des ressources de la biodiversité nationale.
Pour juguler les menaces qui pèsent sur la biodiversité et compromettent
ainsi le développement durable, la Mauritanie entend, au travers de sa
Stratégie nationale, apporter sa modeste contribution à la sauvegarde et
à la reconstitution du patrimoine biologique national et mondial.
Étant signataire de nombreuses autres conventions internationales
traitant de la protection et de la gestion des ressources naturelles, la
Mauritanie vise par la présente Stratégie à harmoniser les diverses
actions qu'elle a entreprises en réponse à ses engagements
internationaux. Ce mode unifié de traitement de toutes les opérations en
matière de gestion des ressources renouvelables conduira inéluctablement
à des économies énormes en moyens humains, matériels et financiers.
L'ensemble des projets et programmes proposés dans ce plan d'action
tiennent compte de l'équilibre socio-écologique indispensable à la
sauvegarde des ressources naturelles renouvelables.
Notre vision nationale de la diversité biologique
La nature très diversifiée dans laquelle nous vivons représente une
valeur inestimable tant au point de vue écologique, économique, social,
esthétique et culturel. Il est donc impératif de la conserver en l'état
pour une utilisation durable.
Principes directeurs
- Les valeurs de la biodiversité sont d'ordre intrinsèque, écologique,
économique, social, culturel et spirituel.
- Compte tenu de ses multiples valeurs bénéfiques, la biodiversité
occupe une place prioritaire dans les préoccupations du gouvernement
mauritanien en faveur d'un développement durable.
- La conservation in situ de la biodiversité est le meilleur remède
pour le maintien des écosystèmes.
- Des mesures ex-situ peuvent être nécessaires pour appuyer la
conservation de certaines espèces et de certaines populations et sont
essentielles pour assurer l'utilisation durable des ressources
agricoles, forestières et aquatiques
- La conservation et l'utilisation durable de la biodiversité relèvent
de la responsabilité de tous les Mauritaniens, ils doivent être
impliquées étroitement dans les prises de décisions à tous les
niveaux.
- Une gestion rationnelle et une approche écosystémique sont des
conditions sine qua non pour une meilleure conservation de la
biodiversité et une utilisation durable des ressources biologiques.
- Une attention particulière doit être accordée à la préservation
et au développement des connaissances, aux innovations, aux
traditions et aux pratiques des collectivités autochtones et locales.
- La conservation des gènes, des espèces et des écosystèmes exige
une action concertée à tous les niveaux (communal, départemental,
national, régional et mondial), ainsi que le partage des
connaissances, des coûts et des avantages.
Portrait de la diversité biologique en République Islamique de
Mauritanie
Importance de la diversité biologique
Description du processus de planification nationale de la diversité
biologique
La République Islamique de Mauritanie a ratifié la Convention sur la
diversité biologique le 16 août 1996. Le Gouvernement a désigné le
ministère du Développement Rural et de l'Environnement (MDRE) comme
organe chargé de la mise en oeuvre de cette Convention au niveau
national. Au sein du Ministère, la Direction de l'Environnement et de
l'Aménagement Rural sert d'agence nationale d'exécution du Projet
Biodiversité et assume cette responsabilité à travers la Cellule de
coordination de la biodiversité.
Une équipe pluridisciplinaire, composée d'experts nationaux provenant
des institutions nationales d'enseignement et de la recherche scientifique
et des ministères impliqués dans la gestion de la biodiversité, a été
constituée pour réaliser les études thématiques de la monographie
nationale et aussi appuyer la Coordination du projet dans tout le
processus de formulation de la stratégie et du plan d'action. Un Comité
de pilotage de la stratégie et du plan d'action a aussi été institué;
il est chargé d'orienter et de valider les options stratégiques formulées
dans les documents nationaux. Ce forum, qui se réunit ponctuellement à
la demande de l'Agence nationale d'exécution du projet, est composé de
représentants des institutions universitaires, du milieu de la recherche
scientifique, des différents ministères impliqués dans la gestion des
ressources naturelles, de la société civile, des organisations
socioprofessionnelles, des ONG, des projets et programmes de développement
des ressources naturelles renouvelables, et des différents usagers de ces
ressources.
La planification de la biodiversité est un processus permanent qui se
déroule en sept étapes de base (Figure 1):
1) Organisation : Le gouvernement a désigné le ministère
du Développement Rural et de l'Environnement comme agence responsable
de la mise en œuvre de la Convention sur la diversité biologique. Le
Ministère crée une Cellule de coordination appuyée d'un comité de
pilotage.
2) Évaluation : Recueil et évaluation de l'information sur
l'état de la biodiversité et des ressources biologiques et les
tendances en la matière, sur les lois, les politiques, organisations,
programmes, budgets et ressources humaines du pays. Réalisation ou mise
à jour de la monographie nationale sur la biodiversité.
3) Élaboration d'une stratégie : Détermination des buts
et objectifs opérationnels; analyse et choix des mesures permettant de
combler les lacunes repérées dans l'évaluation; consultation jusqu'à
l'atteinte d'un consensus.
4) Élaboration d'un plan d'action : Déterminer quelles
organisations (publiques ou privées) réaliseront quelles activités de
la stratégie, tant sur le plan géographique (lieu ou région) que sur
le plan des moyens et des ressources (main d'œuvre, institutions, équipements,
fonds); préciser les échéanciers.
5) Mise en œuvre : Mise en branle concrète des activités
et des politiques; confier certains éléments du plan à des
partenaires; faire en sorte que les planificateurs de la biodiversité
deviennent des " réalisateurs de la biodiversité "
dans les principaux ministères, les ONG, les collectivités, les
groupes autochtones, le monde des affaires et l'industrie.
6) Surveillance et évaluation : Établir les indicateurs de
succès, déterminer quels organismes surveilleront quels facteurs et
les méthodes à employer; surveiller l'état et les tendances de la
biodiversité (au niveau, des espèces, des gènes, des habitats et des
paysages), appliquer les politiques et les lois, concrétiser des
mesures stratégiques précises et des investissements, et mettre en
valeur les capacités.
7) Rapport : Préparation et diffusion de rapports périodiques
sur l'état d'avancement des travaux mis en œuvre.
La participation, la communication et la consultation sont essentielles
à toutes les étapes du processus.
Figure 1: Étapes de mise en œuvre de la
Convention sur la diversité biologique en République Islamique de
Mauritanie
Les orientations stratégiques nationales
Les objectifs de développement du Gouvernement de la République
Islamique de Mauritanie reposent sur quatre piliers: 1) le développement
des ressources humaines et les efforts vigoureux pour faire reculer la
pauvreté; 2) la promotion d'une croissance induite par le secteur privé;
3) le renforcement de la gestion économique, des capacités et de la
gestion des affaires publiques; et 4) l'amélioration de la gestion de
l'environnement.
Sur ce dernier point, le Plan d'action national sur l'environnement de la
Mauritanie met en lumière douze problèmes de haute, moyenne ou faible
priorité qui ont tous des impacts importants sur le développement socio-économique
et la diversité biologique du pays:
| Haute priorité |
Moyenne priorité |
Faible priorité |
| Développement durable dans la vallée du fleuve Sénégal |
Avancée des dunes |
Évacuation des eaux usées et pollution de l'alimentation en
eau des zones urbaines |
| Surexploitation des fonds de pêche |
Érosion des sols, particulièrement dans le Guidimaka |
Conservation de la biodiversité |
| Gestion de la demande et de l'offre de combustibles à usage
domestique |
Élimination des déchets solides |
Impact environnemental de l'exploitation minière |
| Salinisation des aquifères approvisionnant en eau les zones
urbaines |
Surexploitation de la nappe phréatique dans les oasis |
Pollution des côtes |
En ratifiant la Convention sur la diversité biologique, le
Gouvernement de Mauritanie s'est par ailleurs engagé à en promouvoir les
trois objectifs:
- la conservation de la diversité biologique,
- l'utilisation durable de ses éléments,
- le partage juste et équitable des avantages découlant de
l'exploitation des ressources génétiques.
La stratégie nationale de la biodiversité veut à la fois répondre
aux objectifs de cette convention et contribuer à la résolution des
problèmes environnementaux prioritaires de ce pays. Elle propose une
nouvelle vision de la diversité biologique axée sur la place essentielle
qu'elle occupe dans la société, la nécessité de la protéger, de
comprendre comment elle fonctionne afin de l'utiliser durablement et de
partager équitablement les avantages découlant de son exploitation.
La stratégie de la biodiversité propose également un cadre national qui
met l'accent sur les liens entre les problèmes environnementaux et le développement
socio-économique et qui établit des relations entre les différents
secteurs de la société dans une optique de développement durable. Ce
cadre préconise la conservation de la biodiversité, la réglementation
des conditions de gestion durable des ressources naturelles, la gestion écologiquement
rationnelle des déchets, l'évaluation et la gestion des risques
environnementaux et l'aménagement intégré du territoire. Il s'appuie
sur la concertation et la participation de tous les citoyens, la
sensibilisation et le développement des capacités et la mise en valeur
des connaissances traditionnelles. Il repose sur une évaluation et un
suivi rigoureux des interventions nationales en matière de biodiversité.

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