Etat de la diversité biologique en République Démocratique du Congo
Niveau de connaissance, utilisation, gestion et menaces


CHAPITRE 3: FAUNE

3.1. INVERTÉBRÉS

3.2. VERTÉBRÉS
3.2.1. Vertébrés aquatiques
3.2.1.1. Les poissons
1) Richesse spécifique
2) Espèces menacées
3) Zones de pêche
4) Menaces sur les zones de pêche
3.2.1.2. Les amphibiens
3.2.1.3. Les reptiles
1) Chéloniens
2) Crocodiliens
3) Varans
4) Ophidiens
3.2.1.4. Les oiseaux
3.2.1.5. Les mammifères
3.2.2. Vertébrés terrestres


3.2. VERTÉBRÉS

3.2.1. Vertébrés aquatiques

3.2.1.1. Les poissons

1°) Richesse spécifique
La faune ichthyologique du Congo compte une quarantaine de familles représentant plus de 1.000 espèces de poissons dulcicoles dont près de 800 vivent dans le système du fleuve, et le reste dans les lacs de l'Est (Albert, Édouard, Kivu et Tanganyika). Selon les milieux qu'ils occupent, on distingue les poissons marins, d'eau douce et d'eau saumâtre.
A l'embouchure du fleuve Congo, les poissons marins sont représentés par les familles des Clupeidae, Petraodontidae, Cichlidae, Anabantidae et Cyprinodontidae.
Les poissons d'eau douce sont représentés entre autres par les familles des Mormyridae, Characidae, Citharinidae et Cyprinidae.
Les grands Citharins et les grands Distichodus vivent dans le fleuve pendant que la plupart des Citharinidae se rencontrent dans les rivières.
Les Cypinidae possèdent deux espèces extrêmement abondantes dans le Pool Malebo. Le Barbus peuropholis et Leptocypris modestus.
Les Bagridae sont très caractéristiques dans le fond meuble du grand fleuve. Les Mochocidae sont communs dans le fleuve Congo.
Dans le Lac Albert, le potentiel halieutique est réparti de la manière suivante:
- Alestes distichodus: 45 %
- Lates sp: 30 %
- Hydrocyon sp: 10 %
- Oreochromis sp, Clarias sp,Citharinus sp et autres espèces: 15%
Dans le Lac Édouard, l'espèce Oreochromis niloticus est numériquement dominante.
Au Lac Kivu, Limnothrissa miodon introduit par Collart (1958-1960) représente 90 % du potentiel halieutique.
Le Lac Tanganyika renferme près de 300 espèces dont les plus caractéristiques appartiennent à la famille des Clupeidae (Stolothrissa tanganicae, Limnothrissa miodon), de Cichlidae et des Centropomidae.
Au Lac Moëro, les genres les plus représentatifs sont: Alestes, Tilapia, Oreochromis, Serranochromis et Hydrocyon.
Une liste de 32 familles comprenant 591 espèces est consignée dans les Annexes techniques de la monographie.
Les espèces exotiques des poissons sont d'origine nilotique, zambézienne et américaine.
- Espèces d'origine nilotique: Protopterus annectens, P. aethiopicus, Polypterus bichir katangae, P. senegalensis meridionalis, Ichthyoborus besse congolensis, Oreochromis niloticus, Notobranchus brieni, Heterotis niloticus.
- Espèces d'origine zambézienne: Serranochromis sp., Oreochromis macrochir, Haplochromis philander, Haplochromis mellandi.
- Espèces d'origine américaine: Lepomis macrochirus, qui est domestiquée dans les étangs du Katanga.

La majorité des espèces ont une large répartition géographique et sont considérées ubiquistes.

2°) Espèces menacées
Labeo altivelis est en voie de disparition au Lac Moëro suite à l'utilisation des engins de pêche prohibés.
La fréquence des poissons de petite taille dans les prises d'Oreochromis niloticus au Lac Édouard indique une forte pression sur l'espèce par les engins prohibés.
Chrysichictys wagenaari du Kwango est également en voie de disparition.
Citharinus Citharus du lac Albert est en péril en raison de la décimation des géniteurs.

3°) Zones de pêche
a. Système fluvial
a.1. Bief Bukama-Kongolo
L'absence de chutes et de rapides permet la pratique de la pêche dans cette région.
a.2. Bief Kisangani-Basoko
Dans sa partie supérieure, le fleuve coule entre des rives serrées, les surfaces inondées étant assez réduites. La pêche y est donc plus restreinte. A ceci, il faut ajouter les eaux des affluents et le nombre limité d'îles, qui, notamment, jouent un rôle fondamental dans la croissance des alevins.
a.3. Fleuve Congo, de Basoko au chenal d'Irebu
Il s'agit de la région la plus poissonneuse étant donné que le fleuve passe par les plaines inondées de la cuvette zaïroise et, surtout, par les vastes surfaces inondées incluses entre les rivières Mongala et Giri définies comme véritables greniers à poissons.
a.4. Chenal d'Irebu à Bolobo
Sur sa rive droite,le fleuve reçoit les apports en poisson de la Cuvette Centrale qui, même s'ils ne sont pas aussi riches que ceux de la région en amont, sont cependant importants.
a.5. De Bolobo au Pool Malebo
Au début de cette zone, le fleuve coule entre deux rives droites jusqu'à la grande expansion du Pool Malebo. Les espaces inondés de cette région étant assez réduits, la jonction naturelle sera en conséquence faible.
b. Système lacustre
b.1. Lac Tanganyika

Les zones actuelles de pêche correspondent à la structuration administrative du Lac. Le Lac est divisé en deux zones:
- Tanganyika-Nord, qui comprend les zones de pêche d'Uvira-Baraka, d'Ubwari et d'Assani;
- Tanganyika Sud, avec les zones de pêche de Kalemie, Moba, Moliro.
b.2. Lac Édouard
Les principales zones de pêche reconnues au Lac Édouard sont:
- Vitshumbi, dans le Sud du lac;
- Nyakakoma, dans le Sud-Est;
- Kyavinyonge dans le Nord.
b.3. Lac Albert
Le lac Albert dispose de zones de pêche réparties de la manière suivante:
- au Nord: Ndaro et Mahagi Port;
- au Centre: Kava et Zega;
- au Sud: Nyamavi, Kasenyi et Tchomia.
b.4. Lac Kivu
Les zones de pêche ci-après ont été identifiées: Sake-Minova, Kalehe, Kabaro et Kazingo.
b.5. Lacs de la Province du Katanga
La dépression de Kamalongo regroupe plusieurs plaines inondées qui constituent chacune une zone de pêche. Les plus importantes sont: Upemba, Lukuga, Ngembamba et Kabwe.

4°) Menaces sur les zones de pêche
Les menaces qui pèsent sur les zones de pêche sont surtout constituées de différentes formes de pollution.
Dans le Lac Kivu, la présence du gaz méthane limite la colonisation des couches profondes par les poissons et par conséquent du potentiel halieutique.
Dans certains cours d'eau, l'exploitation artisanale de l'or et du diamant constitue un facteur de pollution d'origine anthropique perturbant la reproduction et les mécanismes respiratoires des poissons. Il en est de même des effluents industriels et domestiques.
Par ailleurs, la déforestation modifie le milieu aquatique et déstabilise les zones de reproduction des poissons.

3.2.1.2. Les amphibiens

L'inventaire de la faune batracologique des écosystèmes aquatiques du Congo révèle 99 espèces appartenant aux familles de Caecilidae, Pipidae, Ranidae et Rhacophoridae.
Le nombre d'espèces endémiques inventoriées s'élève à 50. La majorité d'entre elles se retrouve à l'Est du Congo.
La liste des toutes ces espèces est consignée dans les tableaux en annexe, sous la rubrique qui les concerne.

3.2.1.3. Les reptiles

1°) Chéloniens
Les tortues dulcicoles et marines du Congo sont représentées par 13 espèces. Il s'agit, en ce qui concerne les eaux douces, des espèces:
Trionyx triunguis, Cycloderma aubryi, Pelomedusa subrufa subrufa, Pelusios castaneus, Pelusios subniger, P. sinuatus, Pelusios gabonensis, P. nigricans nigricans.
Pour les eaux marines, les espèces sont:
Dermochelis coriacea, Chelonia mydas, Eretmochelys impricata, Caretta caretta, Lepodocholys devacea.
L'exportation des spécimens vivants de tortues et leur surexploitation dans l'alimentation constituent une menace pour la survie de ces espèces.

2°) Crocodiliens
Les crocodiles sont représentés par trois espèces:
Crocodylus niloticus, C. cataphractus et Osteolaemus tetraspis osborni.
La surexploitation des crocodiles et le commerce illicite constituent de très fortes menaces pour leurs populations.

3°) Varans
La famille des Varanidae est représentée par deux espèces:
Varanus niloticus (en forêt) et V. exanthematicus (dans les savanes).
Ces espèces sont menacées par la surexploitation, pour la chair, le commerce de la peau et des spécimens vivants.

4°) Ophidiens
Les Ophidiens strictement aquatiques sont représentés par 12 espèces, tandis que les semi-aquatiques renferment 19 espèces.
Les espèces strictement aquatiques sont: Helophis schoutedeni, Glypholycus bicolor, Gragia smithii, G. ornata, G. thalloni, G. caesar, G. furcata, Boulangerina annulata, B. christii et Bothrophlaemus lineatus.
Les espèces semi-aquatiques sont: Natriciteres fulginoides, N. olivacea olivacea, Lycodonomorphus leleupi, L. subtaeniatus subtaeniatus, L. subtaeniatus upambae, Mehelga capensis, M. poensis, M. stenophtalmus, M. laurenti, Phylothamnus heterodermus heterodermus, P. heterodermus carinatus, P. heterodermus ruandae, P. hoplogaster, P. irregularis irregularis, P. battersbyi, P. heterolapidatus, P. nitidus, P. nutidus loveridgei, p. dorsalis, Dromohis lineatus et Bitis nasicornis.
Les serpents sont menacés par le prélèvement abusif pour l'alimentation et le commerce illicite des spécimens vivants et de leurs peaux.

3.2.1.4. Les oiseaux
A ce stade de la monographie, les données récoltées sur les oiseaux aquatiques du Congo sont insuffisantes pour dresser une liste spécifique.

3.2.1.5. Les mammifères
Les mammifères aquatiques sont représentés par 6 espèces:
Hyemoschus aquaticus, Trichechus senegalensis, Aonyx capensis, A. congica, Osbornictis piscivora et Potamogale velox.
Les menaces qui pèsent sur ces animaux proviennent de l'exploitation abusive à des fins alimentaires et de la dégradation de leur habitat par les activités anthropiques.

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Dernière mise à jour: le 16-02-2004


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