Qu'est-ce que la Convention
sur la diversité biologique ?
La Convention des Nations Unies sur la diversité biologique est un
instrument juridiquement contraignant qui a pour objectifs de conserver la
diversité biologique, utiliser ses éléments de façon durable et
partager équitablement les bénéfices découlant de l'exploitation des
ressources naturelles.
C'est la première convention à tenir compte de tous les aspects de la
diversité biologique (espèces, écosystèmes et ressources génétiques).
De tous les traités internationaux sur les questions environnementales,
il est un de ceux qui ont été ratifiés par le plus grand nombre.
Contrairement à d'autres accords internationaux, qui ont établi des règles
très strictes en matière d'action, la Convention sur la diversité
biologique est un accord dont la mise en oeuvre possède une relative
souplesse, puisqu'elle accorde à chaque pays le soin de déterminer
comment ses mesures pourront être implantées. Les dispositions sont
exprimées en objectifs et lignes de conduite plutôt qu'en obligations
bien précises. Un des meilleurs résultats de la Convention, jusqu'ici,
est d'avoir suscité un intérêt considérable pour la biodiversité au
niveau national, tant dans les pays en voie de développement que dans les
pays industrialisés.
Pour plus d'information, voyez:
Pourquoi disposer
d'une Convention ?
Notre environnement naturel nous fournit les conditions de base (oxygène,
eau, nourriture, abris, matériaux, etc.) sans lesquelles nous ne
pourrions pas vivre. En conséquence, les ressources biologiques sont
vitales pour le développement économique, social et culturel. Plus la
diversité de la vie est riche, plus les chances de découvertes médicales
et les adaptations aux nouveaux défis, tel le changement climatique, sont
grandes. La diversité biologique est un bien commun de grande valeur pour
les générations présentes et futures. Aussi, en raison des activités
humaines, les espèces et les écosystèmes sont menacés plus que jamais.
L'intérêt croissant suscité par ces pertes de diversité biologique
à un rythme sans précédent a inspiré des négociations pour un
instrument légal qui permettrait d'inverser cette tendance alarmante. Les
origines de la conservation de la diversité biologique remontent aux années
50 à 70. Dès 1973, le Programme des Nations Unies pour l'Environnement
(PNUE) a identifié la conservation de la nature, de la vie sauvage et des
ressources génétiques comme un domaine prioritaire.
Dans les années 80, on a commencé à reconnaître que les législations
environnementales et les programmes de conservation étaient nettement
insuffisants. En 1988, le PNUE a confié à des experts la tâche d'évaluer
les besoins d'une convention internationale pour la biodiversité. En mai
1989, il a désigné un groupe de travail en charge de préparer un
instrument légal international pour la conservation et l'utilisation
durable de la diversité écologique.
C'est en mai 1992, à Nairobi (Kenya), que les Nations du monde ont
adopté une version préliminaire de la Convention, connue sous le nom de
l'Acte de Nairobi. Elle fut présentée à la Conférence des Nations
Unies pour l'Environnement et le Développement (CNUED) à Rio de Janeiro
(Brésil) en juin 1992.
Quand la
Convention est-elle entrée en vigueur ?
La Convention fut ouverte pour signature à la Conférence des Nations
Unies pour l'Environnement et le Développement, aussi appelée 'Sommet de
la Terre', à Rio de Janeiro au Brésil le 5 juin 1992. La Convention est
entrée en vigueur le 29 décembre 1993, 90 jours après la 30e
ratification, comme stipulé dans l'article 36 de la Convention. Elle a été
ratifiée par 182 pays à ce jour (181 pays et la Communauté européenne).
Voir aussi:
Quels sont les
objectifs de la Convention ?
Les 3 objectifs de la Convention sont exprimés dans l'article 1 du
texte de la Convention :
- la conservation de la diversité biologique (voir aussi art. 6-9, 11
et 14);
- l'utilisation durable de ses éléments (voir aussi art. 6, 10 et
14); et
- le partage équitable des avantages découlant de l'utilisation des
ressources génétiques, c'est-à-dire:
- l'accès aux ressources génétiques (art. 15), tenant compte du
droit de tous les peuples à ces ressources,
- le transfert des technologies (art. 16 et 19),
- le financement (art. 20 et 21).
La Convention est donc le premier accord à considérer tous les
aspects de la diversité biologique: espèces, écosystèmes et ressources
génétiques. C'est la première fois que la diversité génétique fait
partie intégrante d'un traité juridiquement contraignant.
Pour la première fois également, la Convention reconnaît que la
conservation de la diversité biologique est d'intérêt commun à
l'humanité et une partie intégrante du processus de développement. En
d'autres mots, elle reconnaît que l'humanité entière, y compris les
nations pauvres, les femmes et les peuples indigènes, doit participer à
la conservation de la diversité biologique.
Voir aussi :
Qu'est-ce que la COP?
COP signifie " Conférence des Parties ". C'est l'autorité
suprême de la Convention qui réunit les représentants de toutes les
Parties de la Convention, ainsi que des observateurs, telles les agences
des Nations Unies et les organisations internationales et non
gouvernementales.
Sa fonction est de diriger et superviser le processus entier de mise en
œuvre et de développement de la Convention. La Conférence des Parties
étudie les progrès réalisés et établit des plans de travail pour des
actions ultérieures. La COP peut également proposer des amendements à
la Convention et travailler en collaboration avec d'autres opérations et
traités internationaux.
La Conférence des Parties se réunit régulièrement pour discuter de
problèmes importants. Cinq conférences ont déjà eu lieu et la sixième
conférence se tiendra aux Pays-Bas en avril 2002.
Voir aussi:
Qu'est-ce qu'un SBSTTA ?
Le SBSTTA (Subsidiary Body on Scientific, Technical and Technological
Advice) est l'Organe subsidiaire chargé des avis scientifiques,
techniques et technologiques. L'acronymes français est donc OSASTT... Ce
comité est composé d'experts des Parties contractantes et d'observateurs
des agences des Nations Unies et organisations internationales et non
gouvernementales. Son but principal est de fournir des conseils et
recommandations au point du vue scientifique, technique et technologique.
L'Organe subsidiaire agit sous l'autorité de la Conférence des Parties
et doit, en conséquence, se conformer aux instructions adoptées par
celle-ci.
Voir aussi:
Qu'est-ce que le
Centre d'échange ?
Le Centre d'échange (CHM) pour la Convention sur la diversité
biologique est un instrument de partage des informations destiné à
faciliter les échanges d'informations scientifiques, techniques et
technologiques en vue de réaliser les objectifs de la Convention. Il opère
principalement, mais pas exclusivement, via Internet et est conçu comme
un réseau décentralisé de distribution, développé et dirigé par le
Secrétariat de la Convention, les points focaux nationaux et thématiques
et les autres acteurs en matière de biodiversité.
Ce mécanisme de partage, comme défini par l'article 18.3 de la
Convention, reflète la reconnaissance d'une coopération et le partage
d'expertise parmi toutes les communautés et est essentiel pour le succès
de la mise en œuvre de la Convention.
Le Point focal national belge pour le Centre d'échange (B CHM) est la
composante belge pour ce réseau mondial. Son rôle est non seulement de
permettre une diffusion aisée des informations auprès des acteurs
impliqués dans la mise en œuvre de la Convention en Belgique et de par
le monde, mais aussi de partager ses informations, son expertise et
savoir-faire avec tout un chacun intéressé par les problèmes soulevés
par la CDB.
Voir aussi:
Qu'est-ce
qu'un point focal national?
Chaque partie contractante désigne un point
focal national. Celui-ci veille à la bonne circulation des informations
ayant trait à la Convention et stimule toutes les activités en rapport
avec la Convention au niveau national. Le point focal est chargé de
transmettre les informations émanant du Secrétariat de la CDB vers les
autorités gouvernementales, et inversement, de rendre compte à la Conférence
des Parties de la manière dont son pays atteint les objectifs de la
Convention.
Pour plus d'information: