Schéma : axe de développement posé par la
stratégie
Introduction
Jean-Marie BENGONE
Directeur Général de l'Environnement
L'érosion de la diversité biologique à l'échelle de la
planète, qu'elle soit le fait de la surexploitation des espèces,
de la transformation des espaces naturels, des pollutions diverses
et plus largement de l'action globale de l'homme, est un
phénomène particulièrement préoccupant au niveau mondial.
Bien que le rythme d'extinction des espèces soit mal connu,
puisque nous ignorons le nombre total de ces espèces, les
estimations en vigueur chiffrent de 2 à 25 % celles qui
pourraient disparaître dans les forêts tropicales au cours du
prochain quart de siècle, ce qui représente un rythme de 1 000
à 1 0 000 fois supérieur au taux historique d'extinction.
Les conséquences économiques et écologiques de cette
diminution, que l'on retrouve sur tous les continents et sous
toutes les latitudes, tant dans le monde animal que végétal,
sont de nature à bouleverser à court et moyen terme le
fonctionnement de nos sociétés et à compromettre gravement à
long terme l'avenir des générations futures.
Le respect de la diversité des espèces conditionne la vie sur la
planète et plus prosaïquement des activités économiques
essentielles comme l'agriculture et les biotechnologies.
Il devient donc urgent de prendre toutes les mesures pour enrayer
ce phénomène, par l'élaboration des politiques devant viser une
stratégie de précaution.
L'importance de cet enjeu a conduit à l'élaboration et à
l'adoption de la Convention sur la diversité biologique à Rio,
en 1992, lors de la Conférence des Nations-Unies sur I'Environnement
et le Développement (CNUED), connu sous le nom de Sommet Planète
Terre. Cette Convention, l'un des trois grands traités
internationaux sur l'environnement signés à Rio, qui a été
ratifié par le Gabon en 1997, définit les mesures d'incitation
comme un mécanisme spécifique qui aide à orienter les actions
au niveau national et à promouvoir les objectifs de préservation
et de durabilité qu'elle édicte.
La forêt et ses richesses naturelles sont le symbole du Gabon.
Depuis des temps immémoriaux, les gabonais sont largement
tributaires de leur forêt. Celle-ci couvre plus de 85% du
territoire gabonais et fait partie intégrante de l'environnement,
de l'économie, de la culture et de l'histoire du pays. Elle est
un instrument de réalisation des aspirations de la nation comme
société et comme pays.
Les écosystèmes forestiers gabonais abritent une faune et une
flore diversifiées, y compris les animaux, les végétaux et les
micro-organismes. Ils tempèrent le climat, tout en purifiant
l'air et l'eau. Ces écosystèmes enrichissent le sol,
préviennent l'érosion et règlent le ruissellement des eaux. Ils
offrent des étendues sauvages et aménagées qui procurent à
toute la population gabonaise des avantages culturels, spirituels
et récréatifs.
Depuis longtemps, la Biodiversité répond aux besoins
culturels, spirituels et matériels des peuples du Gabon , qui
offrent donc une perspective particulière de l'aménagement de la
biodiversité. Le rôle des populations dans la stratégie
nationale évoluera au fur et à mesure que seront définis plus
précisément leurs droits de propriété, ainsi que l'obligation
légale de la Nation de protéger ces droits.
Tous ces aspects revêtent une grande importance dans
l'application du concept d'aménagement durable, lequel consiste
à répondre aux besoins d'aujourd'hui sans nuire à la capacité
des générations à venir de satisfaire les leurs. La Stratégie
nationale Biodiversité doit permettre au Gabon de respecter les
engagements qu'il avait pris à la Conférence de RIO. La
présente Stratégie l'aidera à poursuivre ce travail ainsi qu'à
respecter les engagements qu'il a pris depuis lors, en outre aux
termes de la Convention sur la diversité biologique. Elle
témoigne de l'objectif du Gabon en matière de politique
étrangère, qui consiste à appuyer le dialogue en vue de la
conclusion d'un accord international sur la Biodiversité.
Depuis l'adoption de cette Convention, différentes stratégies
sont étudiées, proposées et discutées par les différents
partenaires concernés pour préserver et utiliser de façon
rationnelle et donc durable la diversité biologique, du gène à
l'écosystème.
Au Gabon cependant, la Biodiversité n'est pas le seul domaine
couvert par un exercice de planification. De ce fait, elle ne peut
être isolée des autres secteurs qui traitent des aspects de
l'utilisation des écosystèmes et l'impact des hommes, tels que
l'agriculture, l'élevage, l'infrastructure et la gestion urbaine,
la santé. Elle est imbriqué dans un système et se situe en
interactivité et en interdépendance avec d'autres secteurs.
Tache redoutable, tant dans sa conception que dans son
organisation. Elle exige, en effet, d'ériger le compromis en
règle de travail, afin que des visions divergentes du
développement soient réconciliées dans une synthèse pertinente
et acceptable par tous.
Aussi, afin d'initier le travail d'écriture du macrocadrage du
diagnostic qui devait être fait sur l'état de la biodiversité,
a-t-il été important de mettre en place une grille de lecture,
un cadre logique.
A. Éléments pour l'organisation de la stratégie
En souscrivant au principe du développement durable dans la
gestion de la Biodiversité, il faut élargir notre vision
originale et passer de la notion de rendements soutenus à la
vision plus globale de la santé des écosystèmes forestiers.
Cette vision englobante regroupe les objectifs des gabonais pour
la protection de la biodiversité à plus d'un titre -
prospérité économique, habitat pour la faune, les poissons et
la flore, capital génétique, réserves d'eau. En somme,
l'utilisation actuelle de la Biodiversité et les mesures de
conservation d'aujourd'hui ne doivent pas porter atteinte aux
perspectives offertes aux générations futures.
La présente Stratégie est un effort collectif visant à
établir une formule réaliste qui concilie toute la gamme des
attentes à l'endroit de la Biodiversité et de ceux qui
l'aménagent. Ces aspirations sont fonction des objectifs
économiques, de la vitalité des écosystèmes et des progrès
sociaux. On attend des responsables de cet aménagement qu'ils
aident à atteindre les résultats souhaités dans ces trois
domaines, à tous les niveaux : paysages individuels et forêts
communautaires, bassins hydrographiques, écozones, types de
forêts, le pays et la planète. L'assignation de priorités parmi
les utilisations et objectifs est donc incontournable
A.1. Valeurs et vision
De toute évidence, les gabonais sont très attachés à
certaines valeurs qui façonnent leur vision de l'avenir de la
Biodiversité de leur pays : nos valeurs et notre vision
représentent notre engagement national et planétaire en faveur
d'une stratégie durable. Les énoncés qui suivent se veulent le
reflet de ces points de vue communs.
Notre Biodiversité fait partie de notre identité en tant que
gabonais et de notre patrimoine national. Elle constitue une
richesse, indispensable à la vie sur notre planète. La
Biodiversité peut nous aider à prévenir l'extinction de
nombreuses formes de vie, peut-être même de la vie humaine. Si
l'on sait la traiter avec soin et respect, la Biodiversité
répand ses innombrables bienfaits, tant spirituels que
matériels. Notre Biodiversité représente un patrimoine que nous
devons préserver et transmettre à notre tour dans cet esprit. En
assurant la pérennité de la Biodiversité, nous contribuons à
assurer l'existence des générations futures.
Nos convictions :
- Des écosystèmes forestiers sains sont essentiels à la
santé de toutes les formes de vie sur terre.
- Notre patrimoine forestier fait partie de notre identité
nationale, passée, présente et future.
- Il importe de conserver sur tout notre territoire un riche
couvert forestier qui assure la diversité biologique.
- On doit assurer des avantages économiques, environnementaux
et sociaux stables aux communautés, aux familles et à tous
les gabonais qui dépendent de la Biodiversité pour leur
subsistance et leur mode de vie.
- Les valeurs intrinsèques et la beauté naturelle de nos
forêts sont essentielles à notre bien-être physique et
mental.
- À titre d'intendants de la Biodiversité, nous devons
assurer une exploitation sage de la Biodiversité pour le
bien-être environnemental, économique, social et culturel de
tous.
- Tous les gabonais ont le droit de prendre part aux
décisions sur la façon d'utiliser leur Biodiversité et sur
les fins pour lesquelles elle est gérée.
A.2 Notre Vision Globale
" Le Gabon, à l'horizon 2025, doit assurer la
conservation de la biodiversité et garantir un partage
satisfaisant des avantages socio-économiques et écologiques
issus des ressources biologiques par une prise de conscience de
l'importance de ses ressources biologiques et par un
développement des capacités humaines et institutionnelles.
"
A.3 Nos 10 Principes Directeurs:
- Toutes les formes de vie animale, végétale, humaine sont
interdépendantes.
- Toute la population du Gabon est tributaire de la
biodiversité et a la responsabilité de contribuer à sa
conservation.
- Toute la population du Gabon doit être encouragé à
connaître la biodiversité et à en apprécier sa valeur.
- Toute la population du Gabon doit être encouragée à
participer aux décisions relatives à la conservation de la
biodiversité.
- Le développement du Gabon doit tenir compte des enjeux
écologiques, économiques, sociaux et culturels de la
biodiversité.
- La gestion des ressources doit tenir compte du maintien des
équilibres écologiques.
- Le maintien d'écosystèmes sains est nécessaire à la
conservation in situ de la biodiversité.
- Des mesures de conservation ex situ peuvent être
nécessaires pour la sauvegarde de certaines espèces et de
certaines populations animales et végétales.
- Il faut considérer les connaissances et les pratiques
culturelles traditionnelles, les exploiter et les préserver,
avec l'appui et la participation conjoints des populations et
des acteurs publiques et privés.
- La conservation de la biodiversité exige la participation
de toutes les compétences nationales, une coopération
sous-régionale et internationale ainsi que le partage des
coûts et des avantages issus de l'utilisation des ressources
biologiques.
A.4 NOS OBJECTIFS
Ils sont de deux ordres : un objectif de développement dont
l'essence est la prise en compte de la conservation de la
biodiversité dans la planification du développement économique
du pays et l'autre, plus spécifique, qui est de trouver une
harmonie entre les activités économiques et la gestion
rationnelle des ressources incluant la réhabilitation des
processus écologiques ;
A.4.1 Objectif de développement
L'objectif de développement de la stratégie nationale sur la
diversité biologique du Gabon procède du souci de visser les
préoccupations environnementales aux impératifs de
développement économique du pays. En formulant un tel objectif,
l'on fait le choix de réconcilier l'objectif de conservation avec
celui de développement des populations. Au lieu de nier le
conflit latent entre la conservation et l'exploitation, on
l'intègre plutôt dans l'approche stratégique et on opte de ce
fait, pour une approche de conception et de mise en œuvre concertées.
Aussi, les actions des instances en charge de la stratégie
rechercheront une parfaite synergie avec celles des populations et
autres acteurs dans ce secteur, notamment en soutenant et
facilitant autant que possible leurs initiatives propres. C'est en
procédant ainsi que les populations et autres acteurs
intégreront à terme la conservation et la gestion durables des
ressources biologiques dans leurs attitudes, comportements et
initiatives. Les améliorations introduites ou induites auront de
ce fait des chances de se pérenniser au-delà des interventions
ponctuelles qui seront programmées dans le cadre de stratégie
nationale. Ainsi l'objectif de développement se résume à
prendre en compte la conservation de la biodiversité dans la
planification du développement économique du pays.
A.4.2. Objectif spécifique
L'objectif identifié constitue le point de départ de
l'analyse de la situation de la biodiversité au Gabon, en vue
d'en définir la stratégie de sa conservation. Cet objectif a
été soustrait des préoccupations internationales et des
impératifs nationaux en matière de conservation. Il répond
également aux attentes énoncés dans la Convention sur la
Diversité Biologique, à laquelle le Gabon a souscrit. L'objectif
spécifique se lis comme suit : l'exploitation et la protection
durables de la diversité biologique au Gabon.
A.4.2.1 Durabilité du Développement
Les politiques, les programmes et les réformes à élaborer au
cours du processus doivent être durables, c'est à dire répondre
aux besoins de la génération actuelle sans compromettre la
capacité des générations futures à satisfaire leurs propres
besoins.
Les politiques et les plans de cette stratégie doivent être
économiquement bien fondés, réalisables, viables sur le plan
financier, acceptables socialement et durables au niveau des
institutions.
Cela implique :
- que lors de l'élaboration du plan d'action, on soit
attentif à ne pas dépasser la capacité d'absorption des
institutions chargées de l'exécution. Les plans devront
ainsi se fonder sur une évaluation réaliste des contraintes
financières et institutionnelles et des réalités
économiques.
- que la dépendance à long terme envers l'aide
internationale soit évitée, bien que celle-ci apparaisse
comme nécessaire dans l'immédiat. Il faut en effet, pour
rendre les actions durables, tendre vers une viabilité
complète des programmes développés, sans qu'il ne soit
nécessaire pour cela de recourir impérativement à une aide
extérieure. Mais cela n'exclue pas, bien au contraire, que la
stratégie tienne compte des mécanismes d'assistance mis en
place sur la scène internationale pour le bénéfice de ce
type de programme.
- le renforcement des capacités nationales, considéré comme
un élément central de ce type de stratégie, vise à
augmenter la capacité d'exécution de tous les acteurs,
privés et publics, qui interviennent dans le processus, et à
réduire la dépendance à long terme envers les ressources
extérieures.
Notre objectif est donc d'entretenir et d'améliorer à long
terme la santé des écosystèmes forestiers au bénéfice de tous
les êtres vivants, autant au niveau national qu'international,
tout en assurant à la génération actuelle et aux générations
futures des bonnes perspectives environnementales, économiques,
sociales et culturelles.
A.4.2.2 La suite à donner
Cette Stratégie énonce en termes généraux les moyens qui
nous permettront de garder à l'esprit l'objectif que la nation
s'est fixé depuis 1992 : l'aménagement durable de la
Biodiversité partout dans le pays.
Il est important de souligner que ce document de 1999,
élaboré au seuil du troisième millénaire, précise les
priorités stratégiques qui, au cours des cinq prochaines
années, orienteront les politiques et l'action de la communauté
forestière gabonaise, qui regroupe les administrations publiques,
les industries, les organismes non gouvernementaux, les
collectivités, les organisations internationales et les personnes
qui ont un intérêt dans la Biodiversité gabonaise. Cette
Stratégie vise également à compléter et influer sur d'autres
initiatives nationales à caractère économique, environnemental
et social. À titre d'exemples de celle-ci, mentionnons la
Politique gabonaise de la faune, et le Plan National d'Action pour
l'Environnement. Les autres secteurs d'activités fondés sur les
ressources naturelles, qui ont tous une incidence sur nos forêts,
sont également invités à contribuer à la réalisation de cette
stratégie.
Souscrire aux valeurs et à la vision de la Stratégie, de
même que l'acceptation de ses principes et objectifs,
représentent un point de départ commun. Cette Stratégie est de
nature volontaire. Il incombe largement aux membres de la
communauté environnementale au Gabon de préciser comment ils
réaliseront ces objectifs.
Le Conseil des ministres agira à titre de mandataire de la
Stratégie au nom de la Nation Gabonaise. La direction Générale
de l'Environnement et les partenaires de la stratégie nationale
sur la Biodiversité en superviseront la mise en œuvre, depuis la
planification jusqu'à l'évaluation.
Individuellement et collectivement, les les partenaires de la
stratégie nationale sur la Biodiversité s'engagent à dresser
leurs propres plans d'action en tant qu'agences d'exécution, pour
réaliser cette Stratégie à la lumière de leurs propres
circonstances et capacités, et les rendront publics dans les
plans d'action annuels que publiera la Direction générale de l'Envcironnement.
Ils encourageront également les autres membres de la communauté
environnementale gabonaise à faire de même et à contribuer à
leur manière à la réussite de la Stratégie au sein de leur
propre secteur d'activité et de compétence.
Le succès collectif des gabonais à mettre en œuvre cette stratégie
et à faire progresser le développement durable sera mesuré et
fera l'objet de rapports.
La Biodiversité gabonaise est le patrimoine et la
responsabilité de tous les gabonais . Cette stratégie sert à
orienter les efforts en vue d'atteindre leur objectif de
durabilité de la Biodiversité d'un bout à l'autre du pays.
A.5 Analyse des concernés
Une stratégie ne peut être viable que si les préoccupations
des populations sur lesquelles elle va s'appliquer sont prises en
compte au moment de son élaboration. Les différents acteurs -
utilisateurs des ressources naturelles ont été sollicités à
travers des ateliers régionaux pour donner leurs avis et leurs
attentes ;
Avec une population estimée à 1 014 976 d'habitants
(recensement de 1993) sur une superficie de 267 667km², le Gabon
apparaît comme l'un des pays le moins peuplé d'Afrique
sub-saharienne et le plus urbanisé avec 73.25% de la population
vivant dans les villes (30.9% pour l'Afrique sub-saharienne). La
densité de population dans le milieu rural atteint 1 habitant /
km² alors qu'elle est trois fois plus importante dans les villes.
Cette population urbaine est aussi fortement polarisée sur
Libreville (463 187 hab.) et Port-Gentil (87 659/hab.). Ces deux
villes totalisent 74% de la population urbaine et 54% de la
population nationale.
Le Gabon connaît un PNB per capita de 4 150 $ US (1995), une
quasi - exception en Afrique sub-saharienne, qui s'explique par la
faiblesse de la population en rapport avec l'importance des
ressources nationales comme celles-ci tirées de l'exploitation du
pétrole, des minerais et du bois. Ainsi, la rémunération
moyenne mensuelle y atteint 250 000 FCFA (Recensement général de
la population de 1993), ce qui renforce le potentiel d'attraction
qu'elle exerce pour les étrangers - migrants, essentiellement
africains. Les étrangers représentaient 15% de la population du
Gabon et proviennent principalement des pays de l'Afrique centrale
et de l'ouest, selon les données du recensement officiel de 1993.
La polarisation urbaine sur Libreville est une donnée majeure
et pose des problèmes, quand on sait que 80% de la population
librevilloise habite dans des quartiers sous - intégrés et
insalubres. Ce constat est à rapprocher d'un autre paradoxe
gabonais qui situe le pays à la 74ème place mondiale sur 174
pour le PIB par habitant et à la 120ème place toujours sur 174
en ce qui concerne l'Indice de Développement Humain (les facteurs
qui le composent sont l'espérance de vie, l'alphabétisation des
adultes et la scolarisation) selon le PNUD dans son rapport
mondial sur le développement humain durable de 1996, soit un
écart de 46 places.
Ces paradoxes d'une nation aux prises avec la problématique de
son développement rebondissent dans tous les efforts de
stratégie. Ils sont donc à prendre en compte dans l'ensemble des
plans d'action, afin que le temps rapproche la réalité de la
vision globale élaborée à l'aube de cette stratégie.
A.6. Les orientations stratégiques.
Issus des principes directeurs, ils sont les piliers ou pistes
permettant une action conséquente ;
Cinq axes ont été prédéfinis, qui constituent les secteurs
d'investigation de la stratégie.
Ces 5 axes sont codifiés de la façon suivante :
- Code C.1 : Connaissance de la Biodiversité
- Code C.2 : Renforcement juridique et institutionnel
- Code C.3 : Diversité biologique et ressources biologiques
- Code C.4 : Intégration des communautés locales dans la
gestion durable de la biodiversité;
Mesure prioritaire :
Garantir la participation des communautés à la conservation
de la biodiversité
- Assurer la sensibilisation et la formation des communautés
à la conservation de la biodiversité
- Identifier et intégrer les savoirs pratiques et mécanismes
de prise de décision au sein des communautés qui favorisent
la conservation
- Déléguer aux institutions appropriées basées dans la
communauté les responsabilités qui accompagnent la gestion
des ressources
- Code C.5: Planifier l'économie en y intégrant la gestion
durable des ressources biologiques :
Mesure prioritaire :
Conception d'une économie viable et dynamique qui tient compte de
la Biodiversité
- Mettre en œuvre un partage satisfaisant des avantages tirées
des Ressources pour l'amélioration de la qualité de la vie
des communautés locales
- Gérer les ressources de façon à conserver durablement la
capacité de satisfaire les besoins des générations futures.
B Les actions à mener dans des secteurs spécifiques
B.1. Sur les Forêts :
Le Gabon bénéficie de vastes étendues de forêts naturelles.
La vie végétale et animale, le sol, l'eau et l'air forment le
milieu merveilleusement diversifié qui caractérise ces
écosystèmes naturels. Notre Biodiversité est le fruit d'une
évolution qui se poursuit depuis des millénaires. Semblables aux
autres forêts du globe par les principales formes de vie qu'elles
abritent, la Biodiversité gabonaise s'en distingue toutefois par
les divers ensembles d'espèces et d'écosystèmes qui lui sont
propres. Cette diversité représente et assure sa capacité
d'adaptation et de survie. Les écosystèmes forestiers, de même
que les formes de vie qui en dépendent, ont une valeur en soi,
laquelle sous-tend leur importance sociale, culturelle et
économique.
L'aménagement durable de la Biodiversité par exemple, de
maintenir l'équilibre chimique des sols, de l'air et de l'eau, de
stabiliser le climat, de recycler les éléments nutritifs, de
décomposer les polluants et de purifier l'air et l'eau. En outre,
la Biodiversité est d'une importance de premier plan pour la
protection des bassins hydrographiques, la formation des sols, le
stockage du carbone ainsi que l'habitat de la faune. On peut
récolter dans la perspective d'un développement durable les
produits de la Biodiversité, voire les améliorer par les
pratiques sylvicoles, à la condition toutefois de respecter les
limites biologiques inhérentes à cette Biodiversité.
L'examen de l'utilisation durable des forêts renouvelle la
question cruciale du rôle de ces forêts dans les stratégies de
développement de la nation. Trop souvent, les forêts sont
principalement gérées comme sources de bois. Une approche plus
globale démontre pourtant que les forêts gabonaises offrent une
gamme variée d'autres services. Les forêts doivent alors
s'inscrire dans le contexte de l'aménagement durable des terres
et de l'équilibre écologique. Cela signifie en particulier que :
- les forêts ne sont pas seulement considérés comme de
vastes étendues d'arbres à valeur commerciales, mais comme
des écosystèmes riches et diversifiés comprenant de
nombreux éléments interdépendants qui forment un équilibre
dynamique,
- toutes les terres forestières sont prises en
considération, y compris celles qui sont actuellement
dépourvues d'arbres, comme les terres dégradées ;
- les produits ligneux utilisés à des fins commerciales et
domestiques ne sont pas les seuls à être considérés. Il
faut également tenir compte des produits non-ligneux et des
services qu'apporte l'écosystème forestier, notamment la
faune, la flore, les sols, l'eau, les loisirs, la possibilité
de stocker le carbone et de tempérer les facteurs climatiques
;
- le secteur forestier est également envisagé en tenant
compte de ses interactions avec les autres secteurs de
l'économie et des répercussions mutuelles des politiques et
des usages ;
- enfin, les forêts n'ont pas pour inique rôle de produire
des biens à court terme pour tout groupe spécifique
d'utilisateurs ; elles ont des fonctions écologiques à long
terme, vitales aux niveaux local, national et mondial.
Principes
La santé des écosystèmes forestiers est essentielle au maintien
de la qualité de la vie.
Le maintien des processus écologiques, de la biodiversité, de la
productivité, de la vitalité et du pouvoir de renouvellement
essentiels aux écosystèmes forestiers doit être au cœur même
de l'utilisation et de l'aménagement durables des forêts.
Des inventaires complets et précis, contenant des informations
sur les principales valeurs des forêts, sont essentiels à un
aménagement durable des forêts.
L'utilisation et l'aménagement de la Biodiversité doivent
préserver la diversité de la faune et de la flore, des
écosystèmes et des milieux naturels.
L'utilisation et l'aménagement durables de la Biodiversité
gabonaise doivent être fondés sur leur rôle au sein du milieu
naturel, tant local que mondial
Cadre d'action
Approfondir nos connaissances des processus écologiques propres
à la Biodiversité ainsi que les conséquences des perturbations
naturelles et de l'activité humaine sur ce milieu et accroître
notre capacité d'aménager la Biodiversité de manière à
assurer la productivité et la vitalité de ces écosystèmes :
1.1 En faisant des inventaires plus exhaustifs et en recueillant
davantage de données sur les principales caractéristiques des
forêts, dont celles à l'échelle du paysage, y compris les
conséquences des processus naturels et de l'activité humaine sur
les écosystèmes forestiers, de même que sur les ressources non
ligneuses et sur la croissance et le rendement de la production
forestière. Ces informations sont nécessaires afin de pouvoir
pratiquer un aménagement durable de la Biodiversité permettant
un large éventail d'utilisations et de mieux prévoir les
changements qui marqueront le milieu forestier, et de permettre au
Gabon de s'acquitter de ses engagements internationaux en matière
de communication de rapports.
1.2 En mettant en œuvre des systèmes opérationnels et
fonctionnels de classification écologique régionale des terres
forestières et ce, en accordant une attention particulière à
celles qui font l'objet d'activités d'aménagement forestier, et
en établissant par la suite une classification nationale des
écosystèmes forestiers.
1.3 En accordant une priorité à la recherche fondamentale et
appliquée portant sur les écosystèmes forestiers, entre autres
sur leur capacité d'adaptation aux perturbations naturelles et à
l'activité humaine, et sur leur rôle dans le cycle des gaz à
effet de serre, dans le cadre de stratégies d'aménagement visant
l'adaptation et l'atténuation.
Faire en sorte que nos activités d'aménagement forestier
contribuent davantage à maintenir la biodiversité au sein de nos
forêts :
1.4 En améliorant le système national de présentation de
rapports d'information sur la situation de la forêt dans la
Biodiversité gabonaise en utilisant les cadres de critères et
d'indicateurs de l'aménagement durable de la Biodiversité.
1.5 En travaillant au parachèvement, d'ici l'an 2005, d'un
réseau d'aires protégées représentatif des différentes
catégories de classification d'écosystèmes forestiers pour
fournir des repères
B.2. Sur L'eau douce.
Le problème des ressources en eau s'est rapidement imposé
comme une priorité internationale. Une grande partie de
l'attention accordée à cette question, cependant, s'est
focalisée sur l'impact du prélèvement; on a peu évoqué la
qualité des écosystèmes d'eau douce. En se concentrant sur ce
second aspect, la stratégie biodiversité offre de manière
opportune la garantie que l'on prenne en compte la diversité
biologique chaque fois qu'il est question d'eau douce.
B.3. Sur la prise en compte des systèmes agroécologiques
dans l'approche de l'agro-biodiversité
La plupart des gens ignorent les liens étroits existant entre
l'agriculture et la diversité biologique.
Les forêts gabonaises, intégrées dans le vaste bassin du Congo,
constituent des climax régionaux de la biosphère. Des activités
d'agriculture, d'élevage, d'exploitation du bois s'y sont
intégrées ou s'y sont substituées depuis le début de
l'holocène.
La notion de système agroécologique est ici proposée et
illustrée à partir de critères de gestion de l'espace. En
effet, outre des phénomènes anthropiques, des phénomènes
naturels d'ordre hydrologique ou volcanique déterminent aussi
l'extension des forêts gabonaises dans le temps. Leurs
destructions par les feux ou des activités humaines sont suivies
de régénérations partielles ou complètes, mais qui entraînent
souvent une perte importante de la biodiversité. Une échelle
d'observation séculaire paraît au moins nécessaire pour tenir
compte des propriétés d'homéostasie de ces forêts.
Si pour un bilan comptable d'entreprise on distingue des actifs
circulants et immobilisés, des ressources intermédiaires et de
base peuvent être distinguées dans un bilan de système
agroécologique.
Les ressources écologiques de base d'un système agroécologique
sont constituées du potentiel génétique de la biosphère qui
peut s'y exprimer, de la fertilité de ses sols, de ses ressources
hydrologiques et atmosphériques locales. Dans les ressources
économiques de base d'un système agroécologique interviennent
les technologies agronomiques et biologiques déployées par la
population humaine.
Les ressources intermédiaires sont essentiellement écologiques
et constituées de la biodiversité , de biostocks et de
biorecyclages.
La comparaison avec des comptes de bilan d'entreprise peut
s'étendre aux comptes de gestion qui déterminent un résultat
d'exploitation à partir des charges et produits. Un système
agroécologique peut produire des biens de consommation, des
matières premières, des services et des plus-values. Il peut
supporter des charges en achats d'intrants exogènes, en
moins-values et en amortissements.
Le nombre d'espèces des 5 règnes vivant dans chaque type
d'écosystème constitutif d'un système agroécologique et la
dynamique de leurs diaspores sont des paramètres représentatifs
de la biodiversité et du potentiel génétique de la biosphère.
Pour ce dernier, un paramètre spécifique aux diaspores
d'espèces actives dans la fixation biotique de l'azote
atmosphérique est distingué. Les biostocks sont répartis en
biomasses et minéralomasses dont des valeurs représentatives des
principales phytocénoses sont reproduites à titre indicatif. Les
réserves en éléments minéraux biogènes et le stock d'humus
des sols sont les paramètres de fertilité des sols.
Les réserves minérales sont des complexes minéraux
secondaires du phosphore comme les pseudovariscites et
pseudostrengites et les formes échangeables du potassium, du
calcium, du magnésium et du sodium. Le stock d'humus est en
équilibre avec le biorecyclage de la matière organique selon les
réactions d'humification et de déshumification. Ces réactions
recyclent également l'azote et les autres éléments minéraux
précités.
Les paramètres des ressources hydrologiques sont ceux qui
caractérisent le bilan hydrologique: précipitations efficaces,
débits d'écoulement des eaux souterraines et de surface. Teneurs
en azote, en oxygène et en gaz carbonique, apports d'azote
abiotique et retombées de minéralomasses par aérosols sont
retenus comme paramètres des ressources atmosphériques.
Productivités primaires, érosion physique et chimique des
sols, changements d'équilibres en humus et biorecyclages,
accroissement de la teneur en gaz carbonique, pulsations
climatiques, sont sources de charges et produits d'exploitation
des système agroécologique.
La grille de paramètres écologiques et économiques établie
ici est proposée comme aide à la gestion de l'écosphère
nationale, dans le cadre de la mise en application de cette
stratégie. Bien que d'avant-garde, elle impose déjà un recul
aux financiers et économistes du développement durable au niveau
des échelles de temps et d'espace des système agroécologiques.
B.4. Sur les zones marines et côtières.
La meilleure façon de riposter aux menaces de destruction des
habitats, de pollution, d'invasion par des espèces étrangères
et de surexploitation consiste, sans doute, à traiter
conjointement les nombreuses questions scientifiques, juridiques,
économiques et technologiques qui touchent les zones marines et
côtières. La traduction, dans ce domaine, de la stratégie
nationale sur la diversité biologique s'érige au carrefour de
cinq thèmes:
- la gestion intégrée des zones maritimes et côtières,
- les zones marines et côtières protégées,
- I'utilisation durable des ressources biologiques marines et
côtières,
- la mariculture (par exemple la pisciculture) et
- les espèces exotiques.
B.5 Sur le savoir autochtone et local.
La Nation gabonaise reconnaît le rôle particulier que les
communautés autochtones ou locales jouent dans la protection et
dans l'utilisation
Cadre d'action
Accroître la capacité des collectivités tributaires de la
Biodiversité à prendre leur essor et à diversifier leur
économie, si la nouvelle orientation s'avère économiquement
viable ou les aider à assurer une transition harmonieuse s'il
s'agit d'une collectivité en déclin :
- En évaluant l'incidence socioéconomique de diverses
mesures stratégiques pour bien cerner les besoins à long
terme des collectivités tributaires de la Biodiversité, y
compris la culture et la subsistance en matière de
planification du développement économique et de gestion
durable des ressources.
- En favorisant le développement et la diversification de
l'économie des collectivités forestières par l'élaboration
de plans de développement économique et de stratégies à
valeur ajoutée.
- En établissant et en mettant en place des mécanismes qui
permettront aux collectivités de s'adapter à l'évolution de
la situation socioéconomique.
B.6 Sur la sécurité biologique.
Les préoccupations portant sur la sécurité biologique
reflètent l'inquiétude grandissante concernant les risques
potentiels que posent les organismes vivants modifiés produits
par la biotechnologie moderne. Il n'existe actuellement aucun
accord international juridiquement contraignant traitant du cas
où des organismes vivants modifiés traversent les frontières
nationales, pour des raisons commerciales ou accidentelles. De
plus, notre pays, en phase de développement, ne dispose pas
encore des ressources techniques, et financières permettant
d'aborder le problème de la sécurité biologique. Seule la force
juridique et institutionnelle peut aujourd'hui nous permettre de
prévenir les risques de dérapages, en développant un corpus
réglementaire adéquat.
B.7 Sur les aires protégées.
Des aires protégées de qualité et à l'abri de tout risque
de perturbation doivent être au centre d'un réseau hiérarchisé
comprenant des aires naturelles satellites, des aires de
transition et des utilisations compatibles des terres (et des
eaux) avoisinantes. Ce réseau serait conçu dans le cadre d'une
mosaïque planifiée d'utilisation des terres et assurerait, avec
l'apport des terres consacrées à l'agriculture, à la foresterie
et aux établissements humains, la conservation in situ de la
biodiversité. Les aires protégées de superficie appropriée
abritent généralement des espèces très dispersées, sensibles
ou rares, des processus naturels d'envergure et des écosystèmes
plus complets et moins perturbés qu'ailleurs. Elles servent de
tremplin au changement, de sites repères pour les expériences en
matière d'utilisation des terres dans leur région, et de bassins
futurs dans lesquels on pourra puiser des ressources naturelles.
Sous forme de parcs, elles sont également associées à toute une
gamme de bienfaits d'ordre spirituel, éducatif, expérimental et
économique.
Malgré les nombreuses initiatives positives entreprises, il
manque dans l'ensemble une planification cohérente qui
découlerait des buts communs ainsi que de l'établissement
d'objectifs et de normes.
On note également l'absence d'une intégration spatiale basée
principalement sur la science des écosystèmes, l'écologie du
paysage et la biologie de la conservation. Des mécanismes
institutionnels solides visant à coordonner la planification et
à superviser une telle approche scientifique sont absents. Au
niveau du site individuel, on trouve une multitude d'initiatives
contributives allant de la gestion des espèces à la gestion de
tout l'écosystème régional. Des sciences pointues, appliquées
à la gestion des écosystèmes et à la prise de décision en
matière d'utilisation des terres, constituent un besoin important
et immédiat. L:information de base en matière d'inventaire, la
surveillance systématique, la biologie de la conservation, la
génétique des populations et le rôle de l'écologie de
restauration peuvent offrir les meilleures possibilités de
contribution à la conservation de la biodiversité au niveau du
site. La plupart de ces sciences étant des sciences appliquées,
elles ne font pas souvent l'objet de publications, et des
mécanismes institutionnels doivent également faciliter les
communications entre les praticiens et avec la société en
général.
Les mécanismes institutionnels doivent s'articuler autour d'un
regroupement multisectoriel d'intervenants bénéficiant d'un
soutien approprié, indépendant et orienté vers les sciences
afin de permettre d'atteindre les objectifs suivants: coordonner
l'élaboration du système de réserves, la planification de la
conservation, l'établissement des priorités scientifiques et le
contrôle de la qualité, favoriser les communications, jouer un
rôle de promotion auprès des gabonais et dans la sous-région et
exercer le suivi des réalisations. Ce regroupement permettrait de
faire la synthèse de toutes les initiatives en cours et
nécessaires dans l'avenir pour optimiser le rôle des aires
protégées comme principal élément de la conservation in situ
de la biodiversité.
D'une façon générale, un réseau bien conçu et bien géré
d'aires protégées, comprenant des aires de transition et des
zones tampons, fait partie des exigences minimales de la
conservation de la biodiversité dans une société durable. La
recherche devrait déterminer l'efficacité du réseau actuel et
les moyens de l'améliorer; lorsque les améliorations
nécessaires auront été apportées, la surveillance devrait
être entreprise afin de permettre d'en améliorer la gestion.
B.8. Sur la participation du public dans le processus du
développement durable
En acceptant de jouer un rôle dans le développement durable,
le public s'engage par le fait même à se familiariser avec ce
secteur d'activité et à s'informer, d'où la nécessité de
mettre à sa disposition des renseignements exacts, à jour et
faciles à comprendre sur les ressources forestières. Pour leur
part, les responsables de l'aménagement de la Biodiversité
doivent être non seulement à l'écoute des demandes
d'information du public, mais aussi chercher à comprendre son
point de vue et en tenir compte dans le processus de
planification. Le plein accès et l'égalité d'accès à
l'information sont au cœur même de la participation du public.
En sensibilisant et en renseignant davantage tous ceux qui
s'intéressent à la Biodiversité , on nourrira une discussion
éclairée, dans un climat de respect et de compréhension
mutuels.
Principes
La participation du public aux processus de planification et
d'élaboration de politiques est essentielle et s'accompagne
d'obligations et de responsabilités qui incombent à tous les
intervenants.
Une participation féconde du public dans les processus de
planification et d'aménagement forestier exige une démarche
ouverte, équitable et bien définie, assortie de procédures
généralement acceptées et d'échéances pour la prise de
décisions en temps opportun.
Des renseignements à jour provenant de diverses sources, y
compris des bases de données consacrées aux ressources
forestières et financées par l'État, sont essentiels à la
participation efficace du public.
Cadre d'action
Mieux sensibiliser et renseigner le public au sujet de la
Biodiversité :
- En encourageant et en appuyant des programmes ou des projets
visant à enrichir les connaissances des élèves et des
étudiants sur la Biodiversité et l'aménagement forestier au
cours de leurs études primaires, secondaires et supérieures.
- En offrant au public de chaque province, en particulier aux
jeunes, un plus grand nombre d'occasions de participer à des
programmes de plein air afin qu'ils puissent profiter d'une
expérience enrichissante vécue en forêt.
- En multipliant les programmes de visites en forêt et de
visites d'usines pour permettre à la population de mieux
connaître et apprécier la Biodiversité, l'aménagement
forestier et les produits forestiers.
- En appuyant les échanges entre les représentants des
administrations publiques, de l'industrie et des organismes
non gouvernementaux ainsi que les spécialistes de
l'éducation pour coordonner les efforts en proposant à la
population des programmes éducatifs offrant une information
complète et juste sur la Biodiversité gabonaise.
- En veillant à la bonne marche de programmes visant à
renseigner davantage le grand public sur les valeurs
autochtones relatives à l'aménagement forestier, de même
que sur les dossiers et les progrès dans le domaine.
- En travaillant à nouer des relations et à établir et à
entretenir des liens avec les médias afin de fournir au
public les plus récentes informations sur l'aménagement
durable des forêts.
Améliorer l'accès à l'information et les services
d'information sur la Biodiversité afin de répondre aux
besoins du public :
- En communiquant en temps opportun à la population les
résultats des examens officiels des tenures forestières pour
la récolte de bois sur les terres publiques ou les
conventions conclues à cet égard.
- En harmonisant les bases de données sur les diverses
valeurs de la Biodiversité, pour la mise en œuvre du cadre
des indicateurs nationaux.
- En continuant d'élaborer et d'améliorer le système de
critères et d'indicateurs nationaux sur l'aménagement
durable de la Biodiversité et en faisant rapport sur les
progrès d'ici l'an 2005. Les administrations publiques
produiront régulièrement des rapports sur l'état de la
Biodiversité gabonaise, en se servant d'indicateurs valables.
- En veillant à ce que le public ait davantage accès aux
compétences de spécialistes afin de le sensibiliser aux
forêts et de le renseigner à ce sujet
Tenir compte du point de vue de la population en matière de
planification de l'aménagement forestier et des processus
décisionnels :
- En élaborant et en améliorant des modèles efficaces de
communication et de participation à l'intention du public.
- En assurant la bonne marche de processus ouverts,
transparents et bien définis de participation du public à la
planification et à l'allocation de l'utilisation des terres;
à l'élaboration et à l'examen des politiques et stratégies
forestières; et au règlement des différends entre les
divers intéressés.
- En menant des consultations auprès d'organismes publics et
privés pour examiner et, au besoin, réviser les politiques
forestières stratégiques, et ainsi s'assurer qu'elles
continuent de satisfaire aux exigences d'un aménagement
durable de la Biodiversité .
- En s'assurant que les bases de données consacrées aux
ressources forestières et financées par l'État contribuent
à des processus de consultation où le public a toutes les
informations à sa portée.
D - De la Stratégie Nationale à la programmation du Plan
d'Action
D.1. L'Observatoire de la Biodiversité
Les lignes directrices de la programmation du plan d'action
proposé dans la présente stratégie se concentrent bien entendu
sur la biodiversité, ce qui ne les empêchent pas de reconnaître
l'importance de maintenir une approche holistique de la gestion
durable du développement .
Aussi, la programmation d'un plan d'action sur la biodiversité
par la nation, avec le soutien de la communauté internationale,
peut s'insérer dans le contexte plus général de la préparation
des programmes indicatifs étalés sur une longue période, en
tant qu'activité de programmation annuelle ou en tant
qu'activité ad hoc menée au cas par cas.
Un observatoire de la biodiversité est proposé, qui servira, au
sein de la direction générale de l'Environnement, de cellule de
programmation, de suivi et d'évaluation de projets identifiés
dans le cadre de plans d'actions annualisés.
Les principes directeurs de cette programmation pour le secteur
environnemental seront les suivants:
- (1) tous les projets/programmes sont guidés par la demande,
c'est à dire qu'ils reposent sur des propositions émises par
les partenaires du développement (acteurs privés, ONG's,
associations communautaires villageoise ou citadines,
administrations, etc.) et développées après avoir consulté
les groupes cibles,
- (2) les propositions feront partie de plans ou programmes
sectoriels de plus grande envergure (p. ex. Programme d'Action
Forestiers National, Plan National d'Action pour
l'Environnement, Plan d'Action Biodiversité, Programme
Régional de Gestion de l'Information Environnementale)
- (3) Les propositions seront regroupées dans un plan de
travail annuel, duquel débouchera un programme
d'investissement multi-bailleur.
- (4) Une équipe de coordination, sous la tutelle du
directeur général de l'environnement, servira d'interface
entre les groupes et associations de promoteurs, les projets
et programmes environnementaux devant servir d'appui et les
bailleurs de fonds .
Les étapes de programmation font partie du dialogue qui devra
avoir lieu avec les partenaires pour parvenir à une structure
optimale de coopération entre l'Etat, représentée par
l'administration concernée, les programmes sectoriels impliqués
et les opérateurs.
Les pratiques et les procédures administratives de programmation
varieront selon les diverses sources de financement utilisées ou
autorisées par l'Etat, afin de soutenir le développement et la
conservation des ressources biologiques. En outre, le rôle de l'Etat
, des institutions et des organisations partenaires, de même que
celui de la Direction Générale de l'Environnement, peuvent
varier selon les sources de financement utilisées.
Les formulaires présentés en annexe de la présente stratégie
sont conçus pour donner une ligne directrice au processus de
programmation dans n'importe quelle situation. Des listes de
vérification, basées sur des critères et des indicateurs, sont
conçues pour être utilisées à chaque étape de l'évaluation
du besoin et de la désirabilité d'un soutien.
- le guide de diagnostic environnemental permettra, ainsi de
poser une grille de lecture " environnementaliste "
sur n'importe quel projet proposé dans le cadre de la
présente stratégie. Il permet d'évaluer l'impact du projet
sur l'environnement.
- le guide d'analyse de l'impact social d'un projet, permet,
de son coté, d'évaluer l'impact sur les populations de tout
projet soumis au financement, dans le cadre de la présente
stratégie.
Les étapes et les critères présentés peuvent être
utilisés avec souplesse pour tous les types de programmation, de
la sélection initiale d'un projet à la préparation de
stratégies sectorielles et de programmes nationaux. Un manuel des
méthodes définira les différentes procédures.
Cette approche stratégique permet d'assurer, dès les premières
étapes d'un plan d'action, que la Programmation d'un soutien de
la nation et de la communauté internationale repose bien sur une
évaluation réaliste des problèmes nationaux, des opportunités,
des priorités et des contraintes, ainsi que du rôle des
bailleurs de fonds.
Définition et objectifs du système de planification suivi et
évaluation
Partie élaborée à partir des travaux
de
M. Paul TALAFO,
Responsable suivi-évaluatution du PRGIE
(Programme Régional de Gestion de l'Information Environnementale)
Définition
Le Système de Planification, Suivi et Evaluation est un
système qui peut se définir par ses principaux éléments:
- des acteurs soucieux d'identifier au plus vite les
problèmes et d'y apporter à chaque niveau des solutions ;
- des données fournissant une information pertinente sur les
activités ;
- des procédures régissant la collecte et la circulation de
ces données ;
- des outils informatiques permettant de stocker, de traiter
et de transférer les données.
Les objectifs du système de planification suivi et évaluation
sont au nombre de quatre :
- fixer des objectifs partagés, réalistes et clairs par
activité ;
- mesurer des écarts par rapport aux prévisions et
identifier ainsi les problèmes liés au déroulement des
activités ;
- proposer des mesures correctrices et des alternatives ;
- restituer les informations de suivi et évaluation sous
forme de rapport périodique pour la meilleure instruction des
partenaires du projet.
Le nombre de partenaires impliqués dans le l'Observatoire de
la Biodiversité (agences d'exécution et bailleurs) et la
nécessité de gérer leur synergie imposent que ce système soit
non seulement un outil de pilotage mais aussi un système de
communication, d'où l'importance du quatrième objectif.
La notion d'indicateurs
Afin de suivre le projet, la performance des activités et la
conformité des résultats aux objectifs, il est habituel de
définir une batterie d'indicateurs qui, s'ils ne dispensent pas,
bien au contraire, d'établir des rapports ou commentaires
descriptifs, permettent de synthétiser l'information de suivi et
de mettre en évidence des écarts par rapport aux prévisions.
Tout écart est révélateur soit d'une mauvaise prévision (trop
optimiste par exemple), soit d'un décalage temporel (l'objectif
sera atteint plus tard), soit d'une sous-performance (l'objectif
ne sera jamais atteint).
On distingue deux types d'indicateurs :
- les indicateurs de performance : ils décrivent l'écart
entre les réalisations de l'activité et les objectifs
prédéfinis (par exemple : superficies forestières
inventoriées,...). Ainsi, le nombre de cartes produites sur
une zone en comparaison du nombre de cartes prévues est un
indicateur de performance de l'activité de couverture
topographique. Dans cette catégorie, on range les indicateurs
temporels (retard d'exécution et dépassement de durée) qui
mesurent l'avancement de l'activité ou de la tâche par
rapport aux échéances initialement fixées.
- les indicateurs d'impact qui indiquent si les objectifs du
projet ont été atteints, c'est à dire si les activités
influencent la manière dont les décisions sont prises. Dans
le cas de production d'un service ou de réalisation d'un
produit, une mesure du taux d'utilisation est une première
approximation de l'impact de l'activité. En effet l'objectif
d'un projet d'information est de changer les comportements. Si
l'information et les réseaux sont utilisés alors qu'ils ne
l'étaient pas, cela constitue une évolution du comportement.
Par exemple le nombre de cartes vendues serait un indicateur
d'impact d'une activité de couverture topographique, et le
nombre de connexions sur un serveur serait un indicateur
d'impact de la mise en place d'un site Internet.
Les indicateurs de performance sont utiles pour le suivi
technique des activités ou du projet. Les indicateurs d'impact
permettent d'en effectuer l'évaluation.
Il est très important de souligner que ces indicateurs de suivi
et évaluation n'ont de sens que comparés à des valeurs
objectives prédéfinies (valeurs intermédiaires et valeurs
cibles).
Les Acteurs du système
Les responsables
Les responsabilités du suivi et évaluation des activités
seront partagées entre 4 acteurs.
Le coordonnateur de l'Observatoire de la Biodiversité : il est
responsable du fonctionnement du Système de Suivi-Evaluation, et
:
D'une manière générale :
- il met en œuvre les procédures de suivi et d'évaluation;
- il assure le bon travail en équipe des autres responsables
de suivi et évaluation et assure en particulier leur
formation ;
- il assure le bon fonctionnement en réseau du système de
suivi et évaluation, veille à la mise à jour cohérente et
régulière des données de suivi, et enfin à la diffusion
satisfaisante des données vers les utilisateurs;
- il s'assure que les données financières comptables sont
régulièrement et correctement importées depuis la base de
données financières et comptables vers la base de données
principale et, en relation avec l'administration financière
et la comptabilité, vérifie que les données ainsi
importées sont cohérentes ;
- il signale les problèmes que les données de suivi auront
mis en évidence, recherche et propose des solutions à ces
problèmes;
Pour la planification:
- Il élabore et suit un chronogramme semestriel des
activités de l'Observatoire ;
- Il s'assure que les termes de références de chaque acteur
pour le mois à venir sont rédigés et connus des
intéressés;
- Il s'assure que les PTA PTA : plan de travail annuel sont
préparés conformément aux calendriers et formes prévus
dans le manuel de procédures;
- Il s'assure que le PTA validé est saisi dans la base de
données de suivi et évaluation; s'assure que pour chaque
activité mise en œuvre par l'Observatoire, en particulier
mais non exclusivement pour les activités du PTA,
l'information nécessaire est saisie dans la base de données
de suivi et évaluation;
- Il s'assure que pour chaque activité, les indicateurs de
performance et d'impact sont définis;
Pour le suivi des activités:
- Il se prononce sur la conformité des réalisations par
rapport aux prévisions;
- il s'assure que le bilan mensuel de l'Observatoire et des
responsables est produit et transmis ; met a jour sur cette
base le chronogramme semestriel et les termes de références
des tâches pour les activités de l'Observatoire et le
diffuse aux acteurs et aux bailleurs intéressés ;
- il s'assure que le compte-rendu trimestriel de
l'Observatoire et des responsables est produit et transmis ;
met a jour sur cette base les rapports d'activités et le
rapport trimestriel et les diffuse aux acteurs et aux
bailleurs intéressés ; il s'assure en particulier que la
base de données de suivi et évaluation est mise à jour en
conséquence ;
- il élabore à temps les rapports intermédiaire et annuel
de suivi et évaluation.
Pour l'évaluation :
- il organise et coordonne des études ponctuelles sur
l'impact des interventions de l'Observatoire à différents
niveaux (populations, ONG, entreprises publiques et privées,
…) ;
- il assure la collecte des indicateurs d'impact et la mise à
jour correspondante dans la base de données de suivi et
évaluation ;
- il assure la diffusion des rapports desdites études.
L'Administrateur Financier de l'Observatoire:
- il est responsable de la mise à jour du système pour tout
ce qui relève de sa responsabilité à savoir l'information
financière et comptable ; il archive en particulier les
bordereaux de suivi (bon à payer) après avis donné par
l'assistant technique.
L'assistant technique du coordonnateur de l'Observatoire de la
Biodiversité :
- il assure la planification suivi et évaluation des
activités de l'Observatoire, et :
à titre général :
- il est responsable du fonctionnement du logiciel de
suivi-évaluation , veille à la mise à jour cohérente et
régulière des données de suivi;
- il signale les problèmes que les données de suivi auront
mis en évidence, recherche et propose des solutions à ces
problèmes ;
Pour la planification :
- il s'assure que le PTA est préparé conformément aux
calendriers et formes prévus dans le manuel de procédures et
que les indicateurs de performance et d'impact pour chaque
activité sont définis;
- Il remplit sous la responsabilité du Coordonnateur les
bordereaux de suivi d'activités objet d'une demande de
paiement à l'Observatoire ;
- il collecte chaque mois, sous la responsabilité du
Coordonnateur, les données sur l'état d'avancement des
activités;
- il produit chaque trimestre, sous la responsabilité du
Coordonnateur, les comptes-rendus des activités nationales;
il s'assure en particulier que la base de données de suivi et
évaluation est mise à jour en conséquence ;
Pour l'évaluation :
- il appuie les études ponctuelles sur l'impact des
interventions de l'Observatoire à différents niveaux
(populations, ONG, entreprises publiques et privées, …);
- il assure la collecte des indicateurs d'impact et la mise à
jour correspondante dans la base de données de suivi et
évaluation de l'Observatoire.
Les utilisateurs
Les utilisateurs "naturels" du système de
suivi-évaluation sont de trois types :
- les agences d'exécution : en entrée, elles fournissent les
données de suivi conformément aux dispositions des contrats
; en sortie, elles consultent les tableaux de bord
périodiques des activités les concernant ou interrogent
quand bon leur semble le système pour obtenir les
informations de suivi dont elles ont besoin ; elles
identifient ainsi les problèmes propres à leurs activités
et réagissent à temps pour améliorer le déroulement d'une
activité.
- les bailleurs : ils interrogent le système pour obtenir sur
le déroulement des activités les informations dont ils ont
besoin ; ils peuvent ainsi aider à identifier les problèmes
et contribuent à réagir rapidement devant un problème.
- L'Observatoire , qui consulte le système pour réaliser le
suivi des activités dont il a la charge.
Les rapports et comptes-rendus
Plusieurs types de rapports périodiques servent de support au
suivi et évaluation. On distingue i) les rapports, documents à
diffusion externe dont le but est d'informer les partenaires sur
la conduite des activités de l'Observatoire, et ii) les
comptes-rendus, documents à usage interne dont le but est de
faciliter la collecte et la diffusion des données de suivi et
évaluation au sein de l'Observatoire.
Les rapports externes destinés aux agences d'exécution,
bailleurs, collectivités, administrations et à la Direction
Générale de l'Environnement sont :
- le rapport mensuel comprenant l'évaluation du mois
précédent (bilan) et les termes de références des acteurs
du programme;
- le rapport trimestriel de suivi et évaluation comprenant
les tableaux de bord et les rapports trimestriels par
activité ;
- le rapport intermédiaire préparant et sanctionnant
l'atelier à mi-parcours de suivi et évaluation ;
D'autres rapports non séparément diffusés figurent en
annexes des trois derniers :
- les tableaux de bord de l'Observatoire;
- le rapport d'activité ;
- le tableau des indicateurs globaux définis au démarrage du
projet ;
- le bilan mensuel d'exécution de tâche par responsable
concerné ;
- les comptes-rendus trimestriels par activité exécutée
dans le programme ;
- les bordereaux de suivi technique et financier.