Stratégie nationale et plan d'action

 

A. Caractéristiques physiques du Gabon

A 1 Le climat

Deux types de facteurs sont généralement cités pour donner une image des phénomènes climatiques : les facteurs cosmiques et les facteurs géographiques .

Les données climatiques les plus utiles au Gabon sont la température (21-28°C), les précipitations (2000-3800 mm) , l'hygrométrie (80 -88%) et, dans une moindre mesure, l'insolation (1400h/an),l'évaporation et l'évapotranspiration (ETR:1300 mm et ETP: 1400 mm), les vents (5m/s) et les brouillards (tels que ceux qui sont nettement marqués dans le Haut Ogoouée).

La combinaison d'éléments climatiques divise les temps au Gabon en deux saisons sèches et deux saison de pluies.

Les critères de distinction des régimes climatiques du Gabon sont fonction de la distribution et du rythme des précipitations . Ainsi peut-on distinguer trois principaux types de climats : le climat équatorial pur, le climat équatorial de transition de la zone centrale, le climat équatorial du sud-ouest et du littoral centre atlantique.

A.2 - La pédologie

Les sols ferralitiques sont les mieux représentatifs des caractéristiques du Gabon. La chaleur et l'humidité favorise en effet l'altération des roches.

  • Les types de sols ferralitiques

Deux types de sols ferralitiques peuvent être opposés au Gabon : les sols ferralitiques typiques et les sols ferralitiques à cuirassement.

  • La variété des sols

Les sols sur socle granitique et granito-gneissique : ce sont des sols typiquement ferralitiques, localisés dans toute la partie centre-nord du Gabon.
La diversité des sols sur terrains sédimentaires reflète assez bien la diversité des roches-mères : les sols des terrains précambriens ; les sols sableux des plateaux Batéké et gréseux du bassin côtier ; les sols du bassin sédimentaire côtier ont une texture sablo-argileuse ; les sols hydromorphes et les podzols ; les sols du sud-ouest gabonais (synclinal de la Nyanga) sont caractérisés par des contrastes géologiques.

A 3 Les milieux

Le Gabon présente des formes de relief variés. Bien que peu montagneux, le pays est essentiellement une région de plateaux et de collines. La topographie n'a qu'exceptionnellement un aspect complètement plat, et plusieurs massifs montagneux d'altitude médiocre présentent un relief vigoureux .

A 3.1 Les plaines, les bas-plateaux et les collines

A 3.1.1 Les plaines:

Elles se rencontrent dans les régions de la Nyanga et de la Ngounié, de la Lopé, sur les bords de l'Ogooué, dans la région des lacs et le delta de l'Ogooué. Au Gabon, le relief de plaine est souvent couvert de formations herbeuses (savanes) et correspond aux dépressions du bassin sédimentaire côtier et des bassins sédimentaires du Précambrien supérieur et du Francevillien.
Les plaines du Gabon ont une altitude qui varie de 0 m à 100 m.

A 3.1.1.1 Les plaines littorales du bassin sédimentaire côtier : Le littoral du Gabon se déroule sur près de 950 km, en bordure du golfe de Guinée. Il se caractérise par une prédominance des côtes basses d'accumulation de sable et de vase, la rareté des côtes rocheuses et des falaises, l'absence de constructions madréporiques.

A 3.1.1.2 Les plaines Ngounié et Nyanga du Précambien supérieur : Les plaines de la Ngounié et de la Nyanga, séparées par les Monts d'Ikoundou et encadrées par deux massifs cristallins (le Mayombé et le Chaillu), offrent une topographie peu variée caractérisée par de petites ondulations. Leur nature karstique explique la rareté des cours d'eau. De nombreux chaînons et de nombreuses cuvettes troublent à peine cette monotonie.

A 3.1.2 Les bas-plateaux et les collines :

Ces reliefs se rencontrent sur le bassin sédimentaire côtier et ceux plus anciens du sud-ouest et du centre du Gabon. Leur altitude oscille entre 100 m et 200m.

A 3.1.2.1 Les bas plateaux et les collines du sédimentaire côtier.
Le Bassin côtier du Gabon est caractérisé par de basses collines enforestées, coupées d'une ligne de crête (orientée NO-SE) de 230 à 250m d'élévation, qui sépare les bassins de la Noya des cours tributaires de l'estuaire du Komo et de la baie de la Mondah. A l'est de cette crête se déroule une vaste dépression, délimitée par la muraille des Monts de Cristal. Les grès de Ndombo constituent cette crête. Son profil dissymétrique révèle un front de cuesta et un revers à la pente plus douce.

A 3.1.2.2 Les bas-plateaux et les collines des bassins de Booué et de Franceville.
Le relief du bassin de Franceville présente des dépressions moutonnantes de collines dont l'altitude varie autour de 360 m (plaine de la Lébiri).
Le bassin de Booué est un ensemble d'une grande monotonie. C'est une région de lourdes collines séparées par des cours d'eau encaissés.

A 3.2 Les plateaux et les moyennes montagnes

A 3.2.1 Les plateaux :

Ils couvrent la plus grande partie de la superficie du Gabon. Ils sont parfois fortement entaillés par les cours d'eau. La maille et la densité du réseau hydrographique donnent à ce type de relief l'aspect d'un moutonnement montagneux. Le plus grand ensemble de plateaux couvre le nord-est du pays.

A 3.2.1.1 Les plateaux du Nord :
Au nord et au nord-est, dans les provinces du Woleu-Ntem et de l'Ogooué-Ivindo, le socle cristallin s'organise en vastes plates-formes étagées. La monotonie de ces plateaux bosselés de collines innombrables est rompue par de rares reliefs isolés en forme de dômes rocheux, par des escarpements qui limitent les plateaux ou par de grandes vallées. Certaines parties de cet ensemble sont très planes (région des marécages et rivières de Djoua et de Djadié), d'autres au contraire sont fortement démantelées par l'érosion (escarpement au sud de Mitzic).

A 3.2.1.2 Les plateaux Batéké :
D'une altitude modeste, oscillant entre 500 et 830 m, les plateaux Batéké (au sud-est du Gabon) sont une unité géomorphologique essentiellement formée de sable et de grès récents (âge Tertiaire). Ce relief présente une surface ondulée autour de Léconi, mais beaucoup plus accidentée au sud ou l'altitude atteint 830 m contre 550 à 600 m plus au nord. Les cours d'eau ont disséqué profondément ces plateaux, façonnant en bordure des cirques d'érosion. Ainsi, la Léconi coule dans une large vallée en auge amorcée sur des amphithéâtres d'érosion (les cirques de Léconi).

A 3.2.2 Les moyennes montagnes

Certains reliefs massifs constituent, malgré leur altitude peu élevée, des montagnes. Ils sont caractérisés par de fortes déclivités et leur rebord forme un escarpement qui domine de plusieurs centaines de mètres la plaine en contrebas. Tel est le cas du rebord occidental des Monts de Cristal qui domine de près de 800 m la plaine de la Noya étalée à ses pieds. De même, le massif de l'Ikoundou s'élève brutalement au-dessus des plaines de la Nyanga et de la Ngounié.
Les vallées encaissées, les versants escarpés et les crêtes aiguës sont les éléments les plus significatifs du relief des montagnes gabonaises. Celles-ci sont encore mal connues.

A 3.2.2.1 Les Monts de Cristal :
Adossés à la partie occidentale des plateaux du nord-est, les Monts de Cristal sont une unité géologique constituée de roches cristallines très anciennes. C'est un relief entaillé par de profondes vallées souvent rectiligne. Sa bordure occidentale présente une topographie très accidentée liée à un rajeunissement qui a découpé, sur des lignes de failles de dessin orthogonal, un système complexe de chaînon abrupts et de vallées encaissées, drainées par des rivières torrentueuses coupées de fréquentes chutes (chutes de Kinguélé, hautes de 95 m et chutes de Tchilbélé).

A 3.2.2.2 Le Massif du Chaillu :
Le Massif du Chaillu oppose des régions semblables aux plateaux cristallins du nord à des régions au relief plus heurté. La dénivelée est relativement forte (500 à 600 m), sur une courte distance, entre les sommets (Mont Mimongo à 860 m et Mont Iboundji à 980 m) et la plaine de Ndendé. Cette forte dénivelée a favorisé un intense travail de l'érosion à l'origine de plateaux cuirassés, culminant vers 600-700 m, à bords très échancrés. C'est dans cette région que se trouvent les sommets les plus élevés du pays (le Mont Milondo culmine à 1 020 m).

A 3.2.2.3 Les Monts d'Ikoundou et le Mayombé
Ce sont des reliefs montagneux jeunes, c'est-à-dire pas nécessairement très élevés mais à pentes vigoureuses, dépourvus de surfaces aplanies anciennes ou récentes. Les sols de ces reliefs ne participent que de la pédogenèse actuelle. Les Monts d'Ikoundou constituent le coeur du synclinal. Ils s'imposent fortement dans le paysage en dominant brutalement les plaines environnantes d'environ 150 m. Entièrement forestier, les Monts sont très disséqués, à pentes fortes, principalement dans les bordures orientale et occidentale, le centre étant moins fortement entaillé.
Le Mayombé constitue une vaste chaîne qui s'étire de l'Angola au Gabon (jusqu'aux environs de Lambaréné) en suivant une direction générale sud-est/nord-ouest. Au Gabon, la majeure partie du Mayombé est constituée de roches cristallines. Certains sommets atteignent une altitude élevée, de 700 à plus de 800 m. Le petit massif du Koumounanwali (833 m) par exemple domine l'extrémité septentrionale de la plaine de la Ngounié de 750 m. Mais pour la plupart les lignes de crêtes sont établies entre 350 et 450 m.

A 3.2.2.4 Les Monts Ndjolé et la région de l'Ikoy :
Ces unités physiographiques présentent un relief complexe très compartimenté où s'individualisent quelques crêtes comme les Monts Bouvondo (911 à 922 m) au nord d'Etéké et le mont Ngour Minkong (993 m) au nord de Ndjolé.

A 4 Hydrologie du Gabon

Le système hydrographique gabonais couvre la quasi-totalité du territoire national. Il est composé d'un grand bassin versant, celui de l'Ogooué, qui domine ceux, plus modestes des fleuves côtiers Nyanga et Komo. Les développements qui suivent, visent la description du réseau hydrographique et du système hydrologique du Gabon .

A 4.1 Le système hydrographique du Gabon

A 4.1.1 Le tracé hydrographique :

Le réseau hydrographique gabonais est très hiérarchisé. Cette hiérarchisation du drainage est égale voire supérieure à quatre ordres. En effet, en considérant la rivière Lodié, dans la province de l'Ogooué Ivindo, comme un drain d'ordre 1 ; la rivière dans laquelle elle se jette, la Liboumba est un cours d'eau d'ordre 2 ; l'Ivindo, déversoir de la Liboumba est un drain d'ordre 3 et enfin l'Ogooué, qui se jette dans l'océan Atlantique et dont est affluent l'Ivindo, est un drain d'ordre 4. Face à ce qui précède, on remarque que les fleuves gabonais sont des cours d'eau d'ordre 4. Le tracé hydrographique gabonais est de type dendritique. Les écoulements sur le drain principal, notamment : l'Ogooué qui, de ses deux rives, reçoit les rivières les importantes du pays ( Ngounié, Abanga, Okano Offoué, Ivindo, Lolo, Mpassa, Lébombi, Léconi...).

A 4.1.2 La densité du drainage :

Jean SAINT-VIL (1981) nous apprend que le Gabon est doté d'un drainage extrêmement dense. Sur la plus grande partie du pays, les petits cours d'eau se succèdent en principe tous les 600 m environ. Le maillage est particulièrement serré sur les terrains schisteux et lâche sur les terrains granito-gneissiques (un à deux kilomètres séparent généralement deux thalwegs). En milieu calcaire pur ou schisto-calcaire, des quantités d'eau assez importantes sont infiltrées quand elles ne stagnent pas au-dessus des dépressions tapissées de marnes. En terrains argileux, les axes de drainage sont moins nombreux et souvent confus, dans leur cours inférieur, celui-ci ne s'individualisant généralement qu'en saison des pluies.

A 4.1.3 Les principaux bassins versants

Le Gabon est arrosé par un abondant réseau de cours d'eau permanents. Seuls les cours inférieurs des plus grands fleuves sont navigables toute l'année : le Komo de Kango à Libreville ; l'Ogooué sur une plus grande distance, de Ndjolé à Port-Gentil et la Nyanga. Ce n'est pas moins de 3 000 km de voies d'eau qui sont potentiellement utilisables.

A 4.1.3.1 Le bassin de l'Ogooué
Le bassin de l'Ogooué, plus grand fleuve gabonais, draine 215 000 km² dont 22 000 km² hors du territoire national. Il est limité à l'est par le bassin du Congo, au sud par les bassins du Niari et de la Nyanga, à l'ouest et au nord-ouest par les bassins de rivières côtières. Parcourant environ 1 000 km, l'Ogooué prend sa source au Congo, dans les Monts Ntalé, à une altitude voisine de 840 m. L'Ivindo est le plus important affluent de l'Ogooué. Il draine le quart nord-est du pays, pénéplaine développée sur les formations anciennes du socle cristallin. A 5 km en amont de Lambaréné, la Ngounié joint ses eaux à celles de l'Ogooué. Cette rivière draine 33 100 km². C'est le second affluent du fleuve.

A 4.1.3.2 Le bassin de la Nyanga
La Nyanga est le second grand fleuve gabonais, tout en étant d'importance réduite. C'est le fleuve le plus méridional du pays, qui coule dans une moindre mesure en territoire congolais. Les 80 % des 22 000 km² de son bassin-versant sont situés au Gabon. La Nyanga prend sa source au coeur du Massif du Chaillu, dans les Monts Birougou, à une altitude de 1 000 m environ. Il rejoint l'Atlantique après un parcours de 600 Km. Le cours de la Nyanga présente deux parties : la haute Nyanga de la source au défilé de Mitoungou et la basse Nyanga qui correspond au bassin côtier.

A 4.1.3.3 Le bassin du Komo
Avec un bassin-versant couvrant une surface de 5 000 km² et long de 230 km, le Komo est le troisième grand fleuve gabonais. Le Komo naît en Guinée-Equatoriale, dans la partie sud-ouest du plateau du Woleu-Ntem, qu'il draine entièrement de ses eaux. La plus grande partie de son bassin-versant est en territoire gabonais. Son cours principal couvre une superficie d'environ 3 200 km². La rivière Mbèi est l'affluent le plus important du Komo. Elle draine une surface de 1 800 km². Son cours est perturbé par quelques accidents comme les chutes de Tchimbélé et de Kinguélé. Celles-ci- ont été aménagées sur un rejet de faille dont la dénivellation totale atteint 110 m.

A 4.2 Le système hydrologique du Gabon

A 4.2.1 Les modalités de l'écoulement au Gabon

Les différences considérables de la superficie entre les bassins versants des grands cours d'eau engendre une grande amplitude des modules. Ainsi, le débit interannuel varie de 160 m3/s pour le Komo, à la limite de l'estuaire, à 4 706 m3/s pour l'Ogooué à Lambaréné, nous dit Jean SAINT-VIL (1981).
La hauteur de la lame d'eau écoulée est généralement très importante: 800 à 1 000 mm pour la plupart des grands cours d'eau. Pour certains petits bien alimentés, cette valeur peut dépasser 1 300 mm, c'est le cas de Mboumi à Mbigou avec 1 340 mm. L'écoulement au Gabon est régulier comme le prouve la valeur du coefficient K3 ( irrégularité interannuelle) de huit stations (étudiées par Jean SAINT-VIL, 1981) qui varie entre 1,31 pour le cours supérieur de l'Ogooué et 1,76 pour l'Ivindo. C'est la pondération qui caractérise l'écoulement fluvial au Gabon.

A 4.2.2 Les variations saisonnières de l'écoulement fluvial

Les variations saisonnières de l'écoulement fluvial au Gabon reflètent celles de la pluviométrie, mais avec un léger décalage. L'année se partage deux saisons hydrologiques : une saison d'abondance allant de mi-septembre ou octobre à décembre, une première période de répit entre décembre et février, dite petite saison sèche, une seconde saison de hautes eaux de mars à juin, une longue période de basses eaux ou grande saison sèche, de juin à mi-septembre ou octobre. Les maxima de l'année surviennent en novembre ou décembre pour la première saison pluvieuse, et entre mars et mai pour la seconde. Ils varient d'une année à l'autre, mais statistiquement novembre est le mois le plus abondant sur la majeure partie du pays. La date d'arrivée des basses eaux varie très peu au Gabon, contrairement celle des maxima. Le minimum mensuel absolu survient généralement à la fin de la grande saison sèche : en août au nord d'une ligne Medouneu - Makokou ; mais presque toujours en septembre dans le reste du pays. Par suite de la faible durée des périodes dites sèches, le rapport des moyennes mensuelles extrêmes demeure modeste.

A 4.2.3 Les crues et les étiages

Le caractère essentiel des crues est leur faiblesse relative. En effet, sur tous les organismes dont le bassin versant s'étend sur 200 km² au moins, la crue maximale observée n'a jamais atteint ou dépassé 200 l/s/km². La valeur des débits d'étiage garde toujours un assez bon niveau. Les débits spécifiques d'étiage les plus faibles ont été relevés dans le nord-est et dans les secteurs de savane du centre-sud.

A 4.3 Les régimes hydrologiques

On distingue quatre régimes hydrologiques principaux qui se rangent dans la série des régimes dits équatoriaux, en plus d'un type particulier : le régime complexe de l'Ogooué.

A 4.3.1 Le régime woleu-ntémien

Il concerne la partie septentrionale du Gabon, au nord d'une ligne Mitzic-Okondja. Son extension correspond au domaine du climat équatorial pur. Les débits inter annuels, dans cette zone restent peu abondants : 606 m3/s pour l'Ivindo à Makokou (soit 16 l/s/km²), 156 m3/km² pour la Mvoung à Ovan (17,5 l/s/km²). L'écoulement est réparti sur quatre saisons distinctes : la première, de septembre à décembre, est la plus importante (novembre est toujours le mois record pour l'Ivindo à Makokou, avec 1 480 m3/s, suivi de décembre avec 1 077 m3/s et d'octobre avec 845 m3/s) ; le mois de mai où a lieu la pointe secondaire, arrive en quatrième position avec seulement 770 m3/s. L'étiage principal survient pendant la grande saison sèche et n'est pas très éloigné du minimum secondaire, c'est-à-dire de la petite saison sèche. Les crues maximales se produisent presque toujours entre novembre et la première semaine de décembre et exceptionnellement pendant la seconde saison pluvieuse. Les étiages absolus sont également concentrés et peu soutenus. Ils se produisent, trois fois sur quatre, entre la dernière semaine d'août et le 12 septembre. Les organismes fluviaux importants de cette partie du Gabon ne tarissent jamais, même lors des grandes sécheresses.

A 4.3.2 Le régime francevillien

Il affecte la région du sud-est du Gabon et correspond au régime climatique dit équatorial de transition, à influences australes. Le domaine francevillien peut être délimité par un quadrilatère Okondja-Koulamoutou-Mayoko-Zanaga.
Les organismes fluviaux soumis à ce régime comme l'Ogooué supérieur et la Mpassa constituent les cours d'eau les plus modérés et les plus réguliers du pays. Les coefficients mensuels de débits varient entre 0,68 pour le mois d'août et 1,24 pour celui d'avril en ce qui concerne la Mpassa. La plus grande pointe hydrologique se produit en avril-mai. Ce régime présente quatre saisons hydrologiques beaucoup moins nettes que dans le régime équatorial pur. Après un démarrage au début d'octobre, rapidement suivi d'un premier maximum qui a lieu en octobre ou novembre, on note un léger fléchissement en décembre-janvier qu'il serait difficile de considérer comme une vraie petite saison sèche, la remontée se produit dès mars et elle aboutit à la pointe de mai tandis que les mois les plus bas vont de juillet à septembre. L'écoulement minimal tend à se concentrer en une seule saison, la saison sèche de l'hémisphère sud ; la période d'abondance correspond davantage à la saison des pluies au sud de l'équateur.

A 4.3.3 Le régime kinguéléen

C'est le domaine des organismes dont le bassin versant est compris entre les limites du climat équatorial pur au nord et le climat équatorial de transition (domaine du régime francevillien) au sud-est et une ligne passant par Gongoué, le confluent Ogooué-Ngounié et aboutissant à l'angle formé par les côtes nord et ouest du quadrilatère francevillien. Il convient d'exclure à l'intérieur de ce domaine le cours de l'Ogooué et les parties terminales de l'Okano et de l'Ivindo. Le climat correspondant à ce régime hydrologique est le sous-climat estuarien.
L'histogramme des cours d'eau de ce domaine fait observer que l'écoulement consécutif à la première saison pluvieuse est plus abondant que celui de la seconde saison. Le minimum principal qui a lieu pendant la grande saison sèche reste assez puissant, tandis que le débit de la période décembre-février est peu différent de la moyenne inter annuelle. La crue annuelle, très précoce, se produit entre la dernière semaine d'octobre et la première quinzaine de novembre. Les étiages absolus, également précoces, ont lieu entre le 20 août et le 10 septembre et sont loin d'être bas.

A 4.3.4 Le régime tchibanguien

Ce domaine est circonscrit entre les limites sud du kinguéléen et ouest du francevillien. Soumis au climat équatorial de transition du sud-ouest, ce régime est caractérisé par un démarrage tardif mais brutal (octobre) qui se présente comme une explosion de l'écoulement. Le coefficient d'écoulement triple presque en un mois, quand il ne fait que doubler dans les régimes kinguéléen et francevillien. Le maximum hydrologique mensuel se situe en décembre, bien que les débits de ce mois soient supérieurs à ceux de novembre. Le répit de la petite saison sèche est négligeable, car l'accalmie ne dure que deux mois et influence très peu l'écoulement, qui s'enfle de nouveau entre mars et mai. La seconde poussée ne l'emporte que très rarement sur la première. La baisse est assez brutale : le coefficient mensuel de débit tombe de moitié entre mai et juin ( respectivement 1,58 et 0,77 pour la Nyanga et la Ngounié). Le creux absolu de l'année est atteint en septembre ; le mois d'octobre reste à la limite de la sécheresse. L'année hydrologique semble partagée en deux saisons : une saison d'abondance entre novembre et mai et une saison de basses eaux entre juin et septembre.

A 4.3.5 Le régime complexe de l'Ogooué

Grâce aux multiples affluents venant de toutes les zones climatiques du pays, l'Ogooué est le fleuve le plus complexe du Gabon. En effet, au confluent de l'Ogooué avec l'Ivindo, le bassin de l'Ogooué voit doubler sa superficie et son débit passe de 1 700 m 3/s en amont du confluent à 2 700 m3/s en aval, soit 21 l/s/km². Après ce confluent, l'Ogooué s'engage dans une zone relativement sèche de plus de 12 000 km², comprise entre Lastourville et Ndjolé, continue de grossir en recevant encore des cours d'eau plus abondants (Okano, Offoué). Mais il voit son débit spécifique descendre jusqu'à 20,5 l/s/km² à Ndjolé. Enfin, la réception d'affluents tels que la Ngounié et l'Abanga provoque une augmentation non seulement du module brut, mais également du module spécifique. Aussi, ceux-ci se chiffrent respectivement à 4 706 m3/s et 23,1 l/s/km² à Lambaréné. Ces valeurs sont parmi le plus élevées de la zone intertropicale pour un bassin versant de plus de 200 000 km². C'est à Lambaréné qu'il est intéressant de considérer le régime de l'Ogooué. Car la conjonction des eaux de toutes les zones climatiques achève de donner à ce cours d'eau la plus grande complexité. L'année hydrologique débute et double en octobre avec un débit de 4 260 m3/s. L'écoulement atteint sa valeur maximale en novembre (7 581 m3/s) ; en décembre, le volume des eaux décroît peu (7 107 m3/s). Les basses eaux de la grande saison sèche prennent place avec beaucoup moins de brutalité. En conséquence, le coefficient de débit s'établit à 0,98 en juin à Lambaréné. La chute est beaucoup plus marquée à partir de juillet (sécheresse sur presque tout le pays). Mais le niveau de l'étiage principal est plus élevé que pour la plupart des stations gabonaises : 0,41 comme coefficient de débit en août et septembre contre 0,24 pour la Nyanga. Les crues sont modérées et surviennent vers la fin de chaque saison pluvieuse, la première l'emportant sur la seconde. La crue la plus puissante de l'Ogooué à Lambaréné date des 17-18 novembre 1961 (13 500 m3/s). L'amplitude maximale entre les crues interannuelles est faible : le rapport entre la crue la plus puissante et la crue la plus faible est de 2.

A 4.4 Les lacs et les marais du Gabon

A 4.4.1 Les lacs

On entend par lac, une eau stagnante occupant une cavité plus ou moins profonde.
On note au Gabon de nombreux lacs variés. Les plus grands et plus importants d'entre eux se rencontrent sur le bassin côtier, particulièrement le long du cours inférieur du fleuve Ogooué (dans la région du Bas-Ogooué).
La région pittoresque du Bas-Ogooué, qui correspond au delta intérieur de l'Ogooué, abrite la plus grande concentration de lacs du Gabon. Sur la rive gauche du fleuve, on dénombre les lacs Ezanga, Oguemoué et Onangué ; sur la rive droite, on trouve les lacs Azingo, Gomè, Opindalwango.
Ailleurs on rencontre :

  • entre Fougamou et Gamba, les lacs Goumba (nord de Ofoubou/Massana), Divangui (près du site pétrolier de Rabi-Kounga), Kivoro (à l'ouest des Monts Doudou) ;
  • dans la région de Mouila-Ndende se trouvent divers lacs de type karstique à l'exemple du lac Noir et du lac Bleu ;
  • le lac Nguené est à l'ouest de Ndjolé.

Cette liste n'est pas exhaustive, en effet les lacs du Gabon sont encore méconnus et donc ne sont pas tous répertoriés sur la carte du pays.
L'origine de ces lacs est diverse. Certains ont une origine tectonique, liée à des fossés d'effondrement, tel est le cas des lacs situés en amont de Lambaréné (lac Nzilé). La plupart des lacs du Bas-Ogooué ont une origine topographique, liée à l'aplanissement du relief devenu cuvette. En effet la région du Bas-Ogooué correspond à la plaine d'inondation de l'Ogooué. D'autres lacs occupent les dépressions produites par la dissolution de la roche, c'est le cas des lacs karstiques remplissant les dolines et poljés du sud-ouest du Gabon.
Les lacs du Gabon sont alimentés par les eaux de pluie, mais surtout par les fleuves et les rivières environnantes. Ainsi, le lac Azingo, situé sur la rive droite de l'Ogooué en aval de Lambaréné, est alimenté par les crues de l'Ogooué et le apports de ses émissaires. Son régime dépend donc de celui de l'Ogooué, de la répartition annuelle des précipitations, des infiltration et de l'évaporation.

A 4.4.2 Les marais

Les marais et marécages sont des étendue d'eau peu profonde servant de liaison entre les lacs, les fleuves ou rivières et la terre ferme.
Au Gabon, on localise les marais et les marécages :

  • Au nord-est du pays, le long des rivières (Ayina et Djoua par exemple) et des fleuves (Ivindo et Ntem) qui draine le plateau cristallin. Cette région correspond à une vaste pénéplaine marécageuse d'environ 10 000 km², située entre 500 et 600 m d'altitude.
  • dans le cours inférieur de l'Ogooué, les marais et marécages s'étendent sur les larges rives des lacs et du fleuve où ils forment la plaine d'inondation de l'Ogooué.
  • dans les embouchures et les lagunes, formant les marais maritimes colonisés par la mangrove.

A 5 La géologie du Gabon

L'histoire géologique du Gabon s'inscrit dans le cadre spatial et temporel de la géologie du continent africain. Celle-ci débute il y a 2000 M.A. avec la consolidation des cratons et des ceintures mobiles et l'orogenèse panafricaine depuis 600 M.A., qui marque la fin des temps précambriens en Afrique. Durant cette période et l'ère primaire (de -550 à -225 M.A.) le continent africain a été un élément d'un plus vaste ensemble : le super continent de Gondwana regroupant l'Amérique du sud, l'Afrique, l'Antarctide, l'Inde et l'Australie. Le Gondwana s'est disloqué dès la fin de l'ère primaire et surtout au cours du secondaire. Des bassins sédimentaires péricratoniques se sont mis en place, les uns correspondant à des bassins de marges passives liées à des plaques divergentes (périphérie de l'océan Atlantique), les autres à des marges actives de plaques convergentes (périphérie de l'océan Pacifique).

Au Gabon, on distingue deux grands ensembles géologiques :

  • les formations du socle Précambrien ;
  • les formations de couverture.

A 5.1 Les formations du socle Précambrien

Les formations précambriennes affleurent au Gabon sur une superficie d'environ 200 000 km², soit un peu plus des 2/3 du territoire. Elles constituent en fait une faible partie de l'immense aire d'extension de ces formations dans les territoires voisins du Congo, de la République Démocratique du Congo et de l'Angola.
Le Précambrien est subdivisé en trois ensembles séparés par des discordances majeures. Chacun des ensembles est caractérisé par une tectonique, un métamorphisme et des intrusions qui les ont affectés en propre.

A 5.1.1 Le Précambrien inférieur

Il comprend des termes d'origines diverses, sédimentaires et éruptives, tous ont été métamorphisés dans des conditions variables avec prédominance de la catazone (zone du métamorphisme général fort) et de la mésozone (zone du métamorphisme général de degré moyen) sur l'épizone (zone du métamorphisme général faible). Il est caractérisé par une migmatisation importante et des intrusions granitiques diverses qui ne se retrouvent pas dans les deux ensembles supérieurs.

A 5.1.2 Le Précambrien moyen

A dominante détritique, le Précambrien moyen est caractérisé par un métamorphisme léger ou nul et des intrusions basiques fréquentes, en général doléritiques.

A 5.1.3 Le Précambrien supérieur
Il débute par un épisode glaciaire et comporte des termes schisto-gréseux et schisto-calcaires. Non métamorphique, il n'est qu'exceptionnellement affecté d'intrusions doléritiques, limitées à la série de base dans la région du sud.

 

Page d'accueilContribution > Documents nationaux> Stratégie nationale> Chapitre A

Dernière mise à jour: le 17-02-2004


©2002. Participer à la vie du centre d'échange en contactant:
Marthe MAPANGOU
Téléphone: +241-31 26 23
Fax: +241-76 55 48
Institut royal des Sciences naturelles de Belgique et le Centre d'échange belge et le Centre d'échange du Gabon , en ligne depuis le 29 mars 2002