Etat de la diversité biologique en
République Démocratique du Congo
Annexes techniques
VOLET 18: ANALYSE DES DONNEES ET CARTOGRAPHIE
18.1. INTRODUCTION ET OBJECTIFS DE L'ETUDE
La pression démographique a engendré d'importantes modifications sur le
milieu naturel, qui s'accompagnent le plus souvent de la dégradation et de l'épuisement
des ressources.
Les données fiables relatives à l'évolution de cette situation préoccupante
sont souvent insuffisante, voire absentes. Cette lacune, qui constitue un
handicap majeur pour la planification du développement affecte sensiblement
la gestion et la conservation durables des ressources, la mise en oeuvre des
mesures inhérentes à la sécurité alimentaire, les systèmes d'alerte
rapide, la surveillance de l'environnement, l'évolution et la protection de
la biodiversité.
Le programme d'action 21 de la CNUED qui avait déjà identifié ces difficultés,
insiste sur l'urgente nécessité de disposer des informations fiables qui
constituent le socle de tout développement durable.
L'objectif du volet "Analyse des données et Cartographie" de l'Étude
sur la Biodiversité au Congo consiste principalement à établir une base de
données sur les ressources biologiques de notre pays, en particulier, des
données socio-économiques, les informations sur la couverture végétale,
les sols, l'occupation des terres, le climat, la faune et la flore et établir
un référentiel géographique (toponymie, routes, hydrographie), stable à
une échelle à déterminer, qui sera homogène et compatible du point de vue
thématique et entre les différents éléments.
Dans les lignes qui suivent, nous allons décrire brièvement la méthodologie
en cours d'utilisation pour l'analyse des données et la cartographie des
informations déjà recueillis ou à recueillir en même temps que nous
rendrons compte des travaux déjà réalisés et des données disponibles en
ce qui concerne le sous-thème cartographie.
18.2. COMMENTAIRE SUR LE PLAN DE TRAVAIL
Il n'existe pas de plan précis pour la compilation, l'analyse et
l'organisation de la base de données car, le travail devra se faire au fur et
à mesure que les informations seront reçues de tous les autres groupes de
travail. Néanmoins, nous allons présenter la méthodologie à utiliser ainsi
que le plan de compilation et d'analyse des données.
18.2.1. Méthodologie utilisée
18.2.1.1. Choix du système de stockage, d'analyse, de compilation
et de stockage des données
Il n'existe pas une méthode standard d'intégration et d'analyse des données
mais des règles de bons sens à respecter. Dans le cas qui nous concerne,
chaque sous-projet nécessite une approche spécifique en fonction des besoins
et des objectifs. Mais il est à considérer que l'approche à considérer
passe par l'utilisation d'une série d'outils qui fassent appel à de
techniques pluridisciplinaire.
Le choix d'un système des stockage, de storage et d'analyse des données
n'est généralement pas une opération aisée. Pour la réalisation du présent
travail, nous nous sommes confrontés à plusieurs éléments qui interfèrent
de manière contradictoire sur le choix du système le plus approprié tant
sur le plan technique que sur celui des coûts. D'un côté, l'évolution
technologique, la facilité de manipulation, de comparaison et d'analyse des
informations obligent un recours à un système dit d'information géographique
compte tenu de leur diversité de source et de format; de l'autre, l'omniprésence
de certains logiciels sur le marché et l'insuffisance des moyens tant matériels
qu'humains limitent le champ d'investigation des utilisateurs qui, à défaut
d'éléments d'informations pertinentes, pensent à tort que le traitement des
données se limite à deux ou trois logiciels.
Les méthodes modernes d'analyse informatique ont mis en évidence
l'importance primordiale d'un Système d'Information Géographique. Le caractère
permanent d'une base de données sur les ressources et son attribut
d'actualisation montrent clairement l'importance de la numérisation et de la
systématisation des données. De telles informations nécessitent une bonne
qualité de l'information à obtenir de chaque groupe de travail; celle-ci
pouvant être perçue à travers la facilité d'accès, la fiabilité et la
justesse de l'information. Comme quoi, le meilleur système de traitement,
d'analyse , de stockage et de storage des données ne vaut que la qualité des
données qu'on y met.
18.2.1.2. Structure de la base de données face à la diversité et
à la complexité de l'information
Il est important dans un projet de création d'une base de donnée
nationale, d'étudier attentivement la diversité et la complexité des données
qu'il est projeté de regrouper. La prise en compte des cartes complexes et de
types très divers influe très fortement sur le volume des informations qu'on
doit inclure dans le système aussi bien que sur les traitements
envisageables. L'équipe a ainsi identifié trois types d'informations :
- les données cartographiques (ou cartographiables) de structure simple
(cartes de zonage, images satellites, etc.);
- les données cartographiques de structure complexe (cartes plurithématiques,
etc.) ;
- les données non cartographiques tabulaires et textuelles.
a) Schéma de conception de la base de données
Le schéma de conception de la base des données sur la biodiversité au
Congo comprend trois attributs principaux :
- une base de données géographiques numérisées commune à tous les
utilisateurs comprenant les données graphiques (cartes, plans), tabulaires
et textuelles qui incluent les attributs relatifs à ces données graphiques
et tabulaires ;
- une structure organisationnelle pour gérer cette base de données ;
- un environnement matériel et logiciel nécessaire à la réalisation de
ce travail.
b) Mise en oeuvre du schéma de conception
La mise en oeuvre du schéma de conception passe par :
- l'évaluation et l'analyse du type d'information à recevoir de tous
les groupes de travail ;
- la schématisation du système de stockage des informations ;
- l'évaluation de la faisabilité du projet (environnement matériel et
logiciel, capacité humaine, etc.) ;
- la planification du programme de travail.
18.2.1.3. L'évaluation et l'analyse du type d'information à
recevoir
L'évaluation de l'information à recevoir de chaque groupe de travail
consiste en un inventaire, mieux, une projection des résultants qui devront
être fournis par chaque groupe. D'une manière générale, le groupe de
travail qui s'occupe de l'analyse des données et cartographie s'attend à
obtenir de chaque groupe, une information la plus référentiable possible,
compte tenu du caractère globalisant de l'étude. Ceci permettra une
meilleure interface entre les différentes couches de l'information et leur
utilisation potentielle dans un système d'information géographique
informatisé. C'est aussi à ce stade que nous évaluons le degré d'interférence
entre les différentes informations de notre système et les échanges
probables avec l'extérieur.
Aussi, étant donné que la base de données constitue un système
d'information sur les ressources biologiques de notre pays, il est constamment
à actualiser en fonction de nouvelles conditions du milieu. Ceci implique un
processus d'addition, de suppression, de superposition, de mise à jour,
d'affichage et de requête sur les données spatiales, tabulaires et
textuelles.
18.2.1.4. Schématisation du système de stockage des informations
L'idée de base dans la conception de la présente base de données est
l'intégration et le partage de l'information. Les couches d'informations de
cartes et de plans ainsi que les données descriptives et les attributs sont
conçus en utilisant les modèles des bases de données géographique intégrés.
Sont explorées également, les méthodes pour la conversion d'un type des
données à l'autre.
Ainsi, tous les ensembles des données subiront un contrôle de qualité et
seront saisis (au besoin), transformés et superposés selon une origine et
une projection commune et dans un format commun. Comme le groupe s'attend à
obtenir la plupart des données sous forme de tableaux, textes et grille, à
l'exception des données cartographiques, des dispositions seront prises en
vue de leur transformation d'abord sous format raster (matriciel) avant de les
intégrer dans un système d'information géographique vectoriel. Il faut
indiquer à ce niveau, que l'intervention du SPIAF est plus que nécessaire
car, c'est le SPIAF qui dispose de l'expertise et d'un environnement matériel
et logiciel pour la réalisation de ce travail. Aussi, la contribution des
autres services publics notamment ceux du Ministère de l'Environnement et du
Ministère du Plan est également très appréciée.
Grâce à cette structure, le Ministère de l'Environnement, Conservation de
la Nature et Tourisme pourra disposer des données utilisables dans tous les
formats (tabulaires, raster, vectoriel) et effectuer des comparaisons entre
les différents types de données. Cette base de données pourra ainsi être
le précurseur d'un système intégré d'information sur les ressources de
l'environnement pour lequel le SPIAF a déposé une note d'information en vue
de son installation. C'est pourquoi, le groupe propose au séminaire de
pouvoir appuyer cette démarche auprès des bailleurs de fonds potentiels afin
de permettre la continuité de ce travail important et indispensable.
Les différentes informations seront traitées suivant le schéma ci-après:
18.3.
ETAT D'AVANCEMENT DES TRAVAUX
18.3.1. Ensemble des données thématiques disponibles
La base de données que nous nous proposons de mettre sur pied devra
s'appuyer, en ce qui concerne la cartographie, sur la numérisation des cartes
ou des données traditionnellement sous forme de carte papiers. Il s'agit de
l'ensemble de données cartographiques disponibles au Congo et qui ont un
rapport avec le thème du présent travail. Aucun ensemble de ces données
n'est parfait, cependant, elle constituent la première tentative de représentation
numérique du Congo.
Plusieurs études conduites jusqu'à ce jour ont déjà permis de générer
des données importantes notamment en ce qui concerne les cartes de végétation,
les cartes des sols et d'utilisation du territoire, la toponymie, les références
spatiales et l'hydrologie, à partir des travaux réalisés notamment par l'ex
IGZA, l'INERA, le SPIAF, la FAO, l'Université du Maryland et la NASA, la
NGAA, l'ESA, SICAI, etc.
18.3.1.1. Références cartographiques
L'Institut Géographique du Congo dispose d'un bon réseau des points géodésiques
et astronomiques permettant un meilleur positionnement cartographique quoique
dans certains endroits de la Cuvette Centrale, il n'existe pas de carte de
base fiable. D'autre part, grâce à sa collaboration avec l'Université du
Maryland, le SPIAF a acquis un Système de Positionnement Global (Global
Positionning System) qui donne la position géographique d'un point
directement par satellite avec une précision de 15 mètres. Ce matériel est
attendu pour bientôt au Congo. Grâce à ce système et aux travaux de
terrain, les difficultés inhérentes au mauvais repérage des points pourront
être surmontées prochainement.
18.3.1.2. Toponymie
La "Carte des points populaires du Congo" a été numérisée à
partir du travail de l'Institut Géographique du Congo et de l'Université
Catholique de Louvain. Ce travail présente la Carte routière et
hydrographique du Congo avec les noms de localités et villes importantes.
Cette carte est disponible dans la base de données du SPIAF à l'Université
du Maryland. Elle pourra être utilisée pour la réalisation du Système
d'Information sur les Ressources du Congo dans le cadre de la présente étude
dès que le matériel sera réceptionné.
18.3.1.3. Températures, précipitations et Hydrographie
Les rivières visibles sur images Landsat MSS ont été digitalisées par
le SPIAF à partir des images utilisées pour la réalisation de la Carte de Végétation.
Elles seront restituées en considérant les référentiels dont nous avons évoqué
ci-haut et la carte de toponymie. Par ailleurs, le SPIAF dispose dans sa base
des données, du modèle d'élévation digitale (DEM) et de la carte
hydrographique du Congo (Congo Rivers) produite par le Département de la Défense
des États-Unis. La base de données sur l'Afrique et le changement global
fournie au SPIAF par le Réseau de Recherche sur l'Environnement Global dans
le bassin Méditerranéen et en Afrique Subtropicale (MEDIAS) contient
notamment, les bases de données mondiale I et II (Côtes, pays, îles, lacs
et rivières et Nations et Rivières), la base de données sur les moyennes
mensuelles de températures et des précipitations de Legates, les bases de
données spatiales sur l'Afrique du PNUE/GRID/FAO (vent, pluie, culture, végétation,
risque de désertification).
18.3.1.4. Végétation
La carte de végétation la plus récente actuellement est celle réalisée
par le SPIAF avec le concours de l'Université du Maryland et ex-Erts Congo
(METALSAT), sous financement de la Coopération canadienne et de la Banque
Mondiale. Cette carte a été réalisée à partir d'une mosaïque de 108
images satellites LANDSAT MSS avec répétition par endroits pour un total de
près de 150 images. Un brouillon y est disponible au SPIAF sous forme imprimée
et digitale et les travaux sont encore en cours pour sa finalisation. Elle
offre une plate-forme intéressante pour la connaissance de l'état actuel de
la végétation du Congo. Les données de base ont été prises pour la
plupart à l'échelle 1:250.000. Certaines images aux échelles 1:200.000,
1:400.000 et 1:500.000 avaient été aussi utilisées.
L'Université du Maryland et la NASA/Goddard Space Flight Center ont également
produits, avec la collaboration du SPIAF et de l'ONADEF (Office National de Développement
des Forêts du Cameroun), une carte de végétation pour l'Afrique Centrale,
en utilisant les données satellites à faible résolution NGAA AVHRR(
Advanced Very High Radiometer Resolution). Cette carte est également
disponible sous forme digitale dans la base de données du SPIAF stockée
actuellement à l'Université du Maryland dans un Ordinateur acheté pour le
SPIAF et dont ce dernier espère son acheminement au Congo pour très bientôt.
La société SICAI a aussi réalisé une carte de végétation de l'Ouest du
Congo, à partir des images satellites Radar ERTS-1. Cette Carte est
disponible à l'Institut Géographique du Congo, sous forme imprimée.
Les cartes de végétation de White (FAO) et de l'INEAC (Lebrun) sont
actuellement dépassées par la situation réelle sur le terrain. Néanmoins,
on peut y recourir pour obtenir des référentiels stables. Ces cartes sont
disponibles soit à la FAO (en ce qui concerne la carte de White) et à
l'INERA (Carte de Lebrun).
Dans le cadre du projet de la NASA intitulé LANDSAT PATHFINDER TROPICAL
DEFORESTATION, le SPIAF est en train de collaborer pour la production de trois
satellites LANDSAT. Dans ce cadre, le SPIAF dispose d'une banque d'images
satellites fournies gratuitement par le projet pour être utilisées à des
fins non commerciales. Ces images prises principalement entre 1972 (date du début
du programme LANDSAT) et 1989 couvrent la presque totalité du pays. Un
travail d'interprétation digitale a lieu actuellement à l'Université du
Maryland et les travaux de terrain devront débuter au SPIAF dès que cette
première étape sera complétée et lorsque ces partenaires jugeront que les
conditions requises seront réunis pour qu'ils se rendent au Congo.
Enfin, dans le cadre du Réseau MEDIAS, le SPIAF dispose, dans la base des
données "L'Afrique et le Changement Global", des données sur
l'index de végétation global normalisé (GVI) d'avril 1985 à décembre 1988
ainsi que des données sur l'index de végétation en différence normalisé
(NDVI) hebdomadaires pour l'année 1990 corrigée de l'atmosphère. Cette base
de données contient également : la base de données mondiales sur les écosystèmes
d'Olson, la carte de Mathews de l'albédo saisonnier, cartes d'utilisation du
sol et de la végétation, carte d'utilisation du sol et de la végétation de
la FAO ainsi que des données NGAA NGDC. D'autres données ainsi que des
programmes de simulation concernant l'évolution probable de la situation
climatique de l'Afrique et du bassin Méditerranéen sont également attendus
pour bientôt.
18.3.1.5. Sols
Le Congo est très pauvre en matière des cartes de sol. Les seules cartes
disponibles sont celles de l'INEAC et de la FAO (qui s'est d'ailleurs beaucoup
appuyée sur la première). Toutefois, en vue de constituer une unique base de
données sur une système d'information géographique fiable, ces différentes
cartes pourront être digitalisées en vue d'être conservées sous un format
computérisé et facilement comparable avec d'autres informations spatiales.
La dernière est d'ailleurs déjà disponible sous forme digitale dans la base
de données "L'Afrique et le Changement Global" fournie par le réseau
MEDIAS.
Dans ce même cadre, le SPIAF dispose aussi sous format digital des données
suivantes : cartes de sols et de l'occupation du sol de Wilson et
Enderson-Sellers pour les modèles de circulation générale, cartes des unités
de sol de la FAO, Base de données FNOC (Fleet Numerical Oceanography Center)
des caractéristiques de surface, de terrain et de surface, cartes de zobler
des types de sol, de la texture du sol, de la pente et autre propriétés,
cartes de Mathews de l'albédo saisonnier, carte d'utilisation de sol et de la
végétation, etc.
18.3.2. Informations non spatiales
Les informations socio-économiques , biologiques et autres pourront soit
être spatialisées ou gardées sous un format compatible,. Certaines de ces
informations concernant le dernier recensement général de la population du
Congo, les limites administratives, etc. D'autres données seront à obtenir
auprès des autres volets d'études et pourront être spatialisées au besoin
pour une meilleure comparaison et une meilleure conservation.
18.4. DIFFICULTES RENCONTREES
Il n'est pas aisé de réaliser une base de données unique à partir d'une
mosaïque des travaux produites par différents groupes sans norme
d'harmonisation.
Le groupe est ainsi obligé de faire un effort d'harmonisation. Nous craignons
que toutes les équipes s'empressent à la dernière minute, ce qui pourra
avoir comme conséquence, de créer un débordement des travaux à l'équipe.
Aussi, il y a-t-il un manque criant de personnel d'appoint, notamment un
dessinateur ayant des connaissances en géographie pour le dessin manuel de
différentes cartes, etc.
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