Deux types de facteurs sont généralement
cités pour donner une image des phénomènes climatiques : les
facteurs cosmiques et les facteurs géographiques .
Les données climatiques les plus utiles au
Gabon sont la température (21-28°C), les précipitations
(2000-3800 mm) , l'hygrométrie (80 -88%) et, dans une moindre
mesure, l'insolation (1400h/an),l'évaporation et
l'évapotranspiration (ETR:1300 mm et ETP: 1400 mm), les vents
(5m/s) et les brouillards (tels que ceux qui sont nettement
marqués dans le Haut Ogoouée).
La combinaison d'éléments climatiques divise
les temps au Gabon en deux saisons sèches et deux saison de
pluies.
Les critères de distinction des régimes
climatiques du Gabon sont fonction de la distribution et du rythme
des précipitations . Ainsi peut-on distinguer trois principaux
types de climats : le climat équatorial pur, le climat
équatorial de transition de la zone centrale, le climat
équatorial du sud-ouest et du littoral centre atlantique.
Les sols ferralitiques sont les mieux
représentatifs des caractéristiques du Gabon. La chaleur et
l'humidité favorise en effet l'altération des roches.
- Les types de sols ferralitiques
Deux types de sols ferralitiques peuvent être opposés au
Gabon : les sols ferralitiques typiques et les sols ferralitiques
à cuirassement.
Les sols sur socle granitique et
granito-gneissique : ce sont des sols typiquement ferralitiques,
localisés dans toute la partie centre-nord du Gabon.
La diversité des sols sur terrains sédimentaires reflète assez
bien la diversité des roches-mères : les sols des terrains
précambriens ; les sols sableux des plateaux Batéké et gréseux
du bassin côtier ; les sols du bassin sédimentaire côtier ont
une texture sablo-argileuse ; les sols hydromorphes et les podzols
; les sols du sud-ouest gabonais (synclinal de la Nyanga) sont
caractérisés par des contrastes géologiques.
Le Gabon présente des formes de relief
variés. Bien que peu montagneux, le pays est essentiellement une
région de plateaux et de collines. La topographie n'a
qu'exceptionnellement un aspect complètement plat, et plusieurs
massifs montagneux d'altitude médiocre présentent un relief
vigoureux .
Elles se rencontrent dans les régions de la
Nyanga et de la Ngounié, de la Lopé, sur les bords de l'Ogooué,
dans la région des lacs et le delta de l'Ogooué. Au Gabon, le
relief de plaine est souvent couvert de formations herbeuses
(savanes) et correspond aux dépressions du bassin sédimentaire
côtier et des bassins sédimentaires du Précambrien supérieur
et du Francevillien.
Les plaines du Gabon ont une altitude qui varie de 0 m à 100 m.
A 3.1.1.1 Les plaines littorales du bassin
sédimentaire côtier : Le littoral du Gabon se déroule sur
près de 950 km, en bordure du golfe de Guinée. Il se
caractérise par une prédominance des côtes basses
d'accumulation de sable et de vase, la rareté des côtes
rocheuses et des falaises, l'absence de constructions
madréporiques.
A 3.1.1.2 Les plaines Ngounié et Nyanga du
Précambien supérieur : Les plaines de la Ngounié et de la
Nyanga, séparées par les Monts d'Ikoundou et encadrées par deux
massifs cristallins (le Mayombé et le Chaillu), offrent une
topographie peu variée caractérisée par de petites ondulations.
Leur nature karstique explique la rareté des cours d'eau. De
nombreux chaînons et de nombreuses cuvettes troublent à peine
cette monotonie.
Ces reliefs se rencontrent sur le bassin
sédimentaire côtier et ceux plus anciens du sud-ouest et du
centre du Gabon. Leur altitude oscille entre 100 m et 200m.
A 3.1.2.1 Les bas plateaux et les collines
du sédimentaire côtier.
Le Bassin côtier du Gabon est caractérisé par de basses
collines enforestées, coupées d'une ligne de crête (orientée
NO-SE) de 230 à 250m d'élévation, qui sépare les bassins de la
Noya des cours tributaires de l'estuaire du Komo et de la baie de
la Mondah. A l'est de cette crête se déroule une vaste
dépression, délimitée par la muraille des Monts de Cristal. Les
grès de Ndombo constituent cette crête. Son profil
dissymétrique révèle un front de cuesta et un revers à la
pente plus douce.
A 3.1.2.2 Les bas-plateaux et les collines
des bassins de Booué et de Franceville.
Le relief du bassin de Franceville présente des dépressions
moutonnantes de collines dont l'altitude varie autour de 360 m
(plaine de la Lébiri).
Le bassin de Booué est un ensemble d'une grande monotonie. C'est
une région de lourdes collines séparées par des cours d'eau
encaissés.
Ils couvrent la plus grande partie de la
superficie du Gabon. Ils sont parfois fortement entaillés par les
cours d'eau. La maille et la densité du réseau hydrographique
donnent à ce type de relief l'aspect d'un moutonnement
montagneux. Le plus grand ensemble de plateaux couvre le nord-est
du pays.
A 3.2.1.1 Les plateaux du Nord :
Au nord et au nord-est, dans les provinces du Woleu-Ntem et de l'Ogooué-Ivindo,
le socle cristallin s'organise en vastes plates-formes étagées.
La monotonie de ces plateaux bosselés de collines innombrables
est rompue par de rares reliefs isolés en forme de dômes
rocheux, par des escarpements qui limitent les plateaux ou par de
grandes vallées. Certaines parties de cet ensemble sont très
planes (région des marécages et rivières de Djoua et de Djadié),
d'autres au contraire sont fortement démantelées par l'érosion
(escarpement au sud de Mitzic).
A 3.2.1.2 Les plateaux Batéké :
D'une altitude modeste, oscillant entre 500 et 830 m, les plateaux
Batéké (au sud-est du Gabon) sont une unité géomorphologique
essentiellement formée de sable et de grès récents (âge
Tertiaire). Ce relief présente une surface ondulée autour de
Léconi, mais beaucoup plus accidentée au sud ou l'altitude
atteint 830 m contre 550 à 600 m plus au nord. Les cours d'eau
ont disséqué profondément ces plateaux, façonnant en bordure
des cirques d'érosion. Ainsi, la Léconi coule dans une large
vallée en auge amorcée sur des amphithéâtres d'érosion (les
cirques de Léconi).
Certains reliefs massifs constituent, malgré
leur altitude peu élevée, des montagnes. Ils sont caractérisés
par de fortes déclivités et leur rebord forme un escarpement qui
domine de plusieurs centaines de mètres la plaine en contrebas.
Tel est le cas du rebord occidental des Monts de Cristal qui
domine de près de 800 m la plaine de la Noya étalée à ses
pieds. De même, le massif de l'Ikoundou s'élève brutalement
au-dessus des plaines de la Nyanga et de la Ngounié.
Les vallées encaissées, les versants escarpés et les crêtes
aiguës sont les éléments les plus significatifs du relief des
montagnes gabonaises. Celles-ci sont encore mal connues.
A 3.2.2.1 Les Monts de Cristal :
Adossés à la partie occidentale des plateaux du nord-est, les
Monts de Cristal sont une unité géologique constituée de roches
cristallines très anciennes. C'est un relief entaillé par de
profondes vallées souvent rectiligne. Sa bordure occidentale
présente une topographie très accidentée liée à un
rajeunissement qui a découpé, sur des lignes de failles de
dessin orthogonal, un système complexe de chaînon abrupts et de
vallées encaissées, drainées par des rivières torrentueuses
coupées de fréquentes chutes (chutes de Kinguélé, hautes de 95
m et chutes de Tchilbélé).
A 3.2.2.2 Le Massif du Chaillu :
Le Massif du Chaillu oppose des régions semblables aux plateaux
cristallins du nord à des régions au relief plus heurté. La
dénivelée est relativement forte (500 à 600 m), sur une courte
distance, entre les sommets (Mont Mimongo à 860 m et Mont
Iboundji à 980 m) et la plaine de Ndendé. Cette forte
dénivelée a favorisé un intense travail de l'érosion à
l'origine de plateaux cuirassés, culminant vers 600-700 m, à
bords très échancrés. C'est dans cette région que se trouvent
les sommets les plus élevés du pays (le Mont Milondo culmine à
1 020 m).
A 3.2.2.3 Les Monts d'Ikoundou et le
Mayombé
Ce sont des reliefs montagneux jeunes, c'est-à-dire pas
nécessairement très élevés mais à pentes vigoureuses,
dépourvus de surfaces aplanies anciennes ou récentes. Les sols
de ces reliefs ne participent que de la pédogenèse actuelle. Les
Monts d'Ikoundou constituent le coeur du synclinal. Ils s'imposent
fortement dans le paysage en dominant brutalement les plaines
environnantes d'environ 150 m. Entièrement forestier, les Monts
sont très disséqués, à pentes fortes, principalement dans les
bordures orientale et occidentale, le centre étant moins
fortement entaillé.
Le Mayombé constitue une vaste chaîne qui s'étire de l'Angola
au Gabon (jusqu'aux environs de Lambaréné) en suivant une
direction générale sud-est/nord-ouest. Au Gabon, la majeure
partie du Mayombé est constituée de roches cristallines.
Certains sommets atteignent une altitude élevée, de 700 à plus
de 800 m. Le petit massif du Koumounanwali (833 m) par exemple
domine l'extrémité septentrionale de la plaine de la Ngounié de
750 m. Mais pour la plupart les lignes de crêtes sont établies
entre 350 et 450 m.
A 3.2.2.4 Les Monts Ndjolé et la région de
l'Ikoy :
Ces unités physiographiques présentent un relief complexe très
compartimenté où s'individualisent quelques crêtes comme les
Monts Bouvondo (911 à 922 m) au nord d'Etéké et le mont Ngour
Minkong (993 m) au nord de Ndjolé.
Le système hydrographique gabonais couvre la
quasi-totalité du territoire national. Il est composé d'un grand
bassin versant, celui de l'Ogooué, qui domine ceux, plus modestes
des fleuves côtiers Nyanga et Komo. Les développements qui
suivent, visent la description du réseau hydrographique et du
système hydrologique du Gabon .
Le réseau hydrographique gabonais est très
hiérarchisé. Cette hiérarchisation du drainage est égale voire
supérieure à quatre ordres. En effet, en considérant la
rivière Lodié, dans la province de l'Ogooué Ivindo, comme un
drain d'ordre 1 ; la rivière dans laquelle elle se jette, la
Liboumba est un cours d'eau d'ordre 2 ; l'Ivindo, déversoir de la
Liboumba est un drain d'ordre 3 et enfin l'Ogooué, qui se jette
dans l'océan Atlantique et dont est affluent l'Ivindo, est un
drain d'ordre 4. Face à ce qui précède, on remarque que les
fleuves gabonais sont des cours d'eau d'ordre 4. Le tracé
hydrographique gabonais est de type dendritique. Les écoulements
sur le drain principal, notamment : l'Ogooué qui, de ses deux
rives, reçoit les rivières les importantes du pays ( Ngounié,
Abanga, Okano Offoué, Ivindo, Lolo, Mpassa, Lébombi, Léconi...).
Jean SAINT-VIL (1981) nous apprend que le Gabon
est doté d'un drainage extrêmement dense. Sur la plus grande
partie du pays, les petits cours d'eau se succèdent en principe
tous les 600 m environ. Le maillage est particulièrement serré
sur les terrains schisteux et lâche sur les terrains
granito-gneissiques (un à deux kilomètres séparent
généralement deux thalwegs). En milieu calcaire pur ou
schisto-calcaire, des quantités d'eau assez importantes sont
infiltrées quand elles ne stagnent pas au-dessus des dépressions
tapissées de marnes. En terrains argileux, les axes de drainage
sont moins nombreux et souvent confus, dans leur cours inférieur,
celui-ci ne s'individualisant généralement qu'en saison des
pluies.
Le Gabon est arrosé par un abondant réseau de
cours d'eau permanents. Seuls les cours inférieurs des plus
grands fleuves sont navigables toute l'année : le Komo de Kango
à Libreville ; l'Ogooué sur une plus grande distance, de Ndjolé
à Port-Gentil et la Nyanga. Ce n'est pas moins de 3 000 km de
voies d'eau qui sont potentiellement utilisables.
A 4.1.3.1 Le bassin de l'Ogooué
Le bassin de l'Ogooué, plus grand fleuve gabonais, draine 215 000
km² dont 22 000 km² hors du territoire national. Il est limité
à l'est par le bassin du Congo, au sud par les bassins du Niari
et de la Nyanga, à l'ouest et au nord-ouest par les bassins de
rivières côtières. Parcourant environ 1 000 km, l'Ogooué prend
sa source au Congo, dans les Monts Ntalé, à une altitude voisine
de 840 m. L'Ivindo est le plus important affluent de l'Ogooué. Il
draine le quart nord-est du pays, pénéplaine développée sur
les formations anciennes du socle cristallin. A 5 km en amont de
Lambaréné, la Ngounié joint ses eaux à celles de l'Ogooué.
Cette rivière draine 33 100 km². C'est le second affluent du
fleuve.
A 4.1.3.2 Le bassin de la Nyanga
La Nyanga est le second grand fleuve gabonais, tout en étant
d'importance réduite. C'est le fleuve le plus méridional du
pays, qui coule dans une moindre mesure en territoire congolais.
Les 80 % des 22 000 km² de son bassin-versant sont situés au
Gabon. La Nyanga prend sa source au coeur du Massif du Chaillu,
dans les Monts Birougou, à une altitude de 1 000 m environ. Il
rejoint l'Atlantique après un parcours de 600 Km. Le cours de la
Nyanga présente deux parties : la haute Nyanga de la source au
défilé de Mitoungou et la basse Nyanga qui correspond au bassin
côtier.
A 4.1.3.3 Le bassin du Komo
Avec un bassin-versant couvrant une surface de 5 000 km² et long
de 230 km, le Komo est le troisième grand fleuve gabonais. Le
Komo naît en Guinée-Equatoriale, dans la partie sud-ouest du
plateau du Woleu-Ntem, qu'il draine entièrement de ses eaux. La
plus grande partie de son bassin-versant est en territoire
gabonais. Son cours principal couvre une superficie d'environ 3
200 km². La rivière Mbèi est l'affluent le plus important du
Komo. Elle draine une surface de 1 800 km². Son cours est
perturbé par quelques accidents comme les chutes de Tchimbélé
et de Kinguélé. Celles-ci- ont été aménagées sur un rejet de
faille dont la dénivellation totale atteint 110 m.
Les différences considérables de la
superficie entre les bassins versants des grands cours d'eau
engendre une grande amplitude des modules. Ainsi, le débit
interannuel varie de 160 m3/s pour le Komo, à la limite de
l'estuaire, à 4 706 m3/s pour l'Ogooué à Lambaréné, nous dit
Jean SAINT-VIL (1981).
La hauteur de la lame d'eau écoulée est généralement très
importante: 800 à 1 000 mm pour la plupart des grands cours
d'eau. Pour certains petits bien alimentés, cette valeur peut
dépasser 1 300 mm, c'est le cas de Mboumi à Mbigou avec 1 340
mm. L'écoulement au Gabon est régulier comme le prouve la valeur
du coefficient K3 ( irrégularité interannuelle) de huit stations
(étudiées par Jean SAINT-VIL, 1981) qui varie entre 1,31 pour le
cours supérieur de l'Ogooué et 1,76 pour l'Ivindo. C'est la
pondération qui caractérise l'écoulement fluvial au Gabon.
Les variations saisonnières de l'écoulement
fluvial au Gabon reflètent celles de la pluviométrie, mais avec
un léger décalage. L'année se partage deux saisons
hydrologiques : une saison d'abondance allant de mi-septembre ou
octobre à décembre, une première période de répit entre
décembre et février, dite petite saison sèche, une seconde
saison de hautes eaux de mars à juin, une longue période de
basses eaux ou grande saison sèche, de juin à mi-septembre ou
octobre. Les maxima de l'année surviennent en novembre ou
décembre pour la première saison pluvieuse, et entre mars et mai
pour la seconde. Ils varient d'une année à l'autre, mais
statistiquement novembre est le mois le plus abondant sur la
majeure partie du pays. La date d'arrivée des basses eaux varie
très peu au Gabon, contrairement celle des maxima. Le minimum
mensuel absolu survient généralement à la fin de la grande
saison sèche : en août au nord d'une ligne Medouneu - Makokou ;
mais presque toujours en septembre dans le reste du pays. Par
suite de la faible durée des périodes dites sèches, le rapport
des moyennes mensuelles extrêmes demeure modeste.
Le caractère essentiel des crues est leur
faiblesse relative. En effet, sur tous les organismes dont le
bassin versant s'étend sur 200 km² au moins, la crue maximale
observée n'a jamais atteint ou dépassé 200 l/s/km². La valeur
des débits d'étiage garde toujours un assez bon niveau. Les
débits spécifiques d'étiage les plus faibles ont été relevés
dans le nord-est et dans les secteurs de savane du centre-sud.
On distingue quatre régimes hydrologiques
principaux qui se rangent dans la série des régimes dits
équatoriaux, en plus d'un type particulier : le régime complexe
de l'Ogooué.
Il concerne la partie septentrionale du Gabon,
au nord d'une ligne Mitzic-Okondja. Son extension correspond au
domaine du climat équatorial pur. Les débits inter annuels, dans
cette zone restent peu abondants : 606 m3/s pour l'Ivindo à
Makokou (soit 16 l/s/km²), 156 m3/km² pour la Mvoung à Ovan
(17,5 l/s/km²). L'écoulement est réparti sur quatre saisons
distinctes : la première, de septembre à décembre, est la plus
importante (novembre est toujours le mois record pour l'Ivindo à
Makokou, avec 1 480 m3/s, suivi de décembre avec 1 077 m3/s et
d'octobre avec 845 m3/s) ; le mois de mai où a lieu la pointe
secondaire, arrive en quatrième position avec seulement 770 m3/s.
L'étiage principal survient pendant la grande saison sèche et
n'est pas très éloigné du minimum secondaire, c'est-à-dire de
la petite saison sèche. Les crues maximales se produisent presque
toujours entre novembre et la première semaine de décembre et
exceptionnellement pendant la seconde saison pluvieuse. Les
étiages absolus sont également concentrés et peu soutenus. Ils
se produisent, trois fois sur quatre, entre la dernière semaine
d'août et le 12 septembre. Les organismes fluviaux importants de
cette partie du Gabon ne tarissent jamais, même lors des grandes
sécheresses.
Il affecte la région du sud-est du Gabon et
correspond au régime climatique dit équatorial de transition, à
influences australes. Le domaine francevillien peut être
délimité par un quadrilatère Okondja-Koulamoutou-Mayoko-Zanaga.
Les organismes fluviaux soumis à ce régime comme l'Ogooué
supérieur et la Mpassa constituent les cours d'eau les plus
modérés et les plus réguliers du pays. Les coefficients
mensuels de débits varient entre 0,68 pour le mois d'août et
1,24 pour celui d'avril en ce qui concerne la Mpassa. La plus
grande pointe hydrologique se produit en avril-mai. Ce régime
présente quatre saisons hydrologiques beaucoup moins nettes que
dans le régime équatorial pur. Après un démarrage au début
d'octobre, rapidement suivi d'un premier maximum qui a lieu en
octobre ou novembre, on note un léger fléchissement en
décembre-janvier qu'il serait difficile de considérer comme une
vraie petite saison sèche, la remontée se produit dès mars et
elle aboutit à la pointe de mai tandis que les mois les plus bas
vont de juillet à septembre. L'écoulement minimal tend à se
concentrer en une seule saison, la saison sèche de l'hémisphère
sud ; la période d'abondance correspond davantage à la saison
des pluies au sud de l'équateur.
C'est le domaine des organismes dont le bassin
versant est compris entre les limites du climat équatorial pur au
nord et le climat équatorial de transition (domaine du régime
francevillien) au sud-est et une ligne passant par Gongoué, le
confluent Ogooué-Ngounié et aboutissant à l'angle formé par
les côtes nord et ouest du quadrilatère francevillien. Il
convient d'exclure à l'intérieur de ce domaine le cours de
l'Ogooué et les parties terminales de l'Okano et de l'Ivindo. Le
climat correspondant à ce régime hydrologique est le sous-climat
estuarien.
L'histogramme des cours d'eau de ce domaine fait observer que
l'écoulement consécutif à la première saison pluvieuse est
plus abondant que celui de la seconde saison. Le minimum principal
qui a lieu pendant la grande saison sèche reste assez puissant,
tandis que le débit de la période décembre-février est peu
différent de la moyenne inter annuelle. La crue annuelle, très
précoce, se produit entre la dernière semaine d'octobre et la
première quinzaine de novembre. Les étiages absolus, également
précoces, ont lieu entre le 20 août et le 10 septembre et sont
loin d'être bas.
Ce domaine est circonscrit entre les limites
sud du kinguéléen et ouest du francevillien. Soumis au climat
équatorial de transition du sud-ouest, ce régime est
caractérisé par un démarrage tardif mais brutal (octobre) qui
se présente comme une explosion de l'écoulement. Le coefficient
d'écoulement triple presque en un mois, quand il ne fait que
doubler dans les régimes kinguéléen et francevillien. Le
maximum hydrologique mensuel se situe en décembre, bien que les
débits de ce mois soient supérieurs à ceux de novembre. Le
répit de la petite saison sèche est négligeable, car l'accalmie
ne dure que deux mois et influence très peu l'écoulement, qui
s'enfle de nouveau entre mars et mai. La seconde poussée ne
l'emporte que très rarement sur la première. La baisse est assez
brutale : le coefficient mensuel de débit tombe de moitié entre
mai et juin ( respectivement 1,58 et 0,77 pour la Nyanga et la
Ngounié). Le creux absolu de l'année est atteint en septembre ;
le mois d'octobre reste à la limite de la sécheresse. L'année
hydrologique semble partagée en deux saisons : une saison
d'abondance entre novembre et mai et une saison de basses eaux
entre juin et septembre.
Grâce aux multiples affluents venant de toutes
les zones climatiques du pays, l'Ogooué est le fleuve le plus
complexe du Gabon. En effet, au confluent de l'Ogooué avec l'Ivindo,
le bassin de l'Ogooué voit doubler sa superficie et son débit
passe de 1 700 m 3/s en amont du confluent à 2 700 m3/s en aval,
soit 21 l/s/km². Après ce confluent, l'Ogooué s'engage dans une
zone relativement sèche de plus de 12 000 km², comprise entre
Lastourville et Ndjolé, continue de grossir en recevant encore
des cours d'eau plus abondants (Okano, Offoué). Mais il voit son
débit spécifique descendre jusqu'à 20,5 l/s/km² à Ndjolé.
Enfin, la réception d'affluents tels que la Ngounié et l'Abanga
provoque une augmentation non seulement du module brut, mais
également du module spécifique. Aussi, ceux-ci se chiffrent
respectivement à 4 706 m3/s et 23,1 l/s/km² à Lambaréné. Ces
valeurs sont parmi le plus élevées de la zone intertropicale
pour un bassin versant de plus de 200 000 km². C'est à
Lambaréné qu'il est intéressant de considérer le régime de
l'Ogooué. Car la conjonction des eaux de toutes les zones
climatiques achève de donner à ce cours d'eau la plus grande
complexité. L'année hydrologique débute et double en octobre
avec un débit de 4 260 m3/s. L'écoulement atteint sa valeur
maximale en novembre (7 581 m3/s) ; en décembre, le volume des
eaux décroît peu (7 107 m3/s). Les basses eaux de la grande
saison sèche prennent place avec beaucoup moins de brutalité. En
conséquence, le coefficient de débit s'établit à 0,98 en juin
à Lambaréné. La chute est beaucoup plus marquée à partir de
juillet (sécheresse sur presque tout le pays). Mais le niveau de
l'étiage principal est plus élevé que pour la plupart des
stations gabonaises : 0,41 comme coefficient de débit en août et
septembre contre 0,24 pour la Nyanga. Les crues sont modérées et
surviennent vers la fin de chaque saison pluvieuse, la première
l'emportant sur la seconde. La crue la plus puissante de l'Ogooué
à Lambaréné date des 17-18 novembre 1961 (13 500 m3/s).
L'amplitude maximale entre les crues interannuelles est faible :
le rapport entre la crue la plus puissante et la crue la plus
faible est de 2.
On entend par lac, une eau stagnante occupant
une cavité plus ou moins profonde.
On note au Gabon de nombreux lacs variés. Les plus grands et plus
importants d'entre eux se rencontrent sur le bassin côtier,
particulièrement le long du cours inférieur du fleuve Ogooué
(dans la région du Bas-Ogooué).
La région pittoresque du Bas-Ogooué, qui correspond au delta
intérieur de l'Ogooué, abrite la plus grande concentration de
lacs du Gabon. Sur la rive gauche du fleuve, on dénombre les lacs
Ezanga, Oguemoué et Onangué ; sur la rive droite, on trouve les
lacs Azingo, Gomè, Opindalwango.
Ailleurs on rencontre :
- entre Fougamou et Gamba, les lacs Goumba (nord de Ofoubou/Massana),
Divangui (près du site pétrolier de Rabi-Kounga), Kivoro (à
l'ouest des Monts Doudou) ;
- dans la région de Mouila-Ndende se trouvent divers lacs de
type karstique à l'exemple du lac Noir et du lac Bleu ;
- le lac Nguené est à l'ouest de Ndjolé.
Cette liste n'est pas exhaustive, en effet les
lacs du Gabon sont encore méconnus et donc ne sont pas tous
répertoriés sur la carte du pays.
L'origine de ces lacs est diverse. Certains ont une origine
tectonique, liée à des fossés d'effondrement, tel est le cas
des lacs situés en amont de Lambaréné (lac Nzilé). La plupart
des lacs du Bas-Ogooué ont une origine topographique, liée à
l'aplanissement du relief devenu cuvette. En effet la région du
Bas-Ogooué correspond à la plaine d'inondation de l'Ogooué.
D'autres lacs occupent les dépressions produites par la
dissolution de la roche, c'est le cas des lacs karstiques
remplissant les dolines et poljés du sud-ouest du Gabon.
Les lacs du Gabon sont alimentés par les eaux de pluie, mais
surtout par les fleuves et les rivières environnantes. Ainsi, le
lac Azingo, situé sur la rive droite de l'Ogooué en aval de
Lambaréné, est alimenté par les crues de l'Ogooué et le
apports de ses émissaires. Son régime dépend donc de celui de
l'Ogooué, de la répartition annuelle des précipitations, des
infiltration et de l'évaporation.
Les marais et marécages sont des étendue
d'eau peu profonde servant de liaison entre les lacs, les fleuves
ou rivières et la terre ferme.
Au Gabon, on localise les marais et les marécages :
- Au nord-est du pays, le long des rivières (Ayina et Djoua
par exemple) et des fleuves (Ivindo et Ntem) qui draine le
plateau cristallin. Cette région correspond à une vaste
pénéplaine marécageuse d'environ 10 000 km², située entre
500 et 600 m d'altitude.
- dans le cours inférieur de l'Ogooué, les marais et
marécages s'étendent sur les larges rives des lacs et du
fleuve où ils forment la plaine d'inondation de l'Ogooué.
- dans les embouchures et les lagunes, formant les marais
maritimes colonisés par la mangrove.
L'histoire géologique du Gabon s'inscrit dans
le cadre spatial et temporel de la géologie du continent
africain. Celle-ci débute il y a 2000 M.A. avec la consolidation
des cratons et des ceintures mobiles et l'orogenèse panafricaine
depuis 600 M.A., qui marque la fin des temps précambriens en
Afrique. Durant cette période et l'ère primaire (de -550 à -225
M.A.) le continent africain a été un élément d'un plus vaste
ensemble : le super continent de Gondwana regroupant l'Amérique
du sud, l'Afrique, l'Antarctide, l'Inde et l'Australie. Le
Gondwana s'est disloqué dès la fin de l'ère primaire et surtout
au cours du secondaire. Des bassins sédimentaires
péricratoniques se sont mis en place, les uns correspondant à
des bassins de marges passives liées à des plaques divergentes
(périphérie de l'océan Atlantique), les autres à des marges
actives de plaques convergentes (périphérie de l'océan
Pacifique).
Au Gabon, on distingue deux grands ensembles
géologiques :
- les formations du socle Précambrien ;
- les formations de couverture.
Les formations précambriennes affleurent au
Gabon sur une superficie d'environ 200 000 km², soit un peu plus
des 2/3 du territoire. Elles constituent en fait une faible partie
de l'immense aire d'extension de ces formations dans les
territoires voisins du Congo, de la République Démocratique du
Congo et de l'Angola.
Le Précambrien est subdivisé en trois ensembles séparés par
des discordances majeures. Chacun des ensembles est caractérisé
par une tectonique, un métamorphisme et des intrusions qui les
ont affectés en propre.
Il comprend des termes d'origines diverses,
sédimentaires et éruptives, tous ont été métamorphisés dans
des conditions variables avec prédominance de la catazone (zone
du métamorphisme général fort) et de la mésozone (zone du
métamorphisme général de degré moyen) sur l'épizone (zone du
métamorphisme général faible). Il est caractérisé par une
migmatisation importante et des intrusions granitiques diverses
qui ne se retrouvent pas dans les deux ensembles supérieurs.
A dominante détritique, le Précambrien moyen
est caractérisé par un métamorphisme léger ou nul et des
intrusions basiques fréquentes, en général doléritiques.
A 5.1.3 Le Précambrien supérieur
Il débute par un épisode glaciaire et comporte des termes
schisto-gréseux et schisto-calcaires. Non métamorphique, il
n'est qu'exceptionnellement affecté d'intrusions doléritiques,
limitées à la série de base dans la région du sud.