Rapport national biodiversité

 

III.  Gestion de la biodiversité au Gabon

 

Les ressources naturelles du Gabon en dépit de leur dégradation moindre due à la faible pression humaine sur les ressources naturelles, le Gabon étant l'un des pays d'Afrique et de la sous région de l'Afrique Centrale les moins peuplés (3,8 habitants au km²), bénéficient cependant d'un cadre juridique, institutionnel et d'actions de conservation in situ et ex situ permettant aujourd'hui de garantir leur pérennité.

3.1. Cadre législatif et institutionnel

Le cadre législatif et institutionnel qui organise l'exploitation des ressources naturelles et la conservation de la biodiversité est constitué de mesures (arrêtés, décrets et lois) nationales et l'application locale de conventions internationales que le Gabon ratifie.

3.1.1 Cadre législatif et institutionnel national

Au niveau national, plusieurs lois et décrets régissent l'utilisation des ressources naturelles gabonaises en fonction des secteurs d'activités (Eaux et Forêts, Environnement, Agriculture, Pêche, etc.), en charge de la gestion de ces ressources.

3.1.1.1. Gestion de l'environnement

La gestion de l'Environnement au Gabon est sous la tutelle du Ministre en charge de l'Environnement conformément au décret n°00913/PR/MEPN du 29 mai 1985 qui en fixe l'organisation et les attributions.

Pour asseoir la stratégie de la protection de l'environnement, la conservation des ressources naturelles en conformité aux recommandations de la Conférence des Nations Unies tenue sur l'Environnement à Stockholm (Suède) en 1972, et à celle de Rio (1992), le Gouvernement gabonais a adopté la loi 16/93 du 29 mai 1993 relative à la protection et à l'amélioration de l'environnement.

3.1.1.2. Gestion des ressources forestières et fauniques

Les ressources forestières sont celles qui bénéficient de la plus grande attention des pouvoirs publics puisque ces ressources couvre 85% de l'étendue du territoire gabonais. Ainsi la forêt et la faune sont gérés par le Ministère des Eaux et Forêts et du Reboisement. Cette administration a la responsabilité de l'attribution des permis forestiers (permis industriels, permis temporaires d'exploitation, coupe familiale, etc.), ainsi que des permis de chasse en qui a trait à la faune. Les Eaux et Forêts se réfèrent pour cela sur la loi n°1/82 du 22 juillet 1982 dite loi d'orientation en matière des Eaux et Forêts. Celle-ci est actuellement en révision afin de palier à un certain nombre de manquement dont l'absence dans l'ancienne loi du concept d'aménagement et de son application.

3.1.1.3. Gestion des ressources halieutiques

L'Etat gabonais reste, à travers le Ministère de la Marine Marchande et de la Pêche, propriétaire du patrimoine marin et, en conséquence, le principal gestionnaire des ressources halieutiques. Cette structure assure l'application de la politique de l'Etat et s'appui pour cela sur le décret n°62/PR/MEFPEdu 10 janvier 1994 portant réglementation de la pêche en république gabonaise.

3.1.1.4. Gestion des ressources minières

L'exploitation des ressources naturelles non renouvelables est sous la tutelle du Ministère des Mines, de l'Energie, des Ressources Hydrauliques et du Pétrole. Cette institution a donc la responsabilité de distribuer les permis de prospection, d'exploration et d'exploitation en accord avec le Ministère en charge de l'environnement.

Le code minier établi en 1962 régit toutes les exploitations du sous-sol gabonais excepté le pétrole, l'or et le diamant. Le pétrole est régit par la loi n°4/88 du 23 septembre 1988. Un nouveau code minier est en gestation.

3.1.2. Cadre législatif et institutionnel international

Le cadre institutionnel international sur lequel le Gabon se réfère pour gérer sa biodiversité est essentiellement basé sur les accords internationaux ratifiés par ce pays.

Ainsi le Gabon est signataire de plusieurs conventions internationales dont la liste n'est pas exhaustive :

  • Convention de Ramsar relative aux zones humides d'importance internationale. Elle a pour objectif de protéger les zones humides pour enrayer, pour le présent et pour l'avenir, les empiètements progressifs sur les zones humides et leur dispersion.
  • Convention d'Alger (15 septembre 1968) relative à la conservation de la nature et des ressources naturelles africaines.
  • Convention de Washington (3 mars 1973) relative au commerce international des espèces de faune et flore sauvage menacées d'extinction
  • Convention International sur les bois tropicaux (ITTA)
  • Convention des Nations Unies sur les Changements climatiques
  • Convention des Nations Unies sur la désertification qui lutte contre la désertification et l'atténuation des effets de la sécheresse dans les pays gravement touchés par la sécheresse et la désertification en particulier l'Afrique, grâce à des mesures efficaces à tous les niveaux appuyés par des arrangements internationaux de coopération et de partenariat ;
  • Convention sur la diversité biologique initié par le PNUE qui avait décidé (décision 14/26, 1988) de travailler à la mise en place d'un instrument juridique international pour la consécration et l'utilisation rationnelle de la biodiversité.

Par les points majeur abordés l'on citera :

  • les conditions d'échange les plus équitables pour les pays en développement,
  • le rôle et la place des communautés locales comme gardiennes et utilisatrices des ressources biologiques,
  • la poursuite et l'approfondissement de la recherche pour identifier toutes les espèces,
  • le financement et la promotion de la diversité biologique.

Au nombre des désaccords, l'on citera :

  • la responsabilité des uns et des autres dans la destruction des écosystèmes,
  •  les conditions d'accès au matériel génétique,
  •  le transfert de technologies appropriées,
  •  le partage juste et équitable des avantages découlant de l'exploitation de la biodiversité.

Au nombre des points convergents, l'on citera :

  •  la signature de la Convention de Rio,
  •  la ratification de la Convention en 1994,
  •  la mise en place d'une Cellule Nationale pour la Biodiversité en 1997.

3.2. Antécédents à la Convention sur la Diversité Biologique

La préservation de la diversité biologique est un préoccupation de longue haleine du Gabon, car c'est en 1951 que la première forêt gabonaise " la forêt de la Mondah " fût mise en réserve forestière en raison de la diversité des espèces animale et végétale que regorgeait cette forêt à cette époque. Toutefois, pour des raisons liées à la recherche, le Gouvernement gabonais, quelques décennies auparavant (1934), avait érigé la forêt de Sibang en Station expérimentale forestière.

Parallèlement, des pratiques traditionnelles indigènes liées au culte, à la culture et aux traditions (forêts sacrées, cimetières, totems) contribuaient aussi à la conservation de la biodiversité.

La conservation de la biodiversité peut se faire in situ ou ex situ. En référence à l'article 8 de la Convention Internationale sur la Diversité Biologique, la conservation in situ, a pour finalité " La conservation des écosystèmes et des habitats naturels et le maintien de la reconstitution de populations viables d'espèces dans leur milieu naturel et dans le cas des espèces domestiques et cultivés dans le milieu où se sont développés leurs caractères distinctifs ". La conservation ex situ d'après l'article 2 de la même convention signifie " La conservation d'éléments consécutifs de la diversité biologique en dehors de leur milieu naturel ".

3.2.1. Conservation in situ

Le Gabon, avant la Convention sur la Diversité Biologique, avait adopté une politique de conservation in situ de sa biodiversité matérialisée par la création d'un important réseau d'aires protégées comprenant :

  • 1 forêt classée
  • 1 réserve présidentielle
  • 1 arboretum
  • 1reserve naturelle intégrale
  • 4 aires d'exploitation rationnelle de la faune.
  • Domaines forestiers classés :

Le domaine forestier classé est essentiellement la Forêts de la Mondah. La forêt de la Mondah fut initialement classée par arrêté n°348/SF du 16 février 1951 et totalisait une superficie de 10 200 ha. Aujourd'hui avec les multiples reclassement et déclassement qu'elle a subi, associé à la pression humaine de Libreville qui y pratique essentiellement l'extraction du sable, l'agriculture itinérante sur brûlis et le sciage du bois, ce massif forestier est réduit à peine 2000 ha.

  • Domaines protégés :

Parmi les domaines protégés on compte :

  • l'arboretum de Sibang (16 ha),
  • la Réserve Intégrale de l'Impassa (10 000 ha),
  • l'Aire d'exploitation rationnelle de faune de Moukalaba (100 000 ha),
  • l'Aire d'exploitation rationnelle de faune de Sette Cama (700 000 ha),
  • l'Aire d'exploitation rationnelle de faune de la Lopé (500 000 ha),

Ainsi, 1 790 000 hectares de forêts sont sous conservation in situ.

3.2.2. Conservation ex situ

La Conservation ex situ qui complète la conservation in situ et dont le principal avantage est de prévenir la dégradation des ressources biologiques dans leur habitat sous l'effet de divers facteurs n'est pas encore réellement opérationnelle au Gabon en raison de l'absence de jardins botaniques, de parcs zoologiques et autres structures de ce genre dans le pays.

Au titre des pratiques traditionnelles indigènes liées au culte, à la culture et autre, l'on peut citer la conservation traditionnelle des graines de maïs, d'arachide par les populations locales pour leurs plantations à venir.

3.3. État de la biodiversité au Gabon

Bien que de nombreuses zones de forêts aient été exploitées à des degrés divers (extraction des minerais, extraction de bois et agriculture itinérante) conduisant à une sérieuse dégradation de la première zone forestière, grande d'environ 5 millions d'hectares, le Gabon reste un des rares pays d'Afrique centrale qui offre un potentiel exceptionnel pour la conservation.

En effet, le Gabon possède ce qui est probablement le plus vaste bloc forestier intact d'Afrique, notamment sa partie nord-est d'environ 3 millions d'hectares laquelle est encore vierge. L'une des raisons à cette situation particulière est la faible population du Gabon (3,8 hbt/km², la plus faible d'Afrique), population qui exerce une faible pression sur les ressources naturelles.

En dépit de sa bonne conservation, la biodiversité du Gabon reste assez mal connue. Si le Gouvernement gabonais a le mérite d'avoir mis en réserve certaines zones de son territoire, peu d'inventaires de la faune et de la flore assez complets ont été menés dans celles-ci.

Enfin le Gabon se caractérise également par une insuffisance de l'implication et la sensibilisation des populations locales dans le processus de la conservation, de la gestion et du développement durable des ressources naturelles.

 

 

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Dernière mise à jour: le 17-02-2004


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