MONOGRAPHIE
NATIONALE DE LA DIVERSITÉ BIOLOGIQUE
RÉSUMÉ
I - CONTEXTE:
La Guinée possède quatre régions naturelles et un climat à deux
saisons dont la durée varie d'une région à l'autre. La saison des
pluies varie de 3 mois au Nord à plus de 9 mois au sud-est. La hauteur
d'eau annuelle varie de 4 000 mm (Région côtière) à 1 300 mm (Haute
Guinée); les précipitations culminent partout en juillet et août.
LA BASSE GUINÉE
Elle couvre 15% de la surface totale ( 36 200 km2) et comprend une zone
côtière marécageuse derrière laquelle s'étend une plaine s'élevant
lentement jusqu'au pied des collines du Fouta Djallon. La pluviométrie
annuelle varie entre 2 000 et 4000 mm. La densité de population actuelle
est estimée à 29 hab./ km2 (hors Conakry) et sa croissance démographique
est évaluée à 2,3%. La dégradation du potentiel forestier, suite à
l'extension des terres agricoles et l'exploitation de bois de chauffe pour
Conakry, est très accentuée. Actuellement, les forêts couvrent
seulement environ 8% de la superficie.
LA MOYENNE GUINÉE
Elle couvre 63 600 km2 soit les 26% de la superficie du Pays et
regroupe 1,6 million d'habitants (27%), dont 1,4 million de ruraux (88%).
La pluviométrie annuelle varie entre 1 500 et 2 000 mm. Le manteau
forestier ne couvre que 13% de la région, soit 800 000 ha de forêt dense
sèche et 50 000 ha de lambeaux de forêts reliques de l'ancienne forêt
dense d'altitude. Il n'existe plus réellement de massifs forestiers en
dehors de quelques petites forêts classées et les 450 ha de plantations
de pins de Dalaba. Les sols sont en grande partie très dégradés, la
baisse de leur fertilité est liée aussi bien à l'érosion physique et
qu'à la dégradation de leur structure physico-chimique. Sur les plateaux
et les pentes, les bowés dominent; les sols de bas de pentes sont en général
acides et chimiquement pauvres; les sols de plaines sont souvent très mal
structurés, très acides et peu riches en matières organiques. Seuls
quelques sols de bas-fonds présentent un bon potentiel de production.
LA HAUTE GUINÉE :
Elle couvre 96 700 km2, ce qui représente 39% du territoire et
regroupe 1,2 million d'habitants (21%), dont 0,89 million de ruraux (75%).
C'est une région de savane, située entre 200 et 400 m d'altitude. Des dégâts
considérables causés par les feux de brousse, l'exploitations minières
peu contrôlées et l'importante consommation de bois de chauffe dans les
grandes agglomérations.
LA GUINÉE FORESTIÈRE
Elle couvre 49 500 km2 ce qui correspond à 20% de la superficie de la
Guinée. Sa population s'élève à 1,1 million d'habitants (20%) dont
0,97 million de ruraux (85%). Cette région est soumise à une croissance
démographique importante (3,1%). La croissance naturelle est renforcée
par une forte migration issue de la Haute Guinée et un afflux considérable
de réfugiés aussi bien de Sierra Leone que du Liberia. Sa densité de
population actuelle est estimée à 22 hab./ km2.
II - APERÇU GENERAL
La Guinée recèle un patrimoine de diversité bioécologique unique en
Afrique de l'Ouest notamment dans ses reliques de forêts denses humides
qui constituent l'extrémité nord occidentale de la grande forêt
tropicale guinéo-congolaise. Les spécialistes en écologie considèrent
par exemple que les forêts de Ziama et de Diécké en Guinée forestière,
se situent respectivement au 4ème et au 7ème rang des 12 sites majeurs
pour la conservation de la biodiversité en Afrique de l'Ouest. Cette
diversité biologique joue un rôle prédominant dans l'économie et la
qualité de vie des populations rurales et urbaines de la Guinée. Sur la
base du dernier recensement général, la Guinée compte aujourd'hui 6
millions d'habitants, avec un taux de croissance démographique de 2,8%
par an. La densité moyenne est de 24 habitants/km2. Cette population se
caractérise par la forte proportion de jeunes (45% ont moins de 15 ans)
et 51% ont entre 15 et 64 ans). Ce rajeunissement a pour conséquence immédiate,
l'accroissement du poids des investissements sociaux notamment dans les
secteurs de la Santé, de l'éducation, et de la protection de
l'environnement. L'urbanisation reste faible. Seulement 30% de la
population vivent dans des centres urbains, dont 54% habitent l'agglomération
de Conakry. A l'échelle régionale, il n'existe pas de métropole d'équilibre
face à la capitale capable de concentrer d'importantes unités
industrielles, de centres d'affaires, de l'administration, avec des
emplois tertiaires et de services sociaux. La Basse Guinée et la Guinée
Forestière constituent des zones de forte concentration due à l'exode
rural; ce qui se traduit par un écart marqué entre les besoins de la
population et les disponibilités en ressources. Il s'ensuit une dégradation
accélérée des ressources naturelles par la surexploitation par des méthodes
traditionnelles déjà inadaptées aux conditions de conservation de la
biodiversité.
La population guinéenne est répartie entre les quatre régions
naturelles du pays de façon inégale. Cette répartition qui traduit
aussi une diversité culturelle et ethnique jadis très marquée est en
voie d'intégration.
Le seuil de pauvreté absolu défini est de 296 $ US et le seuil d'extrême
pauvreté est de 173 $ US. 40% de la population vivent en dessous du seuil
de pauvreté absolue. Cette proportion atteint 52% en milieu rural. L'extrême
pauvreté touche 13% de la population et 18% de la population rurale. Il
est à noter aussi une forte disparité régionale. Le poids sensiblement
le plus élevé de la pauvreté est enregistré en Haute Guinée et en
Moyenne Guinée (62% et 51% respectivement). Le taux d'analphabétisme de
la population guinéenne adulte en 1996 était de 69%.
Cependant, une gestion rationnelle des différentes ressources
biologiques que renferme le territoire guinéen contribuerait largement au
développement durable du pays, alors que le contraire entraînerait un
manque à gagner considérable, de conséquences désastreuses dans un
avenir peu lointain. Devant ces difficultés sur le plan économique et
social le Gouvernement a élaboré une stratégie globale de développement
à moyen et long terme appelée " Guinée, vision 2010 " "
Et à l'instar de nombreux pays du monde, la Guinée a participé
activement à l'élaboration de la convention sur la diversité biologique
qu'elle a signée à Rio de Janeiro en Juin 1992 et ratifiée le 7 Mai
1993, devenant ainsi le deuxième pays africain et le seizième de toutes
ses Parties contractantes. La République de Guinée est l'un des pays
africains de la zone tropicale doté d'une importante diversité
biologique. Il convient de signaler que dans les conditions actuelles, ce
capital biologique naturel n'est pas suffisamment connu, encore moins
convenablement et pleinement mis à profit. La diversité biologique de la
Guinée se dégrade à un rythme assez considérable. De nombreux efforts
ont été consentis mais les mesures de conservation et d'utilisation
durable sont insuffisantes et inexistantes par endroits. C'est pourquoi, dès
à présent, le Gouvernement s'est résolument engagé à instaurer un développement
durable en Guinée par le consentement à regarder la politique de développement
national au filtre des contraintes nouvelles, convaincu que seule une
telle démarche permettra de tirer pour l'avenir et les générations
futures, les bénéfices du développement durable. Au titre des acquis,
entre autres, le Plan National d'Action pour l'Environnement (P.N.A.E.) déjà
adopté par le Gouvernement. Entre autres priorités, la protection des
ressources naturelles et la conservation de la diversité biologique représentent
des centres d'intérêt du P.N.A.E.
III - INVENTAIRE DE LA DIVERSITÉ BIOLOGIQUE
La nécessité de disposer d'études nationales sur la diversité
biologique a été reconnue au début des négociations tendant à l'élaboration
de la Convention sur la diversité biologique.
En Février 1990, le Groupe Spécial d'Experts Juridiques et Techniques
sur la diversité biologique recommandait l'établissement de monographies
nationales dans lesquelles seraient indiqués les coûts et les avantages
de la conservation et de l'exploitation durable de la diversité
biologique ainsi que des besoins non satisfaits.
L'article 6 de la convention sur la diversité biologique dispose que
chacune des Parties contractantes élabore des stratégies, plans ou
programmes nationaux tendant à assurer la conservation et l'utilisation
durable de la diversité biologique.
L'article 7 aussi dispose que chacune des Parties contractantes: -
identifie les éléments constitutifs de la diversité biologique
importants pour sa conservation et son utilisation durable, en tenant
compte des écosystèmes et habitats, des espèces et communautés, des génomes
et des gènes - identifie les processus et catégories d'activités qui
ont ou risquent d'avoir une influence défavorable sensible sur la
conservation et l'utilisation durable de la diversité biologique
Lors de la conférence de Nairobi pour l'adoption du texte convenu de
la convention sur la diversité biologique, de Mai 1992, était adoptée
la résolution 2 par laquelle la conférence reconnaissait l'importance
des monographies nationales pour l'élaboration des stratégies et plans
d'action nationaux.
Dans la double perspective de mise en œuvre du plan national d'action
pour l'environnement et de ses obligations internationales, le
Gouvernement guinéen a , avec l'appui du P.N.U.E. sur financement du
F.E.M. élaboré la Monographie documentaire national sur la diversité
biologique dans le respect des lignes directrices préparées par le
Programme des Nations Unies pour l'Environnement à cet effet. Cette étude
a rassemblé et analysé les informations disparates disponibles et
accessibles se rapportant à la diversité biologique nationale.
Sous la supervision du Ministère des Travaux Publics et de
l'Environnement, l'Unité Nationale pour la Diversité biologique (UNBio)
mise en place pour la préparation de la Monographie documentaire a contrôlé
la préparation de la Monographie et contrôlera la préparation des stratégies,
plans et programmes nationaux d'action de conservation et l'utilisation
durable de la diversité biologique. L'Unité Nationale pour la
Biodiversité (UNBio) est un groupe multisectoriel et multidisciplinaire
composé de 18 membres qui sont des représentants désignés par les
Directions techniques responsables de l'Environnement, des Forêts et
Faune, de l'Agriculture, du Plan et Développement économique, de l'Elevage,
de la Météorologie, de la Recherche Scientifique et Technique, de la
Recherche Agronomique, de la Topographie et Cartographie, des Sciences
Halieutiques, de l'Université de Conakry, de la Recherche Océanographique
et des ONG. Cette composition a eu pour objet de promouvoir la
concertation et renforcer le dialogue entre les parties œuvrant dans le
domaine de la conservation et de l'utilisation de la diversité
biologique.
La collecte documentaire sur la diversité biologique a permis:
1°/ - D'inventorier 6 926 espèces de faune et de flore classées en 5
règnes et un non règne ( selon MARGOLIS et SCHWARTZ), dont
a) 3 273 animalia représentés par: - 1 734 invertébrés (14
spongiaires, 8 cnidaria ,11 vers plats, 2 3 nématodes, 163 mollusques, -
45 annélides, 65 arachnides, 184 crustacés, 1 177 insectes en 12 ordres,
7 chetognathes, 20 échinodermes, 1 hémichordé et 16 chordés), et 1 529
vertèbres repartis en - 35 chondrichthyes, 501 osteithyes, 76 amphibiens,
140 reptiles, 518 oiseaux et - 260 mammifères
b) 3 076 plantae représentés par: - 55 bryophytes (hépatique et
mousse), 157 ptéridiphytes (lychopodiophyta et autres - 11 Gymnospermes
(3 cycadaceae 8 pinaceae), 2 833 angiospermes ( 2 067 dicotylédones et
766 monocotylédones) , - 237 protocaryotae (protozoaires, algues) et -
167 protoctista (bactéries, mycoplasmes et rickestties), - 142 eumycota (
champignons, lichens), - 31 espèces de virus (non règne).
La monographie sur la diversité biologique a relevé: - comme espèces
endémiques: 69 plantes, 20 poissons osseux, 1 reptile, 1 amphibien, 1
mammifère et 1 insecte; - comme espèces menacée: 41 plantes, 8
insectes, 93 poissons osseux, 7 requins 6 raies, 8 crustacés, 6 céphalopodes,
1 amphibien, 8 reptiles, 10 oiseaux et 47 mammifères; - comme espèces
vulnérables: 16 plantes, 9 amphibiens, 7 reptiles, 1 oiseau et 9 mammifères.
2° / De définir les principaux enjeux:
a) - ENJEUX RURAUX:
- 60.000 Km2 de terre agricole, soit ¼ de la superficie de la Guinée
pour environ 4 millions de ruraux mais repartis de façon relativement
déséquilibrée entre quatre régions naturelles de densités très
différentes.
- Une fertilité des sols en dégradation constante du fait de la réduction
du temps de jachère suite à la pression démographique toujours
grandissante;
- Un taux annuel de déforestation de 36 000 ha /an, extrêmement préoccupant
pour une population dont le taux de croissance est de l'ordre de 2.8 %
par an.
- Des feux de brousse qui dévorent écosystèmes, villages et
greniers tous les ans sur plus de 5.000.000 d'hectares avec des
dommages incalculables sur la diversité biologique.
- Des pratiques agricoles inappropriées et le plus souvent prohibés,
entraînant l'érosion, la destruction des terres cultivables,
l'inondation et l'envasement et le recul de la diversité biologique;
b) - ENJEUX HYDROLOGIQUES :
- Château d'eau de l'Afrique de l'Ouest, la Guinée recèle un bon
potentiel hydraulique utilisable pour le développement de l'énergie,
du transport et de l'irrigation.
- La dégradation de l'environnement occasionne déjà un régime irrégulier
et des étiages marqués des cours d'eau, une érosion des berges, un
comblement des lacs, des étangs et les lits des rivières et des
fleuves suite à l'agression des bassins versants.
- Une dégradation accentuées des écosystèmes aquatiques et de la
diversité biologique.
c) - ENJEUX MARINS:
La Guinée est doté d'un bon potentiel de ressources halieutiques. -
La zone côtière est riche en crevette; - Le plateau continental est
riche en espèces démersales et en ressource pélagiques importantes; -
Malheureusement les stocks ont été surexploités ces dernières décennies,
essentiellement par des armateurs étrangers insuffisamment contrôlés.
d) - ENJEUX BIO- ÉCOLOGIQUES - La Guinée recèle un patrimoine de
diversité biologique riche et varié.- Ce patrimoine est en danger de
disparition du fait de l'abus des ressources, accentué par la pression démographique.
Le phénomène est plus préoccupant, quand on sait qu'hier la Guinée était
couverte
- de forêts dense humides dans toute sa partie Sud-Est
- de forets sèches dans la moitié Nord;
- des forêts denses mésophiles depuis Boké jusqu'à Mamou en
passant par Kindia.
- la situation d'aujourd'hui est toute autre, la forêt a disparu,
faisant place à la savane qui couvre déjà 68% du territoire
national.
- la faune aussi disparaît au rythme de la forêt, agressée, traquée
de toute part par les chasseurs, les feux de brousses, l'agriculture
itinérante, les différentes formes d'exploitations irrationnelles
des ressources biologiques et les formes inadéquates de mise en
valeur de l'environnement.
e) - ENJEUX ÉNERGÉTIQUES : - Le bois de feu représente le
combustible principal voir unique source d'énergie au foyer avec le
charbon. Ce qui donne naissance à une surexploitation des formations
ligneuses par rapport aux possibilités écologiques; la dégradation
suite à la surexploitation est plus spectaculaire dans les zones proches
des centres urbains dont les besoins croissent avec la démographie.
Les causes nationales fondamentales de la perte de la diversité
biologique sont d'ordre démographique, économique, institutionnel, réglementaire
et technologique dont les facteurs sont entre autres les suivants:
- L'augmentation de la demande de ressources biologiques due à la
croissance démographique et au développement économique;
- Le manque de considération par le guinéen des conséquences à
long terme de ses activités sur l'environnement, souvent imputable à
l'ignorance, à l'inexistence ou à l'insuffisance d'une réglementation
efficace et au manque d'information et de sensibilisation suffisantes.
- Le manque d'appréciation des conséquences d'utilisation de
technologies non appropriées;
- Le manque de reconnaissance par l'économie de marché de la valeur
réelle de la diversité biologique;
- Le manque de contrôle par les politiques gouvernementales de la
surexploitation des ressources biologiques;
- L'accroissement de la migration humaine.
- Les activités agro-pastorales incontrôlées
- L'exploitation forestière anarchique
- La pêche irrationnelle
- Les activités minières et industrielles
- L'urbanisation anarchique
- Les feux de brousse
3°/ - Faire le point sur les efforts de conservation et d'utilisation
durable de la diversité biologique
- Au plan législatif Multiples sont les textes applicables dans le
domaine de la diversité biologique, en l'absence d'un instrument
juridique exhaustif traitant globalement les divers aspects de la
conservation et de l'utilisation rationnelle de la diversité biologique.
Bien que ces textes aient la diversité Biologique comme objet principal,
leurs finalités divergent nettement en fonction de la perspective du législateur
qui peut être animé par un souci de conservation, de protection ou guidé
par des objectifs de développement. Les textes qui se rapportent
directement à la conservation et à l'utilisation rationnelle de la
diversité Biologique sont:
- Le code sur la protection et la mise en valeur de l'environnement,
- le code forestier,
- le code foncier et domanial,
- le code de protection de la faune et de réglementation de la
chasse,
- le code de la pêche,
- le texte réglementant la profession d'exploitants forestiers,
- le texte portant réglementation des industries du bois,
- le texte portant sur la police sanitaire des animaux,
- le texte instituant les études d'impact environnemental: préalables
à l'implantation des projets de développement,
- le texte portant préservation du milieu marin,
- la lettre de politique de développement agricole,
- le schéma directeur d'aménagement du territoire etc..
Au plan Conservation in - situ: Le classement des forêts a débuté
depuis 1936 (époque coloniale) et a continué timidement après l'indépendance.
- Les forêts classées: Elles couvrent aujourd'hui 4,8 % du
territoire national avec un total de 162 forêts pour une superficie
de 1.182.133 ha.
- Le Patrimoine Mondial : Sur le plan administratif, il se
localise dans la Préfecture de Lola. Il est constitué de la chaîne
du Nimba, la forêt de Déré et des collines boisées de Bossou qui
constituent les centrales de la réserve de la biosphère des Monts
Nimba (aire centrale de la chaîne des monts Nimba, aire centrale de
Bossou, aire centrale de Déré) dont la surface totale est de 18 800
ha. La faune du Nimba est d'une richesse exceptionnelle. Cette
richesse tient à la diversité des milieux. Cependant la destruction
par la chasse et le braconnage ont fortement réduit les populations
des Mammifères, très appréciés pour leur chair.
- Les réserves de la biosphère: Elles sont constituées de la
réserve des Monts Nimba '145 200ha) et du Massif du Ziama (112 300
ha) pour une superficie totale de 257 500ha. La réserve naturelle des
Monts Nimba a été créée en 1944. La réserve du Ziama a été créée
quant à elle en 1942 et classée réserve de la biosphère en 1981.
La réserve MAB en Guinée couvre une superficie de 129 430 ha (17 130
ha comme partie guinéenne des monts Nimba et 112 300 ha pour le Ziama).
- Parcs nationaux: Badiar Sud 8600 ha et Mafou 52 400 ha
- Les forets protégées traditionnellement: concernent des
bosquets et surfaces forestières présentant un certain intérêt
communautaire et qui sont déclarées protégées par les collectivités
sociales
- Les forêts sacrées: dont les origines remontent à l'âge
des communautés qui les adorent.
- Les plantations forestières: Elles couvrent environ 42.000
ha. Les espèces sont surtout exotiques ( pins, teck, acacia,
anacardier, gmelina, etc). La presque totalité appartient à l'Etat.
La tendance actuelle est de créer des plantations communautaires,
familiales ou privées.
Au plan conservation ex - situ
La Guinée ne dispose que de certains vestiges de l'époque coloniale
tel que le Parc de Camayenne à Conakry, le Jardin A. Chevalier à Dalaba
qui conservent encore quelques espèces exotiques.
Au plan institutionnel
Pour marquer sa considération pour la qualité de l'environnement le
gouvernement a, sur le plan structurel créé - un Ministère chargé de
l'Environnement - un Conseil National de l'Environnement - une Direction
Nationale de l'Environnement
Au plan programmes
a) - Des projets importants tels:
- le Projet de Gestion des ressources forestières (PROGERFOR)
- le Projet de gestion des bassins du Haut Niger
- le Projet d'aménagement intégré du massif du Fouta Djallon
- le Projet de Gestion de l'espace Rural et des Forêts
- le Projet mangrove de Sangaréah
- le Projet Etude Côtière
- le Projet relatif à la convention Ramsar pour la protection de
l'avifaune des îles Tristao
- le Projet de protection des Tortues marines de Guinée-Ecologie
- le Projet Régional des Parcs NIOKOLO Badiar
- Le projet d'aménagement du Parc de Mafou.
b) - Des investissements publics dans le domaine de l'environnement
On estime à 32% l'ensemble du programme d'investissements publics
consacrés aux actions environnementales, dont 14% mobilisées pour la
conservation et la protection des ressources naturelles
Cependant les mesures de préservation élaborées jusqu'à présent ne
sont pas suffisamment efficaces pour la protection et le renouvellement
des ressources biologiques.
IV - RECOMMANDATIONS GENERALES
a) - Préparer au plus vite la politique, les stratégies et les plans
d'action sur la diversité biologique
Les bénéfices durables qui peuvent être obtenus de la nature sont
fonction du maintien de l'équilibre entre les besoins économiques et la
préservation de la stabilité écologique des écosystèmes. C'est
pourquoi il faut renforcer les mesures nationales, collectives et
individuelles publiques et privées pour la conservation et l'utilisation
des ressources biologiques dans le respect des limites physiques de la
productivité de la biodiversité et de la beauté naturelle des sites
dans le maintien et l'amélioration de la productivité des sols, dans le
respect du fonctionnement des systèmes naturels, l'étude des impacts prévisibles
des activités susceptibles de perturber les systèmes naturels et les
mesures de réduction ou compensation des effets négatifs et la
restauration des zones dégradées par les activités.
b) - Adopter des mesures urgentes:
La diversité biologique en Guinée comme dans la plupart des pays
environnants est de plus en plus menacée par la destruction des habitats,
la surconsommation des ressources végétales et animales. Ces dommages
essentiellement liés à l'activité humaine risquent de compromettre
gravement l'avenir de notre développement.
Pour préserver la vitalité et la diversité des gênes, des espèces
et des écosystèmes, les mesures radicales ci - après doivent être
appliquées de toute urgence:
- Procéder à l'inventaire et à l'évaluation des écosystèmes et
de la diversité biologique
- Renforcer les périmètres déjà classés par une redélimitation,
un aménagement et un plan de gestion
- Renforcer les capacités institutionnelles
- Établir un réseau national d'aires protégées
- Assurer une surveillance continue et une évaluation de
l'environnement
- Renforcer la participation populaire à la conservation
- Créer des valeurs par l'utilisation des méthodes qui tout en
soutenant les écosystèmes pour le long terme génèrent des apports
financiers pour les populations partenaires
- Restaurer les aires dégradées
- Promouvoir une agriculture intégrée à l'environnement
- Renforcer la législation
- Renforcer la recherche de technique et de technologies intégrée
- Mettre en place un comité national des espèces en péril
- Concevoir une stratégie efficace de lutte contre les feux de
brousse
- créer un centre d'information sur la diversité biologique dont la
mission sera de :
- veiller à la mise en œuvre de la convention sur la diversité
biologique en Guinée.
- Fournir aux spécialistes des informations utiles en biodiversité,
biosystématique
- Sensibiliser les décideurs et le grand public;
- Créer et entretenir une base de données pour la conservation et la
gestion des ressources naturelles et des biotechnologies ;
- Publier des travaux de recherche sur la diversité biologique;
- Etre au service des décideurs, industriels, scientifiques,
organisations environnementales et agir à titre d'intermédiaire
entre les utilisateurs et les fournisseurs de l'information sur la
diversité biologique.
- Promouvoir la collaboration avec les organisations et institutions
intervenant dans le domaine de la biodiversité.
- Servir de point focal d'un réseau constitué par toutes les agences
nationales et internationales publiques et privées impliquées à la
conservation ou à la mise en valeur de la diversité biologique.
