Les analyses qui précèdent
montrent que les écosystèmes gabonais font aujourd'hui de plus
en plus l'objet de dégradations diverses, dont les incidences ont
des conséquences qui, à la longue, se révèlent néfastes sur
la Biodiversité.
Une palette d'effets, depuis longtemps indexés par les
analystes, sont souvent invoqués pour expliquer la lente, mais
irrémédiable dégradation de nos écosystèmes. On retrouve dans
cette liste :
- Les méthodes de production agricole inadéquates, à
travers les pratiques d'une agriculture traditionnelle
itinérante sur brûlis ( une agriculture de subsistance),
constituent sans conteste une source d'épuisement des sols et
de destruction par le feu des niches écologiques, et donc des
espèces fauniques et floristiques.
- Les problèmes conjoncturels liés au remboursement de la
dette extérieure poussent, par ailleurs, le pays à
surexploiter ses ressources naturelles ( bois, ressources
halieutiques, ressources minières,...), quitte à les brader
sur le marché international en vue de renflouer les caisses
de l'État, et de faire fonctionner une économie nationale
malheureusement bâtie sur la seule exploitation et
l'exportation de ces ressources naturelles.
- L'exploitation excessive des ressources naturelles constitue
également un péril pour la biodiversité dans un contexte
laxiste de non application et du non respect des conventions,
lois et réglementation internationales et même nationales.
L'exemple de l'exploitation forestière et des ressources
fauniques et halieutiques illustre si bien cet état de
choses. La cupidité, la corruption, l'opportunisme et
l'absence de patriotisme favorisent la surexploitation et la
braderie des ressources naturelles.
- Par ailleurs, d'autres pressions sur la biodiversité dues
à l'exode rural ( plus de 73 % de la population gabonaise est
citadine ou urbaine ), à l'augmentation de la pauvreté dans
un pays de plus en plus endetté et confronté aux problèmes
économiques, dans un contexte de conjoncture internationale
défavorable. La dévaluation du franc CFA ( depuis 1994 ) et
le Programme d'Ajustement Structurel souvent difficiles à
assumer et à voir aboutir en sont des corollaires.
L'expansion des zones urbaines a des influences néfastes sur
la Biodiversité péri-urbaine, et même bien au-delà, à
travers la consommation de la viande de brousse surtout et le
retour à la terre ( plantations de soutien au budget des
ménages ). Le recours au bois de chauffe et / ou au charbon
de bois comme source d'énergie complémentaire au gaz
domestique, quand ce n'est pas l'unique, très présent depuis
la fin de la décennie 80 contribue également à
l'augmentation de la pression sur les ressources naturelles.
- A un degré moindre, quoique grandissant, les pratiques
d'une agriculture de rente ou commerciale liée ou non à des
industries agro-alimentaires, cacaoculture et caféiculture,
dans le Woleu - Ntem et le Haut - Ogooué,. palmier à huile
à Makouké (Agro-Gabon ) constituent une autre menace sur la
biodiversité du Gabon. L'hévéa ( HEVEGAB, société de
développement de l'Hévéaculture au Gabon), à Mounana,
Koulamoutou, Bitam et Mitzic dans le Woleu - Ntem,
l'agriculture intensive de soja et de maïs pour l'élevage
intensif de poulet de chair ( SIAEB, Société Industrielle,
Alimentaire et d'Elevage de Boumango ) canne à sucre ( SUCAF,...)
en constituent la preuve.
- Les effets des pollutions des eaux côtières avec leurs
incidences sur la faune marine, particulièrement aux abords
des agglomérations urbaines ( Libreville, Port-Gentil ) et
des zones d'exploitation des hydrocarbures s'affirment de plus
en plus d'une manière désastreuse.
Le cadre juridique et institutionnel actuel constitue
également un lourd handicap pour la conservation de la
biodiversité.
Les ressources génétiques disponibles pour l'alimentation et
l'agriculture constituent la base de la sécurité alimentaire des
populations humaines. Cependant, l'agriculture moderne vers
laquelle notre pays va tendre, stimulé par la maximisation des
rendements, peut progressivement mener à l'homogénéisation des
cultures et des élevages, ainsi qu'à une vulnérabilité accrue
des cultures à l'égard des agents pathogènes. Peu à peu, des
espèces traditionnellement cultivées risquent de disparaître au
profit d'autres plus performantes et plus résistantes à court
terme. Pourtant, la diversité génétique est garante de la
protection préventive des plantes dans leur écosystème.
Dans le but de remédier à cette situation, le chapitre 14 du
Rapport de la Conférence des Nations Unies sur l'environnement et
le développement (Rio de Janeiro, 3-14 juin 1992) porte sur la
promotion d'un développement agricole et rural durable. Plus
particulièrement, les sections g) et h) proposent des principes
d'action, des objectifs et des activités afin de promouvoir la
conservation et l'utilisation rationnelle des ressources
phytogénétiques et zoogénétiques, pour une alimentation et une
agriculture viables.
Depuis, un Plan d'action mondial sur les ressources
phytogénétiques pour l'alimentation et l'agriculture (PAM/GPA) a
été adopté lors de la quatrième Conférence technique
internationale sur les ressources phytogenétiques, en juin 1996
(Leipzig, Allemagne).
D'autre part, lors de sa troisième réunion à Buenos Aires
(Argentine, novembre 1996), la Conférence des Parties de la
Convention sur la diversité biologique a adopté la décision
III/II par laquelle les Parties ont convenu de développer un
programme d'activités pluriannuel sur la conservation et
l'utilisation durable de la diversité biologique agricole. Ce
programme vise:
- à développer les incidences positives et atténuer les
incidences négatives des pratiques agricoles sur la
diversité biologique dans les écosystèmes agricoles;
- à développer l'utilisation durable des ressources
génétiques ayant ou pouvant présenter un intérêt pour
l'alimentation et l'agriculture et
- à encourager un partage juste et équitable des avantages
tirés de l'utilisation des ressources génétiques. La
quatrième rencontre de la Conférence des Parties de la CDB
(Bratislava, mai 1998) a recommandé la poursuite du travail
en ce sens (décision IV/6). Dans ce cadre, les Parties et les
gouvernements sont également appelés à développer des
stratégies nationales, des programmes et des plans d'action
afin de promouvoir la conservation et l'utilisation durable de
la diversité biologique dans le domaine de l'agriculture.
L'une des grandes problématiques de ce secteur au Gabon est
celle de la connaissance de l'état des lieux des
agro-écosystèmes. Les informations concernant la diversité
biologique agricole nationale existent de façon éparse.
Malgré un potentiel agricole important , le Gabon restera à la
fin de ce siècle fortement dépendant des importations pour son
approvisionnement en produits alimentaires. Depuis plusieurs
années en effet, les dépenses d'importations sont à perpétuel
croissance. 80 milliards en 1995, 87 en 1996 et plus de 100
milliards en 1998.
Aussi, depuis plus de trois décennies le secteur agricole est
en proie à une crise marquée par la chute constante de la
production alimentaire par habitant, qui est de -1,4% par an. Par
contre et pendant la même période le taux de croissance
démographique a été de 2,4 % par an. Il en découle donc un
déséquilibre entre la croissance de la production alimentaire et
celle de la démographie. De plus la contribution du secteur
agricole au P.I.B. est passée de 16 % en 1964 à 10 % dans les
années 70, 6,7 % en 1989 et à moins de 4 % en 1997.
En fait l'essor du développement agricole a été entravé par
un certain nombre de facteurs structurels (exode rural, état des
routes, faible capitalisation des exportations), et choix des
stratégies privilégiant les complexes agro-industriels
organisés par filières et qui se sont révélés être
difficilement rentables. Pourtant les sommes allouées au
Ministère de l'Agriculture et de l'Elevage misent bout à bout ne
sont pas insignifiantes : de 1980 à 1997 plus de 262 milliards.
Aujourd'hui encore les objectifs du Ministère de l'Agriculture
restent les mêmes:
- Accéder à l'autosuffisance alimentaire et à la sécurité
alimentaire, couverture maximale des besoins alimentaires
nationaux par une production locale, lorsque celle-ci est
réalisable à des coûts économiques acceptables.
- Améliorer de manière durable les revenus et les conditions
de vie des populations rurales en vue notamment d'une
réduction des flux, d'émigration rurale, d'un développement
équilibré du territoire et d'une diminution corrélation des
coûts d'urbanisation.
- Accroître la part de l'agriculture dans la formation du
PIB, et permettre, l'agriculture dans la formation du PIB, et
permettre l'entrée des devises grâce à nos cultures
d'exportation pour lesquelles le pays dispose des avantages
comparatifs pouvant les rendre compétitifs sur le marché
international.
Les particularités actuelles de l'agriculture gabonaise sont
les suivantes :
- faiblesse des incitations
- coûts élevés de la main d'œuvre
- technologies non appropriées
- réseau routier peu fiable
- marginalisation de l'agriculture paysanne etc.
De plus, en dépit de sa faible contribution à la formation du
PIB et à la croissance des importations le secteur agricole joue
et jouera encore une place centrale dans l'économie gabonaise. Il
continuera à influencer l'évolution économique et sociale du
Gabon pour plusieurs raisons :
- La population agricole représente 25 % de la population
gabonaise et de surcroît 34 % de la population active tire
ses revenus des activités agricoles ou para agricoles.
- En plus de son rôle important pour la sécurité
alimentaire, l'agriculture à travers les agro industries
représente environ 20 % du PIB sur la période 1994-1996 et
permet le fonctionnement d'une part importante du transport,
du commerce et des services financiers.
La productivité des activités du secteur a pour principal
fondement l'importance et la qualité des ressources naturelles.
Une destruction irréversible de tout ou partie d ces 3 ressources
sera ressentie sur le niveau de couverture des besoins vivriers et
énergétiques des populations. A ce titre, l'amélioration de la
gestion durable des ressources demeurent une des conditions
fondamentales d'un développement agricole stable et durable.
L'agriculture gabonaise présente un nombre important de
contraintes qu'on pourrait classer sous trois grandes rubriques.
- défrichement de la forêt équatoriale pénible et très
exigeant en main d'œuvre (insuffisance de jeunes actifs dans
le milieu rural)
- extension des cultures en savane freinée par la faible
qualité du sol (sensibilité à l'érosion ainsi que par la
rapidité de l'enherbement)
- outillage rudimentaire, ce qui limite les surfaces à
défricher
- dispersion de la population rurale et infrastructures de
communication insuffisantes (manque d'accessibilité,
capacités d'écoulement limitées)
- faible productivité et manque de compétitivité des
productions agro-industrielles.
· Elle est le fait d'une grande fragilité des sols (érosion)
et d'une rapidité dans la perte de fertilité sous l'effet des
conditions climatiques.
- Agriculture extensive itinérante, basée sur l'utilisation
de techniques culturales archaïques
- Manque de matériel végétal améliorée (plantain, manioc,
patates douces, arbres fruitiers) et de semences améliorées
- Forte intensité des attaques parasitaires et développement
important des ravageurs
- Faible taux d'utilisation des intrants agricoles (manque
d'information, difficultés d'approvisionnement, prix
élevés)
- Faible niveau technique des producteurs
L'analyse de la répartition des ressources agricoles au Gabon
présente une situation hétérogène à travers le territoire
national. Autour de Libreville (et peut-être à un degré moindre
autour de Franceville), l'IGAD (Institut Gabonais d'Appui au
Développement) développe une agriculture péri-urbaine dominée
par les cultures maraîchères. La culture de la banane plantain
et banane dessert, manioc, taros, patate douce, maïs, arachide,
ananas, quelques espèces d'arbres fruitiers (manguiers, orangers,
etc...), champignons (pleurotes) et l'élevage du porc et de l'aulacode
occupe également une place non négligeable. A Kango, la culture
de l'hévéa est assurée par HEVEGAB (Société de développement
de l'hévéaculture au Gabon).
Au centre du Gabon, AGRO-GABON assure la production du palmier
à huile. A l'ouest, AGRIPOG (Société de cultures hydroponiques)
approvisionne Port-Gentil en produits maraîchers. Dans le sud du
pays, la SIAEB pratique une agriculture intensive de soja et de
maïs destinée à l'approvisionnement d'un élevage intensif de
poulet de chair. Près de Franceville, la SOSUHO produit du sucre
à partir de la canne à sucre. A Mounana et Koulamoutou, HEVEGAB
plante de l'hévéa. Dans la Nyanga et aux environs de Boué la
SOGADEL fait de l'élevage bovin.
Dans le Woleu-Ntem, une agriculture de plantation basée
anciennement sur le cacaoyer, le caféier et actuellement
l'hévéa.
Elle concerne essentiellement la culture du manioc, de la
banane plantain et de la banane dessert, du taro, de l'igname, de
l'arachide, du maïs, de la canne à sucre, de la patate douce, de
la courge, de l'ananas, le l'aubergine, du gombo, de l'amarante,
de l'oseille, de la tomate et du piment.
Les paysans élèvent surtout des poulets, des canards, des
porcins, des caprins et rarement des bovins. Ces animaux sont
souvent laissés en divagation sans soins particuliers. Depuis
quelques années, IGAD et APG-FIDA mènent des activités d'appui
aux paysans. Ces organismes gèrent des parcelles de
démonstration/formation, produisent et diffusent du matériel
végétal (semences, boutures, plants).
Au cours de cette dernière décennie, le volume des échanges
internationaux de matériel végétal a cru considérablement et
les durées de transit se sont fortement réduites (avion). Ces
facteurs entraînent une augmentation des risques de dispersion
des parasites des végétaux.
La défense des cultures contre leurs ennemis constitue une
question d'intérêt général qui requiert une organisation
phytosanitaire ayant pour rôle de surveiller un état des
cultures, d'appliquer des mesures douanières destinées à
empêcher l'introduction dans un pays ou une zone déterminée, de
maladies ou parasites nouveaux et de délivrer les certificats
exigés pour l'exportation des produits vers l'étranger après
inspection des plantes ou parfois même des cultures d'où elles
proviennent.
La mise en œuvre de ces mesures est réalisée sous l'égide
d'organisations nationales et internationales.
Les certificats phytosanitaires sont émis par une autorité
disposant d'un personnel qualifié, de sorte qu'ils puissent être
acceptés en confiance par d'autres pays. Ces certificats
garantissent que le produit a été inspecté soigneusement et
qu'il a été découvert libre de toute maladie couverte par les
lois de quarantaine, ainsi que pratiquement indemne d'autres
agents pathogènes.
Dès lors, nos états et organismes internationaux ne cessent de
sensibiliser le monde paysan, les forestiers et autres
utilisateurs, le bien fondé de l'utilisation des pesticides pour
non seulement un meilleur rendement agricole, mais aussi le
respect de la santé de l'homme et de l'environnement.
Pour l'instant, le Gabon ne couvre pratiquement rien du marché
des produits phytosanitaires (2% pour toute l'Afrique). Cette
utilisation bien qu'insuffisante connaît des résultats
satisfaisants au niveau de production agricole mais présente
beaucoup plus d'inconvénients sur d'autres formes d'utilisation
(désinfection des locaux, traitements des stocks entreposés etc…).
A ce niveau, l'organisation de la Police Phytosanitaire est
très exigeante sur la nature de toxicologie. Celle-ci revêt une
importance particulière en matière d'homologation de pesticides
pour la simple raison qu'à notre avis des produits
phytosanitaires constituent un des rares composés étroitement
liés à la vie de l'homme du moins dans les pays du tiers-monde,
(lutte contre les vecteurs de maladies, lutte contre les ennemis
des récoltes, les denrées entreposées, le bois de charpente,
les locaux d'habitation etc…). En même temps que les pesticides
sont souhaités pour l'amélioration des récoltes dans la lutte
pour l'autosuffisance alimentaire, ceux-ci sont à redouter au
moment de la consommation de ces mêmes récoltes mais aussi
surtout lors de leur manipulation. Pour toutes ces raisons, il est
indispensable de disposer d'un maximum d'informations sur les
produits phytosanitaires pour une meilleure prévention des
éventuels effets indésirables sur l'homme et l'environnement.
Ces informations sont fournies pour l'essentiel par les résultats
de l'expérimentation toxicologique et les conséquences liées à
l'utilisation des pesticides.
En règle général, l'étude d'un dossier toxicologique
s'adresse en priorité aux résultats des tests de toxicité
aiguë à partir desquels l'on détermine une valeur approximative
(DL 50) pouvant permettre de situer la dangerosité d'un produit
donné. Quant à la toxicité chronique, elle porte sur l'étude
des effets toxiques retards ou cumulatifs en même temps qu'elle
permet de déterminer les modifications biologiques éventuelles.
La DL 50 permet d'apprécier la toxicité d'un produit. On la
définit comme la dose entraînant la mort de 50 % des animaux mis
en expérimentation après une administration unique. Elle est
exprimée en mg/kg de poids corporel.
Dans une organisation phytosanitaire comme la nôtre, c'est un
test d'orientation parce qu'il est susceptible de fournir des
indications sur les effets probables d'un surdosage aigu chez
l'homme et peut être utile pour la conception des politiques en
la matière.
Dans le cadre des informations et compte tenu des solvants de
dilution et des techniques de traitement (pulvérisation épandage
etc…), les tests de toxicité font intervenir toutes les voies
d'administration dont la voie orale, la voie cutanée (voir
dermique et quelquefois la voie aérienne. Dans les deux premiers
cas, on utilise le terme DL 50. La DL 50 ou concentration létale
50 % étant réservée au test par inhalation. Le réactif animal
le plus souvent utilisé est le rat.
Dans un milieu donné, l'interprétation des résultats
toxicologiques des formulations sera guidée par trois démarches
complémentaires :
- les résultats des tests de laboratoire soutenus par la DL
50 ;
- les conséquences toxicologiques liées à l'utilisation des
pesticides sur le terrain,
- la conduite à tenir en cas d'intoxication.
En fonction de la DL 50 d'une formulation obtenue par voie
orale ou voie dermique, il est possible de déterminer la classe
à laquelle appartient le produit.
Cette liste a été adoptée par notre pays comme base de
sélection des pesticides. Certains modifient même cette
classification en fonction de leur problèmes spécifiques : cas
de la Malaisie où le paraquat est passé de la classe II
(modérément dangereux) à la classe Ib (Très dangereux).
E.1.5.2.1 Les conséquences toxicologiques liées à
l'utilisation des pesticides sur le terrain
Ici, nous nous intéressons aux effets des pesticides sur
l'homme et son environnement.
Les pesticides ont été conçus pour être toxiques aux espèces
non désirables visées. Malheureusement, ils ont tendance à
être toxiques et à causer des effets nocifs envers d'autres
organismes non cibles. Chaque année, près de deux millions de
personnes sont intoxiquées par les pesticides dans le monde.
Quarante mille d'entre elles meurent. Alors que 15 % seulement de
la production mondiales de pesticides est utilisée dans les pays
du tiers-monde, c'est ici qu'on trouve les plus grands nombres de
cas d'empoisonnement causés par les pesticides.
Les cas d'intoxication observés sont d'ordre accidentel, criminel
et professionnel, criminel et professionnel.
Il faut toujours redouter la présence de résidus de pesticides
dans les denrées alimentaires provenant des cultures traitées ou
des zones avoisinant les parcelles soumises aux pulvérisations
par les pesticides (abords de la voie ferrée, centres
industriels).
Les résidus des pesticides proviennent aussi du non respect du
délai de traitement avant récolte. Par ailleurs, par ignorance,
certains paysans utilisent les pesticides pour tuer les poissons
dans les cours d'eau ; ces derniers étant consommés par la suite
sans beaucoup de précaution. D'où les pertes d'un grand nombre
d'espèces animales et végétales et par conséquent perte de la
diversité biologique.
Sur les lieux de travail, l'on peut s'intoxiquer soit par
absorption de faible dose quotidienne de pesticides, soit par
inadvertance pou par négligence.
L'exposition routinière et répétée des travailleurs à
certains pesticides constitue un risque réel pour la santé à
moyen et long terme. L'intoxication professionnelle constitue au
Gabon une préoccupation majeure pour les spécialistes en
protection des végétaux et police phytosanitaire d'autant plus
que notre population à majorité analphabète ne se soucie pas
toujours des dangers liés à la manipulation des produits
phytosanitaires.
Des conditions géographiques et climatiques particulières,
font du Gabon un territoire à forte couverture forestière et
plusieurs études réalisées par des éminents personnages qui
ont depuis longtemps affirmé que près de 85 % du territoire est
recouvert de forêts, soit 22 millions d'hectares.
Ces forêts sont généralement qualifiées et sempervirentes
et semi-sempervirentes, et font du Gabon un centre régional
d'endémisme Guinée-Congolais. La diversité végétale y est
très grande (selon Reitsma, 1988 et WILS, 1990).
Les forêts sont dominées par les arbres de la famille de
caesalpiniaceae, mais d'autres familles telles que les burseraceae
et les euphorbiaceae sont bien représentées.
Certains auteurs de renom, comme Reitsma que nous avons cité
plus haut, éprouvent à juste titre la difficulté de diviser la
forêt gabonaise en catégories, car à l'heure actuelle les
données qui le permettent sont incomplètes. Toutefois quelques
distinctions utiles ont été faites sur le point de vue
économique que par rapport à la géomorphologie.
C'est ainsi que la première approche distingue les forêts
renfermant un grand nombre d'okoumé ou essence noble du Gabon,
dont le bois d'œuvre est très recherché ; et celles qui n'en
ont pas (ou très peu).
De ce fait, le Gabon est divisé en une large zone occidentale
qui couvre près de 70 % du pays où l'homme est généralement
dominant, et une petite région à l'Est où l'Okoumé est dit
inexistant. Il est à signaler que les savanes herbeuses
entrecoupées de forêts-galeries couvrent environ 2 200 000 Ha (Sud-Ouest,
Sud -Est et le Centre).
C'est en principe dans cette première approche que se
déroulent les activités de l'exploitation forestière dont les
débuts remontent à la fin du 19ème siècle de notre ère avec
la découverte de l'Okoumé par l'Allemand Klaine.
A l'heure actuelle plusieurs études donnent des estimations
très controversées sur l'étendue exacte des forêts du Gabon.
La FAO (1988) estimait qu'il y avait 20 500 000 ha de forêts
denses de feuilles à la fin de 1980, soit un peu moins de 80 % de
la superficie du Gabon.
Une estimation plus récente, faite par WILKS, en 1990 indiquait
que 22 750 000 ha représentaient l'étendue de ces forêts, dont
22 527 600 ha étaient de basse et moyenne altitude, tandis que
404 000 ha sont des forêts marécageuses soit 612 900 ha de
mangroves et forêts marécageuses.
Au regard de cette distribution, il convient de ressortir l'une
des particularités du secteur forestier du Gabon :
- l'okoumé, essence endémique du Gabon, en d'autres termes
cette espèce ne se rencontre à très fortes densités, qu'au
Gabon, et marginalement au Cameroun et au Congo. C'est
l'essence la plus commercialisée (80 % de la production des
bois) et plus de 60 % des exportations des bois du pays ;
- les quelques inventaires forestiers réalisés à ce jour,
montrent que le potentiel global des bois toutes essences
confondues, sur pied (dont le diamètre est de 10 cm et plus)
est estimé à 2 600 millions de m3 avec un potentiel
commercialisable (issus des bois ayant atteint le diamètre
minimum d'exploitabilité) d'environ 1,500 millions de m3 dont
400 millions de m3 sont issus de l'Okoumé.
Au point de vue de la diversité végétale, les forêts
gabonaises renfermeraient plus de 8 000 espèces forestières
parmi lesquelles 400 seraient à l'heure actuelle connues et 60
d'entre elles mises en exploitation forestière.
La production annuelle de bois d'œuvre est le fait de deux
principaux groupes d'opérateurs économiques :
- Le premier groupe (le plus important) est composé de
sociétés ou filiales de grandes firmes européennes,
généralement françaises) disposant de gros moyens
financiers et matériels aptes à des opérations d'envergure
industrielle. Le nombre de concessions forestières détenues
par cette catégorie d'opérateurs, est moindre, mais les
superficies sont très importantes et atteignaient 2 724 325
millions d'hectares, soit 32,36 % des superficies forestières
concédées par l'Etat Gabonais.
- Le deuxième groupe, constitué principalement de nationaux
et de quelques opérateurs africains, a un poids économique
de faible importance.
Le nombre de permis détenus par cette deuxième catégorie est
élevé, mais les superficies totales atteignaient 5 695 556
hectares soit 67,64 de toutes les forêts attribuées.
La commercialisation de la production forestière présente une
particularité : la vente des grumes de deux (2) essences, Okoumé
et Ozigo est du ressort d'un monopole para-étatique, confié à
la Société Nationale des Bois du Gabon (SNBG) à laquelle
échappe totalement le contrôle de la commercialisation des
autres essences exploitées et localement appelées Bois-Divers.
Cette commercialisation qui est le plus souvent contingentée par
l'Etat, selon les fluctuations du marché mondiale des grumes,
permet une exploitation sélective dont le volume autorisé varie
entre 2 et 3 millions de mètres cubes selon les cas. Comparée à
la possibilité annuelle estimée globalement à 5 millions de
mètres cubes, cette exploitation serait donc en deçà de sa
production annuelle normale, ce qui a conduit certains
scientifiques à affirmer que le taux de déboisement au Gabon
serait inférieur à 1 % chaque année. Toutefois, on estimait en
1998 que près de 45 % des forêts du Gabon avaient déjà fait
l'objet d'une première exploitation forestière sélective, soit
environ 10,500 millions d'hectares ; pour un parcours 250 000 ha
exploités chaque année dont 60 % de forêt primaire selon WILKS
1990.
Les taux de prélèvement de l'essence la plus abondante
(Okoumé) sont de l'ordre 1,5 pied/hectare, ce qui occasionne des
dommages directs et indirects sur l'écosystème avec la
destruction de 10 à 20 % de la canopée (WHITE, 1994). Il est à
noter que certaines sociétés attributaires de permis forestiers
ont recouru à l'idée de faire des gains importants surtout
après la dévaluation du Franc CFA en 1994, et cette course à
l'augmentation des revenus, appris le dessus sur le relâchement
des critères d'abattage.
En outre REITSMA, 1988 a montré que la diversité végétale
du Gabon égale celle des forêts tropicales d'Amérique du Sud,
alors que depuis lors, celles d'Amérique du Sud étaient
considérées sans rivales de ce point de vue. En effet, des 8 000
espèces végétales dans le pays, sur 1 900 déjà) décrites
dans la "Flore du Gabon", 19 % sont endémiques. Cette
Biodiversité est d'une grande importance pour la suivie des
populations rurales (voir de l'humanité toute entière) tant pour
l'alimentation quotidienne que pour la recherche des plantes
médicinales.
Au regard de cette situation, le Gabon à travers la loi 1/82 du
22 juillet 1982, se proposait de mettre en réserve plus de 10 %
de ses forêts, à ce jour il a réalisé un réseau d'aires
protégées dont l'étendue totale dépasse les 2 millions
d'hectares avec le classement récent de MINKEBE et des Monts
DOUDOU.
L'exploitation forestière en terme de facteur économique
débuta au Gabon vers les années 1940, quelques temps après la
découverte de l'Okoumé par Klaine. C'est ainsi qu'au lendemain
de son indépendance politique la stratégie mise en œuvre pour
l'exploitation de ses forêts, était définie par un ensemble de
textes regroupés en deux tomes et constituant le "Code
Forestier du Gabon" dont le texte de base était le décret
n° 46-1161 du 20 mai 1946. Cette réglementation avait la
particularité de favoriser à outrance l'exportation des grumes
issues généralement de P.T.E., lots superficiels et coupes
familiales. La valorisation locale n'était pas alors envisagée
de manière soutenue, si l'on excepte l'existence de la Compagnie
Forestière du Gabon (CFG) section industrielle.
C'est à partir de 1968 que le Gabon prendra réellement
conscience par rapport à la valorisation locale du bois, et
instaurera par ordonnance n° 21/68, un nouveau type de permis,
dénommé "Permis industriel" en vue d'inciter une
transformation locale accrue afin de diminuer les exportations de
bois brut.
Toutefois, on remarquera que le mode d'exploitation de nombreux
P.I. accordés dans l'euphorie, a subi le même sort que les
P.T.E. et les autres titres d'exploitation forestière. Un nouveau
type de permis a vu sa naissance dans les années 70, en vue
d'aider le Gouvernement Gabonais à la construction d'une voie
ferrée : "le lot de la zone d'attraction de chemin de
fer" (ZACF) conçu et concédé exclusivement aux succursales
des grandes sociétés françaises installées au Gabon.
En 1982 la Loi 1/82 supplante le décret 46-1161 du 20 mai 1946,
cette loi supprime de facto, l'existence du lot superficiel, mais
dans la pratique la coupe familiale a survécu, malgré la
tendance fortement marquée du côté de la transformation locale
à qui cette loi accorde un taux plafond de 75 % de toutes les
productions des permis dits industriels. Cet objectif pourtant
salutaire, n'a jamais été atteint jusqu'en 1994, soit deux (2)
ans après la conférence des Nations Unies sur l'Environnement et
le Développement (CNUED).
En 1995, le Gouvernement Gabonais pour insuffler un souffle
nouveau dans le secteur forestier, et particulièrement dans le
domaine de l'exploitation forestière, va dans un premier temps
mettre en place une Commission Interministérielle pour poser un
diagnostic global, et ensuite proposer des solutions adaptables à
la nouvelle donne mondiale.
Notons toutefois que jusqu'à 1996, l'exploitation forestière au
Gabon reposait sur un seul credo fort : la vente des grumes à
l'export.
Le diagnostic préliminaire établi par le PNAE concernant les
préoccupations de l'environnement urbain a permis d'identifier
les problèmes environnementaux ci-après :
· insuffisance de logement et prolifération de l'habitat
spontané, en particulier à Libreville. L'absence de
planification et les problèmes fonciers ont engendrés un
entassement des populations dans des quartiers sous-intégrés où
les conditions de vie sont précaires et ont entraîné l'habitat
anarchique et insalubre ;
· pollution des rivières, fleuves et des mers par les rejets
industriels ayant un impact significatif sur la survie de
plusieurs espèces animales et végétales ainsi que sur la
population humaine. La pollution de l'atmosphère par les
particules est observée notamment à Port-Gentil dans le cadre
des rejets effectués par les entreprises du bois. La pollution de
l'eau est aussi en partie liée à l'industrie du bois avec la
sédimentation des particules rejetées par les scieries dans les
eaux et des polluants chimiques utilisés dans la protection des
grumes. Les petits métiers (garages et autres) et le commerce
constituent aussi des facteurs de dégradation environnementale
avec les rejets de déchets solides et liquides dont les
conséquences sont amplifiées par la concentration urbaine ;
· rythme d'urbanisation accéléré créant un déséquilibre
significatif entre la ville et la campagne avec un rapport 2/3-
1/3 ayant pour corollaire l'accumulation des fortes densités
démographiques dans les villes, une très forte pression sur
l'environnement urbain et péri urbain.
Parmi les causes de dégradation de l'environnement urbain
avancées, figurent :
- la nature contrastée et complexe des sites des villes et
qui se traduit par une succession de vallées, de collines et
éperons à versants convexes ;
- l'insuffisance des réseaux d'assainissement et de
structures de collecte des ordures domestiques ;
- un financement insuffisant ;
- l'absence de volonté politique ;
- une politique inefficace de restructuration de quartiers
spontanés ;
- l'occupation illégale et désordonnée des sols ;
- des conditions institutionnelles et structurelles
défavorables.
Depuis la crise de 1986, suite au premier choc pétrolier, la
politique de développement au Gabon s'est axée sur les objectifs
à court terme de manière à s'adapter à la situation nouvelle
des ressources publiques. Les plans de stabilisation et
d'ajustement mis en place par les bailleurs de fonds se sont
succédés et ont permis d'effectuer jusqu'à récemment des
progrès dans la gestion des ressources, la libéralisation de
l'économie et d'entreprise des réformes.
La conjoncture internationale, notamment les aléas liés aux
paramètres pétroliers ont continué de faire évoluer
l'économie en dents-de-scie, masquant une évolution
généralement défavorable des organes économiques et sociaux du
pays.
Échapper à la "Dictature du court terme" a été la
justification fondamentale de l'étude prospective GABON 2025.
Créer une vision du devenir possible et souhaitable à très long
terme du pays était l'objectif assigné à cet exercice.
Depuis 1973, l'économie gabonaise est dominée par le
pétrole, mais il s'agit d'un secteur peu intégré à l'activité
productive nationale. En 1995, le secteur pétrole (exploitation
et TP pétrole ne faisait appel que pour 12 % de sa production aux
autres secteurs de l'économie avec 39% pour la filière bois, 32%
pour les I.A.A. et 39% pour les BTP.)
L'importance du pétrole dans la création des richesses et
l'effet d'entraînement qu'il joue dans l'économie, place le
Gabon selon la Banque Mondiale au 38e rang en termes de
PNB/habitant en 1997 avec 4.230 dollars (42e en parité de pouvoir
d'achat avec 6.540 dollars (2).
Mais paradoxalement, il rend la gestion du développement quelque
peu compliquée et tourmentée.
Le tout premier prend naissance avec le choc pétrolier de 1973
provoqué par l'OPEP. Les prix à l'exportation passent de 6.500
à plus de 18.000 F CFA la tonne. Dans le même temps la
production monte en régime et plafonne à 11,3 millions de tonnes
en 1975 et 1977, la manne pétrolière a alors servi à lancer un
programme de grands travaux, notamment les infrastructures
urbaines et administratives de Libreville, le Transgabonais et le
Port à bois, les projets Agro-industriels etc.
L'insuffisance généralisée de main-d'œuvre a conduit à une
immigration conséquente. L'économie en surchauffe a entraîné
une flambée de salaires, des prix et des coûts de production. La
perte du contrôle des commandes publiques s'est soldée par une
sévère crise financière dès fin 1977. Un certain nombre de
grands projets comme la cité de l'information, ont dû être
arrêtés et il a fallu faire recours aux bailleurs de fonds
extérieurs.
La seconde phase qui commence tout au début de 1980 est liée
à une nouvelle flambée des prix du pétrole relayée par la
monté du cours du dollar.
Ensuite une longue phase de récession s'en est suivie. Les
dépenses publiques ont été fortement réduites et une
diminution drastique des investissements.
La dévaluation de 1994 a entraîné le doublement des prix du
pétrole ainsi que les autres recettes d'exportation.
La situation des finances publiques s'est nettement améliorée
au détriment de la discipline budgétaire.
Si la manne pétrolière a permis de manière générale de
développer les infrastructures de transport, de communication,
d'électricité, de construire les infrastructures scolaires et
sanitaires, de créer des activités de production, la structure
économique et sociale qui en découle témoigne d'un certain
nombre d'effets pervers une économie de rente.
Malgré une masse d'investissement considérable, il subsiste
toutefois une faible diversification de l'économie selon le
rapport de la Banque Mondiale.
Ainsi, la part relative du pétrole dans le PIB reste sensiblement
la même que 20 ans auparavant : 45 % en 1996 pour 49 % en 1974.
L'exploitation forestière et minière sont en déclin avec
respectivement 1,8 % contre 3,5 % et 2,6 % contre 4,8 %. Seule
l'agriculture voit sa part relative s'accroître sous l'effet des
projets agro-industriels et les récents projets maraîchers avec
6,6 % contre 3,9 %. Cependant, les conditions de rentabilité des
complexes agro-industriels sont précaires en raison des cours
internationaux (Hévéa) ou non compétitifs au plan national
(huile, sucre, poulet, viande bovine).
Si les périodes de récession, notamment celle consécutive au
contre choc pétrolier de 1986 ont contraint les entreprises du
secteur privé à s'ajuster (réduction de l'encadrement
expatrié, baisse des salaires et avantages, réduction des frais
généraux et des marges, licenciements) et permis de réduire
l'inflation, les coûts de production dans le secteur parapublic
et malgré une tentative volontariste de réduction des salaires
(ordonnance 89) n'ont pas ou peu connu d'amélioration.
Devant l'incapacité d'améliorer leurs performances, le
gouvernement s'est résolu à procéder à leur privatisation ou
mise en concession.
Dans le même temps, la main-d'œuvre immigrée s'est
reconvertie dans le secteur informel au bénéfice des
consommateurs, mais au détriment du secteur structure qui a vu
ses parts de marchés se réduire d'autant.
Finalement, non seulement la croissance économique du Gabon est
fragile, parce que trop dépendante du patrimoine naturel, mais
c'est le moteur même de la croissance qui risque de se gripper si
les activités minières, pétrolières et forestières qui
l'alimentent ne sont pas accompagnées des précautions
environnementales appropriées, pour en minimiser l'impact sur
l'environnement.
On est en droit de constater que par la structure de son
économie, le Gabon est un type accompli d'État rentier. Le
niveau très élevé de sa rente par rapport à sa population
d'une part, au PNB d'autre part constitue un fait majeur et
confère à l'État une position économique centrale et
vulnérable dans le processus de gestion de la biodiversité.
La pêche au Gabon, en fonction des régions est pratiquée
aussi bien en eaux douces, en eaux saumâtres ainsi qu'en eaux
salées. Ainsi, elle se pratique en lagune, fleuve, rivière et en
zone littorale. Les hommes font recours à des techniques
différentes de celles utilisées par les femmes. Ces dernières
pêchent généralement en groupe, dans les petites rivières et
utilisent des techniques suivantes:
- l'épuisette, une femme seule ou accompagnée se livre à ce
type de pêche. Elles longent de près les bords argileux dans
lesquels se trouvent les poissons et les crabes ;
la nasse, placée dans l'eau après avoir été geunie ou non
des bois de manioc. Elle se pratique surtout en saison sèche;
- le barrage érigé à partir des branchages et des petits
arbres, la capture des poissons est faite lorsque les femmes
assèchent la rivière en aval du barrage;
- le poison, fabriqué à l'aide des plantes ou de l'écorce
de l'arbre, il est mélangé au sable et est répandu dans
l'eau. Le poisson intoxiqué est ensuite récupéré lorsqu'il
descend le courant.
La pêche pratiquée par les hommes est une activité surtout
individuelle. Les hommes utilisent surtout les filets, le harpon,
l'épervier, la trémail ou le fil de traîne ou l'hameçon.
Le fil de traîne est surtout utilisé pour la pêche à la ligne.
La ligne peut être tenue par le pêcheur lui-même (l'hameçon)
ou elle peut être placée à partir d'un support de bateau.
En somme la pêche se fait souvent à partir des campements et
lors des saisons sèches.
Elle peut aussi se pratiquer de jour comme de nuit. Les espèces
capturées sont par exemple les dorades, les raies, les bars...en
eau salées et saumâtres, les carpes, les silures, les crevettes,
les langoustes...dans les rivières et les fleuves.
La pêche se pratique à pieds, mais surtout en pirogue et en hors
bord (pirogue motorisée).
Le nombre des pêcheurs est évalué à 3500 dont 80% d'étrangers
: Nigerians, Togolais, Sao-toméens, Équato-guinéens. Les
pirogues seraient au nombre de 1500 dont 60% sont motorisées. Les
prises estimées se seraient accrues de 40% depuis 1993.
Plusieurs menaces relatives à la conservation des ressources
halieutiques ont été identifiées. Il s'agit de :
- l'utilisation d'engins de pêche prohibés et non sélectifs
;
- du monopole dont jouissent les étrangers dans le domaine de
la pêche commerciale ;
- de la diminution de l'intérêt à la gestion collective
traditionnelle des ressources et des milieux naturels ;
- de la faiblesse des infrastructures de l'État pour assurer
la l'application de la réglementation en matière
d'exploitation et de protection des ressources halieutiques du
pays et de leur habitat.
La zone côtière regroupe une grande variété d'habitats et
d'écosystèmes. Sa topographie est formée essentiellement d'une
prédominance de côtes basses d'accumulation caractérisées par
de vastes étendues de plage de sable, partant de Mayumba à la
pointe Gombé, et une alternance de plage rocheuse et sableuse,
cette fois, de la pointe Gombé à la baie de Cocobeach.
On trouve parsemées parmi ces étendues, les lagunes, des
estuaires et de vastes marais maritimes couverts de mangroves.
Les écosystèmes marins et aquatiques du littoral gabonais
sont remarquablement diversifiés. Du côté de la terre, la
biogéographie terrestre du littoral est encore plus variée.
Commercialement et culturellement, les richesses naturelles du
littoral ont été exploitées pendant des siècles, grâces à
une combinaison de droits traditionnels et l'autorisation
officielles d'utilisation.
Mais, la vague d'urbanisation et de développement actuel du
littoral augmentent la contrainte sur ces ressources, et
nombreuses d'entre elles, à cause de leur accès libre, sont
considérées comme ressources libres.
Les terres marécageuses du littoral gabonais comptent environ
2500 km2 de
mangroves, liés aux lagunes côtières, aux estuaires sous
influence des marées et aux deltas. Cependant, malgré leur
importance dans la région comme habitats indispensables à la
diversité biologique et la productivité, ces lagunes et marais
restent en grande partie non protégés.
Généralement, le niveau du développement industriel étant
relativement peu élevé, on note cependant, un taux
d'industrialisation et de croissance démographique urbain en
perpétuelle accélération le long du littoral. Ainsi, on a par
la suite un rassemblement d'une grande variété d'industries, par
les agglomérations urbaines côtières, et création de synergies
négatives en terme d'impacts sur la zone côtière.
Le plus souvent, la mauvaise localisation des industries, le
manque d'entretien et la mauvaise surveillance des processus de
production entraînent une forte pollution .
L'Érosion côtière est un problème crucial,
particulièrement dans les deux grands centres urbains: Libreville
et Port-Gentil. Les taux d'érosion de la façade maritime sont
tels que, la tendance de la physionomie du littoral gabonais est
en général au recul des plages d'une moyenne de plusieurs
mètres. Dans la région de Port-Gentil, un taux de recul du trait
de côte d'environ 1 m par an a été observé dans les années
90. Même si la façade maritime est fortement sujette à
l'érosion naturelle et au processus de sédimentation, néanmoins
cette érosion a été intensifiée par les activités humaines
(exploitation de sable sur les plages, destruction du couvert
végétal, industrialisation de la zone côtière et les
constructions anarchiques sur le littoral).
D'une manière générale, les activités humaines entravent
l'équilibre naturel de l'évolution de nos côtes. En effet,
l'exploitation de sable sur les plages accentue le processus
d'érosion marine à travers l'avancée des eaux marines vers le
continent; la destruction du couvert végétal restreint
également la capacité des ressources naturelles à lutter contre
l'érosion. De ce fait, les forêts côtières telle que la
mangrove, foumissent un nombre de fonction importante des
écosystèmes, parmi lesquelles la protection de la ligne
côtière, la retenue des nutriments et des sédiments, la
filtration de la pollution, les zones de frai pour certaines
espèces de poissons, les aires d'alimentation pour les oiseaux
migrateurs, et les habitats protecteurs et propices à la
reproduction de nombreuses espèces marines. De plus, les forêts
de mangrove sont utilisées intensivement pour la pèche et pour
le bois de chauffage. Le taux de
Les données fiables sur la biodiversité au Gabon sont encore
si parcellaires que la précision sur les effets spécifiques des
pollutions industrielles sera difficile à exprimer dans ce
propos.
Les enquêtes statistiques menées par différents acteurs,
font apparaître, que les principales activités énoncées plus
haut, sont exercées par un nombre appréciable d'entreprises de
taille petite et moyenne. Celles-ci, bien que contribuant
notablement au développement du pays, posent néanmoins de
manière significative, des problèmes de pollution et de
déchets, sources de contamination des différents écosystèmes
et partant de la diversité biologique.
Les pollutions industrielles, liées au développement de
l'industrie, sont aussi variées que les activités industrielles
elles-mêmes. L'on ne se limitera qu'au caractère permanent
qu'elles constituent.
Dans un monde où le développement économique a tendance à
ignorer les conséquences associées à la production des biens et
services, il est essentiel de faire état des effets y résultant.
La production des biens manufacturés requiert souvent le
prélèvement des ressources naturelles renouvelables comme l'eau,
l'air, la matière ligneuse, et non renouvelables comme le minerai
ou les combustibles fossiles.
Les résidus de procédés industriels englobent un très large
éventail de matières et leur composition dépend de la nature
des activités industrielles.
L'importance de ce secteur dans l'économie du pays n'est plus
à démontrer, du fait du rôle clef qu'ont les substances
chimiques dans bon nombre d'activités essentielles comme
l'agrochimie, l'industrie, le logement, les transports, etc ...
Dans les transports et le bâtiment par exemple, les produits
chimiques sont utilisés comme carburants, isolants thermiques,
produits de finitions etc..
Dans d'autres secteurs, les produits chimiques rentrent dans la
fabrication de médicaments ou autres produits pharmaceutiques;
jouant ainsi un rôle de premier plan dans la surveillance et la
préservation de la santé. Pourtant leur incidence ne va pas sans
entraîner des perturbations notables.
Beaucoup de polluants gazeux entravent la croissance et le
développement des végétaux, soit en empêchant les groupes
fonctionnels d'enzymes végétales d'agir normalement, soit en
surchargeant les voies métaboliques dévolues à la
transformation et à la détoxication des polluants provoquant: le
ralentissement de la productivité cellulaire et la difficulté de
croissance de l'activité des racines, d'où réduction de la
production de la biomasse.
Les pesticides ne tuent pas seulement les ravageurs visés, mais
aussi leurs prédateurs et parasites, ce qui perturbe les
mécanismes de régulation naturelle. En outre ces produits
détruisent les insectes pollinisateurs qui jouent un rôle vital
dans les cultures.
Les déchets d'élevage, utilisés comme engrais organiques,
entraînent des dégagements d'ammoniac qui, en se transformant en
acide nitrique après dépôt atmosphérique, provoque une
dégradation microbienne dans le sol.
Le phénomène d'eutrophisation qui se rencontre très souvent
dans certains lacs, réservoirs et cours d'eau, se manifeste par
un accroissement de la production primaire et une prolifération
gênante des végétaux aquatiques tels que les algues et les
macrophytes. La conséquence se manifeste par la disparition des
plantes aquatiques sessiles ( sans pédoncule ), la dégradation
de la qualité des eaux et la destruction de l'habitat de la faune
dans son ensemble du fait de la réduction de la transparence due
à l'absence de la lumière et de l'oxygène dissous dans
l'interface air/ eau. Et c'est à ce stade que les incidences
secondaires dues au déséquilibre des cycles biochimiques sont
beaucoup plus manifestes.
La photosynthèse se solde par une production nette d'oxygène
et donne lieu à une hausse du Ph due à l'absorption du dioxyde
de carbone.
En milieu anaérobique, les nitrates et sulfates sont rapidement
réduits en nitrites et sulfures, très toxiques pour le milieu.
Les cyanobactéries, régulièrement détectées dans ces milieux,
sont considérées comme responsables de proliférations toxiques
observées en eaux douces ( Microcystis, Anabaena constricta).
Toutes les ordures ménagères et la majeure partie des déchets
industriels produisent des lixiviats. Ceux-ci résultent de
l'infiltration des eaux de pluie dans les décharges et de la
dégradation chimique et biochimique des déchets. Ils contiennent
de grandes quantités de matières en suspension et ont une teneur
variable en matières organiques et inorganiques. Lorsque ces
lixiviats atteignent les eaux de surface ou les eaux souterraines,
grâce à une dilution due aux précipitations, ils occasionnent
une pollution importante entraînant une forte perte d'oxygène
qui peut être à l'origine des désastres affectant gravement la
biodiversité notamment la faune aquatique.
Le problème des huiles usées compte parmi les préoccupations
liées à l'utilisation des ressources naturelles et à la
protection de l'environnement. Les huiles usées résultent de
l'épuisement des qualités physiques et chimiques à la suite de
leur utilisation. Leur élimination dans des conditions
inappropriées modifie le milieu récepteur. De leur rejet
intempestif dans la nature, l'on constate ci et là: une
défoliation des mangroves dont certaines risquent de mettre
plusieurs années à se régénérer; la mort soudaine d'un grand
nombre de pousses et de jeunes arbres; la disparition des
mangroves. Comme cet écosystème constitue le creuset d'un
habitat propice à une biodiversité importante et sans cesse
renouvelée, sa disparition devient catastrophe vis-à-vis de la
biodiversité qu'elle renferme.
L'eau est l'élément essentiel à la plupart des entreprises
de ce secteur. Après avoir été utilisée, la plus grande partie
de cette eau de process est retournée dans l'environnement. Comme
celle-ci est chargée de matières organiques, elle devient une
source de pollution importante pour le milieu récepteur.
Les sources de polluants industriels dans ce secteur sont
nombreuses et variées. Les formes de gestion actuelles se
résument souvent à des pratiques illégales comme le rejet pur
et simple dans la nature; cours d'eau, sol, forêt, et même dans
les dépôts d'ordures. Cet état de fait qui détruit la
biodiversité, constitue la cause première de la perte de
celle-ci.
L'expérience acquise dans les pays développés a montré
qu'une gestion mal avisée des déchets notamment industriels a eu
des incidences néfastes sur la santé et l'environnement. Elle a
également enseigné que la correction des erreurs passées coûte
infiniment plus cher que l'application de mesures de contrôle
adéquates de la gestion des déchets.
Pour lutter contre les pollutions notamment industrielles, le
Gabon se doit de se doter d'un système national de contrôle,
fondé sur des dispositions législatives et réglementaires
adéquates.
A cet effet, un effort conjugué doit être consenti pour
disposer d'informations fiables et détaillées sur les polluants
produits et rejetés, leurs quantités et leurs flux, sur les
émissaires et leur capacité d'épuration. Cet effort passe par
la formation des agents d'exploitation et cadres compétents. La
lutte contre les pollutions notamment industrielles doit être
considéré comme un simple élément d'une stratégie intégrée
de conservation des ressources naturelles.
La perte de la diversité biologique est intimement liée à la
destruction de leurs habitats. La préservation s'obtient donc
entre autres, en protégeant les habitats naturels. Or les
pollutions notamment industrielles, rejetées impunément dans la
nature, perturbent les équilibres et par là même, détruisent
l'environnement. C'est en cela que l'environnement se doit d'être
défendu.
Deux raisons se présentent à nos yeux.
La première est d'ordre moral : Car, pourquoi aurait-on par des
pratiques de développement destructrices pour l'environnement, le
droit de mettre en danger l'avenir des millions d'autres
créatures de la terre ? La deuxième est liée à notre propre
intérêt: Notre survie dépend de la diversité biologique:
L'ensemble de notre développement agricole, minier forestier et
autre notamment pharmaceutique et médicinal provient de la banque
génétique de la planète.
Autant on n'utilise que quelques espèces végétales et
animales pour nos besoins vitaux, autant le génie génétique a
besoin d'une source importante de gênes, détenus dans la
Biodiversité. Cela suppose que tout organisme peut jouer un rôle
critique dans son évolution future, d'où la nécessité de le
protéger.
Et c'est en cela que l'éducation, la sensibilisation et la
formation doivent être renforcées pour atteindre cet objectif.
Car il faut que les gens apprennent que tous les éléments de
notre nature sont une ressource renouvelable s'ils sont utilisés
rationnellement.
Le Gabon présente une faune diverse comprenant plus de 150
espèces de mammifères et 600 espèces d'oiseaux. Le pays est un
refuge important pour des espèces menacées d'extinction,
notamment les éléphants, les lamantins, les gorilles, les
chimpanzés et environ 20 espèces de singes. L'on a découvert au
centre du pays une nouvelle espèce de cercopithèque (Cercopithecus
l'hœsti solatus) et au sud-ouest, une nouvelle espèce de
céphalophe (Cephalophus ogilby crusalbum). Les grands amphibiens
sont représentés par trois espèces de crocodiles et plusieurs
espèces de tortues dont la tortue luth.
L'avifaune est constituée par:
- une forte proportion d'espèces sédentaires forestières;
- une très faible proportion d'espèces de savane;
- de nombreuses espèces aquatiques;
- de nombreux migrateurs afro-tropicaux;
- de nombreux migrateurs paléarctiques.
Cette richesse diversifiée est aujourd'hui menacée par un
fléau : le braconnage. Il faut, pour une meilleure
compréhension, définir les mots braconnage et chasse.
On entend par "braconnage", le fait de pratiquer la
chasse en violation de la réglementation, c'est-à-dire en temps
et périodes défendus, avec des engins, des armes et des
munitions prohibés; sans permis ou sans autorisation, ou avec un
permis non réglementaire; selon des méthodes prohibées; des
animaux protégés, ou bien des animaux non protégés en
dépassant les quotas réglementaires. "Chasser" par
contre veut dire tuer ou capturer les animaux dans le but de les
manger, vendre ou de pratiquer quelques expériences.
La chasse se pratique avec plusieurs engins, aussi bien modernes
que de fabrication locale: fusils, munitions, pièges, filets,
etc...
Il est évident que la réglementation est un moyen, entre
autres pour lutter contre le braconnage. De ce fait, deux textes
principaux ont été pris au Gabon. Il s'agit notamment de la loi
1/82, dite loi d'orientation en matière des Eaux et Forêts avec
ses textes d'application et la loi 15/82, fixant le régime des
armes et munitions. Ces deux textes, bien appliqués, devraient
permettre de mieux contrôler et de suivre les objets ou les
secteurs qu'ils régissent.
Dans le domaine qui concerne l'exploitation de la faune, cette
loi stipule qu'il faut obligatoirement, sauf cas de légitime
défense, posséder un permis ou une autorisation spéciale pour
pratiquer la chasse. En outre, elle précise que le permis ou
l'autorisation de chasse en question doit être obligatoirement
délivré par l'administration des Eaux et Forêts dans les
conditions précises définies par décret, mais uniquement aux
seules personnes à qui l'administration du Territoire aura
délivré au préalable un permis de port d'arme.
Cette loi dispose que, pour acquérir armes et munitions de
chasse, il faut au préalable obtenir une autorisation.
L'acquisition et la détention de ces armes étant assujetties au
paiement des taxes. Elle stipule également que les autorisations
de port et d'achat de munitions sont délivrées par le Ministre
de l'administration du Territoire. Ces autorisations sont valables
un an et renouvelables. Toujours selon cette loi, la délivrance
par l'administration du Territoire des autorisations d'achat de
munitions ne peut être faite qu'aux détenteurs d'armes de chasse
munis d'une part d'autorisation de port d'arme et, d'autre part,
de permis de chasse approprié et justifiant en outre du paiement
de taxes annuelles. Le nombre de cartouches qu'un détenteur
régulier d'armes peut acquérir est fixé par arrêté du
Ministre de l'Administration du territoire. Il est fait
interdiction à chaque personne de détenir plus de trois armes de
chasse. Enfin, l'autorisation de port d'arme est valable pour une
durée de un an et doit être renouvelée tous les ans.
L'administration des Eaux et Forêts se trouve aujourd'hui
très gênée dans son action à cause du non respect
systématique d'une part des dispositions de la loi 15/82 fixant
le régime des armes et munitions au Gabon et, d'autre part, de
l'esprit de la réforme effectuée qui a consacré la
clarification et la spécialisation des compétences entre
l'administration du Territoire et l'administration des Eaux et
Forêts.
En effet, on constate que les armes et les munitions de chasse
pénètrent ou circulent dans le pays sans avoir été
autorisées. De nombreux ressortissants gabonais et expatriés
détiennent des armes de chasse sans être titulaires de permis de
port d'armes. Des autorisations d'achat de munitions de chasse
sont délivrées en violation flagrante des dispositions de la loi
à des personnes non titulaires de permis de chasse,
d'autorisation de port d'armes et même à des personnes ne
possédant pas d'armes du tout. Cette pratique est signalée pour
les autorisations d'achat ou d'importation de balles servant à la
grande chasse dont la vente et l'importation sont interdites
depuis 1981. Plusieurs personnes possèdent plus du quota d'armes
autorisé par la loi.
La situation créée par les pratiques décrites plus haut rend
impossible toute maîtrise de la gestion de la chasse, la
protection et la conservation de la faune et la lutte contre le
braconnage. De même, elle rend difficile également la maîtrise
de la gestion et du contrôle de la circulation des armes.
La Direction de la Faune et de la Chasse, dans le cadre de la
lutte contre le braconnage est confrontée à maintes
difficultés. L'on peut citer:
- le manque de personnel. Les effectifs sont très réduits et
ne permettent pas une présence régulière sur le terrain;
- l'insuffisance de moyen matériel quant à lui constitue un
point assez important;
- son action est en outre, contrecarrée par certaines
personnes susceptibles de l'aider mais qui, malheureusement,
prennent une part active dans le développement du braconnage.
La lutte contre le braconnage procède d'une problématique
complexe qui met conjointement en cause, sur le plan juridique,
les régimes foncier, forestier, environnemental, cynégétique et
de conservation des aires protégées et de la faune. Outre la
nécessaire identification des activités et agissements
constitutifs des différentes formes de braconnage, dont
découlent des conséquences de toute nature unanimement
dénoncées, il convient à priori de situer brièvement les
orientations fondamentales de ce que pourraient ou devraient être
les indispensables interventions susceptibles d'y répondre dans
le sens de leur réduction, voire de leur éradication.
Il importe dès lors, pour tenter d'y apporter des réponses
appropriées, en matière juridique notamment, d'esquisser une
réflexion apte à en déterminer les éléments. Sont
indissociablement en cause à cet égard, comme cela a pu être
par ailleurs souligné, les bases comme les missions de la
protection de la faune sauvage . On peut penser en ce sens, face
à la gamme des mesures jusqu'alors prévues par le législateur
et ou l'autorité réglementaire, qu'il s'avère impératif
d'actualiser, d'adapter ou de refondre de nombreux aspects des
dispositions protectrices, préventives et punitives en vigueur,
dans leur contenu administratif, pécuniaire et pénal en
particulier.
Il convient toutefois d'éviter parallèlement le développement
d'une politique et l'inflation d'une législation
interventionniste trop répressive, qui auraient involontairement
mais inévitablement des effets dissuasifs, antinomiques de la
satisfaction des objectifs projetés et des résultats attendus.
La question du braconnage, particulièrement complexe au regard
des zones d'activités et des noyaux de populations concernées,
exige néanmoins d'être traitée comme une priorité, tout en
appelant des solutions nuancées.
Il conviendrait de définir la notion même de braconnage, avant
d'en appréhender et d'en déterminer la nature, les raisons, les
formes, les domaines, l'objet et l'étendue. L'ensemble de ces
paramètres dépasse largement le seul champ du droit. Pour la
loi, le braconnier peut être sommairement formellement
considéré, au-delà du seul délinquant auteur d'infractions aux
normes de protection de la nature, comme toute personne, physique
ou morale, se livrant illégalement à des activités de chasse
et/ou constituant des violations de la législation cynégétique.
On sait qu'il peut exister différentes formes de braconnage,
selon qu'il porte sur la viande de chasse, les dépouilles et les
trophées, ou les animaux vivants sur leur abattage, et ou sur
leur commercialisation, leur transport et leur vente ou revente,
sur les marchés ou dans les restaurants. Son objet peut répondre
à une simple autoconsommation locale, ou à une commercialisation
monétarisée. Il peut s'inscrire dans l'exercice limité de
droits d'usage coutumiers, ou constituer une activité prédatrice
et lucrative à grande échelle. Il peut être l'avatar naturel
mais potentiellement dommageable d'une chasse traditionnelle de
subsistance, ou au contraire le but même d'une démarche
"essentiellement" illégale. Les diverses facettes en
sont suffisamment connues pour qu'il n'y ait pas lieu de s'y
appesantir ici.
Selon la destination que le braconnier donne à son produit, il
existe plusieurs formes de braconnage.
Le braconnage de subsistance est pratiqué dans toutes les
zones rurales et concentré principalement autour des villages. Il
est très intense autour des zones où la densité de la
population est forte, ce qui a pour conséquence la raréfaction
du gibier. Cette forme de braconnage est largement concentrée sur
des espèces allant de la taille du céphalophe bleu à celle du
sitatunga ou du mandrill.
Le braconnage commercial organisé constitue une menace
importante pour la faune sauvage. Des individus sont envoyés en
forêt où ils piègent et abattent tout gibier sans
discrimination. La viande est soit conservée dans des
congélateurs, fumée ou boucanée. Quand la quantité de viande
est jugée suffisante, elle est acheminée dans les grands centres
urbains où elle est vendue ouvertement sur les marchés. Cette
viande est destinée à alimenter les restaurants et de nombreux
particuliers.
Il découle des deux précédents lorsqu'il n'est pas pratiqué
d'une façon délibérée. Les trophées d'animaux abattus sont
récupérés par les consommateurs ou les chasseurs et peuvent
être vendus. Il est encore moins menaçant lorsqu'il est
pratiqué pour se procurer des amulettes par exemple.
Par contre, lorsqu'il est pratiqué dans un but purement
lucratif, ce braconnage présente un danger. Il concerne surtout
les éléphants, les léopards, les crocodiles, les pythons etc.
Le but visé étant de se procurer de l'ivoire et des peaux
d'animaux afin de les exporter, ce qui suscite dans ce cas une
véritable contrebande.
Ce braconnage concerne surtout les singes, en particulier les
chimpanzés et les gorilles qui sont des espèces très
recherchées à l'étranger pour des expériences médicales, les
parcs zoologiques, les cirques ou les particuliers.
Compte tenu de l'agressivité des animaux adultes, les jeunes
essentiellement sont recherchés par les braconniers, qui abattent
souvent les mères et d'autres adultes de la troupe.
Les forces publiques, militaires et autorités administratives
pratiquent souvent le braconnage pour se procurer gratuitement de
la viande de chasse. Ce braconnage est très meurtrier car il est
effectué la plupart du temps avec des armes automatiques de
guerre qui blessent beaucoup de gibier qui s'échappe.
Selon le but visé par le braconnier, il existe plusieurs
causes du braconnage.
L'une des raisons qui poussent les populations à chasser est
sans doute, le besoin de consommer des protéines animales. Le
Gabon, pays forestier, importe plus de viande qu'il n'en produit.
Cette situation ne favorise pas le monde rural, compte tenu de la
faible production de l'élevage d'une part, de l'insuffisance des
revenus et du manque de structures de conservation de viande
fraîche d'autre part.
Dans ce cas, seules les populations rurales sont touchées.
Certains animaux en effet, deviennent nuisibles. Leur action
destructive est jugée néfaste par les populations. Comme seul
moyen de lutte ou de défense de cultures, les populations font
appel aux chasseurs au mépris de la réglementation en vigueur
dans ce domaine.
Parmi les autres causes, on distingue le besoin d'acquérir des
trophées. Ce qui constitue une source de recettes importantes.
Certains citoyens font recours au braconnage pour fabriquer des
fétiches et des amulettes. Enfin, se procurer de la viande
commerciale au prix plus élevé que ceux pratiqués pour la vente
de la viande des animaux domestiques constitue au autre attrait
pour le braconnier.
Pour se procurer de la viande de brousse, le braconnier utilise
plusieurs méthodes de braconnage. Parmi les pratiques illégales,
on distingue l'emploi des substances toxiques naturelles. Elles
sont utilisées traditionnellement depuis longtemps mais sont
généralement interdites par les législations modernes. Pour le
piégeage, avec l'apparition des câbles d'acier vendus sous
l'étiquette de câbles à vélo, cette méthode cause des
dégâts considérables aux animaux.
Notons enfin, la chasse aux filets avec des chiens, la chasse au
moyen du feu, la chasse avec des armes à feu prohibées (armes de
guerre).
Toutes ces pratiques conduisent à des conséquences plus ou moins
diverses tant sur le plan écologique, économique que social.
Le braconnage, en détruisant la faune sauvage, détruit les
équilibres naturels. Le rôle de la faune sauvage dans la
propagation des espèces végétales et les interactions entre
espèces animales peuvent être sérieusement compromis. Ainsi,
l'éléphant, généralement considéré comme nuisible en raison
de sa taille, joue pourtant un rôle important dans la propagation
de certaines espèces végétales notamment les mimosées.
A signaler aussi la disparition du léopard de certaines régions
d'Afrique et qui a entraîné une prolifération de babouins,
l'une de ses proies préférées. Conséquence: ces derniers
causent maintenant des dégâts considérables aux récoltes.
Elles sont de deux ordres. Les conséquences économiques
directes se traduisent par des pertes en recettes fiscales pour
l'État. Elles sont considérables du fait que les braconniers ne
payent généralement ni taxes sur les permis de port d'arme, ni
permis de chasse, ni taxes d'abattage. Elle entraîne également
des pertes pour l'économie du pays car la viande et les sous
produits sont perdus.
Un niveau élevé de braconnage entraîne également des pertes en
recettes touristiques en raison de la raréfaction du gibier, le
tourisme basé sur la faune sauvage, baisse considérablement.
Les conséquences indirectes du braconnage sont très difficiles
à évaluer. Cependant on peut citer entre autres, le coût de la
reconstitution d'un environnement viable, le coût du remplacement
d'une source naturelle de protéines animales par l'élevage
domestique et le coût de la réintroduction d'espèces disparues.
On distingue les conséquences dues aux perturbations de
l'équilibre naturel (cas du babouin et du léopard). Chaque
espèce joue un rôle et toute prolifération d'une espèce
(pouvant avoir des conséquences sociales négatives) est due
volontairement ou non, à l'intervention de l'homme dans le milieu
naturel.
Dans certaines régions impropres à l'élevage du gros bétail,
la faune sauvage fournit la majeure partie des protéines animales
aux populations rurales. Le braconnage intensif, risque de
supprimer cette ressource naturelle et renouvelable et de forcer
les populations à un exode progressif vers des régions plus
propices.
E.8.10.1 Les armes saisies (1991 à 1994)
Au cours des différentes missions de police de chasse
effectuées par les Agents de la Direction de la Faune et de la
Chasse sur l'axe routier Libreville-Kango, 34 armes ont été
saisies en 1991, 216 en 1992, 46 en 1993 et 43 en 1994.
E.8.10.2 La quantité de gibiers saisis (1991-1993)
Au cours des différentes interventions effectuées par ces
mêmes agents à travers les marchés de la capitale, il y a eu en
1991, 435 espèces de mammifères et d'oiseaux saisies en 1991; ce
qui représente 9, 183 tonnes pour un manque à gagner pour l'Etat
de 5.062.500 Francs CFA.
En 1992, 1568 espèces saisies soit 19, 518 tonnes pour un manque
à gagner de 20.350.500 Francs CFA.
En 1993, 183 espèces saisies soit, 2, 429 tonnes pour un manque
à gagner de 1.189.000 Francs CFA.
Ces données portent sur 12 interventions en 1991, 24 en 1992 et 7
en 1993.
Ces données qui du reste sont sous-estimées prouvent à
suffisance l'acuité avec laquelle le braconnage est exercé au
Gabon.
Le problème du braconnage ne pourra être résolu (ou réduit)
que par un ensemble de mesures qui vont des moyens de lutte à
mettre en œuvre à la Coopération entre États en passant par
l'éducation à la création d'actions d'accompagnement.
Décrets d'application de la loi 1/82 concernant le braconnage
- N° 184/PR/MEFCR du 4 Mars 1987, fixant les modalités de
classement et de déclassement des forêts de l'État.
- N° 1 85/PR/MEFCR du 4 Mars 1987, relatif à la répression
des infractions en matière des Eaux, Forêts, Faune, Chasse
et Pêche.
- N° 1 86/PR/MEFCR du 4 Mars 1987, relatif aux lieutenants de
chasse.
- N° 187/PR/MEFCR du 4 Mars 1987, relatif aux battues
administratives.
- N° 188/PR/MEFCR du 4 Mars 1987, relatif aux permis et
licences de chasse.
- N° 189/PR/MEFCR du 4 Mars 1987, relatif à la protection de
la faune.
- N° 190/PR/MEFCR du 4 Mars 1987, fixant les modalités de
détention, de circulation et commercialisation des produits
de la chasse.
- N° 192/PR/MEFCR du 4 Mars 1987, réglementant l'exercice
des droits d'usages coutumiers.
- N° 193/PR/MEFCR du 4 Mars 1987, fixant les conditions
d'exercice et les obligations de la profession de guide de
chasse.
- N° 677/PR/MEFE du 28 Juillet 1994, relatif à l'agrément
spécial de commerce des produits de la chasse.
- N° 678/PR/MEFE du 28 Juillet 1994, complétant le décret
n° 189/PR/MEFCR du 4 Mars 1987 relatif à la protection de la
faune.
- N° 679/PR/MEFE du 28 Juillet 1994 fixant les périodes
d'ouverture et de fermeture de la chasse.
E.9. La pression humaine 9 : Les Institutions publiques
nationales
Le système institutionnel public national, acteur de la
gestion et de la conservation de la biodiversité peut faire
l'objet, pour l'essentiel, des critiques suivantes: dispersion,
absence de réelle coordination, faiblesse des moyens, "image
brouillée" dans l'opinion.
E.9.1 La "dispersion institutionnelle"
C'est le premier fait qui interpelle lorsque l'on étudie le
cadre institutionnel de la gestion et de la conservation de la
biodiversité au Gabon. En effet, l'action publique en matière de
gestion et conservation de la biodiversité revient, de droit
comme de fait, à deux institutions: le Ministère des Eaux et
Forêts et le Ministère en charge de l'Environnement. Or, c'est
une loi bien connue que lorsque deux organes remplissent la même
fonction, le risque est grand qu'on y perde en efficacité. Cette
perte d'efficacité vient de ce que les deux institutions ayant
des attributions communes, on se retrouve en face de deux
situations préjudiciables à l'action des unes et des autres.
Soit, chaque institution remplit (ou essaie de remplir) la
fonction dont elle s'estime être la détentrice, auquel cas, la
même action est menée deux fois sans le moindre intérêt avec
cependant un risque d'auto-annulation. Soit, chaque institution se
dit que c'est à l'autre de remplir la fonction qu'elle ont en
commun, auquel cas, aucune des deux ne le fait, d'où une totale
inefficacité.
Ceci dit, il convient néanmoins de souligner que cette
situation n'est pas une spécificité gabonaise. Il en va ainsi un
peu partout dans le monde et notamment en Afrique. Une autre
conséquence de cette "dispersion" se trouve dans les
attributions du ministère en charge de l'environnement (notamment
celles de la Direction Générale). En effet, un examen attentif
montre que la DGE est une administration "par défaut"
en ce sens qu'elle aurait reçu les compétences que n'exerçaient
pas les autres administrations, notamment celles des Eaux et
Forêts. A cela, il n'y a rien d'étonnant puisqu'il ne s'agit que
de l'application de l'antique loi naturelle "premier arrivé,
premier servi".
Si on ajoute à ce qui précède la spécificité de notre
administration faite de "chapelles" jalouses de leurs
attributions et de nature conservatrice, on a tôt fait de
comprendre la situation de la gestion et de la conservation de la
biodiversité au Gabon. Cette situation avait connu un début de
solution avec le rattachement de l'environnement entre 1994 et
1997 au Ministère des Eaux et Forêts. Depuis les choses sont
revenues au statu quo ante.
E.9.2 L'absence de réelle coordination.
Alors qu'elles ont en commun plusieurs attributions et qu'elles
concourent l'une et l'autre à la réalisation de la politique
nationale en matière de biodiversité, les Ministères en charge
des Eaux et Forêts et de l'Environnement (sans même parler des
autres administrations) ne collaborent pas suffisamment. Il s'agit
là aussi d'un autre travers caractéristique de l'administration
gabonaise dont chaque élément a trop souvent tendance à
évoluer en circuit fermé. A titre d'illustration, on peut dire
que certaines incohérences que l'on retrouve dans la loi 13/96
n'auraient peut être pas existé si cette collaboration avait
été effective entre DGEF et la DGE. De même, une plus grande
concertation entre ces deux administrations aurait certainement
permis une amélioration substantielle de la future loi
d'orientation en matière d'Eaux et de Forêts revisée. Et, même
au sein de la DGEF, la coordination nous a semblé insuffisante
entre la DFC et les autres directions à vocation
"forestière".
E.9.3 La faiblesse des moyens humains et matériels.
L'indigence dont souffrent les ministères concernés par la
biodiversité est autant humaine que matérielle. Certes, cette
situation n'est pas seulement observable dans ces deux
administrations mais elle revêt ici une dimension particulière
que la crise économico-financière que traverse le pays depuis
plusieurs années n'arrange nullement.
Au contraire, les programmes d'ajustement structurel ont bien
souvent conduit à une diminution substantielle des budgets des
administrations publiques.
A cet égard, un chiffre peut nous montrer l'étendue de cette
indigence: de 1988 à 1991, le budget de la Direction de la Faune
et de la Chasse (qui est, de fait, le principal acteur de la
gestion de la biodiversité animale) a été réduit de 46% !
De même, en 1994, alors que les deux départements des Eaux et
Forêts et de l'Environnement n'en formaient qu'un seul, ils
avaient un total de 319 agents. Parmi eux, 74 dont seulement 23
permanents exerçaient au sein de la DFC.
En faisant un calcul simple, celui du rapport entre la superficie
totale du pays et celui du nombre d'agents de la DFC, on arrive à
un résultat parlant: chacun des agents de la DFC est responsable
d'à peu près 11.600 Km2 de la superficie du pays ! Il s'agit
là, c'est le moins que l'on puisse dire, d'une responsabilité
virtuelle.
A la faiblesse des moyens humains , vient s'ajouter la
faiblesse, sinon la carence , de moyens matériels tant à la DGE
qu'à la DGEF. Cette faiblesse de moyens (parfois attenuée par le
soutien de certains "projets") va du matériel de bureau
(ordinateurs, photocopieurs...) au matériel logistique, essentiel
dans ce genre d'activités (véhicules, systèmes radio,
carburant.....).
Et comme si tout cela ne suffisait pas, dans la tourmente de 1990,
la DFC a perdu ses locaux et sa documentation dans un incendie.
Au delà, les maires auraient gagné à mieux gérer les moyens
tout aussi insuffisant soient-ils.
E.9.4 "L'image brouillée" des administrations des
Eaux et forêts et de l'Environnement.
Ces deux administrations sont assez mal perçues du grand
public et des usagers. Cette image brouillée vient d'une absence
de véritable visibilité pour l'une et d'une perception
repressive pour l'autre. L'administration de l'Environnement est
l'une des moins connue des Gabonais. Cette situation peut naître
de deux éléments : soit elle n'agit pas suffisamment ou pas du
tout, soit elle ne fait pas bien connaître son action, d'où ce
déficit d'image.
Quant à l'administration des Eaux et Forêts, outre qu'elle passe
pour être "l'administration des forestiers", elle à
très mauvaise presse dans l'opinion, surtout dans les zones
rurales où elle est la plus active. Ainsi, le paysan gabonais ne
voit-il dans l'agent des Eaux et Forêts que le gendarme de la
nature qui va finir par le conduire chez le gendarme tout court,
pour peu, par exemple, qu'il ait tiré sur l'éléphant qui
saccageait ses champs. Une telle image, peut être excessive,
trouve néanmoins son origine dans le cadre réglementaire en la
matière qui met, c'est un fait, beaucoup plus l'accent sur la
répression des infractions (qui est nécessaire) que sur
l'éducation, la participation, la co-gestion et l'auto-gestion.