Etat de la diversité biologique en République Démocratique du Congo
Annexes techniques


VOLET 12: GESTION DES RESSOURCES NATURELLES

12.1. OBJECTIFS SPECIFIQUES

Le volet touchant la gestion des ressources naturelles vise à faire état des aspects suivants:

- répartition des zones protégées et des habitats à l'échelon national ;
- menaces qui pèsent sur les habitats ;
- habitats ou zones faisant l'objet de mesures de conservation ;
- disparition des habitats et risques d'apparition des menaces ;
- conservation in situ et ex situ ;
- sites revêtant une importance particulière pour la conservation ;
- politiques et programmes de gestion des écosystèmes.

Pour ce faire, les données à collecter portent principalement sur les interactions entre les systèmes humains et les systèmes biologiques, terrestres, marins et d'eau douce.
Par rapport à l'ensemble de la monographie nationale en cours de préparation sur la diversité biologique, le volet apportera les renseignements sur :

- les régimes fonciers et les droits de proprieté ;
- les politiques gouvernementales et les programmes mis en oeuvre ;
- l'utilisation des terres et des ressources aquatiques ;
- le statut des écosystèmes terrestres et aquatiques ;
- les considérations générales sur les habitats terrestres et aquatiques : caractéristiques physiques, végétation et faune ;
-l'état des sites et leur gestion.

12.2. COMMENTAIRES DU PLAN DU TRAVAIL

Dans le but de rencontrer les termes de référence du volet, un plan de travail soumis à l'Administration fait un inventaire de l'ensemble de données à collecter en rapport avec les directions du PNUE pour la préparation de la monographie nationale.

12.2.1. Gestion des ressources naturelles terrestres

Cette partie comprend trois sections : la gestion en dehors des zones protégées, la gestion des zones protégées et le reboisement et l'agroforesterie.
Pour la gestion en dehors des zones protégées, les données à collecter sont relatives à la gestion des forêts et autres formation végétales ainsi qu'à la gestion des faunes sauvage. Ces données concernent, outre les considérations générales et les caractéristiques physiques des habitats :

- les services rendus par la diversité biologique, en termes d'attribution des droits d'exploitation des ressources naturelles (mines, forêts) ;
- les superficies des habitats et leur perturbation (état des habitats) ;
- la cartographie des grandes catégories d'utilisation ;
- les menaces pesant sur la diversité biologiques, en particulier l'identification des zones écologiquement vulnérable;
- les traitements sylviculturaux ;
- les stratégies et plans d'action sectoriels,
- les politiques gouvernementales.

Pour ce qui est des zones protégées, outre les information de base touchant les plans de mise en réseaux et les renseignements sur la diversité biologique, les données à collecter concernent :

- l'identification et la cartographie des zones à frotte concentration d'espèces endémiques ou de diversité biologique ;
- l'état et le mode de gestion des aires protégées en termes de représentativité de l'ensemble d'écosystèmes rencontrés dans le pays.

Enfin, la section sur le reboisement et l'agroforesterie met l'accent sur les essences exotiques introduites, les superficies plantées et l'évolution des plantations.

12.2.2. Gestion des ressources naturelles aquatiques

Cette partie comporte essentiellement deux sections, à savoir : la gestion des eaux intérieures et la gestion des écosystèmes côtiers et marins.
Les données à collecter ici constituent, en somme, une réplique de celles collectées pour la gestion des écosystèmes terrestres.

12.3. ETAT D'AVANCEMENT DU TRAVAIL

Les points suivants ont été traités :

12.3.1. Généralités

Par son étendue, le Congo vient au troisième rang en Afrique après le Soudant et l'Algérie. IL est situé de part et d'autre de l'Équateur, entre 5'20' de latitude nord et 13'27' de latitude sud et s'étend entre 4'12' et 31'00' de longitude est. Sa superficie est d'environ 2.345.000 km².
La variété de son climat se traduit par une grande diversité au niveau de la flore et de la faune qui font de lui un des pays à plus haute diversité biologique.

12.3.2. Aperçu biogéographique

Le relief se résume en une vaste cuvette (750.000 km²) entourée de plateaux et de montagnes. L'altitude va du niveau de la mer au sud-ouest du pays à 5.119 m à l'Est (Mont Ruwenzori). La cuvette est bordée au sud par les plateaux du Kwango et du Kasai, prolongés par les hauts plateaux du Katanga, à la limite du partage des eaux des bassins du Congo et du Zambèze. La limite orientale du pays est marquée par l'immense fracture du Rift Africain occupé par une série de lacs et entouré des massifs montagneux, localement volcaniques.
La cuvette centrale est remplie de formation sédimentaires datant des millions d'années, entourées d'une demi-couronne allant du Nord du pays, en passant par l'Est jusqu'au Sud-Est et constituée des formations précambriennes et du socle. Ce dernier réapparaît dans la chaîne montagneuse côtière du Sud-Ouest (Région du Mayumbe).
Le climat est de type tropical, caractérisé par des précipitations annuelles allant de 840 mm aux côtes jusqu'à plus de 2.000 mm dans le bassin central. Les températures moyennes annuelles oscillent entre 24-25°C et peuvent descendre à 18-20°C dans les hautes altitudes. L'humidité relative varie entre 70 et 85 %.
S'appuyant sur les résultants de 600 stations climatologiques, Köppen a établi une classification climatique pour le Congo (Annexe 1).
Le sol est de type latéritique, résultant d'une décomposition profonde, rapide et complète du matériau parental sous un climat chaud et humide. Ces sols sont d'autant plus pauvres que les processus de latérisation sont plus avancés. Les sols fertiles sont sporadiques et de superficie restreinte. Une carte des potentialités agricoles élaborée par le Bureau d'Études d'Aménagement et d'Urbanisme en 1990 est disponible.
Les considérations du relief, des facteurs climatiques et pédologiques ont conduit l'identification des 9 grandes régions naturelles (Annexe 2).

12.3.3. Aperçu écologique des écosystèmes naturels

a) Écosystèmes terrestres

Végétation
La végétation congolaise est en corrélation directe avec les facteurs pédo-climatiques et le relief. Toute la zone climatique Af, y compris celle situé dans la partie orientale de haute altitude constitue le domaine de la forêt équatoriale ombrophile. Les provinces à climat Am, exception faite de celles situées dans la région de Graben à l'Est, sont également celles de la forêt ombrophile, y compris les régions du Lac Mai-Ndombe et du Nord-Ouest se trouvant en réalité dans la bande climatique Aw. Cette situation serait plutôt liée au fort engorgement qui compenserait la faible pluviométrie.
Les provinces à climat Aw sont le domaine de la forêt claire ou de la savane plus ou moins arborée en fonction de l'altitude et de la durée de la saison sèche. Les zones climatiques Cf et Cw de haute altitude correspondent aux forêts de montagne et aux formations de bambous; dans la région Sud-Est moins élevée du Katanga, c'est le domaine de la savane boisée.
La classification dite de "YANGAMBI", adoptée par les phytogéographes sous l'égide de la commission de la coopération technique en Afrique subsaharienne a identifié sept faciès physionomiques de la végétation au Congo :

- savane arborée et savane herbeuse ;
- mosaïque de forêt claire et de savane ;
- forêt dense sèche dégrée ;
- forêt semi-décidue ;
- forêt sempervirente ;
- forêt sur sol hydromorphe ;
- végétation de montagne.

Les estimations préliminaires récentes des superficies de formations végétales, réalisées par le SPIAF, à partir de l'interprétation des images satellites haute réalisation, rendent compte de la situation suivante :

Tableau 42 : Estimations préliminaires des superficies des formations végétales

FORMATION VEGETALE

SUPERFICIE (km2)

% FORET

% TERRITOIRE

FORET DENSE HUMIDE (forêt sempervirente et semi-décidue)

572251.16

68.14

37.20

FORÊT DE MONTAGNE      
- forêt dense de montagne

38612.39

3.01

1.65

- forêt de bambous

1666.72

0.13

0.07

FORET DENSE SECHE DEGRADEE      
- forêt dense tropophile

51946.17

4.06

2.22

- forêt claire (Miombo)

102225.61

7.99

4.36

FORET SUR SOL HYDROMORPHE

88614.05

6.92

3.78

GALERIES FORESTIERES

2500.08

0.19

0.11

FORET DE MANGROVE

555.57

0.04

0.02

FORET SECONDAIRE

121670.70

9.54

5.19

TOTAL FORET

1280042.46

100.00

54.59

MOSAIQUE FORET-SAVANE

165536.83

 

7.07

PLANTATIONS

555.57

 

0.02

SAVANES HERBEUSES ET ARBUSTIVES

768358.82

 

32.77

EAU

62502.07

 

2.67

NON INTERPRETE (nuages)

67502.24

 

2.88

TOTAL

2344800.00

 

100.00

Source : SPIAF, 1994.

Le Congo compte 1.280.042,16 km² de formations essentiellement forestières, couvrant environ 54,6 % de sa superficie. La forêt dense humide vient au premier rang et représente 68,14% de cette couverture, suivie des forêts dense sèche dégradée (12%), des forêts secondaires (9,5%), des forêts sur sol hydromorphe (6,92%), des forêts de montagne (3,14%). Les galeries forestières et la forêt de mangrove sont moins représentées avec respectivement 0,19 et 0,04% de la superficie forestière.

La répartition de cette couverture à travers les provinces administratives du pays accuse des inégalités frappantes:

Tableau 43 : Répartition de la couverture forestière à travers les provinces administratives

PROVINCE

SUPERFICIE TOTALE (Km²)

SUPERFICIE FORESTIERE (Km²)

% FORET

Bandundu
Bas-Congo
Équateur
Province Orientale
Kasaï-Occidental
Kasaï-Oriental
Kinshasa
Kivu
Katanga

295658
53855
403292
503239
156967
168216
9965
256662
496865

120000
10000
402.000
370000
40000
100000
-
180000
10000

40.6
18.6
99.7
73.5
25.5
59.4
-
70.1
2.0

TOTAL

2344885

1232000

52.5

Source : SPIAF, 1994

La faune du Congo est extrêmement variée compte tenu de la variabilité de l'habitat. Le pays compte plus de genre de primates que tous les pays du monde et vient au deuxième rang quant au nombre d'espèces. La cuvette centrale seule regroupe 16 espèces endémiques des primates.
On estime à 409 le nombre d'espèces de mammifères au Congo (sur les 756 répertoriées en Afrique), dont la distribution est inégalement répartie. On note en effet :

- un nombre relativement élevé d'espèces endémiques dans le bloc de la forêt dense de la cuvette centrale, dû au faible degré de perturbation et à l'homogénéité écologique de la forêt ;
- un nombre relativement faible d'espèces endémiques au Sud du bassin du fleuve ;
- l'absence des grands mammifères endémiques dans les forêts de l'Est.

Du point de vue de la faune aquatique, 560 espèces de poisson ont été identifiées dans le bassin central en 1967 et 669 espèces 15 ans après dont 558 endémiques. Il est probable que ce nombre dépasse 1.000 espèces dont près de 70 % seraient endémiques.
Les lacs de la vallée du Rift contiennent la plus riche faune lacustre du monde. La seule famille de Cichlidae est représentée par plus de 900 espèces. Toutefois, il existe une forte différence entre ces lacs. Le lac Tanganyika par exemple a 250 espèces de poisson dont 216 seraient endémiques alors que le lac Kivu n'en contient que 16 à 32.
Le Congo compte environ 1.086 espèces d'oiseaux. Le centre d'endémisme Guinéo-congolais contient 655 espèces d'oiseaux dont environ 36 % sont endémiques au Congo. Les forêts de montagne et de transition de l'Est du Congo contiennent 7 espèces endémiques identifiées dans 1 et 3 sites d'observation respectivement.

b) Écosystèmes aquatiques, marins et côtiers

Le Congo possède un réseau hydrographique très dense. Les plans d'eau, représentés par l'immense réseau fluvial, les plaines inondées et les lacs couvrent environ 86.000 km² (3,5 % de la superficie nationale) et ont un potentiel halieutique considérable (cfr. carte de lacs et plans d'eau du système fluvial du Congo).
Les grands lacs périphériques de l'Est courent une superficie d'environ 48.000 km² dont 47 % sont de juridiction congolaise. Mes superficies respectives pour le Congo sont :

- Lac Tanganyika : 14.800 Km²
- Lac Albert: 2.420 Km²
- Lac Kivu: 1.700 Km²
- Lac Édouard: 1.630 Km²
- Lac Moero: 1.950 Km².

Le système lacustre congolais comprend en outre deux importants lacs intérieurs, le lac Tumba et le lac Mai-Ndombe. Ils couvrent ensemble entre 2.300 et 7.000 Km² selon les saisons (faible en saison sèche et forte en saison pluvieuse). On y inclut également les lacs de dépression de Kamalondo (6.256 Km²), le lac Tshangalele (446 Km²) et le lac N'zilo (280 Km²).
Le système fluvial couvre environ 34.000 Km² sur un réseau de plus de 33.000 Km constitué du fleuve, affluents principaux et rivières secondaires.
Le Congo compte enfin 40 Km de façade maritime couvrant une superficie de 2.000 Km² de plan d'eau.
Il convient toutefois de signaler qu'au Congo, les plans d'eau n'ont jamais été considérés dans leur dynamisme comme un écosystème tout aussi complexe que les autres, où vivent une communauté d'êtres interdépendants (Algues, zooplancton; phytoplancton, plantes supérieures, etc.). D'où le manque actuel des données à ce sujet (N.B. : Recherche de la documentation à poursuivre). Une étude récente a été élaborée dans les eaux du lac Tanganyika.

12.4. STATUT DES ECOSYSTEMES NATURELS

L'article 10 de la Constitution constitue la base de statut des écosystèmes naturels. Elle déclare : "Le sol et le sous-sol congolais appartiennent à l'État".
L'article 53 relatif à la loi foncière dispose : "Le sol est la propriété exclusive, inaliénable et imprescriptible de l'État".
Au terme de la loi, l'État est propriétaire du sol et de tous ses produits naturels. Il lui revient donc de prendre des mesures (lois) appropriées en vue de leur gestion en se conformant aux principes de la Constitution. Ceci a été fait en matière foncière (Loi n° 73-021 DU 20 JUILLET 1973).
En ce qui concerne le domaine forestier, rien n'a encore été fait et ce secteur reste logiquement régi par le décret royal du 11 avril 1949.
Un projet de révision du régime forestier a été amorcé depuis 1979, révisé et complété en 1989 mais n'a jamais été discuté au niveau du parlement.
Le secteur spécifique de la conservation de la nature au Congo est régi par une loi-cadre, sanctionnée par l'ordonnance-loi n°69-041 du 22 août 1969. D'autres textes de loi ou réglementation s'y sont greffés et se rapportent soit à pêche, soit à la chasse. Bref, la législation congolaise en cette matière concerne essentiellement la flore et la faune.
Il convient enfin de préciser que la conservation de la nature au Congo se conçoit en termes des aires protégées, des espèces à sauvegarder et des superficies soustraites en principe à l'action de l'homme. Elle se fait soit par le biais des lois nationales, soit par les conventions internationales auxquelles le Congo a adhéré.

12.4.1. Aires protégées

On rencontre 6 principaux types d'aires protégées au Congo, à savoir : les parcs nationaux, les domaines de chasse, les réserves de la biosphères, les réserves forestières, les jardins zoologiques et botaniques et les secteurs sauvegardés. Leur répartition, en termes de superficie et pour celles dont les données sont disponibles, se présente ainsi :

Tableau 44 : Répartition des six principaux types d'aires proté gées

TYPES

NOMBRES

SUPER. APPROX.

% DU PAYS

1. Parcs Nationaux      
- opérationnels

8

5491000

3.6

- en projet

4

2244625

0.9

2. Domaine de chasse

57

10984266

4.7

3. Réserve de la Biosphère

3

267414

0.1

4. Réserves forestières

117

517169

0.2

5. Jardins Zoologiques et Botaniques

3 et 3

3000

0.0+

6. Secteurs sauvegardés      
- sites de reboisement

-

112000

0.0+

- réserves naturelles

1

36000

0.0+

TOTAL  

22655474

9.6%

Source : ICCN, MAB/CONGO

L'objectif du Congo est de porter cette superficie à 12-15 % de la superficie nationale, en considérant différents écosystèmes naturels qui traduisent la diversité biologique propre au Congo. Treize sites d'intérêt national et international, et 4 sites d'intérêt local ont été identifiés par l'UICN pour faire partie du réseau des aires protégées.

12.4.1.1. Les Parcs Nationaux

A l'époque coloniale, chaque aire protégée était érigée par Décret royal sur base d'un décret général signé en 1937. Les parcs nationaux ont été tous institués par des ordonnances-lois spécifiques qui confirment leur statut de "Réserve Naturelle Intégrante" bien que certaines activités à caractère scientifique ou touristique y soient aujourd'hui autorisées.
La gestion des parcs incombe à l'Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) conformément à l'ordonnance-loi n°75-023 du 22 juillet 1975.
Il existe actuellement 7 parcs nationaux de type traditionnel : le Parc des Virunga, le Parc de la Garamba, le Parc de Kahuzi-Biega, le Parc de la Maikp. Les quatre premiers sont inscrits sur la liste des biens du Patrimoine Mondial de l'UNESCO. A ces 7 parcs, on ajoute le Parc Présidentiel Mobutu de la N'sele (3.000 ha), constitué d'une partie où les animaux vivent en liberté et une autre où ils sont en captivité (Zoo de 17 ha).
Un projet de création de 3 nouveaux parcs nationaux est imminent et comprend :

- le Parc National à Okapi (1.372.625 ha); appelé à protéger essentiellement l'Okapi, espèce rare et endémique au Congo ;
- le Parc National de la Mondjo (812.000 ha); protégera la forêt dense sèche dégradée ainsi que les troupeaux d'éléphants qu'il abrite ;
- le Parc Marin de Moanda (60.000 ha), pour la protection du biotope spécial du littoral atlantique (les Mangroves à Palétuviers).

En outre, l'ICCN envisage de proposer l'érection en parc la Réserve de Swa-Kibula, pour protéger l'écosystème caractéristique de la bande savanicole sud du pays, à galeries forestières typiques.
Une documentation donnant les caractéristiques physiques, biologiques (faune et flore), les superficies, le cadre juridique et le cadre administratif de ces aires est disponible.

12.4.1.2. Les domaines de chasse

Leur gestion relevait jadis de la Direction de Gestion de Ressources Naturelles Renouvelables du Ministère. Elle fut transféré à l'ICCN par l'arrêté ministériel n°36/DECNT/BCE/78 du 13 juillet 1978.
Sur le 57 domaines répertoriés, 19 sont effectivement opérationnels ou fonctionnels. Les autres sont quasi abandonnés pour des raisons d'ordre matériel et financier.

12.4.1.3. Les Réserves de la Biosphère

Du point de vue juridique, ces aires sont en principe régies selon les concepts de l'UNESCO. Elles sont par ailleurs érigées par ce dernier qui délivre des permis ou des attestations ad hoc.
Aucun acte juridique concrétisant l'action de l'UNESCO n'existe. Néanmoins, la gestion et la supervision y sont assurées par le Secrétariat National du Programme MAB au Congo, rattaché au Ministère de l'Environnement.
De trois Réserves existant au départ (Yangambi, Luki et Lufira), seul celle de la Luki (33.000 Ha) est encore fonctionnel.

12.4.1.4. Les Réserves Forestières

La gestion de ces Réserves relève de la DGRNR. Il n'existe en principe aucun texte juridique pour leur gestion. Elles ont pour objectifs la protection de la forêt naturelle, la promotion de la recherche sylvicole et l'enrichissement de la forêt naturelle en vue de promouvoir la production du bois d'oeuvre ou du bois de feu.

12.4.1.5. Les Jardins Zoologiques et Botaniques

Il s'agit d'un type de la conservation ex situ de la faune et de la flore. Ces jardins sont sous la responsabilité de l'Institut des Jardins Zoologiques et Botaniques du Congo (IJZBC), institué par ordonnance n° 78-215 du 5 mai 1978. Il existe 4 jardins Zoologiques; Kinshasa (2), Kisangani (1) et Lubumbashi (1) et 3 jardins Botaniques situés à Kisantu (Bas - Congo), à Eala (Équateur) et à Kinshasa (Parc de la Révolution).

12.4.1.6. Les Secteurs sauvegardés

La loi n° 75-024 du 22 juillet 1975 définit le principe de leur création et en fixe le cadre juridique, de même que le cadre organique.
Aux termes de cette loi, tout secteur non soumis aux servitudes humaines légalement reconnues et présentant un intérêt particulier du point de vue de la conservation, de la restauration ou du développement doit être sauvegardé.
Bien que l'article 3 de la loi précitée précise que l'organisme chargé de la gestion de ces Secteurs soit désigné par l'ordonnance de sa création, rien n'a encore été fait dans ce sens.

12.4.2. En dehors des aires protégées

Les écosystèmes naturels en dehors des aires protégées font partie du domaine privé de l'État.
En matière forestière, des nouvelles normes ont été mises sur pied, en rapport surtout avec l'exploitation de la matière ligneuse. Elles donnent les procédures à suivre en vue de l'obtention d'une concession forestière, fixent les modalités d'aménagement ainsi que des redevances (exprimées sous forme de taxes divers) de l'exploitant vis-à-vis de l'État. A ce titre, l'État reconnaît deux principales formes de détention des superficies forestières, à savoir :

- la lettre d'intention d'une validité de trois ans, est accordée à tout exploitant forestier requérant d'une concession forestière, pour autant qu'il ait complété les démarches préliminaires requises. En d'autres termes, lorsqu'il aura obtenu une autorisation de prospection (valide pour un an), réalisé dans le délai un inventaire d'allocation dont le seul Service du Ministère actuellement habilité à le faire ou à l'approuver est le SPIAF et enfin, présenté un projet d'investissement donnant les moyens d'exploitation envisagés et le type d'unité de transformation à implanter ;
- la Garantie d'Approvisionnement; accordée à l'exploitant qui aura réalisé au moins 50 % de l'investissement initial prévu. Elle a une validité de 25 ans renouvelable.

La gestion de l'allocation forestière revient à la DGRNR. Les données relatives à l'allocation seront exploitées auprès de cette Direction et présentées sous forme d'un tableau donnant les superficies allouées par région et par type forestier en fonction de ces deux formes d'allocation.
Les inventaires réalisées à travers les formations forestières couvrent une superficie de 20.040508 ha, soit 16 % de la superficie forestière du pays, dont 18.476.375 ha sont cartographiés;
En fonction des types d'inventaires, les résultats se présentent ainsi :

- inventaire d'allocation: 7.994.450 ha
- inventaire de pré-investissement: 8.452.200 ha
- inventaire d'exploitation: 600 ha
- inventaire d'aménagement: 5.293.029 ha.

La couverture des superficies inventoriées et/ou cartographiées par type de formation végétale se présente ainsi:

Tableau 45 : Couverture des superficies inventoriées et/ou cartographiée par type de formation végétale

 

SUPERFICIE (en hectare)

TYPE DE FORMATION

INVENTORIEE

CARTOGRAPHIEE

Forêt sur sol hydromorphe

633462

404580

Forêt semi-décidue

2276555

2273032

Forêt dense sèche dégrad.

565600

298600

Savane arborée et herbeuse

-

331516

Mosaïque de forêt claire savane

705216

705316

Forêt sempervirente

14729675

13463131

Végétation de montagne

10000

-

TOTAL

20040508

18476375

Source : SPIAF, 1994

En dehors des aires protégées, la chasse est réglementée par la même loi (n° 82-002 du 28 mai 1982) que dans les zones protégées, cependant sa gestion relève de la Direction de Gestion des Ressources Naturelles Renouvelables. La législation en cette matière marque la différence entre la chasse sportive et la chasse coutumière (traditionnelle).
L'interprétation des images satellites rend compte d'une superficie d'environ 555 Km² occupée par les plantations. En 1970, les exploitations agricoles traditionnelles couvraient une superficie d'environ 38.219 Km² et les exploitations modernes occupaient 3.458 Km² (Annuaire FAO, 1975). Les terres allouées à l'agriculture sont régies par la loi foncière, toutefois l'État reconnaît les droits traditionnels et coutumiers.

12.4.3. Écosystèmes aquatiques, côtiers et marins

Le régime juridique de la gestion des plans d'eau n'est pratiquement pas défini au Congo. En principe, les plans d'eau ne sont pris en considération qu'en tant qu'éléments constitutifs des écosystèmes terrestres et gérés comme tels. Néanmoins, les plans d'eau partagés sont de juridiction internationale et régis conformément aux conventions internationales en la matière.

12.5. CONSERVATION EX SITU

La conservation ex-situ au Congo est considérée comme si elle était subordonnée à la conservation in-situ plutôt qu'une alternative de conservation de la biodiversité. C'est le cas même dans la plupart des pays africains.
Les activités de conservation ex-situ sont associées aux jardins botaniques, aux parcs zoologiques, aux musées naturels, aux herbaria, aux facilités d'élevage en captivité et aux fermes semencières.
La plus importante institution congolaise de conservation ex-situ est l'Institut des Jardins Zoologiques et Botaniques du Congo (IJZBC), crée par ordonnance présidentielle en 1978.

12.5.1. Activités botaniques

L'IJZBC compte trois services de conservation botanique :

- le service botanique chargé de la recherche taxonomique, des études écologiques, phytosociologiques et phénologiques de la flore, ainsi que de l'entretien des herbaria ;
- le service agronomique chargé des fruits, du greffage des végétaux et autres plantes alimentaires, ainsi que de l'introduction et de l'extension, en milieu rural, des espèces économiquement importantes;
- le service horticole chargé de la culture, de la multiplication, du greffage des plantes ornementales.

On dénombre trois jardins botaniques au Congo :

- le jardin botanique de Kisantu (Bas-Congo), crée en 1900 et comportant près de 2.500 espèces veuves de toutes les régions tropicales du monde. La superficie est de 200 hectares. On y trouve des pépinières, une collection des semences, un arboretum de près de 200 espèces et un herbarium d'environ 5.000 spécimens ;
- le jardin botanique d'Eala (Équateur), avec une superficie de 370 hectares. Il compte un herbarium et un arboretum d'arbres fruitiers;
- le Parc de la Révolution, crée en 1936 à Kinshasa, avec une superficie de 6 hectares. On y dénombre près de 300 espèces de plantes.

Il existe trois autres herbaria au Congo; le plus important est celui de l'INERA à Yangambi avec 10.071 herbes, 7.953 plantes vasculaires, 1.399 fleurs, 1.969 graines, 141 écorces et 918 spécimens d'arbres représentant 111 familles et 1.454 espèces.
Le troisième herbarium appartient à l'UNIKIN et compte 8.313 spécimens dont 5.267 proviennent de Kinshasa avec 10 familles, 806 genres et 1.546 espèces.
L'INERA a aussi de petits herbaria à Yangambi, Nika, Mulungu, Kipoko, Mvuazi et Luki.
Le Service National de Reboisement a mis aussi en place en 1982 un arboretum au Centre Forestier de Kinzono, avec 73 espèces pour des études de croissance.
Le Service National des Semences (SENASEM) collectionne des semences végétales de maïs, de riz, de haricot, de soja, d'arachides et de vigne à plusieurs endroits du pays.
Il existe aussi plusieurs projets qui font la production et la multiplication des semences. On peut citer :

- le projet fruits et légumes autochtones du Bas-Congo, sur financement de la FAO ;
- le projet Kwango-Kwilu mené par une ONG belge et impliqué dans le domestication des espèces sélectionnées pour leur valeur nutritionnelle élevée ;
- le projet financé par l'UNICEF et mis en oeuvre par le Département de Biologie de l'Université de Kinshasa pour l'introduction des espèces exotique végétales comestibles.

Enfin, plusieurs organisations et projets se spécialisent dans l'importation et dans le propagation des espèces exotiques (Acacia, Eucalyptus, Cyperus, Pinus, Teek et Limba, espèces fourragères).

12.5.2. Activités zoologiques

L'IJZBC compte trois services en rapport avec la conservation zoologique ex situ :

- le service zoologique est responsable de l'identification de l'éthologie des animaux ;
- le service vétérinaire s'occupe des soins, de l'hygiène et de l'autopsie ;
- le service de documentation s'occupe des registres.

Depuis 1986, l'IJZBC a une convention avec l'ICCN pour la capture des animaux sauvages en vue du repeuplement des zoos. Le nombre d'animaux dans les zoos du Congo atteint presque 386 dont 87 espèces différentes parmi lesquelles 156 individus de mammifères, 141 oiseaux et 89 reptiles.
Le Congo compte au total 4 Jardins Zoologiques :

- le Jardin Zoologique de Lubumbashi, créée en 1932, avec une superficie de 16 hectares et 125 animaux ;
- le jardin zoologique de Kisangani, créé en 1951, avec une superficie de 89 hectares et 55 animaux ;
- le Parc Président Mobutu, créé en 1971 avec 17 hectares et 188 individus ;
- le Zoo de Kinshasa.

Les activités d'élevage en captivité sont fort limitées au Congo, en dehors du Parc Président Mobutu. De plus en plus, cependant des individus se donnent à cette activités dans plusieurs coins du pays et même à l'Université de Kinshasa.
Des éléphants sont également capturés à la Garamba pour une domestication.
Il existe aussi des projets d'élevage de poissons au Congo (pisciculture). Ils sont surtout concentrées dans le Bandundu et le Bas-Congo.
On rencontre quelques collections zoologiques dont la plus connue est celle de l'Université de Kinshasa.
Il n'existe aucune banque de spermes en soi au Congo. Le seul stock connu est celui utilisé pour l'insémination artificielle et les fermes d'élevage (Kamina, Tanganyika, Boma, Bunia et à N'sele). Ce stock est d'origine européenne et canadienne pour l'insémination des races africaines, mais ne constitue nullement une collection.

12.6. CONTEXTE PROVINCIAL DE LA DISTRIBUTION DE PROJETS DE DEVELOPPEMENT ET DE LEUR IMPACT

12.6.1. Distribution provinciale des projets de développement

L'évaluation faite en 1988 sur l'impact général des projets sur l'environnement au Congo a fourni des informations sur 154 projets de développement opérationnels financés par 22 différents bailleurs de fonds en plus du financement prévu dans le cadre du Programme d'Investissement Prioritaire (PIP).
La distribution provinciale des ressources naturelles est reprises au tableau 46 suivant tandis que le tableau 47 reprend la répartition provinciale des projets de développement.

Tableau 46 : Distribution provinciale des ressources naturelles

Province

% Superficie

% Forêts

% Terres boisées

% Savanes

% Mangroves

% Papyrus

Nombre total de projets

Kinshasa

0.1

-

-

-

100

-

9

Bas–Congo

2.6

1.0

4.0

3.6

-

-

22

Bandundu

12.6

14.3

8.1

14.1

-

-

21

Equateur

17.2

29.2

4.9

2.0

-

-

13

Haut-Congo

21.5

26.7

18.5

10.8

-

-

18

Kivu

10.9

15.2

7.3

4.0

-

4.8

16

Katanga

21.2

0.8

38.8

52.3

-

95.2

27

Kasai Or.

7.1

6.1

9.4

6.5

-

-

17

Kasai Occ.

6.7

6.6

8.0

4.7

-

-

11

Total

39.9

99.9

100.0

100.0

100

100.0

154

Tableau 47 : Répartition provinciale des projets de développement ayant un impact sur                         l'environnement

TYPE PROJET

KIN-
SHASA

BAS-
CONGO

BAN-
DUNDU

EQUA-
TEUR

PROV.
ORIENT.

EX-
KIVU

KA-
TANGA

KASAI OR.

KASAI OCC.

Capital Développement    

1

 

1

1

 

3

 
Infrastructure de transport  

2

1

2

1

2

3

2

3

Institutions agricoles et services connexes

3

7

8

3

7

7

12

8

3

Intensification de l'agriculture

4

5

5

3

3

3

7

3

3

Agriculture industrielle

1

2

2

4

5

2

1

2

-

Divers

1

5

5

-

1

2

1

2

2

TOTAL

9

22

21

13

18

16

27

17

11

Tableau 48 : Types d'impact : position occupée par chaque province au regard de ces impact et redistribution sur la population

IMPACT

PROVINCE

IMPACT DIRECT NEGATIF

POSITION

IMPACT INDIRECT BENEFIQUE

POSITION

REDISTRIBUTION SUR POP.

POSITION

Kinshasa

10.5

5

61.5

5

12.5

9

Bas - Congo

35.5

4

106.0

2

42.0

3

Bandund

25.0

5

99.5

3

37.0

5

Equateur

32.5

4

64.0

6

42.0

3

Prov.Orientale

41.5

1

52.0

4

53.0

2

Kivu

17.5

6

70.0

5

33.5

7

Katanga

38.0

2

114.5

1

35.0

1

Kasai Oriental

15.0

7

64.0

6

35.0

6

Kasai Occ.

7.5

9

47.0

9

27.5

8

Enfin, les problèmes environnementaux spécifiques à chaque province, exception faite de la province de Kinshasa, sont succinctement décrits dans les lignes qui suivent.

12.6.1.1. Province du Bas- Congo

A cause de sa proximité avec Kinshasa et sa densité de population non urbaine élevée (21,7 Hab./Km²) en 1970 par rapport à la moyenne nationale (7,9 Hab./Km²), la végétation naturelle de la province a considérablement subit de modifications (plus que partout au Congo).
Dans le district du Bas-Fleuve, la surexploitation des forêts de Mayumbe, le développement de l'agriculture traditionnelle, le développement de l'agro-industie et la récolte de bois ont été tous associés à la réduction des forêts primaires de Terminalla superba en reliques fragments et leur substitution par la culture vivrière, la jachère forestière et la forêt secondaire dominée par Marantaceae.

12.6.1.2. Province de Bandundu

Les principales activités économiques dans les forêts du Nord de Mai-Ndombe et dans le District de Kwilu comprennent l'exploitation forestière industrielle et traditionnelle, l'agriculture traditionnelle et les activités agro-industrielles.
La déforestation et la diminution des ressources forestières aussi bien que la réduction des terres agricoles et de leur potentialité sont remarquables spécialement dans la District du Kwilu. Dans les Districts de Kwilu et de Kwango, où se rencontrent de nombreuses activités agricoles et pastorales, la perte de la biomasse forestière serait surtout due à l'agriculture traditionnelle et à l'exploitation de bois pour la production du bois de feu et / ou charbon de bois.

12.6.1.3. Province de l'Équateur

Avec une densité de population non-urbaine (5,8 hab./km²) considérablement moins élevée par rapport à la moyenne nationale, la province de l'Équateur connaît très peu de problèmes environnementaux comparés à beaucoup d'autres provinces. Toutefois, l'agriculture traditionnelle et l'agriculture industrielle sont considérées comme facteurs de déforestation ayant un impact très négatif sur le sol dans les territoires de Gemena, Bumba, Businga et Libenge.

12.6.1.4. Province Orientale

La plupart des forêts de la Province Orientale sont connues pour avoir été peu affectée par les projets de développement mais la déforestation résulte principalement de l'agriculture traditionnelle et de l'agriculture moderne, et de l'exploitation forestière dans le district de Haut-Uélé et Tshopo. Dans les zones de savanes, là où la densité de population est relativement élevée et à haut potentiel agro-pastoral, les problèmes qui prévalent sont la déforestation et la dégradation du sol, les feux de brousse et les conflits sociaux entre éleveurs et agriculteurs.

12.6.1.5. Province de l'ex-Kivu

Cette province possède un excellent potentiel d'utilisation de terre à la fois pour l'agriculture et l'élevage. Elle possède un plus grand relief topographique et de plus importantes ressources biologiques du Congo. La disparition d'arbres sur les collines et les montagnes et le surpâturage sont à la base de l'érosion de sols dans les territoires de Masisi et d'Uvira. La déforestation résultant de l'agriculture itinérante sur brûlis et de la production du bois de feu a atteint de niveaux critiques dans certaines territoires où l'on continue à couper dans les réserves forestières classées. Cette situation s'est aggravée avec l'arrivée massive des réfugiés rwandais (voir point 5.1.4.3.).

12.6.1.6. Kasaï Oriental

Les problèmes environnementaux les plus connus restent la déforestation de galeries forestières et des forêts secondaires due à l'agriculture traditionnelle et aux coupes dans la forêt et la réduction drastique de la biomasse de terres résultant de feux de brousse, de l'agriculture traditionnelle et de l'exploitation forestière à des fins énergétiques.

12.6.1.7. Kasaï Occidental

La déforestation à des fins de production d'énergie domestique d'une part et l'usage de feux de brousse dans les savanes et les terres boisées à des fins agricoles et de la chasse d'autre part constituent des principaux problèmes environnementaux que connaît cette province.

12.6.1.8. Katanga

La déforestation excessive au Katanga en général et dans les Territoires de Kipushi, Lubumbashi, Likasi et Kolwezi a pour causes principales l'agriculture itinéraire sur brûlis et la récolte de bois de feu. L'érosion, du sol, la latérisation et les problèmes liés constituent également des problèmes environnementaux dont souffre cette province. Il en est de même de pollution dans les zones à activités minières (Lubumbashi, Kolwezi, ....).

12.6.2. Impacts de projets de développement sur les forêts tropicales et sur la diversité biologique

12.6.2.1. Considérations générales

Les impacts directs et indirects de projets de développement sur la déforestation tropicale et par extension sur la biodiversité sont très variables d'un projet à un autre et d'un milieu à un autre.
Dans beaucoup de cas, de projets de développement contribuent à l'augmentation de la déforestation dans leur proximité immédiate et à sa baisse (ou diminution) sur des sites éloignés.
Les impacts directs de projet de développement sont, pour la plupart, généralement faciles à évaluer parce qu'ils sont les plus prévisibles et visibles. Ceci est particulièrement vrai dans le cas de projets miniers ou ceux de construction de barrage, lesquels peuvent entraîner de changements considérables et durables sur l'environnement. L'impact direct de ceux-ci et tous les autres projets affectant directement l'environnement peut généralement être définis en terme de l'étendue géographique de leur effet et être évalué en termes de qualité de ressources biologiques affectées.
Les impacts indirects, sont de loin plus difficiles à évaluer et trois considérations majeurs sont typiquement requises pour cette évaluation. La première considération est liée à la modification de l'environnement résultant de coupes et de feux de brousse à des fis des pratiques agricoles plus sédentaires. Une telle intensification de l'agriculture a été décrit comme un des moyens efficaces pour baisser le taux de déforestation parce que les agriculteurs sont alors de plus en plus attachés à leur terre.
Ainsi donc, dans un contexte régional, n'importe quel projet qui sert à accroître la rentabilité par unité de surface de terre cultivée, à réhabiliter ou améliorer la jachère forestière, à prolonger la période de temps de mise en valeur d'un lopin de terre avant sa mise en jachère, à accroître le nombre de petits agriculteurs planteurs d'arbres, à développer des pratiques culturales intensives, à accroître la capacité de production des petits cultivateurs, etc., etc., peut, dans un seul coup, indirectement baisser le taux et l'extension de la destruction de la forêt tropicale.

La seconde considération dans l'évaluation de l'impact indirect des projets de développement sur la déforestation est liée à l'emploi de la main-d'œuvre locale. Étant donné que la déforestation au Congo est surtout due aux activités agricoles, n'importe quel projet susceptible de fournir une alternative à l'agriculture traditionnelle peut d'une façon générale contribuer à baisser le taux de déforestation.

Enfin, la troisième considération majeure est liée à l'effet de projets sur la distribution de la population. N'importe quel changement dans la distribution de la population peut aboutir à une augmentation de la déforestation dans certains sites plus proches du site d'implantation du projet et à une baisse de la déforestation sur des sites très éloignés. Il est important, lors de l'évaluation des impacts indirects de définir d'une part la (les) zone (s) d'augmentation de la densité de la population (relativement aisée) et d'autre part la (les) zone (s) à densité de population décroissante (habituellement difficile).

12.6.2.2. Caractérisation de l'impact de l'activité du projet

Les différentes composantes de projets de développement répartis à travers le pays sont reprises dans le tableau 49 tandis que leurs impacts direct et indirect sur la déforestation sont visibles dans le tableau 50.

Tableau 49 : Répartition provinciale des composantes des projets de développement ayant un impact sur l'environnement au Congo

Tableau 50 : Impacts direct et indirect des projets de développement sur la conversion des forêts tropicales

12.7. PROBLEMATIQUE DE LA CONSERVATION DE LA BIODIVERSITE

12.7.1. Écosystèmes terrestres

12.7.1.1. Conservation et gestion des aires protégées

1°) Étendue et condition des aires protégées

Parcs Nationaux
Les parcs nationaux, avec leurs beaux paysages et leurs riches populations des grands animaux, constituent l'attrait touristique principal du Congo, et fournissent également, à un degré fort variable, le protection de la faune sauvage dont le nombre diminue. Ces parcs assurent également des terrains propices aux recherches scientifiques. Le système de parcs est vaste et bien établi. Ayant débuté en 1925 avec la création du Parc National Albert (actuellement des Virunga) suivi en moins de cinq ans par celle de la Garamba (1938) et de l'Upemba (1939). Au moment de l'indépendance du Congo, le système des parcs s'étendait sur 2.300 Km². Quatre nouveaux parcs furent créés en 1970 (Salonga, Maïko, Kahuzi-Biega et Kundelungu), portant la superficie totale à 70.200 Km² avant l'agrandissement du Parc National de Kahuzi-Biega de 60 à 600 Km².

2°) Aménagement des aires protégées

L'essentiel des efforts d'aménagement des aires protégées au Congo porte sur les parcs nationaux, particulièrement de l'Est du pays, où les populations des gorilles des montagnes et autres animaux sauvages, associées à des paysages de savane et de montagne, sont d'un attrait particulier pour les touristes.
La gestion de parcs nationaux et d'un certain nombre des réserves de faune sont du ressort de l'Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN). Créé en 1978 par Ordonnance- Loi n°78/190 pour succéder à l'Institut National pour la Conservation de la Nature (INCN), l'ICCN fonctionne sous la tutelle du Ministère de l'Environnement, Conservation de la Nature et Tourisme (MECNT) et emploie actuellement environ 2.000 personnes dont 1.500 gardes de parcs.
La Direction de la Gestion des Ressources Naturelles Renouvelables (DGRNR) est quant à elle responsable de la gestion des réserves forestières, des réserves de faune et des domaines de chasse, mais elle n'a jamais eu les fonds et les ressources en personnel nécessaire pour bien remplir son mandat.
Quant aux réserves MAB, leur gestion est du ressort du Programme National MAB.

3°) Menaces qui pèsent sur les aires protégées

La déforestation et le braconnage sont les deux principales réserves qui pèsent le plus directement sur les aires protégées. Il est à noter que les pressions les plus sérieuses résultant de la déforestation affectent les provinces les plus densément peuplées des Nord-Kivu, Sud-Kivu et du Katanga, alors que le problème de braconnage est plus accentué dans les parcs les moins accessibles et où la forêt est plus dense.
A l'extérieur de certains parcs nationaux, les forêts naturelles ont été affectées par l'exploitation forestière, les conversions en terres agricoles permanentes et la culture itinérante sur brûlis. Certains parcs sont particulièrement vulnérables à l'impact de l'exploitation forestière dans les zones avoisinantes, tel est le cas du Parc National de Salonga.
Dans la province du Nord-Kivu, dans la zone du Parc National des Virunga, la pression de la population et l'existence d'un système foncier féodal, ont contribué à des graves empiétements dans la forêt de Tongo un habitat très important pour la chimpanzé.
Les défrichements illicites constituent également un sérieux problème pour les réserves de la Luki et de la Lufira. Les usages prévues dans les zones tampons de la réserve de la Luki ont régressé au profit de la pratique destructive de l'agriculture itinérante sur brûlis. Quant à la réserve de la Lufira, une bonne partie de sa superficie est sérieusement entamée du fait d'une surexploitation résultant de la production du bois de feu ou charbon de bois.
Les animaux sauvages qui sont vulnérables au braconnage (hippopotames par exemple) ont été dans une large mesure exterminés à l'intérieur comme à l'extérieur de parcs nationaux ou des zones étroitement surveillées.

12.7.1.2. Conservation et gestion en dehors des aires protégées

Les problèmes de conservation et de gestion en dehors des aires protégées se posent de façon très variables d'un secteur à un autre secteur.
Concernant le secteur forestier, les problèmes les plus cruciaux concernent :

- le mode d'allocation des forêts de production et le non respect de cahier de charge ;
- le manque de contrôle en ce qui concerne l'exploitation forestière industrielle pratiquée dans la majorité des réions du pays. Il en est de même en ce qui concerne l'exploitation traditionnelle, pratiquée pour les scieurs de long. Ces derniers exploitent les ressources forestières sans respect aucune des normes établis et concernant le diamètre exploitable autorisé par la législation ;
- la gestion de la biodiversité, les inventaires forestiers tels que pratiqués à ce jour, sont loin d'être biologiques et concernent beaucoup plus les produits forestiers ligneux ;
- le manque de données statistiques fiables concernant les Produits Forestiers Non Ligneux (PFNL). Il n'existe de ce fait aucun plan de gestion de ces produits;
- la mise en feu des forêts à des fins agricoles et de chasse ;
- la récolte intensive des bois de feu surtout à proximité des grands centres urbains.

En ce qui concerne les écosystèmes aquatiques, les problèmes ci-après démontrent à suffisance l'absence des plans rigoureux de conservation et de gestion de ces ressources naturelles, à savoir :

- l'ambiguïté de droit de propreté
- l'attribution de droit d'exploitation; le plan directeur de pêche non exécuté à ce jour ;
- le contrôle de l'exploitation.

12.7.1.3. Bois de feu et environnement urbain

Environ 76 % des besoins totaux du Congo en énergie sont satisfaits à partir du bois de feu coupé ou récolté dans la forêt bien que cette production en bois de feu varie d'une province à une autre.
A cette déforestation excessive à des fins énergétiques, il y a lieu d'ajouter d'autres facteurs tels que l'extension des villes urbaines et ainsi que la pression sur la forêt à des fins pratiques agricoles.

Les données sur l'effet de la déforestation urbaine au Congo sont reprises dans le tableau 51.

Tableau 51 : Données sur l'effet de la déforestation urbaine au Congo

VILLE

POPULATION, année de référence

RAYON DÉBOISÉ (km)

SURFACE DÉBOISÉE (Km²)

VOLUME DE BOIS DE FEU (mm3/an)

SACS DECHARBON DE BOIS X1000/an

Kinshasa

2000000 (1979)

50

7854

1.2

-

Kisangani

425000 (1980)

15

707

-

-

Kolwez

218000 (1982)

50

7854

-

-

Likasi

200000 (1982)

20+

1257

0.034

415

Lubumbashi

534000 (1980)

30, 18, 10

2827, 1015, 2827

-, 0.06, 0.084

-, 415, 1011

Le cas de la déforestation autour de Lubumbashi constitue un cas unique. Cette ville était constituée en 1900 d'au moins 92% de forêts et de terres boisées. La déforestation a significativement commencé en 1910 avec l'exploitation minière, la création des villes de Lubumbashi et de Kipushi, la construction du chemin de fer, la création des fermes et des centres ruraux autour des villes et l'apparition de marchés de bois de feu et/ou charbon de bois. Bien qu'en général, une augmentation de l'utilisation de l'électricité, du charbon et du gasoil pour les trains a réduit la consommation du bois de feu même au-delà de ce qu'il aurait pu être, l'électricité n'a amené qu'une petite et moyenne industrie ainsi que dans les foyers. L'augmentation continue de la population urbaine a entraîné une augmentation globale du bois de feu, d'environ 6,5 % par an en 1981. En outre, la ville de Lubumbashi a consommé en 1983 environ 2.800 sacs de charbon de bois, 550 m3 de bois de feu et plus de 100 m3 de bois de construction et pour d'autres divers objectifs. L'impact de déforestation sur les différents types de végétation a d'ailleurs été inégal en 1984, à savoir : environ 97,9 % de forêt dense riveraine, 60,5 % et 15,4% des forêts denses et sèches ont été affectées. Au total 21,6% des terres boisées et des forêts de différents types ont été affectés par la demande urbaine de bois de feu.

12.7.1.4. Déforestation

La déforestation a plusieurs causes mais celles qui sont les plus connues et plus remarquables dans notre pays sont succinctement décrites dans les lignes qui suivent.

1°) Agriculture

Au Congo et avant l'intervention de l'économie du marché, le système traditionnel était organisé sur la base d'une société rurale compartimentée en clans et tribus, assurant à ses membres un niveau de subsistance que seule des cataclysmes et des guerres pourraient perturber.
L'intervention de la colonie fut à l'origine du caractère dualiste de l'agriculture : d'un côté les cultures d'exportation avec une technologie fort avancée, et de l'autre, des cultures vivrières, souvent spoliées de leurs meilleures terres et utilisant les technologies traditionnelles souvent primitives.
Pour le paysan en agriculture de subsistance (culture vivrières), le milieu forestier lui procure un meilleur rendement que les conditions de savane. De même, plusieurs cultures de rente dite permanente intéressant l'exportation ou le marché intérieur s'accommodent mieux d'un climat forestier.
Ainsi, l'exportation de l'agriculture au Congo, rationnellement ou non, nécessite la conversion des forêts en sites d'exploitation agricole pour répondre aux besoins humains dans les prochaines décennies. Dans ces conditions, la forêt constitue l'agent de prédilection pour la production de l'agriculture itinérante. Là où prédomine la culture sur brûlis, les pressions démographiques ont commencé à se faire sentir à un point tel qu'il faut solliciter les capacités du sol à produire par la réduction de la jachère forestière; ceci n'est pas sans affecter le rétablissement de la fertilité des sols et les rendements agricoles.
On estime aujourd'hui que cette forme d'agriculture, avec une durée de jachère de plus en plus proche de trois ans dans les zones densément peuplée, affecte déjà deux millions d'hectares chaque année. A ce rythme, la forêt du Congo disparaîtrait en 50 ans si l'on s'adressait qu'à elle pour cette forme de production.

2°) Exploitation forestière

Au Congo, l'exploitation forestière se déroule selon la technique couramment utilisée dans l'exploitation tropicale des forêts tropicales. Les principales activités de cette technique sont la prospection, l'abattage, le débusquage, le tronçonnage, le chargement et le transport. Cette exploitation touche annuellement, selon les données officielles, à environ 100.000 hectares de forêt pour une production moyenne d'environ 500.000 m3 seulement pour l'ensemble de sept entreprises les plus importantes. Le reste de la production provient des petites "gruiers" et de "scieurs de long".
En plus de l'écrémage pratiqué, ce type d'exploitation forestière provoque un déboisement estimé à 6% en superficie; soit environ 6.000 hectares chaque année. Les experts estiment que la superficie définitivement déboisée est représentée par les routes ouvertes, les beach, les camps, etc. atteint 2% soit environ 2.000 hectares pour le Congo. Une telle pression n'est que peu préjudiciable, en soi, à l'écosystème forestier.
Enfin, l'exploitation forestière Congolaise ayant été traditionnellement structurée en fonction de l'exportation des produits et à la suite de l'épuisement de la forêt de Mayumbe qui est bien située par rapport à cette politique de marché, l'allocation actuelle de la ressource pesage nettement les fortes pressions qui vont peser sur les forets situées le long du fleuve Congo et de ses principaux tributaires.

3°) Autres causes

a) Envahissement de l'Est du Congo par les Réfugiés Rwandais

Un afflux soudain de 1,5 à 2 millions de réfugiés rwandais confinés dans des aires très limitées, est susceptibles d'avoir de nombreux impacts directs et indirects sur les forêts des Nord et Sud-Kivu en particulier et sur l'environnement de ces deux provinces en général.
Face au besoin d'approvisionnement en bois de feu et de construction d'abri, tous les arbres des sites occupés par les réfugiés à leur arrivée, ont été coupés. Dans le Sud-Kivu, le gouvernement Congolais, a estimé que cette province a perdu 3.758 hectares de terres forestières en trois mois seulement dès l'arrivée des réfugiés.
Concernant le déboisement dans le Nord-Kivu, les parties sévèrement touchées se trouvent à Goma et ses environs, et dans le Parc National des Virunga. A Goma, l'ensemble de la superficie déboisée a été estimée à 300 hectares.

b) Croissance démographique

La croissance démographique et les exigences du développement économique, la mise en place de certains biens d'équipement tels les aéroports, les lignes de transmission d'énergie et l'extension des villes et autres agglomérations entraînent souvent aussi des déboisement importants.

c) Tourisme

Certains types de forêt du Congo constituent des sites de prédilection pour certains espèces devenues rares sur la terre. Cette situation est à l'origine de certains aménagements touristiques qui sont, ni pus ou moins, le départ d'une forme de pression sur la forêt.

12.7.2. Écosystèmes aquatiques, marins et côtiers

Les problèmes majeurs relatifs aux droits de propriété et d'exploitation de ces écosystèmes, au problème de contrôle de l'exploitation et à l'absence d'un plan rigoureux de gestion caractérisent à ce jour la problématique de la conservation et de gestion de ces écosystèmes.
Concernant l'exploitation de ces écosystèmes, il est à noter l'inexistence d'une "industrie nationale de pêche". Toutefois, pour les quelques rares coopératives ou organisation de pêcheurs, les problèmes les plus importants rencontrés actuellement sont logistiques, économiques et sociaux plutôt qu'environnementaux au sens strict.
L'exploitation nationale de la ressource est confrontée aux problèmes suivants:

- pénurie des matériaux de base, tels que le nylon pour la fabrication des filets et le sel pour la conservation des poissons. Ces problèmes sont logistiques ;
- manque d'embarcations marines, lacustres et fluviales et/ou de pièces de rechange pour réparer celle existante ;
- problème de ravitaillement en carburant pour l'utilisation de "hors-bord" ;
- manque de crédits ;
- absence d'une organisation centrale de pêcheur artisanaux et "industriels" (exemple : il y la aucun système cohérent d'étude d'organisation de marché) ;
- absence d'un plan de gestion rationnelle de la ressource et des écosystèmes.

12.8. PLANIFICATION ENVIRONNEMENTALE

Pour le moment, le Congo ne dispose pas d'une stratégie nationale de gestion de l'environnement et des ressources de la biodiversité. La formulation d'une telle stratégie requiert aussi la contribution d'un groupe de professionnels dont le Congo ne dispose pas en nombre suffisant. C'est pourtant à partir de cette stratégie nationale qu'il sera possible de développer des stratégies sectorielles ou provinciales.
D'autre part, pour une gestion saine de l'environnement et des ressources naturelles, il est essentiel de disposer d'un rapport fiable et complet sur l'état de l'environnement au Congo. C'est avec une telle base de données que les conditions environnementales pourraient être surveillées régulièrement. Un profil environnemental avait été préparé dans le cadre de la CNUED 1992, mais il reste beaucoup à faire.
Toutefois, certains secteurs des ressources ont bénéficié d'une attention de la part du Gouvernement. Des plans directeurs ont ainsi été élaborés par ces secteurs. C'est le cas du secteur forestier, du secteur des pêcheurs et des aires protégées.

12.8.1. Écosystèmes terrestres

12.8.1.1. Schémas provinciaux d'aménagement du territoire

L'État avait pressenti le besoin de mettre l'accent sur "la maîtrise et la gestion de l'espace physique" pour concilier le développement économique du pays avec celui des provinces.
Ainsi, une esquisse du Schéma National d'Aménagement du Territoire a été élaborée en 1982 par le Bureau d'Etudes d'Aménagement et d'Urbanisme (BEAU). Cette esquisse, approuvée par le Gouvernement en 1983, a ouvert la voie à l'élaboration des schémas provinciaux. Malheureusement, cette initiative s'est arrêtée à 4 provinces (Bas-Congo, Nord et Sud-Kivu, Équateur), la coopération ayant été suspendue après les tristes événements de 1990. Ces schémas provinciaux constituent un cadre essentiels:

- pour la connaissance du territoire et de ses potentiels ;
- pour la définition des perspectives d'avenir et des priorités d'aménagement ;
- pour la sélection et la mise en cohérence de différents projets nationaux, financés ou non sur ressources extérieures.

Un troisième document de référence pour l'aménagement du territoire devait être représenté par les Plans de Développement Urbain des principales agglomérations du pays.

12.8.1.2. Planification sectorielle

1°) Programme d'Action Forestier National (PAFN)

De 1987 à 1988, la Banque Mondiale a financé l'Institut International pour l'Environnement et le Développement (IIED) afin d'aider le Congo pour identifier les contraintes qui entravent le développement du secteur forestier et des terres forestières.
Fort de ce diagnostic et sur base des principes du Programme d'Action Forestier Tropical (PAFT) adopté en 1985 par la FAO, le Congo a bénéficié du leadership du Canada pour élaborer son PAFN. Ce processus a connu la participation de la Banque Mondiale, de la Banque Africaine de Développement, le PNUD, la CEE et la République d'Allemagne.
Pour les cinq domaines prioritaires du PAFT, le PAFN du Congo à retenu 97 actions à entreprendre à court, moyen et long termes dans le but d'harmoniser le secteur forestier avec les autres secteurs économiques du pays.
Malheureusement, en dehors des aires protégées du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, du Province Orientale et du Bas-Congo, la mise en oeuvre de ce PAFN souffre d'un manque de financement conséquent.

2°) Plans directeurs des parcs nationaux

Non seulement qu'il n'existe à l'heure actuelle, aucun plan national de mise en place d'un réseau des aires protégées du pays, celles existantes ne disposent pas toutes d'un plan directeur ou de gestion .
Le Plan directeur élaboré pour le Parc National des Virunga toujours d'être publiés et des données de base risquent de perdre de l'actualité notamment avec l'impact des réfugiées rwandais.
Le Parc National de Kahuzi-Biega dispose d'un plan de gestion qui bénéficie d'un financement conséquent de la coopération technique allemande.
La réserve de faune à Okapi sera bientôt dotée d'un plan de développement grâce à un financement de la Banque Mondiale. Cette même institution a appuyé l'ICCN pour l'élaboration d'un plan de gestion du Parc Marin des Mangroves mais ce processus se trouve bloqué à l'heure actuelle pour diverses raisons, notamment, l'arrêt de la coopération avec le Congo.

3°) Plans d'action des réserves de biosphère

Le projet du Programme MAB de l'UNESCO concerne la mise en place d'un réseau international et coordonné des "réserves de la biosphère". Le but de ces dernières est de permettre la recherche écologique, fondamentale et appliquée, à la fois dans les milieux naturels et dans les milieux altérés. L'intérêt de ces aires est d'offrir des bases scientifiques de référence permettant de mesurer les changements à long terme de la biosphère; elles sont donc importantes pour la surveillance continue de l'environnement. Outre la recherche, les réserves de biosphère ont pour fonctions : la conservation in situ, l'éducation et la formation, ainsi que la coopération au développement, notamment dans la perspective du développement rural intégré.
Malheureusement, des trois réserves de Biosphère du Congo, une seule, celle de la Luki, a fait l'objet d'un processus de planification et de la définition d'un projet de développement rural intégré. Si la Réserve de la Lufira a complètement perdu son intérêt, celle de Yangambi et, surtout celle de la Luki, subissent des agressions qui compromettent gravement leur statut.

12.8.2. Écosystèmes aquatiques

En matière de planification gouvernementale, les plans d'eau du Congo n'ont jamais été considérés en tant qu'habitats et écosystèmes naturels, mais plutôt pour leur contribution à la production nationale halieutique de manière à réduire les énormes importations en produits de pêche. Cette vision a motivé l'élaboration avec le concours de la FAO, du Plan Directeur des Pêches dont la mise en oeuvre est peu conséquente. Dans ce domaine, même la loi est inadaptée à la réalité actuelle. De même, les accords internationaux, régionaux et sous-régionaux qui représentent des opportunités d'action pour une utilisation durable de ces ressources, ne sont pas l'objet d'un suivi approprié.

12.8.3. Faune terrestre et aquatique

En dehors de la faune de certaines aires protégées, comme le parc National des Virunga, les inventaires de la faune sont très sporadiques au Congo. La planification, dans ce domaine, pour le but d'une conservation et d'une utilisation durable demande d'être initiée et soutenue.

12.9. DIFFICULTES RENCONTREES

La gestion des écosystèmes naturelles du Congo, bien qu'ayant préoccupé depuis longtemps le Gouvernement, est surtout axée sur une gestion pour accroître la contribution des ressources naturelles au PIB et servir également aux exportations, à l'équilibre de la balance des paiements.
La conception pour une gestion intégrée et une utilisation durable de ces ressources ne transparaît pas de façon claire dans les outils et politiques de gestion du pays.
A l'heure qu'il est, le bilan de la gestion des écosystèmes naturels est difficile à établir pour plusieurs causes, notamment :

- les documents de référence les plus en vue dont vieux de plusieurs années et même parfois non disponibles au pays ;
- la cartographie du territoire est vieille de plusieurs décennies ;
- l'Institut Géographique du Congo n'est plus opérationnel ;
- le Bureau d'Etudes d'Aménagement et d'Urbanisme (BEAU) a perdu toutes ses ressources techniques.

A part les cartes du territoire national, des provinces, des districts, des communes et de certaines secteurs, il est impossible de disposer, à une échelle convenable, des cartes des sites à cibler dans l'étude, sauf pour les anciennes aires protégées.
Les statistiques fiables ne sont pas disponibles sur certaines activités en rapport avec les écosystèmes naturels (superficies, intensité de chasse, intensité de pêche...).
Enfin, il est difficile, faute des données accumulées pendant une longue période, d'élaborer des bonnes tendances en rapport avec l'état et l'évolution des habitats.

12.10. PROCESSUS POUR LA FINALISATION DU TRAVAIL

Plusieurs autres volets de l'étude vont apporter des information sur les modes de gestion des écosystèmes naturels. L'équipe aura ainsi à tirer profit de ces données en faisant un travail d'intégration.
D'autre part, certaines cartes seront conçues pour mieux traduire le degré de vulnérabilité de certains habitats ou écosystèmes.
Enfin, la collecte de l'information va se poursuivre pour compléter le dossier qui devra aussi faire état de l'ensemble des sources des données.

12.11. ANNEXES

12.11.1. Annexe 1

12.11.2. Annexe 2: Critères de classification climatique de Köppen

Cette classification détermine 5 grandes zones qu'on symbolise par les lettres majuscules, A, C, D, E et B; déterminant une subdivision primaire en fonction de la température.
Au Congo, on se limite aux lettres A et *

A: climat humide tempéré chaud - la température du mois le plus froid est compris entre –3°C et 18°C. La température du mois le plus chaud est supérieure à 10°C.
Aux lettres A et C, sont associés les lettres F et W précisant le régime de précipitation.
F: pas de saison sèche distincte; chaque mois a au moins 60 mm de précipitation.
W: au moins un mois a moins de 60 mm de précipitation.

Les chiffres accompagnant cette lettre correspondent à la durée en mois de la saison sèche.

12.11.3. Annexe 3 :

12.11.4. Annexe 4 : Liste des cartes disponibles (à exploiter)

1. Carte forestière synthèse du Congo
2. Carte de lacs et plans d'eau du système fluvial du Congo
3. Carte hydrographique du Congo (E : 1/300000)
4. Cartes des aires protégées (E : 1/800000)

- Parcs nationaux
- Domaines de chasse et réserves de faune

5. Carte des blocs inventoriés
6. Carte administrative (E : 1/750000)
7. Carte actualisée d'allocation forestière (E : 1/800000)
8. Carte de location des industries forestières (E : 1/800000)
9. Carte des principales zones de peuplement (E: 1/750000)
10. Carte des potentialités agricoles, BE/U 1990
11. Carte des sols (E : 1/100000).

12.11.5. Annexe 5: Listes des réserves MAB, des domaines de chasse et autres réserves de faune.

Liste des réserves MAB et autres réserves naturelles du Congo.
Liste des domaines de chasse et autres réserves de faune du Congo
Liste des réserves forestières du Congo.

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Dernière mise à jour: le 20-04-2005


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