MONOGRAPHIE
NATIONALE
LA DIVERSITÉ BIOLOGIQUE
XII - MENACES PRINCIPALES SUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE.
Une menace à la diversité biologique est constituée par toute
activité, tout processus ou tout événement, qu'il soit naturel ou
causé par l'homme, provoquant ou risquant de provoquer un effet néfaste
sur la situation ou sur l'utilisation durable d'un élément constitutif
quelconque de la biodiversité (PNUE, 1993). Les menaces proviennent de
:
- La Pression démographique
- Les activités agro-pastorales incontrôlées
- L'exploitation forestière anarchique
- La Pêche irrationnelle
- Les activités Industrielles et Minières
- L'urbanisation anarchique
Bien qu'étant un pays sous-peuplé, la Guinée connaît cependant
des problèmes de population qui découlent de l'inadéquation entre
croissance démographique et croissance économique.
Lorsque la pression humaine sur les ressources naturelles du terroir est
faible, c'est à dire quand la nature est fertile et la population peu
nombreuse, cette gestion de terroir est relativement aisée malgré des
pratiques agricoles et pastorales, grandes consommatrices d'espace et de
terre: la concurrence pour l'exploitation des ressources en eau, en sols
et en bois est faible; ces ressources sont abondantes, se renouvellent
facilement; les pratiques de l'agriculture itinérante, de la jachère pâturée,
du défrichement par le feu et de la cueillette dégradent certes ce
potentiel naturel, notamment en diminuant la couverture végétale
forestière et en épuisant la fertilité du sol sans la renouveler,
mais la dégradation est lente et paraît supportable et sans danger immédiat.
Cette situation a longtemps prévalu en Guinée, notamment en Guinée
Forestière et en Haute Guinée. Elle prévaut encore dans certaines
localités de ces deux régions qui sont peu peuplées pour cause
d'inaccessibilité ou d'onchocercose ou de manque d'eau de surface.
Par contre quand, à la suite de l'augmentation de la population
(accroissement démographique ou immigration) ou de ses besoins
(nouvelles techniques, production marchande), ou à la suite d'une péjoration
subite du climat (sécheresse), la pression du prélèvement sur les
ressources naturelles augmente au delà d'un certain seuil, il arrive
rapidement que l'on crée une situation de pénurie, que la régénération
naturelle ne soit plus suffisante pour compenser les prélèvements, et
qu'ainsi le milieu naturel se dégrade, parfois de façon irréversible.
Cette dégradation du milieu naturel par surexploitation est la
principale origine de la désertification.
Cette situation a prévalu depuis longtemps dans certaines régions
de Guinée, notamment sur le plateau central du massif du Fouta Djallon,
en Moyenne Guinée et le long des grands axes de communication (routes,
voie ferrée et fleuves), en Haute Guinée. Elle s'étend désormais
dans une grande partie de la Guinée Maritime, en zone de mangrove, en
Guinée Forestière et dans certaines plaines de Moyenne Guinée.
Jusqu'à présent les réactions des villageois face à une telle
situation ont été de deux ordres:
- d'abord une extension des limites des terroirs villageois, quand
cela était possible (Guinée Forestière, Guinée Maritime et Haute
Guinée),
- puis le déplacement des villages ou l'exode rural (Moyenne Guinée).
Fréquemment la dégradation des ressources naturelles des terroirs
villageois s'est accompagnée d'une dégradation des structures
traditionnelles des villages et notamment des structures de gestion des
ressources des terroirs.
Ceci se traduit quotidiennement par des phénomènes de répartition
anarchique des champs annuels de culture, de défrichement des zones
protégées, de privatisation des terres, de chasse sans respect des équilibres
de la faune, de feux incontrôlés, de divagation des troupeaux et
finalement d'émigration massive vers la Guinée forestière et la Guinée
maritime ou vers la ville. Dans certains villages proches des grandes
villes (notamment sur l'axe Kindia-Conakry) l'exploitation commerciale
du bois est devenue l'activité essentielle de villageois ayant
quasiment abandonné l'agriculture.
La pression démographique dans la partie la plus au Sud de la Guinée
Forestière due à l'émigration des dernières années de réfugiés
Libériens et Sierra Léonais constitue le phénomène le plus important
pour le couvert végétal de cette région.
Il y a quelques décennies, les parcelles forestières destinées à
être brûlées puis cultivées étaient désignées par les anciens et
après mise en culture étaient laissées en jachère pendant un quart
de siècle environ, pour la reconstitution du couvert végétal.
Au fil des ans, les besoins alimentaires grandissants et la demande
en terres cultivables se faisant de plus en plus pressante, les durées
de mise en jachère tombèrent à 10 ans puis 8 et rapidement 5 ans et
maintenant à 3, entraînant une détérioration irréversible des sols
pouvant mener rapidement à la désertification et, en tous cas, empêcher
même la reconstitution spontanée de la forêt.
12 - 1 - ACTIVITES AGRO-PASTORALES
En Guinée les problèmes des incidences de l'Agriculture et de l'élevage
sur l'environnement constituent une réalité préoccupante dans la
totalité des régions.
Les impacts des activités agricoles sont d'autant plus fortement
ressentis qu'en région tropicale, les sols sont spécialement exposés
aux risques de destruction du fait de leur fragilité. En effet, la Guinée
ayant un climat contrasté, un relief accidenté, de roches-mères
pauvres, son potentiel cultivable est plus qu'ailleurs menacé de dégradation
par l'érosion et par la perte de fertilité.
Les causes de ces atteintes sont dans l'ensemble bien connues. L'une
des raisons majeures est constituée par les feux de brousse et de forêts
incontrôlés lesquels, outre la perturbation des écosystèmes,
accentuent le phénomène de l'érosion, surtout au niveau des pentes,
sous l'effet des fortes pluies. De surcroît, le feu diminue sur son
passage l'activité biologique des micro-organismes du sol et provoque
à la fois une élévation de la température au sol et un accroissement
de l'intensité de l'évaporation et du ruissellement des eaux. A cela
ajouter que les feux détruisent l'apport fertilisant des feuilles, empêchent
la régénération du couvert végétal et stérilisent les couches
superficielles des sols. Les feux sont habituellement utilisés à des
fins agricoles (cultures sur brûlis, cueillette de fruits), pastorales
(''régénération'' des pâturages, voire même cynégétiques (bien
que la loi l'interdise).
La destruction inconsidérée des couverts végétaux représente un
autre facteur, et non des moindres, de la dégradation du sol et du
sous-sol, en ce sens que les terres dénudées sont plus facilement
emportées par les pluies.
L'amenuisement de la végétation est due en partie au feu, mais très
largement aussi aux défrichements et aux déboisements excessifs. Les
cultures itinérantes se font aux dépens des espaces boisés. De la même
manière, les prélèvements de bois de chauffe et de bois d'oeuvre
accentuent la déforestation. L'exploitation abusive par endroits des
boisements se double par ailleurs d'un surpâturage de certains parcours
par des bêtes en surnombre ruinant ainsi de vastes espaces herbacés et
arborés.
Les pratiques culturales inappropriées ne sont pas non plus étrangères
à la dégradation du sol et du sous-sol. C'est le cas par exemple des
cultures effectuées sur des pentes sans que les précautions anti-érosives
nécessaires ne soient prises. C'est aussi le cas déjà cité des
cultures temporaires sur brûlis. Et ce sont enfin les méfaits du
raccourcissement des jachères sans amélioration des sols (consécutif
à la pression démographique et à l'extension urbaine, notamment). Il
en résulte que l'usage incontrôlé des intrants chimiques agricoles
(engrais, pesticides) se traduit parfois par une pollution des sols et
des eaux.
Le diagnostic global indique que le couvert boisé se réduit de jour
en jour et la relance économique depuis 1985 risque encore d'accélérer
cette disparition si des dispositions ne sont pas prises à temps. On
estimait la déforestation à environ 136.000 ha par an pour la période
1976-1980, dont 36.000 au détriment de la forêt dense. Les projets de
culture d'exportation (hévéa, palmier à huile, café), l'extension de
la dangereuse riziculture sèche font peser de très graves menaces sur
la faible couverture boisée de qualité qui a survécu.
12 - 2 - L'INTRODUCTION DE VARIÉTÉS AMÉLIORÉES À HAUT
RENDEMENT.
L'une des principales causes de l'appauvrissement des ressources génétiques
des plantes cultivées est l'introduction de variétés améliorées à
haut rendement potentiel et uniformes, qui remplacent les traditionnels
variétés locales. La révolution verte par exemple a introduit des
variétés de riz et d'arachide à haut rendement dans les pays en développement
où elles ont remplacé les variétés locales. En Guinée,
l'introduction des variétés étrangères de riz, tubercules et
d'autres plantes cultivées a tendance à faire disparaître les variétés
locales qui, jadis assuraient la sécurité alimentaire des ménages de
nos populations rurales.
12 - 3 - LES INSECTES RAVAGEURS, LES MALADIES CRYPTOGAMIQUES
constituent une menace importante pour les plantes cultivées ;
- la récente infestation des agrumes par la cercosporiose en
Moyenne Guinée;
- la cercosporiose noire du bananier ;
- la cercosporiose ou ''le sida'' des orangers entraîne
d'importantes pertes allant jusqu'à 100% des récoltes dans
certains cas. Selon Xavier Mourichon, du département de pathologie
végétale au CIRAD qui vient de mener une enquête sur le terrain
en Guinée ;
- le charançon du bananier ;
- l'helmintosporiose du riz;
- la cochenille farineuse et les acariens verts du manioc sont des
illustrations de menaces causées par les ennemis et maladies.
12 - 4 - LE NOMADISME CULTURAL
Il est préjudiciable à la survie de la biomasse ligneuse. Chaque
année, ce sont de milliers d'hectares qui s'envolent en cendre (environ
12 320 000 ha). Les habitats ainsi détruits ne se reconstituent que
difficilement et après de nombreuses années.
12 - 5 - LES FEUX DE BROUSSE
Ils constituent un fléau néfaste qui continue de dévorer de vastes
étendues et certainement les 2/3 du pays. Ces feux sauvages qui
calcinent toutes les ressources forestières soufflent quelquefois des
villages entiers et n'épargnent ni les animaux domestiques, ni des vies
humaines.
En effet rien que le nord-est de la Guinée qui couvrent les 11 Préfectures
les plus sensibles de: Siguiri, Dinguiraye, Mandiana, Kouroussa, Dabola,
Kankan, Faranah, Kérouané, Kissidougou, Guéckédou et Beyla, le
rapport final d'octobre 1995 du Bureau de Cartographie Thématique et de
Télédétection (BCTT), volet suivi des feux de brousse, de la DNFF
note:
| 1987-88 |
4 939 000 ha brûlés |
|
1988-89 |
4 661 400 ha brûlés |
|
1992-93 |
1 199 100 ha brûlés |
|
1993-94 |
1 578 100 ha brûlés |
De novembre à mai et donne une moyenne de 3 094 400 ha de savane brûlée.
Cette régression très sensible est due à la sensibilisation et à
l'application des techniques de feux précoces.
C'est environ 5 000 000 ha de savane boisée et herbeuse qui sont ravagés
chaque année, en Guinée.
12 - 6 - LA CARBONISATION
Elle représente aussi un autre fléau non négligeable. Elle est répandue
surtout dans les Préfectures qui avoisinent Conakry à savoir: Boffa,
Fria, Dubréka, Coyah, Forécariah et Kindia. Il faut ,également
signaler les faibles quantités de charbon exploitées dans les autres
Préfectures de l'intérieures. Longtemps axée sur les espèces forestières,
elle porte à présent sur certaines espèces fruitières tel que le
manguier très domestique. Très dommageable à la biomasse, elle fait
l'objet de grande spéculation dont Conakry en est fortement tributaire.
- L'expansion urbaine développe le nombre de fours à briques qui
consomment des milliers de stères de bois verts. Ce phénomène
aujourd'hui généralisé dans tout le pays détruit les abords et
berges des cours d'eau et provoquent leur envasement et leur
tarissement. Toutes les Préfectures où se développe cette activité
connaissent la disparition progressive de leurs forêts.
Par le fait de l'exploitation forestière anarchique tous les parcs
à bois des marchés et grandes agglomérations sont bien fournis. Cette
exploitation porte essentiellement sur la gamme d'espèces forestières
de valeur précédemment citées. Cette exploitation anarchique cause de
très importants dommages à la forêt guinéenne.
12 - 7- LA CHASSE
La chasse constitue pour de nombreux Guinéens le principal moyen de
se procurer des protéines. L'exploitation de la faune sauvage et de
l'avifaune dépasse largement par endroits, en particulier en Guinée
Forestière, l'accroissement naturel, ce qui a conduit à la disparition
de certaines espèces. Mais les terroirs sur lesquels ont porté des
analyses (zones de Ziama, de Diéké, des Monts Nimba, eaux
continentales et marines), ne suffisent pas pour faire un diagnostic précis.
L'homme est directement par la chasse et indirectement par sa seule
présence, responsable de la disparition du gibier sur la majeure partie
du territoire national. Le pays est en train de perdre une ressource
importante sans susciter de réactions en rapport avec l'importance du
potentiel d'exploitation qui est refusé aux générations futures. Il
est significatif de constater que dans la quasi - totalité des analyses
socio-économiques sur le monde rural, la chasse est négligée ou complètement
absente de la réflexion et des propositions d'interventions. Si tous
les observateurs s'accordent pour faire un diagnostic très pessimiste
de la situation actuelle, il n'y a malheureusement aucune donnée
quantifiée pour l'étayer et on est contraint de se satisfaire de
''dire d'experts''.
Les forêts classées ont contribué modestement à préserver
certaines espèces de leur extermination mais si ce processus est
ralenti, il est loin d'être enrayé. Les dernières zônes giboyeuses
peu éloignées des villages, présentent des bilans désastreux en
particulier pour la faune mammalienne. Les forêts de Ziama et de Diéké
sont riches en avifaune typique de la région mais certaines espèces
sont menacées. D'autres animaux sont en voie de disparition.
12 - 8 - LA PECHE :
D'après les résultats des recherches halieutiques il ressort que
les espèces démersales (poissons crevettes et céphalopodes) sont
soumises à une exploitation intensive à la fois par la pêche
artisanale et par la pêche industrielle. La pêche artisanale utilise
2.500 embarcations motorisées à 50% et 14 navires de 250 CV pour une
production de 50.000 tonnes pour les premiers et 1.200 tonnes pour les
seconds. La pêche industrielle quant à elle utilise 95 navires de gros
tonnage pour une production estimée de 25.000 à 35.000 tonnes par an
pour les espèces demersales, 2.500 tonnes pour les céphalopodes et
1.200 tonnes pour les crevettes sans compter les transbordements en mer
et les débarquements effectués à l'étranger. Les résultats des
campagnes de recherche indiquent une diminution de moitié de leur
indice d'abondance pour la période 1986-1992 (Fontana et al 1992).
Selon lui, il est extrêmement difficile d'évaluer les prélèvements
en poissons effectués dans la ZEE guinéenne, par ces navires, car tous
les chalutiers démersaux débarquent à l'étranger ou transbordent en
mer.
En pêche industrielle les navires de gros tonnages équipés
d'engins inappropriés détruisent les niches écologiques au moment de
leurs opérations de pêche et occasionnent des rejets importants d'espèces
en mer. Ils pénètrent aussi dans la zone réservée à la pêche
artisanale en occasionnant des effets de congestion sur la pêche
artisanale et la destruction des stocks de géniteurs dans les zones de
nurseries.
La pollution par les hydrocarbures (huiles usagées et fuel lourd déversées
dans l'eau par les navires), par les sociétés de la place et par les
sociétés minières de kamsar et de Fria, occasionnent à long terme
des conséquences très néfastes pour la faune aquatique. Cette
pollution réduit le plancton et les larves de poisson et d'invertébrés
dans l'eau et compromet à long terme l'existence des zones de frayère
d'où le non renouvellement des espèces halieutiques.
En pêche continentale les captures déclarées de 7000 à 9000
tonnes prouvent déjà une surexploitation des stocks. En plus
l'utilisation de dynamites et de plantes ichtyologiques favorise la
destruction de la vie aquatique dans les rivières et fleuves.
L'utilisation d'engins de pêche prohibés tels que les filets à
petites mailles favorise également la destruction de la ressource.
Le braconnage est aussi un système de piratage des ressources préjudiciable
à la faune aquatique des eaux douces (hippopotames, varans, caïmans,
crocodiles, etc.). Certains d'entre eux sont même signalés comme
animaux en voie de disparition tels que le crocodile cuirassé, et une
espèce de varan (Varanus nilotica) et un batracien (phrynobatrachus
tokba) (PNAE, 1994).
La cueillette abusive de certaines ressources aquatiques (huîtres)
et par des moyens archaïques détruisent les ressources et les habitats
de ces dernières.
12 - 9 - EXPLOITATION FORESTIERE :
La Guinée est un pays qui a l'avantage de disposer d'un écosystème
forestier tropical. Malheureusement, la couverture forestière de la
Guinée a été sérieusement entamée par des causes anthropiques.
Seules quelques reliques de forêts primaires subsistent et leur
protection est aujourd'hui très aléatoire. Les informations
satellitaires disponibles sur l'état actuelle des surfaces boisées de
la Guinée sont très inquiétantes. C'est pourquoi le pays a été
encouragé à formuler un Plan d'action Forestier Tropical (PAFT) avec
l'aide de la FAO.
Le Plan d'Action Forestier de la Guinée (PAFG) met en exergue les
menaces et destructions écologiques provoquées par les exploitations
forestières. Sur la question, les conclusions du PAFG sont les
suivantes :
- La situation actuelle du pays en matière forestière est assez grave
et mériter une réflexion approfondie.
Le diagnostic d'ensemble est préoccupant :
- de vastes surfaces de forêts denses ont disparu, conduisant non
seulement à des difficultés d'approvisionnement en bois d'œuvre et contraignant à des importations, mais entraînant une sécheresse
menaçante pour les sources.
- la situation de l'approvisionnement en bois et charbon de bois de
Conakry et de quelques grandes agglomérations de l'intérieur
devient critique et aboutit à la destruction totale de la végétation
ligneuse dans une zone de plus en plus vaste autour des villes.
- la couverture boisée du pays diminue en quantité en particulier
par suite d'une agriculture itinérante qui attaque même les sols
à forte pente et ne laisse que des jachères courtes et pauvres
- la fertilité des sols diminue un peu partout. Pour simplifier, on
peut dire que la partie Nord du pays se ''bowalise'' et que la
partie Sud se "savanise" chaque année plus rapidement et
de façon irrémédiable.
- Les hauts bassins versants des principaux fleuves de l'Afrique de
l'Ouest sont de plus en plus dégradés, ce qui a des conséquences
graves sur les régimes hydrauliques locaux et régionaux.
Plusieurs activités liées au bois en Guinée ont essentiellement
porté sur les peuplements naturels qui ont rarement été remplacés
compte tenu d'une politique forestière qui jusqu'à récemment encore,
ne faisait que peu de place à la promotion des plantations forestières
destinées à l'alimentation de l'industrie de bois et à une éventuelle
exportation.
Les ressources forestières ont toujours été considérées comme une
ressource inépuisable à la disposition de l'homme. D'année en année
ces ressources s'amenuisent et s'éloignent des grandes agglomérations
du pays du fait même des emprises assez lourdes qui pèsent sur elles.
L'ampleur du phénomène est d'autant plus importante que l'exploitation
revêt multiples formes.
Tableau
34 : Produits forestiers entrant à Conakry par le poste de contrôle du
km 36
- FAUNE SAUVAGE
Pour la même période l'exploitation de la faune sauvage a varié de
12.974 à 4.803. unités
Ces statistiques portent sur les produits commercialisés et représentent
la consommation de la ville de Conakry au cours des deux années 1993 et
1994.
- CHARBON DE BOIS
| N° |
PROVENANCE |
NOMBRE DE SACS |
NOMBRE DE CHARGEMT |
POIDS EN TONNE |
| 1 |
COYAH |
18.475 |
142 |
6.139 |
| 2 |
KINDIA |
70.155 |
351 |
8.806 |
| 3 |
FORECARIAH |
174.435 |
872 |
20.977 |
| 4 |
DUBREKA |
82.360 |
411 |
13.294 |
| 5 |
FRIA |
36.980 |
184 |
12.479 |
| 6 |
BOFFA |
7.935 |
40 |
517.4 |
| 7 |
TOTAL |
400.341 |
2000 |
62.212 |
La destruction des forêts n'est pas de nature à donner de la quiétude
aux animaux sauvages .Dans les conditions normales la migration de la
faune n'a lieu qu'à la quête de la nourriture et de la quiétude pour
la reproduction. Mais la destruction des habitats, les feux de brousse répétés
et la chasse incontrôlée aux alentours des grandes agglomérations,
dans certains endroits névralgiques à l'intérieur de la Guinée ont
provoqué la migration des grandes et moyennes faunes vers les zones les
plus reculées, moins accessibles et peu peuplées. Ces zones qui
constituent aujourd'hui les derniers grands refuges des animaux doivent
donner naissance à des parcs et réserves pour la sauvegarde de la
diversité biologique.
Ces principales zones sont::
- Madina Oula à Kindia
- Ourékaba (forêt de Pinselli) à Mamou
- Malin (Téguéréya, Saramoussayah) à Mamou
- Farinta-Soyah à Mamou
- Kanfarandé/Dabiss à Boké
- Fello Koundoua et le long du fleuve Bafing à Tougué
- La forêt classée de Nyalama à Lélouma
- La chaîne Madina Badiar/Niokolo à Koundara
- La forêt de Mafou à Faranah
- La forêt classée de Kounsignaki à Consotami (Télémélé)
- Les forêts de Gadha Woundou à Koubia
- Le Mont Béro à Beyla
- Le Mont Nimba à Lola
- Le massif de Ziama à Macenta
- Le massif de Diecké à Yomou
- La mangrove et les îles.
- Toutes les forêts classées et le long de tous les grands
fleuves.
- Le massif de Kounounkan à Forécariah
- Les pics de fon et de Tibet
12 - 10 - ACTIVITES INDUSTRIELLES ET MINIERES:
Source/ Schéma
directeur d'aménagement du territoire

La Guinée est dotée d'un bon potentiel minier. Son paysage est
cependant marqué par les vastes saignées de mines à ciel ouvert dont
les effluents sont insuffisamment contrôlés et les parties exploitées
n'ont toujours pas été réhabilitées.
Les activités minières ont aussi d'importantes incidences sur le
couvert végétal, les sols et la faune. Elles entraînent non seulement
une modification des paysages, mais elles provoquent de graves
pollutions par les rejets dans l'atmosphère, les eaux et les sols.
L'industrie minière et l'exploitation minière artisanale causent de
nombreux dommages à l'environnement et peuvent, faute de mesures préventives
et curatives, mettre dangereusement en jeu le développement des zones
environnementales des sites d'exploitation. La Basse - Guinée et la
Haute - Guinée sont les principales régions actuellement affectées
par ce phénomène.
Par rapport aux dégâts causés, les mesures correctives sont encore
insuffisantes comme le donne à le constater le tableau ci-après datant
de 1992.
| N° |
SOCIETES MINIERES |
Superficie totale dégradée |
Superficie totale restaurée |
| 1 |
OFFICE DES BAUXITES DE KINDIA |
300 hectares |
10 hectares |
| 2 |
SOCIÉTÉ FRIGUIA |
418 hectares |
206 hectares |
| 3 |
SOCIÉTÉ AREDOR |
570 hectares |
70 hectares |
| 4 |
COMPAGNIE DES BAUXITES DE GUINEE |
200 hectares |
77 hectares |
Les analyses faites jusqu'ici sur les impacts des
activités minières sur l'environnement ne sont pas assez documentées.
Ce sont des observations préliminaires qui sont faites. Leur
conclusions sont évidemment suffisantes pour justifier la réalisation
d'une étude complète de ce secteur clé de l'économie guinéenne.
Les études récentes réalisée par le Projet Pilote Mont Nimba (PNUD/UNESCO)
confirment que l'exploitation de l'important gisement de fer se trouvant
dans le Mont-Nimba est de portée économique nationale et qu'en conséquence
le projet ne peut pas être renié
Cependant le projet de Gestion des Ressources Rurales (PGRR) qui
cible des zones des monts Nimba considère qu'il est important de
renforcer le dispositif de protection de la réserve de biosphère.
Selon l'étude du projet Pilote Mont Nimba, le besoin pressant de
prendre les mesures nécessaires s'impose par le fait que les aires
centrales de cette réserve de biosphère dont l'une est inscrite sur la
liste du patrimoine mondial en péril, sont menacées par les
populations riveraines en convoitent les terres et ne comprennent
toujours pas pourquoi on le leur en interdit l'accès. Le braconnage est
intense dans l'aire de transition de la réserve du fait de la rareté
du gibier dans la zone tampon. Malgré les campagnes de sensibilisation
de la population sur l'intérêt de maintenir ces espaces en réserves
strictement protégées, aucun progrès n'a pu être noté dans le
comportement de la population.
La création d'un système de protection technique efficace est inévitable
aux alentours des aires centrales, mais il ne pourra être réellement
opérationnel qu'au moment où l'on sera en mesure d'offrir à la
population (les villages riverains en priorité) des activités
nouvelles visant à modifier en profondeur sa façon de vivre.
12 - 10- DÉVELOPPEMENT DES INFRASTRUCTURES ET URBANISATION
Le développement des infrastructures (urbanisation, voies de
communication, grands aménagements énergétiques, Hydroagricoles)
Provoquent des pertes considérables de la diversité biologique :
12 - 11 - VOIE DE COMMUNICATION:
Avec 14.000 km de route classée la Guinée malgré sa faible capacité
de desserte accumule 21.000 ha de perte en écosystèmes de grande
valeur.
A cette perte s'ajoute les dégâts causés par l'ouverture des carrières
pour l'emprunt de terre de terrassement et matériaux de construction
divers, sans compter les méfaits de la Division des habitants et la
fragilisation des écosystèmes rendus facile d'accès.
12 - 12 - GRANDS AMÉNAGEMENTS :
La construction des barrages de retenue pour la production de l'énergie
ou l'irrigation entraîne l'engloutissement d'importantes superficie et
de biocénose.
En exemple l'emprise de la retenue du barrage de Garafiri fera disparaître
7500 ha de savane guinéenne et 150 ha de forêt galerie.
La biomasse végétale située en zone inondable est estimée à
172.000 stères; en outre la construction de la ligne électrique se
fera au dépend d'un volume non négligeable de la biodiversité.
12 - 13 - L'URBANISATION :
Le développement des infrastructures urbaines représente une menace
sur la diversité biologique.
Il s'agit d'abord de la disparition des écosystèmes préexistants,
l'effet de la pression des besoins domestiques en bois d'œuvre de
service et en bois de feu sur l'environnement forestier.
Les infrastructures urbaines sont loin d'assurer les conditions élémentaires
de salubrité.
C'est ainsi par exemple qu'à Conakry l'absence d'assainissement
urbain, le non traitement des déchets et celui des eaux usées et
surtout la négligence des industries d'hydrocarbures risque à long
terme d'être catastrophique pour la faune marine et pour le secteur de
la pêche. Elle entraîne une réduction des larves de poissons et
menace à terme l'existence des zones de mangrove avec toutes les conséquences
sur le renouvellement des espèces démersales.
