Contexte géographique
Le Burundi couvre 27.834 km² dont 25.200 km² terrestres et s'étend
entre les méridiens 29°00 et 30°54' Est et les parallèles 2°20' et
4°28' Sud. Sans accès à la mer, il borde en revanche le lac
Tanganyika (32.600 km² dont 2634 km² appartiennent au Burundi), dans
l'axe du Grand Rift occidental. Le lac et la Rivière Rusizi le bordent
à l'Ouest, la rivière Malagarazi au Sud Est. Les bordures Ouest et
Sud-Est (11.817 km²) appartiennent au bassin du Congo, le reste du pays
(13.218 km²) constitue l'extrémité méridionale du Bassin du Nil. Les
pays limitrophes sont la République Démocratique du Congo à l'Ouest,
la République du Rwanda au Nord et la République Unie de Tanzanie à
l'Est et au Sud.
Contexte géomorphologique
Constitué par une alternance de roches dures (quartzites) et tendres
(schistes et granites altérés), le relief actuel du Burundi est
surtout le résultat d'un ensemble de mouvements tectoniques qui ont
modifié profondément la surface de l'Afrique orientale à partir de la
deuxième moitié du Tertiaire et qui se poursuivent d'ailleurs encore
aujourd'hui.
Ces mouvements tectoniques ont eu pour effet de soulever, de casser
et basculer la surface des plateaux centraux du Burundi légèrement
vers l'Est, pendant qu'à l'Ouest se formait le fossé du lac Tanganyika
et les versants qui lui sont adjacents.
Le fossé du lac Tanganyika fait partie du système des rift-valleys
qui séparent la plaque africaine à l'Ouest de la plaque somalienne à
l'Est, selon des lignes qui vont de la mer Rouge au Mozambique. Le rift,
unique au Nord de l'Ethiopie et au Sud du Malawi, est double au centre :
le rift oriental traverse le Kenya et la Tanzanie, tandis que le rift
occidental parcours le Burundi. C'est dans ce fossé que se succèdent,
du sud vers le Nord, les lacs Tanganyika, Kivu, Edouard, et Albert.
Tous ces mouvements expliquent la présence, sur un territoire aussi
limité que celui du Burundi, d'un ensemble géomorphologique assez
diversifié. Cinq domaines morphologiques peuvent être identifiés:
- L'Ouest du Burundi avec la plaine de l'Imbo et les Mirwa. La plaine
de l'Imbo est constituée au Nord par de vastes étendues drainées par
la Rusizi et au Sud par la mince plaine côtière le long du lac
Tanganyika. Les limites de la plaine de l'Imbo sont situées entre
l'altitude de 774 m (le niveau moyen du lac) et l'hysoèthe de 1000 m.
Les Mirwa sont la retombée occidentale, fortement encaissée, de la
crête Congo Nil et sont limités à l'altitude de 1900 m.
- Les hautes terres de la crête Congo Nil qui sont un important
soulèvement montagneux pouvant atteindre plus de 2600 m d'altitude et
formant la ligne de partage des eaux du Nil et du Congo. Au Sud,
l'altitude est sensiblement moins élevée.
- Le plateau central couvrant la plus grande partie du pays avec une
largeur d'environ 100 km et caractérisé par de nombreuses collines
arrondies, qui forment entre elles des vallées à fond plat favorisant
souvent la formation des marécages. L'altitude des sommets des collines
descend lentement, de l'ouest vers l'est, de 2000 m vers 1700 m.
- La dépression du Kumoso, située à l'Est du pays à des altitudes
comprises entre 1200 et 1400 m.
- La dépression du Bugesera localisée au Nord-Est du Burundi et
faisant frontière avec le Rwanda, est caractérisée par de vastes
vallées marécageuses avec un relief peu élevé compris entre 1200 et
1500 m d'altitude.
Contexte géoclimatique
Le dessin topographique du Burundi s'accompagne de la variation du
climat sur différentes altitudes, ce qui confère au pays une
diversité géoclimatique importante.
En effet, les altitudes supérieures à 2000 m, matérialisées par
la crête Congo-Nil, sont plus arrosées avec des précipitations
moyennes comprises entre 1400 mm et 1600 mm et des températures
moyennes annuelles oscillant autour de 15°C avec des minima atteignant
parfois 0°C. Ces conditions climatiques (pluviosité élevée et
température basse) font de ce milieu en zone tropicale de montagne, un
lieu privilégié pour la formation des forêts ombrophiles.
Les altitudes moyennes rassemblées dans le seul terme " plateau
central ", et oscillant entre 1500 et 2000 m, reçoivent environ
1200 mm de précipitations annuelles pour 18 à 20°C de températures
moyennes annuelles.
Les altitudes inférieures à 1400 m représentées par la plaine de
l'Imbo et les dépressions du Kumoso et de Bugesera ont des
précipitations moyennes annuelles inférieures à 1200 mm et même
souvent inférieures à 1000 mm comme à l'Imbo, avec des minima
d'environ 500 mm. Les températures moyennes annuelles y sont
supérieures à 20°C.
Contexte hydrologique
Sur toute l'étendue du pays, la combinaison à la fois des terres
fermes et des milieux aquatiques est à l'origine d'une diversité des
écosystèmes terrestres et aquatiques, riches en flore et en faune. Les
zones marécageuses, les différents cours d'eau, les étangs et les
lacs induisent une variation écosystémique importante sur une grande
étendue de terre ferme.
Tout le réseau hydrologique du pays est réparti en deux grands
bassins hydrographiques:
- Le bassin du Nil comprend d'une part la Ruvubu et ses affluents et
d'autre part la Kanyaru affluent de la Kagera. L'espace délimité entre
les deux dernières constitue la dépression du Bugesera au fond duquel
se trouve un ensemble de lacs dits lacs du Nord. Le cours supérieur de
la Kagera se jette dans le lac Victoria puis dans le Nil.
- Le bassin du Congo est constitué de deux sous-bassins:
* le sous- bassin situé à l'Ouest de la crête Congo Nil et formé
par la Rusizi et ses affluents et par le lac Tanganyika.
* le sous-bassin du Kumoso situé à l'Est du pays comprenant la
Malagarazi et ses affluents. Collectées par le lac Tanganyika, les eaux
de ce bassin se déversent dans le fleuve Congo.
Ressources en eau
Les ressources en eau au Burundi sont, dans l'ensemble, abondantes
grâce à une bonne pluviosité et à la rétention d'eau par les marais
et les lacs, en particulier le Lac Tanganyika. Les pluies apportent par
an 31 900 millions de m3 dont 21 850 quittent le pays par évaporation.
Les débits importés par les cours d'eau ajoutent 8 170 millions de
m3/an, soit 259 m3/sec. Le lac Tanganyika est l'une des plus grandes
réserves d'eau douce du monde et contient environ 20 000 km3 d'eau.
Le bilan hydrique par bassin versant, comme le montre le tableau
ci-dessous fait ressortir un débit moyen des cours de 319 m3/sec soit
un volume annuel de 10 061 X 106 m3.
Le total du débit de base pour une année moyenne estimée en
calculant la moyenne des minima mensuels s'élève à 237 m3/sec, tandis
que le débit garanti est de 197 m3/sec.
La répartition des ressources en eau n'est pas optimale ni dans
l'espace ni dans le temps. Les périphéries de basses altitudes sont
plus arides et présentent une saison sèche plus longue. Les régions
de la Crête Congo-Nil sont, non seulement les plus arrosées, mais en
même temps les pertes dues à l'avapotranspiration sont limitées par
les températures relativement basses.
Concernant les eaux lacustres, le Burundi dispose de trois grands
lacs situés aux frontières du pays. Il s'agit du Lac Tanganyika qui
contient 20 000 000 X 106 m3, le Lac Cohoha qui contient 530 X 106 m3 et
le Lac Rweru avec 370 X 106 m3 d'eau.
Au Burundi, les ressources en eau restent peu utilisées dans le
processus du développement socio-économique du pays.
L'utilisation de l'eau à usage non potable se répartit entre
l'agriculture (59,5 %), la pisciculture (0,3 %), l'industrie (0,5 %) et
l'hydroélectricité (49,4 %).
L'utilisation de l'eau potable dans les ménages, les édifices
publics et l'industrie est faible par rapport à celle utilisée dans
l'agriculture.
En milieu urbain, les besoins en eau potable doublent tous les dix
ans : 22 millions de m3 en 1990, 40 millions de m3 prévus pour l'an
2000 et 70 millions de m3 pour l'an 2010.
En milieu rural, le taux de croissance des besoins en eau potable est
de 58 % tous les dix ans. Ils passent de 170 millions de m3 en 1990, à
293 millions de m3 en l'an 2000, et à 434 millions de m3 en 2010. Il
faudrait noter qu'en milieu rural, 51 % de la population
s'approvisionnent en eau potable aux sources aménagées, aux bornes
fontaines, et une faible proportion aux puits, tandis que 49 % restant
puisent naturellement l'eau des rivières et des lacs.
Contexte pédologique
Le Burundi reste également riche en complexes pédologiques. Il a
déterminé la potentialité culturale de chaque type du sol. Il
reconnaît, selon le matériau d'origine, les grands groupes suivants:
- Matériau récent: sols récents tropicaux, terres noires
tropicales, sols bruns tropicaux, sols récents texturaux, sols
minéraux bruts, sols organiques.
- Matériau fortement altéré: ferrisols, ferrisols intergrades vers
les sols récents tropicaux, ferrisols intergrades vers les sols bruns
tropicaux, ferrisols faiblement ferrisoliques, ferralsols orthotypes.
Ces différents faciès pédologiques jouent un rôle important dans
la distribution de la végétation au niveau national.
En altitude, les sols sont peu fertiles et généralement des ferralsols
ou des ferrisols. Sur les pentes et les crêtes, on rencontre des sols
bruns tropicaux et des lithosols. Des sols organiques, minéraux et
tourbeux caractérisent les fonds de vallées marécageuses. La plaine
de la Rusizi est caractérisée par des regogleys salins.
Contexte démographique et économique
La population burundaise est actuellement estimée à environ 6
millions d'habitants avec un taux de croissance annuel de 3% (le
recensement de 1990 donne une estimation de 5 356 000 habitants). Avec
une densité moyenne de 230 habitants au km², le Burundi connaît l'une
des plus fortes densités d'Afrique. D'après le recensement de 1990
environ 51% de la population étaient du sexe féminin. La population
féminine active (entre 15-64 ans) représentait environ 49%. Près de
90% de la population vit du secteur agricole. Les terres fermes
représentent environ 85% du territoire national tandis que la
superficie cultivée représente environ 50% de la superficie totale. La
superficie agricole moyenne par exploitation familiale qui est d'environ
1 ha, se réduit dans les régions de fortes densités (environ 0,5 ha).
A la longue les tendances de cette occupation des sols par
l'agriculture, le pâturage, etc. exercent une pression sur la
végétation.
Le taux d'alphabétisation et d'instruction est très bas et non
homogène. Cette situation handicape la mobilisation des ressources
humaines en vue du développement durable ainsi que l'éducation en
matière de biodiversité. Le taux d'alphabétisation des adultes en
général est de 35,3% et celui des femmes adultes est de 22,5%. Le PIB
qui était de 180 USD par habitant en 1992 a chuté progressivement
jusqu'à 7,4% en 1997. L'économie repose principalement sur le secteur
primaire. Les produits agricoles exportés sont le café et le thé. Le
commerce extérieur est entravé économiquement et politiquement par
l'enclavement géographique et le remboursement de la dette extérieure.
"Tiré du document de rapport du
Burundi sur la mise en oeuvre de l'Agenda 21, 2002"