Rapport national biodiversité

 

II.  La diversité biologique du Gabon

 

La diversité biologique est le terme utilisé pour décrire la totalité de la diversité des organismes vivant sur terre : les plantes, les animaux, les micro-organismes et leurs gênes, ainsi que les écosystèmes complexes qu'ils génèrent.

Situé en plein cœur de la région Guinéo-Congolaise, région qui renferme de nombreuses espèces caractéristiques et endémiques, le Gabon abrite à ce titre l'une des diversités biologiques les plus riches d'Afrique centrale, matérialisée par plus de 8000 espèces végétales. Ainsi la diversité des niches écologiques et leur authenticité, dans des zones peu perturbées à cause de la faible démographie, fait du Gabon une réserve d'espèce animale et végétale.

2.1. La flore

La flore du Gabon est en cours d'étude, toutefois l'on peut affirmer sans risque de ce tromper qu'elle est riche et abondante. En effet, depuis que l'Herbier National du Gabon existe (1983), plus de 15 000 spécimens ont été collectées, dont une dizaine d'espèces nouvelles, 19000 espèces ont été décrites dont environ 19% sont considérées comme endémiques.

De façon globale, le Gabon est le lieu où se mêlent de multiples variétés d'habitats tels que :

  • les forêts primaires,
  • les forêts secondaires jeunes et vieilles,
  • les forêts ripicoles
  • les forêts marécageuses
  • les forêts périodiquement inondées
  • les marécages de raphias et marais,
  • les forêts littorales
  • les forêts mondables,
  • les mangroves
  • les savanes
  • les forêts à Limbali
  • les forêts naines.

Ces habitats regorgent, comme déjà mentionnés une importante biodiversité végétale à l'exemple des Begomas dont 50 des 120 espèces recensées en Afrique sont présentent au Gabon et 16 d'entre elles sont endémiques au pays et 18 sont nouvellement découvertes depuis 1977, date à laquelle les études sur ces espèces ont commencé.

De même environ 6000 espèces de plantes excluant les groupes inférieurs (Algues, Champignons, Lichens et Bryophytes) sont recensés au Gabon.

La diversité végétale gabonaise a bien été mise en évidence par l'expérimentation de Reitsma (1987), lequel a pu observer le chiffre record de 131 espèces différentes sur 497 individus recensés de diamètre et de tronc supérieur à 10 cm dans l'une des quatre parcelles d'un hectare chacune, une à Oveng, une à Doussala, une à la Lopé et la dernière à Ekobakoba. Ce même chercheur a également observé sur des sujets de plus petites tailles (moins de 10 cm de diamètre du tronc) plus de 211 espèces différentes dans 200 m² sur le site d'Ekobakoba

Breteler (1988) pour sa part a montré que le domaine gabono-camerounais (Cameroun, Guinée Equatoriale, Gabon) dans lequel le Gabon baigne, est la zone la plus riche en nombre d'espèces par unité de surface de toute l'Afrique tropicale. Cette richesse est supérieure à celle de l'Afrique de l'Ouest et celle du bassin du Zaïre. Ainsi le Gabon compte 888 espèces pour 236 genres contre 876 espèces pour 230 genres en Afrique de l'Ouest et ce malgré la surface plus grande de la forêt Ouest-africaine. Ces observations renforcent l'idée lancée plusieurs décennies avant par Auberville (1961) à savoir que " le Gabon est vraiment l'un des secteurs les plus riches, peut-être le plus riche de ce vaste ensemble africain "

2.2. La faune

La faune gabonaise est l'une des plus diversifiées et l'une des plus riche d'Afrique avec près de 150 espèces de mammifères (Cenarest, 1979). Les quelques espèces qui sont principalement savanicoles ont une distribution très limitée.

Les écureuils volant (Rodentia anomalundea) et les Pangolins (pholrdota, Manrdae, 3 espèces) sont bien représentés.

Le Gabon est un important sanctuaire pour les primates avec 19 espèces différentes. Une nouvelle espèce Cercopzthecus cepus cephodes, limite au sud ouest du pays, et Cercopiethecus mona nrgnpes, restreint à la partie occidentale. Le Gabon est un sanctuaire extrêmement important également pour les gorilles (Gorilla gorilla gorilla) et les chimpanzés (Pan trogodytes troglodytes), dont on compte 19 espèces et des populations estimées à 35 000 gorilles et 64 000 chimpanzés (Tutin et Fernandez, 1983).

Parmi les carnivores indigènes que l'on dénombre, le Chat doré (Félis aurata), la Mangouste à long museau (Herpestes naso), la Mangouste à pattes noues (Bdeogale nigripes), la Poiane (Potana richardsoni) et les Loutres (Aonyx congica et Lutra maculicollis), le Leopard (Panthera pardus) est largement distribué. Le lion (Panthera leo) et le Lycaon (Lycaon pictus) occupaient auparavant les savanes du sud-est (Pfrffer 1972), mais ont vraisemblablement disparu à l'heure actuelle.

Le Lamantin (Trichechus senegalensis) est peu commun mais présente une large distribution au sein des lagunes des fleuves côtiers. L'hippopotame (Hippotamus amphibius) suit à peu près la même distribution, mais pénètre plus à l'intérieur, le long des fleuves.

Le Gabon abriterait probablement la plus vaste population d'éléphants (Loxodonta africana cyclotis) intacte d'Afrique connue avec plus de 80 000 individus dont plus de la moitié de ce stock est localisé dans la région de Minkébé, dans le Nord Est du Gabon (Mc Shane et Mc Shane-Caluzi, 1990).

Plusieurs espèces intégralement ou partiellement protégées sont recensées telles que :

  • les Buffles (Syncerus caffier nanus)
  • les Potamochères (Potamochoerus porcus)
  • les Panthères (Panthera pardus)
  • les Hippopotames (Hippotamus amphibus)
  • le Lamantin (Trichchus senegalensis)

2.3. L'avifaune

L'avifaune reste également très diversifiée avec plus de 600 espèces d'oiseaux dont plusieurs sont endémiques à l'exemple de l'Ibis vermicule Bostrychia rara, du Rachel Malimbus rachelrae et du picatharte chauvre dans les forêts du Nord et du Nord Est du Gabon.

D'après Brosset et Erad (1986) l'avifaune gabonaise se répartie comme suit :

  • une forte proportion d'espèces sédentaire forestières (sensiblement 270 espèces),
  • une faible proportion d'espèces de savane (130 espèces environ),
  • un nombre limité d'oiseaux sédentaires liés aux zones humides (quelques 50 espèces).

2.4. Les autres faunes

L'inventaire systématique des reptiles terrestres et d'eau douce a été réalisé uniquement dans la réserve intégrale d'Ipassa-Makokou ou 65 espèces ont été répertoriées. Parmi elles, on compte le Varan (Varamus niloticus) et deux espèces de petits crocodiles du Nil (Crocodylus niloticus), sont largement distribués dans le pays. Le Gabon constitue une zone importante pour la reproduction de la tortue luth (Dermochelys conacea). Environ 100 espèces d'amphibiens ont été répertoriées au Gabon (Nicoll et Langrand, 1986).

De nombreuses espèces de poissons sont connues au Gabon, particulièrement la famille des Mormyndae qui a fait l'objet de recherches récentes, recherches ayant permis la découverte de 10 nouvelles espèces dont 4 sembles être endémiques et un nouveau genre (Ivindomys) a été découvert dans l'Ivindo (Gery et Taverne, 1975).

2.5. La biodiversité agricole

2.5.1. Les espèces cultivées

La biodiversité agricole au niveau des espèces cultivées est moyennement élevée au Gabon. Elle regroupe les espèces à fruits particulièrement celles productrices d'amandes comestibles ou condimentaires Manguier sauvage (Irvingia gabonensis), noisetier (Coula edulis), etc., très prisées par les Gabonais. La biodiversité gabonaise c'est également les ignames sauvages (Dioscorea semprflorens, D burkilliana) et les espèces à feuilles-légumes (Gnetum africanum, G bucchlozianum, Dissotis sp). Les dernières cités pouvant dans certains cas, en raison de leur teneur élevée en protéines, remplacer la viande.

La diversité agricole des espèces cultivées rare par leur rusticité, leurs valeurs thérapeutiques, économiques ou nutritives bénéficient d'une conservation ex-situ au sein de chambres froides prévues à cet effet ou in-situe sur le site de travail (arboretum de Sibang).

2.5.2. Les cultures maraîchères

La diversité agricole sur le plan des cultures maraîchères n'est pas très importante. Elle se cantonne pour l'agriculture vivrière traditionnelle à la production de quelques espèces : le manioc, la banane plantain, le taro, le maïs, l'arachide et l'igname. Ce type d'agriculture est caractérisé par une production faible en volume et de qualité médiocre.
La production des cultures maraîchères, certes plus moderne, mais pas pour autant plus diversifiées, a son essor limité par la taille du marché gabonais essentiellement urbain.

 

 

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Dernière mise à jour: le 17-02-2004


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