Projet de stratégie et de plan d'action national sur la diversité
biologique
Thème 1: Conservation
1.1 Aires protégées
1.2 Espèces menacées
1.3 Conservation ex situ
Problématique
Les aires protégées jouent un rôle primordial dans la protection
de la diversité biologique et assurent le maintien des fonctions écologiques
des écosystèmes en Mauritanie. Les Parcs nationaux et les réserves de
faune sauvage couvrent une superficie de plus de 2 487 000 ha; deux
d'entre eux sont des sites classés zones humides d'importance mondiale
en vertu de la convention de Ramsar, à savoir le Parc national du banc
d'Arguin et le Parc national du Diawling. Le pays compte également 30
forêts classées d'une superficie totale estimée à 48 000 ha.
Ces aires protégées souffrent d'un certain nombre de problèmes liés
au manque de ressources financières et techniques. Leur gestion se bute
à la faible implication des populations locales qui souvent ne
comprennent le rôle de ces aires protégées dans le développement régional,
la mise en valeur des ressources locales et la protection de la diversité
biologique.
Par ailleurs, ce réseau d'aires protégées est encore incomplet et
insuffisamment documenté. Les écosystèmes arides et semi-arides y
sont peu représentés et certaines zones humides et forestières
d'importance gagneraient à être classées.
Objectifs
- Maintenir et valoriser les aires protégées existantes.
- Compléter le réseau national des aires protégées.
- Mobiliser les moyens institutionnels, structurels, financiers, législatifs
et réglementaires nécessaires à une bonne gestion des aires protégées.
- Favoriser la participation des populations dans la gestion des
aires protégées par une organisation du contrôle local de
l'accès aux ressources.
- Élaborer et mettre en place des mesures de gestion (plan de
gestion) favorisant une meilleure conservation de la diversité
biologique au sein des aires protégées.
- Développer des mécanismes de gestion transfrontalière des aires
protégées.
Options stratégiques
- Aménager les parcs nationaux, les réserves de faune et les forêts
classées existantes.
- Améliorer la connaissance écologique des aires protégées.
- Compléter le réseau et assurer la protection des forêts classées:
Création de la réserve des mouflons de Tilemsi
Création de la réserve de Galb Erichat
Création de la réserve de El Aft
- Classer la zone militaire du Chatt Boul comme zone humide
d'importance internationale.
- Préparer le dossier de classement de la zone du Lac de Mâl.
- Élargir les limites du parc du Diawling de manière à y intégrer
une zone estuarienne et une zone dunaire.
- Désigner la zone du bas-delta comme Réserve de biosphère
- Considérer la protection des écosystèmes arides et semi-arides
dans les efforts de conservation .
- Développer des mécanisme de participation des populations dans
la gestion des aires protégées qui ne bénéficient pas de
telles mesures.
- Favoriser le développement de l'écotourisme au sein des aires
protégées.
- Actualiser le plan d'aménagement des forêts classées.
Actions en cours
- Plan directeur pour le parc national du banc d'Arguin 1994-2003
- Plan directeur pour le parc national du Diawling 1997-2000
- Plan d'aménagement des forêts classées
- Projets pilotes de gestion conjointe des forêts classées de Gani
et Néré Walo
Actions envisagées
- Programme national de valorisation et de développement du réseau
des aires protégées comprenant les éléments suivants:
- Valorisation des aires protégées existantes
- Création de la réserve des mouflons de Tilemsi
- Création de la réserve de Galb Erichat
- Création de la réserve de El Aft
- Désignation de la zone du bas-delta comme Réserve de biosphère
- Classement de la zone militaire du Chatt Boul et de la zone du Lac
de Mâl comme zones humides d'importance internationale
- Élargissement des limites du parc du Diawling de manière à y
intégrer une zone estuarienne et une zone dunaire
- Développement d'une politique de gestion participative
- Identification des écosystèmes arides et semi-arides offrant le
plus grand potentiel de conservation
- Inventaire et suivi des ressources biologiques des aires protégées
- Développement de l'écotourisme dans les aires protégées (basé
sur les expériences réalisées dans les deux parcs nationaux)
- Formation des guides
- Infrastructures d'accueil
- Activités promotionnelles
- Suivi et évaluation
Problématique
Plusieurs espèces de la faune et de la flore de Mauritanie sont
actuellement menacées de disparition. En milieu terrestre, la gazelle
Dorcas, l'Addax, l'Antilope rouane, le Cervicapre, l'Autruche,
l'outarde, l'acacia Sénégal, le gonakier, comptent parmi les plus
menacées. Dans les zones humides, le crocodile est en grande difficulté,
tout comme le lamantin dans le fleuve.
Sur les côtes, on retrouve une petite population de phoques moines, la
plus important en fait dans l'aire de répartition de l'espèce.
Les causes de cette situation sont multiples: dégradation des milieux
naturels par des causes naturelles et les activités anthropiques,
surexploitation et chasse incontrôlée, compétition pour les
ressources occasionnée par l'accroissement du cheptel domestique et les
maladies telles que la peste bovine transmises par les animaux
domestiques.
Les informations disponibles sur ces espèces sont peu abondantes et ne
reflètent pas toujours la réalité. On connaît peu de chose de la
situation et de l'évolution des populations de ces espèces et les
moyens disponibles pour en assurer leur protection font cruellement défaut.
Le trafic illicite de ces espèces et de leurs produits se poursuit
malgré l'interdiction, par les autorités, de la chasse sur l'ensemble
du territoire national.
Objectifs
- Maintenir et/ou rétablir les espèces animales et végétales
menacées d'extinction dans leurs milieux naturels.
- Interdire toute exploitation des espèces menacées.
Options stratégiques
- Monter des projets pour assurer la protection et le repeuplement
des espèces disparues ou menacées d'extinction dans leurs habitats
naturels.
- Entreprendre des recherches pour identifier et documenter la
situation des espèces en péril.
- Implanter des aires protégées pour la multiplication et la
conservation des espèces menacées ou en voie de disparition.
- Renforcer les mesures de contrôle aux postes frontières de manière
à contrer le commerce illégal des espèces menacées et de leurs
produits.
- Renforcer les capacités des structures chargées du suivi et de
la surveillance des espèces menacées.
- Adopter des mesures de contrôle sanitaire pour contrer la
transmission de maladies par les animaux domestiques.
Actions en cours
Aucune
Actions envisagées
- Programme national de protection de la faune et de la flore menacée
- Inventaire et suivi des populations d'espèces menacées
- Développement des capacités
- Élaboration et mise en œuvre de plans de rétablissement
- Campagnes de sensibilisation et mesures de protection - impliquant
une participation des populations locales
- Projet de réintroduction des gazelles du Sahara
Problématique
Bon nombre des ressources agrobiologiques nationales essentielles
pour la sécurité alimentaire sont aujourd'hui menacées. Les facteurs
mis en cause sont la sécheresse, la modification du régime des crues
du fleuve Sénégal, les mauvaise pratiques culturales et pastorales, la
modification des habitudes alimentaires et l'introduction de nouvelles
variétés de plante cultivées. Ces facteurs ont entraîné la
supplantation de certaines variétés adaptées aux conditions locales.
Par exemple, une variété de mil précoce et certains écotypes locaux
de sorgho ont disparu.
À Kaédi, le CNRADA a réuni une collection de 250 variétés d'espèces
cultivées indigènes et mondiales comprenant le sorgho, le maïs, le niébé,
le blé, le mil, le riz et diverses espèces maraîchères. Une partie
de cette collection a été fournie par des centres internationaux: IRRI,
ICRISAT, IITA, ADRAO, ILCA, ICRAF, ICARDA, FAO. Malheureusement, cette
collection ne couvre qu'une partie de la biodiversité agricole
nationale et les conditions de stockage ne répondent pas aux normes
internationales de conservation.
À Néma, les paysans conservent par ailleurs le sorgho avec leurs
panicules et sans traitement et la délégation régionale dispose d'un
magasin de semences de diverses céréales d'une capacité de 2 tonnes où
les semences sont traitées à l'aide d'insecticides et de fongicides.
En ce qui concerne le matériel génétique animal, l'insémination
artificielle n'est pas pratiquée et il n'existe pas de banque de gènes
en Mauritanie. Pourtant, on constate une érosion graduelle de la
diversité des races et variétés adaptées aux conditions locales et
certaines espèces comme le mouton maure à polis longs sont en voie de
disparition. La récente industrialisation de la production laitière a
favorisé l'introduction de nouveaux gènes en vue d'améliorer la
production locale, ce qui risque à long terme d'accentuer l'érosion génétique.
Dans l'ensemble, les efforts de conservation ex situ du matériel génétique
pour la culture et l'élevage sont insuffisants, mal organisés et
sous-financés. La planification, la formation, l'éducation et la
recherche dans ce domaine laissent à désirer.
Objectifs
- Inventorier et caractériser les différentes races et variétés
d'animaux élevés et de végétaux cultivés en Mauritanie.
- Former le personnel aux techniques modernes de conservation ex
situ du matériel génétique animal et végétal.
- Favoriser la conservation ex situ du matériel génétique nécessaire
au développement de l'agriculture et de l'élevage par la mise sur
pied de banques de gènes et de semences.
Options stratégiques
- Assurer la formation des techniciens et promouvoir la recherche et
le développement dans le domaine de la conservation ex situ dans un
cadre de coopération internationale.
- Promouvoir la recherche dans la sélection des semences de qualité.
- Soutenir une collecte planifiée des espèces, écotypes ou autres
cultivars utiles à l'alimentation et à l'agriculture, de manière
à compléter les collections existantes, en assurer la pérennité,
et protéger ainsi toute la gamme des variétés et espèces menacées
de disparition.
- Améliorer les conditions de stockage au CNRADA.
- Étendre la construction de magasins de semences à d'autres régions.
- Concevoir des stratégies de conservation pour les plantes à
semences récalcitrantes (difficiles à conserver).
- Développer un cadre de concertation et de coopération entre les
différentes institutions nationales (CNRADA, Faculté des sciences,
DEAR, DRFV, etc.) et internationales.
Actions en cours
- Projet de loi réglementant la production, la multiplication et la
distribution des semences améliorées.
- Projet de vulgarisation des semences traditionnelles (assure la
formation des chefs de groupement dans le domaine de la gestion des
semences et subventionne la construction des greniers de semences et
l'acquisition des produits phytosanitaires.
Actions envisagées
- Programme d'appui à la conservation des variétés cultivées
- Formation, recherche et développement
- Collecte et conservation du matériel génétique
- Programme de conservation ex situ des races et variétés
d'animaux d'élevage d'importance nationale:
- Formation technique
- Inventaire et caractérisation du matériel génétique
- Cueillette et conservation du matériel génétique
- Activités de recherche
- Programmes de sélection et de croisements

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