|
|
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Section 2 - Gestion et utilisation durables des ressources de la biodiversitéTHÈME 8 - RESSOURCES FAUNIQUES
La diversité de la faune de la République Démocratique du Congo tient à l'étendue de son territoire et à la diversité de ses écosystèmes. Jusqu'à maintenant, l'attention des scientifiques et des gestionnaires a été portée seulement sur quelques espèces charismatiques et dans certaines parties du territoire national. Notre ignorance persiste encore pour la plupart des espèces animales et pour bon nombre d'habitats naturels. Certaines espèces évoluent dans les zones protégées, d'autres pas ; mais toutes bénéficient sur papier de mesures de protection ou d'exploitation particulières. En réalité, aucune mesure de protection effective de la faune n'est vraiment appliquée, de telle sorte que l'on constate une exploitation désordonnée, non contrôlée et non planifiée de la majorité des espèces partout dans le pays, tant en milieu aquatique qu'en milieu terrestre. La RDC dispose d'un important réseau de réserves de chasse. Cependant, la chasse sportive est officiellement suspendue au pays depuis déjà plusieurs années, ignorant, de fait, le potentiel économique et touristique du gibier de chasse. La faune sauvage constitue néanmoins une importante source de protéines animales et fait l'objet d'un commerce informel très important en milieu rural comme en ville. En ratifiant la Convention sur la diversité biologique, la RDC s'est engagée à mettre en œuvre tous les moyens pour protéger et utiliser de façon durable l'ensemble des ressources biologiques de son territoire (Articles 6, 7c; 8c; 9a,b; 10; 12b, c; 14a, b). ORIENTATIONS STRATÉGIQUES 1. Protéger les éléments actuels de la diversité de la faune et assurer leur utilisation durable. 2. Déterminer le statut actuel des espèces animales exploitées et exploitables sur l'ensemble du territoire national et développer des plans de gestion favorisant une exploitation écologiquement durable des ressources fauniques terrestres et aquatiques. 3. Intégrer l'approche écosystémique dans la gestion des ressources fauniques. 4. Impliquer les communautés locales dans l'élaboration et la mise en œuvre des politiques sur l'utilisation des ressources fauniques. ACTIONS RETENUES
THÈME 9 - RESSOURCES FLORISTIQUES (FORESTIÈRES) PROBLÉMATIQUE La forêt constitue la plus importante des ressources floristiques. La République Démocratique du Congo possède une couverture forestière de l'ordre de 64;6 % et de types variés. Cette ressource est soumise à des pressions croissantes provenant de l'exploitation forestière commerciale ou artisanale, de l'agriculture itinérante sur brûlis, de la récolte des bois de feu, de l'exploitation minière et de l'extension des centres urbains. Le pays compte un nombre impressionnant de Réserves forestières. Toutefois certaines d'entre elles n'existent déjà plus que dans l'esprit du législateur, par suite du déboisement dont elles ont fait l'objet. Qui sait quelles espèces végétales rares, locales et possédant une certaine valeur (économique, médicinale, etc.) ont également disparu avec elles. En effet, au-delà de la perte de matière ligneuse, le déboisement provoque la disparition de bon nombre d'espèces végétales ou animales vivant en forêt et ouvre la voie à la désertification. En conséquence, la gestion des ressources forestières doit concerner bien plus que les seules essences ligneuses et englober l'ensemble des ressources biologiques de la forêt. Les étendues de savanes, qu'elles soient ou non comprises dans les réserves et les parcs nationaux, subissent également des pressions du même genre: feux de brousse, coupe de bois de feu, agriculture, etc. Ces activités non planifiées mettent en péril les ressources végétales de ces écosystèmes. Aux impacts directs des activités d'exploitation sur les écosystèmes et les ressources forestières, il faut ajouter les effets des changements climatiques globaux (réchauffement climatique, destruction de la couche d'ozone, etc.) qui affectent les mécanismes vitaux de ces écosystèmes. En ratifiant la Convention sur la diversité biologique, la RDC s'est engagée à mettre en oeuvre tous les moyens pour protéger et utiliser de façon durable l'ensemble des ressources biologiques de son territoire (Articles 6b, 8c; 10; 11; 12 b,c; 14 a,b; 20). ORIENTATIONS STRATÉGIQUES 1. Protéger les éléments de la diversité des ressources floristiques et assurer leur utilisation durable. 2. Déterminer le statut actuel des formations végétales exploitées sur une base commerciale et développer des plans de gestion favorisant une exploitation écologiquement durable de ces ressources. 3. Intégrer l'approche écosystémique dans le processus de gestion des ressources végétales. 4. Impliquer les communautés locales et les exploitants forestiers dans l'élaboration et la mise en œuvre des politiques sur l'utilisation des ressources végétales. ACTIONS RETENUES
THÈME 10 - RESSOURCES AGRICOLES PROBLÉMATIQUE En République Démocratique du Congo, l'accroissement des surfaces cultivées entraîne une destruction massive des écosystèmes forestiers et savanicoles et donc de leur biodiversité. Dans ce dernier écosystème, la situation est aggravée par les feux de brousse saisonniers, tardifs et incontrôlés. L'agriculture traditionnelle, qui utilise une technologie rustique à faible production, favorise la reconstitution forestière par le système de jachère. Mais l'accroissement rapide des besoins alimentaires consécutif à une démographie galopante incite les paysans à raccourcir la durée de la jachère. Cette pratique appauvrit les sols et oblige les agriculteurs à chercher de nouvelles terres en forêt. Les pratiques agricoles modernes s'imposent de plus en plus en faisant appel à des variétés cultivées mises au point par la biotechnologie, au détriment des variétés locales mieux adaptées. L'usage de plus en plus répandu d'engrais biologiques et chimiques pour accroître les rendements des cultures ainsi que l'utilisation des pesticides peuvent entraîner la contamination des sols, des cours d'eau et des nappes phréatiques et provoquer des problèmes de santé chez les populations. Par ailleurs, le surpâturage et la transhumance des troupeaux provoquent une dégradation rapide des sols spécialement sur les terrains accidentés. Cette situation est particulièrement grave dans le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Bas-Congo, la province orientale et le Katanga. En vertu des dispositions de la Convention sur la diversité biologique et des engagements internationaux sur les ressources phytogénétiques et sur la sécurité alimentaire dont elle est signataire, la RDC poursuit les orientations stratégiques suivantes : ORIENTATIONS STRATÉGIQUES 1. Développer et mettre en œuvre des pratiques agricoles écologiquement durables en vue de sauvegarder à la fois la biodiversité naturelle et l'agriculture, dans une perspective d'utilisation des ressources pour un développement durable. 2. Favoriser la sédentarisation de l'agriculture et améliorer la productivité des sols et des cultures dans les plantations artisanales et industrielles. 3. Favoriser l'amélioration et la protection des espèces agricoles à usage multiple. ACTIONS RETENUES
THÈME 11 - RESSOURCES MINIÈRES PROBLÉMATIQUE Dans les régions minières de la République Démocratique du Congo, l'ouverture de carrières tant artisanales qu'industrielles aliène certains territoires forestiers ou agricoles et constitue une source potentielle d'accidents pour les animaux. Dans la plupart des cas, ces carrières, même une fois remblayées, restent impropres à l'utilisation agricole. Des terres et de nombreux cours d'eau sont contaminés par les métaux lourds issus du lavage des minerais et disséminés dans l'environnement par l'eau et l'air. Cette pollution a des effets néfastes sur nombre d'espèces animales et végétales. ORIENTATIONS STRATÉGIQUES 1. Encourager les mesures susceptibles de minimiser les impacts de l'exploitation des ressources minières sur la biodiversité et favoriser la restauration des écosystèmes. 2. Développer et mettre en œuvre des pratiques minières écologiquement durables (ex: restauration des parcs à résidus miniers, recyclage des résidus, décontamination des sols, etc.). ACTIONS RETENUES
THÈME 12 - RESSOURCES ÉNERGÉTIQUES PROBLÉMATIQUE Le bois couvre environ les trois-quarts des besoins énergétiques de la République Démocratique du Congo. On estime la consommation annuelle moyenne de bois de feu dans l'ensemble du pays à 1 m3 équivalent / bois par personne. En terme de charbon de bois, par exemple, les besoins annuels estimés pour Kinshasa sont de l'ordre de 400 à 500 000 tonnes. Cette situation entraîne un déboisement aigu dans les régions péri-urbaines et provoque une surexploitation des espèces préférées par les producteurs de charbon de bois. Par ailleurs, les mesures d'efficacité énergétique pouvant restreindre la demande en bois de feu se heurtent à la pauvreté quasi chronique et au niveau insuffisant d'instruction des populations rurales et urbaines. À Lubumbashi, l'alimentation de certaines usines en bois de chauffe a contribué au déboisement de la forêt claire rencontrée au Katanga, au rythme de 87 km2 par an. Cette situation persiste dans la plupart des grandes villes du pays. Par ailleurs, les écosystèmes côtiers, plus particulièrement ceux de la région de Moanda, sont dégradés par les déversements d'hydrocarbures en provenance des navires et des exploitations pétrolières offshore. ORIENTATIONS STRATÉGIQUES 1. Encourager les mesures susceptibles de minimiser les impacts de l'exploitation des ressources énergétiques sur la biodiversité. 2. Favoriser la restauration des écosystèmes dégradés. ACTIONS RETENUES
(voir aussi Thème 5 – Biosécurité) PROBLÉMATIQUE Les progrès récents de la microbiologie ont permis d'identifier divers micro-organismes pouvant jouer un rôle salutaire dans la décontamination des sols et des cours d'eau, la valorisation des résidus agro-alimentaires, forestiers ou miniers, la fertilisation des sols, le contrôle biologique et l'amélioration des soins de santé, offrant des solutions nouvelles à des problèmes écologiques majeurs. La grande richesse biologique de la République Démocratique du Congo constitue un potentiel de développement biotechnologique exceptionnel. Les connaissances des collectivités autochtones en matière de pharmacopée traditionnelle laissent entrevoir de grandes possibilités d'identifier des composants organiques nouveaux pouvant être utilisés dans le domaine des soins de santé et de l'alimentation. De même, les nombreuses variétés de plantes cultivées et d'animaux d‘élevage adaptées aux conditions locales offrent des possibilités réelles d'amélioration génétique des semences et des cheptels. Toutefois, ces connaissances n'ont pas profité des apports scientifiques en matière de biotechnologies pour devenir de plus en plus perfectionnées et sont restées à l'état rudimentaire. Il importe de souligner qu'il existe quelques laboratoires de biotechnologies modernes mais encore peu fonctionnels en RDC, malgré la présence d'un personnel scientifique compétent. Cette situation illustre bien le manque chronique d'équipement, de matériel de recherche et de bonnes conditions de travail dont souffre le pays. La Convention sur la diversité biologique stipule que chaque partie contractante prenne les mesures nécessaires pour assurer une participation effective aux activités de recherches biotechnologiques des Parties contractantes, en particulier des pays en développement qui fournissent les ressources génétiques pour ces activités de recherche. La RDC entend bénéficier de tous les avantages contenus dans cette Convention en matière de recherche en biotechnologie. ORIENTATIONS STRATÉGIQUES 1. Promouvoir l'élaboration et l'utilisation sécuritaire des produits biotechnologiques pouvant favoriser la protection et le maintien de la diversité biologique. 2. Promouvoir les échanges d'informations et les transferts technologiques en matière de biotechnologie. ACTIONS RETENUES
THÈME 14 - ÉVALUATIONS ENVIRONNEMENTALES PROBLÉMATIQUE Les projets agricoles de production végétale et animale, les projets miniers, les projets de construction et autres ont un impact indéniable sur l'environnement. Jamais dans l'évaluation des projets par des bureaux d'études locaux les impacts environnementaux n'ont été pris en compte, même dans l'analyse économique. Très souvent, l'analyse économique se limite au calcul de la valeur ajoutée nationale, aux effets sur les finances publiques et sur l'amélioration de la vie des populations concernées par les projets. Au niveau national, il n'existe pas de réglementation qui permette d'exiger l'étude des impacts environnementaux des différents projets susceptibles de nuire à la diversité biologique. L'insouciance manifestée à l'égard de ces impacts est due en partie au fait que les ressources naturelles qui ne font pas l'objet d'échanges commerciaux sont considérées comme n'ayant pas de valeur économique. C'est le cas de plusieurs éléments de la diversité biologique. La détermination de la valeur économique totale des éléments constitutifs de la biodiversité (valeur d'usage personnelle et valeurs non liées à l'usage : valeurs d'usage directes et d'usage indirectes, valeurs d'option, valeurs patrimoniales et valeurs d'existence) exige la participation de tous. Il en est de même de la définition des valeurs de certains paramètres centraux utilisés dans l'analyse coûts – avantages. En vertu de l'Article 14 a et b de la Convention sur la diversité biologique, le Gouvernement a l'obligation d'adopter des procédures permettant d'exiger l'évaluation des impacts sur l'environnement des projets de développement. ORIENTATIONS STRATÉGIQUES 1. Légiférer en matière d'études d'impacts des activités économiques sur la diversité biologique. 2. Développer et offrir une formation en technique d'évaluation des impacts environnementaux. ACTIONS RETENUES
|
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||