Rapport national biodiversité

 

IV.  Stratégie pour la conservation de la biodiversité

 

4.1. Au plan environnemental

Au plan environnemental, le Gabon a mis sur pied un certain nombre de projets lesquels lui permettent et/ou lui permettront d'accroître la connaissance de son environnement naturel. Ces projets réalisés pour la plupart à la suite de la rectification de la Convention sur la Diversité Biologique de Rio (1992) répondent à la préoccupation majeure de " Une meilleure connaissance de son environnement pour un mieux être des générations futures ".

Dans ce contexte le Gabon, a initié et/ou collabore avec d'autre pays de la sous région du Bassin du Congo aux projets ci-après :

  • Projet Forêt et Environnement (PFE),
  • Projet Biodivalor (PB),
  • Plan d'Action pour l'Environnement (PNAE),
  • Projet Régional de l'Information Environnementale (PRGIE),
  • Projet Stratégie Nationale et Plan d'Action en matière de Biodiversité (SNPA-DB)

Le Ministère de la Planification, du Tourisme et de l'Environnement actuellement en charge du département de l'Environnement, en plus de coordonner les différents projets mentionnés ci-haut, multiplie les contacts tant avec l'extérieur qu'à l'intérieur du pays, avec les Gabonais pour accroître leur capacité humaine et financière d'une part, mais également pour informer et sensibiliser le grand public à la gestion des ressources naturelles d'autre part. Outre les séminaires déjà réalisés à l'exemple de celui relatif à la formation sur la pratique des études d'impacts, d'autres sont en prévision telles la journée mondiale de l'environnement et les ateliers du SNPA-DB (six au total).

4.2. Au plan forestier

Le Gabon vise une meilleure connaissance de ces ressources forestières (localisation, quantité, qualité, etc.) pour, le long terme, être capable d'en planifier l'aménagement et l'utilisation durable. Le Plan d'Action Forestier Tropical (PAFT) et le Projet Forêts et Environnement s'y emploient.

Dans le passé, le Gabon dont le souci majeur était d'accroître la connaissance de ses ressources forestières, a mis en place différents centres de recherches et plusieurs projets forestiers. Parmi les centres de recherches d'intérêts au Gabon, les plus importants sont :

  • l'Institut de Recherche en Ecologie Tropicale (IRET),
  • l'Institut de Recherche Agronomique et Forestière (IRAF),
  • l'Institut de Pharmacie et de Médecine Traditionnelle (IPHAMETRA),
  • l'Herbier National,
  • le Centre International de Recherche Médicale de Franceville (CIRMF),
  • la Station d'Etudes des Gorilles et Chimpanzés-CIRMF

Quant aux projets forestiers, trois sont d'importance :

  • le Projet " Reboisement Bokoué " et " Agroforestier M'bmé " financé par le Fonds Européens de Développement (FED),
  • le Projet " Aménagement forestier des savanes côtières " financé par le Fonds d'Aide et de Coopération Française (FAC),
  • le Projet TROPENBOS relative à la biologie génétique de l'Okoumé, les effets de l'exploitation forestière sur la forêt et la cartographie du sol et la végétation (Wilks, 1990).

Les centres de recherches et les projets précités ont eu divers succès. Ainsi certains centres de recherches n'ont pas donné les résultats escomptés ou ne sont pas fonctionnels de façon optimale, d'autres après avoir servi des décennies durant ne sont plus fonctionnelles aujourd'hui. Il en est de même pour les projets pré-cités.

Avec l'avènement de la ratification de la Convention sur la Diversité Biologique, le Gabon a initié une série d'actions et de projets d'envergure plus importante que les précédents et étendue à tout ou une partie importante du Gabon. Ainsi, le Ministère des Eaux et Forêts et du Reboisement depuis la décennie 90 a mis au point les projets ci-après :

  • Projet Forêts et Environnement (PFE),
  •  Plan d'Action Forestier Tropical (PAFT),
  •  Projet de Stratification de la première zone forestière,
  •  Mise en place de nouvelles Aires d'Exploitation Rationnelle de la Faune,
  •  Révision du code forestier,
  •  Révision du code minier.

Le Projet Forêt et Environnement, appuyé par la Banque Mondiale, participe au financement de différentes activités de recherche, de protection de l'environnement et de la Forêt. Dans ce cadre, le PFE s'est particulièrement investie dans le financement de l'aménagement de certaine zone forestière du Gabon dont le Sud-Estuaire et vont financer pour les années à venir la Stratification de la seconde zone forestière. Le PFE participe également au cofinancement pour la conservation du complexe de Gamba.

Le Projet " Stratification de la première zone forestière " en cour d'achèvement, permettra le zonage de la première zone en vue de son utilisation rationnelle et multisectorielle.

Le processus de mise en réserve des zones forestières continue a connu ces dernières années des développements particulièrement fructueux. En effet, le Gabon s'est résolu à accroître de façon significative la protection de ses forêts. Ainsi le complexe de Gamba qui ne constituait à peine que 800 000 ha (Sette Cama et Moukalaba) est porté récemment à 1 132 000 ha avec le récent classement des Monts Doudou. Plusieurs mois auparavant, le Gouvernement Gabonais a mis sous réserve provisoire le Massif forestier de Minkébé qui couvre 600 000 ha. A l'heure actuelle avec le classement des Monts Doudou et du Massif de Minkébé, près de 2 724 ha de forêts sont protégées au Gabon soit environ 10 à 17 % de la superficie du territoire.

4.3. Au plan agricole

La conservation in situ pratiquée généralement en cultures associées concerne pour la plupart les variétés locales. Celles-ci sont assez adaptées aux conditions du milieu (climat, écologie, maladies, etc.) et peuvent rester dans le cas des tubercules jusqu'à trois ans dans le sol, ce qui n'est pas le cas des variétés introduites dont la majorité ne résistent pas aux conditions du milieu.>

A titre d'exemple, l'on peut citer : 

  • Le Projet Agro-pastoral de Lébamba (pour l'arachide, le manioc, l'igname, le maïs, l'aubergine, l'oseille, le Taro)

  •  Le Centre d'Introduction et d'Adaptation du Matériel-CIAM (pour le plantain, le manioc, la patate douce, l'igname, le taro, le gombo, le maïs, l'aubergine locale, le piment, la tomate locale, l'oseille, le folon (amarante) et les fruitiers (citronnier, limettier, mandarinier, pomelo, tangelo, barbadine, cerisier de Cayenne, Mangoustier, pomme de Cannelle, poivrier, goyavier, atangatier, etc.).

  •  La société AGR-GABON (pour le palmier à l'huile),

  •  La société SOSUHO (pour la canne à sucre).

La conservation ex situ se fait généralement dans les chambres froides ou dans les vuothèques. Elle est habituellement utilisée pour les espèces introduites, non adaptées aux conditions du milieu. Le CIAM en est un exemple avec les espèces introduites.

4.4. Au plan touristique

Le Gabon, en termes de tourisme visant la conservation s'appui particulièrement sur le tourisme de vision, a identifié plusieurs destinations voyage qu'il conviendrait certainement de mieux aménager afin d'accroître l'affluence touristique. Il s'agit entre autre : 

  • d'excursion sur la Bokoué et le Como dans la région de l'Estuaire,

  • de visites à l'Hôpital Scheitzer, les lacs Zile, Azingo, Onangué et Evaro dans le Moyen Ogooué,

  • d'excursion sur l'Ile Samory vers Ndjolé,

  • d'excursions dans l'Ogooué Maritime (Lagune du Fernand Vaz, Ozouri, Oloende, Complexe de Gamba, etc.)

  • d'excursions dans la Nyanga (Complexe de Gamba)

  • d'excursions dans les grottes de Fara à Ndendé, de Lébamba, de Bongolo, les Perroquets de Franceville.

Le Projet Equateur rentre également dans le cadre de la valorisation des atouts naturels du Gabon à des fins touristiques et d'activités de loisirs.

Toutefois, l'opérationalisation de ces destinations touristiques implique une meilleure implication des populations, la présence d'infrastructures fiables, et une législation clairement établie sur la définition des aires d'exploitation rationnelle de la faune, leur aménagement, ainsi que leur gestion sont autant de manquement qu'il conviendrait de combler au Gabon actuellement.

4.5. Au plan des organisations non gouvernementales

4.5.1. Au plan des organisations non gouvernementales environnementales (ONGE) nationales

Les ONGE gabonaises dont la liste ici n'est pas exhaustive sont : les Amis du Pangolin, Comité Inter Associations Jeunesse et Environnement (CIAJE), Centre d'Action pour le Développement Durable de l'Environnement (CADDE), Aventure Sans Frontière (ASAF). Les trois secteurs principaux d'intérêt et d'intervention de ces ONG sont : l'Education relative à l'environnement (ERE), les activités d'assainissement urbain et les activités de groupe de pression.

Les actions les plus notables en faveur de la Conservation des Ressources naturelle réalisées au Gabon par les ONG sont : 

  • La publication dans le " Cri du pangolin ", revue éditée par les ONG la plus élaborée de la sous région, de multiples articles traitant de l'environnement. C'est également la revue en environnement qui vise le grand public comparativement à la revue Canopée d'ECOFAC qui est plus spécialisé.

  • Le suivi de l'exploitation forestière politique, attribution des permis de coupe, certification. Les pressions exercées par ces ONG ont été, dans le cadre de cette action, à l'origine de l'échec de la certification du lot 32 de la Société Forestière Leroy Gabon dans la Réserve de la Lopé. Actuellement, ces ONG ont mis en route un observatoire national de la forêt " Global Forest Watch " dont le rôle principal serait de suivre des activités forestières depuis la coupe jusqu'(à la commercialisation du bois.

  • La collaboration avec les projets internationaux présents localement WWF et ECOFAC semblent les deux piliers aux ONG nationales.

  • L'incorporation dans les réseaux (RAAF, REDA, IUCN) qui donnent des opportunités de formations, permet d'élargir le réseau des contacts et peu débouché sur le financement des projets.

4.5.2. Au plan des organisations non gouvernementales internationales

Au plan international, le Gabon collabore activement avec de grandes ONG internationales dans le domaine de la conservation comme : le Fond Mondial pour la Nature (WWF), l'Alliance Mondiale pour la Nature (UICN), ou le WCI. Cette collaboration se traduit par l'identification de quinze sites classables en aires protégés par l'UICN (Gallner 1995). Actuellement, en collaboration avec le WWF, l'administration des Eaux et Forêts a récemment classé définitivement, au sein du Complexe de Gamba, l'Aire des Monts Doudou pour une superficie d'environ 3 300 km². Quant à la réserve de Minkébé, elle est provisoirement protégées sur 600 000 ha.

 

 

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Dernière mise à jour: le 17-02-2004


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