Contribution de la Coopération internationale de la Belgique
à la conservation de la diversité biologique


3. La biodiversité en pratique dans la Coopération internationale belge

L'AGCD a jusqu'ici agi à trois niveaux, celui de la contribution belge au Global Environment Facility (GEF), celui de la valorisation de la diversité biologique dans le secteur agronomique et celui d'interventions de développement sur le terrain.

3.1. La contribution belge au Global Environment Facility (GEF)

Le GEF est une institution créée à l'issue de la Conférence de Rio'92. Ses fonds viennent en appui aux surcoûts des actions menées par les pays en développement pour appliquer les recommandations des conventions internationales dans le domaine de l'environnement. C'est au travers du GEF que la Belgique appuie financièrement ses engagements après-Rio dans les Conventions sur les changements climatiques et sur la biodiversité. La Belgique qui a contribué pour un total de 1,1 Milliards BEF pour la période 1994-1997 a confirmé sa contribution de 1,2 Milliards BEF pour la période 1998-2000.

Adresse utile:

* Direction Coopération Multilatérale (M) de l'AGCD
Service Banques de Développement et GEF (M1)
Tel.: +32-2-519 08 82

3.2. La contribution de l'AGCD pour une valorisation de la diversité biologique dans le secteur agronomique

La Convention sur la diversité biologique est importante car, pour la première fois, un accord international reconnaît les principes d'éthique et d'équité tant dans l'accès aux richesses génétiques que dans le partage de leurs bénéfices. L'éthique et l'équité dans la conservation et l'utilisation des ressources génétiques pour une sécurité alimentaire durable constituent des aspects non moins importants de cette convention.
L'AGCD n'aborde pas le principe de la conservation de la diversité biologique sous le seul angle des espèces en voie de disparition ou nécessitant des mesures de protection ou de conservation particulières. Elle l'aborde également sous l'angle de la valorisation agronomique d'espèces naturelles ou sous celui de l'amélioration génétique de variétés domestiques.
La production agronomique d'espèces naturelles réduit la pression sur les stocks dans la nature. Les productions accrues que permettent les variétés sélectionnées peuvent avoir un effet sur une réduction des zones agricoles colonisées au détriment des espaces naturels.
C'est ainsi que, depuis 1978, l'AGCD cofinance annuellement (220 Mio BEF pour 1998) le Consultative Group on International Agricultural Research (CGIAR). Les centres du CGIAR disposent de banques de gènes d'espèces sélectionnées ou naturelles. Un d'entre eux, l'International Plant Genetic Resources Institute (IPGRI) fut élevé au statut d'Organisation internationale.

Adresses utiles:

* Direction Coopération Multilatérale (M) de l'AGCD
Service Institutions Agricoles (M3)
Tel.: +32-2-519 05 08

* Consultative Group on International Agricultural Research (CGIAR)
CGIAR Secrétariat
1818 H Street N.W.
Washington D.C. 20433, U.S.A.
Tel.: +1-202-473-89 51
Fax: +1-202-473-81 10
Site: http://www.cgiar.org/
E-mail: CGIAR@worldbank.org

3.3. Un exemple de la manière dont l'A.G.C.D. a abordé le thème de la "Biodiversité" dans des projets de coopération bilatérale, le cas du Sénégal

La Belgique a appuyé au Sénégal deux projets belgo-sénégalais majeurs en "environnement". Ils avaient des volets "Gestion des ressources naturelles" importants qui formaient la trame pour une approche intégrée du développement. Ces deux projets ont eu un impact non négligeable sur la manière dont ce pays a intégré la problématique de la gestion globale des ressources naturelles (eaux, sols, faune et flore) dans l'enseignement, dans les politiques sectorielles et dans la planification du développement économique et social.
La "Biodiversité" fut abordée dans ces deux projets comme thème particulier de la "Gestion des ressources naturelles". Ceci s'est effectué dans un cadre de synthèse opérationnelle entre d'une part la Décentralisation administrative et la Régionalisation et d'autre part le Désengagement de l'État et la Libéralisation de l'économie. Le tout, dans un contexte sous-régional de gestion commune de bassins fluviaux.

3.3.1. L'Institut des Sciences de l'Environnement (I.S.E.)

Dans le cadre de la Coopération universitaire, l'Institut des Sciences de l'Environnement fut créé en 1978. Cet institut, localisé à la Faculté des Sciences de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar, fournit un enseignement de 3ème cycle (AEA, DEA, Doctorat de 3ème cycle, Doctorat d'État) en Sciences de l'environnement. Le programme d'enseignement est interdisciplinaire. Les thèmes de recherche sont définis annuellement par un Conseil de perfectionnement en fonction de situations actuelles. L'intervention belge s'est terminée en 1987 et des relations de jumelage inter-universitaire furent maintenues. L'institut est toujours fonctionnel et est une référence en Afrique de l'Ouest.
Les activités de l' I.S.E. couvrent actuellement l'ensemble du pays. En 1978, le Lac de Guiers fut choisi comme zone de recherche de prédilection et ce, pour plusieurs années. Connaissant déjà un début d'aménagement, ce lac présentait à l'époque, à petite échelle, l'ensemble des réalités que connaîtrait la vallée du fleuve Sénégal dans son ensemble, une fois rendus fonctionnels les deux barrages qui y étaient prévus.
Un modèle de gestion de l'eau du Lac de Guiers, importante réserve d'eau dans le delta du fleuve Sénégal, fut produit et de nombreux aspects des relations entre l'eau et le développement durable furent abordés (santé, agriculture, systèmes de production, gestion des ressources naturelles...). Ces travaux ont appuyé la politique Après-Barrages qui fut initiée, dès 1984, entre le Sénégal, le Mali et la Mauritanie dans le cadre de l'Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (O.M.V.S.)
Des publications sont disponibles à l'A.G.C.D., auprès de la Fondation Universitaire Luxembourgeoise (F.U.L.), à Arlon, en Belgique, ainsi qu'auprès de l'Institut des Sciences de l'Environnement (I.S.E.), Université Cheikh Anta Diop de Dakar, au Sénégal.

Adresses utiles :

* Direction Coopération non gouvernementale (Na) de l'AGCD
Service Universités & Institutions Scientifiques (N2)
Tel.: +32-2-519 07 96

* Institut des Sciences de l'Environnement (ISE):
c/o Université Cheikh Anta DIOP
BP 5005
Dakar-Fann
Sénégal.
Tel.: +221-824 23 02
Fax: +221-824 37 14
E-mail: ise@telecomplus.sn

* Conseil interuniversitaire de la Communauté française (CIUF)
Rue de Namur 72
B-1000 Brussels (Belgium)
Tel.: +32-2-504 92 11

* Fondation Universitaire Luxembourgeoise (FUL)
Avenue de Longwy
B-6300 Arlon (Belgium)
Tel.: +32-63-23 08 11
Fax: +32-63-23 08 00

3.3.2. La "Cellule Après-Barrages" et le "Commissariat à l'Après-Barrages"

Dans le cadre de la Coopération technique, un projet d' "Assistance technique à la Cellule Après-Barrages" fut initié en 1986. La Cellule Après-Barrages était la structure chargée de l'élaboration des outils de planification du développement économique et social de la vallée du fleuve Sénégal, rendu possible par la construction de deux barrages, à Diama entre le Sénégal et la Mauritanie et à Manantali au Mali.
Dès 1986, ce projet fut chargé d'incorporer les recommandations environnementales dans un Plan directeur de développement intégré pour la rive gauche de la vallée du fleuve Sénégal (PDRG). Véritable plan environnemental, il fut finalisé en 1991 et approuvé en 1994. Il s'appuie sur un scénario de gestion optimale de l'eau du fleuve Sénégal pour proposer par ordre d'importance:

- la gestion des ressources naturelles;
- la valorisation des systèmes de production traditionnels;
- et, si socio-culturellement accepté et économiquement rentable, la promotion d'activités liées à l'irrigation.

L'importance des recommandations du PDRG et la complexité de leur mise en oeuvre ont amené les autorités nationales à créer un Commissariat à l'Après-Barrages, chargé du suivi de son exécution cohérente. Dès 1996, des dispositions furent prises pour partager l'expérience de ce Commissariat, placé sous la tutelle du Premier ministre, auprès du Mali et de la Mauritanie, les deux pays qui, avec le Sénégal, dans un contexte d'intégration sous-régionale, sont membres de l'Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS).
Deux références, dont les copies sont ci-annexées, soulignent la dimension intégrée de la "Gestion des ressources naturelles" telle qu'elle fut abordée dans ce projet et dont la "Biodiversité" est un des paramètres. Leurs bibliographies donnent les références de nombreuses publications relatives à la "Gestion des ressources naturelles". Elles indiquent les divers thèmes qui composent une gestion intégrée de ces ressources dans un Bassin fluvial tout en conservant voire en enrichissant et en diversifiant sa biodiversité.

Il s'agit de:

Vincke, P.P. et . Sow, P.A. - La voie foncière et administrative en appui à la voie écologique et agricole pour une gestion décentralisée des ressources naturelles dans le programme Après-Barrages au Sénégal. Tropicultura,1994, vol.12, n°2, 50-54.

Vincke P.P. et Thiaw, I.. - Protected areas and dams : the case of the Senegal river delta. Parks, vol. 5, n° 2, June 1995.

Adresses utiles:

* AGCD: Direction Coopération gouvernementale
Service Afrique du Nord et de l'Ouest (G4)
Tel.: +32-5190625

* Commissariat à l'Après-Barrages
Immeuble Kébé Extension - 3ème étage
97, Avenue Jean Jaurès
Dakar, Sénégal.
Tel.: +221-822 93 24
Fax: +221-823 38 75

3.3.3. Impact sur la biodiversité et liens avec d'autres interventions belges au Sénégal

L'action de ces deux projets a permis de développer un modèle de gestion intégrée de l'eau du fleuve Sénégal et de déboucher sur une planification environnementale du développement économique et social, le Plan Directeur Rive Gauche.
La réhabilitation, par la remise en eau de nombreuses dépressions asséchées, a étendu la superficie des zones humides. Elle garantit à la faune et à la flore un réseau de marigots et de défluents qui sont autant de supports pour une conservation de la biodiversité. Citons la remise en eau, sur une distance de 90 km, de la basse vallée du Ferlo, défluent du fleuve Sénégal. La gestion des zones humides du delta se fait de manière concertée entre le Sénégal et la Mauritanie et renforce d'autant cet édifice. Elle s'appuie sur des initiatives soutenues par d'autres donateurs à l'intérieur et autour des Parcs Nationaux du Djoudj sur la rive gauche et du Diawling sur la rive droite du fleuve Sénégal.
Les impacts d'une telle gestion de l'eau sur la biodiversité est évidente par la réhabilitation des écosystèmes fluviodeltaïques humides. Ces impacts se font également ressentir dans les écosystèmes sahéliens limitrophes par la réalimentation des nappes qui en résulte.
Les impacts sur le développement humain sont évidents mais, largement dépendants d'activités liées à une maîtrise de l'eau, ils s'accompagnent de risques sanitaires non négligeables.
L'action de ces deux projets belgo-sénégalais a été complétée et renforcée par :

- d'importants projets bilatéraux belgo-sénégalais de fonçage et d'aménagement de forages dans diverses régions du Sénégal;
- des projets d'initiatives propres d'Universités belges du Vlaamse interuniversitaire raad (VLIR) pour le développement de modèles de gestion de l'eau dans les périmètres irrigués de la vallée du fleuve Sénégal;
- un projet de la Communauté flamande de Belgique, exécuté par la Vlaamse vereniging voor ontwikkelingssamenwerking en technische bijstand (VVOB), dans le domaine de la santé liée à l'eau;
- ainsi qu'un appui de l'Association pour la promotion de l'éducation et de la formation à l'étranger (APEFE) à la Direction des Parcs Nationaux.

Adresses utiles:

* Association pour la promotion de l'éducation et de la formation à l'étranger (APEFE)
Avenue Louise 65, B12
B-1050 Brussels (Belgium)
Tel.: +32-2-535 68 46
Fax: +32-2-535 68 67

* Vlaamse Interuniversitaire Raad (VLIR)
Egmontstraat 5
B-1000 Brussels (Belgium)
Tel.: +32-2-512 91 10

* Vlaamse Vereniging voor Ontwikkelingssamenwerking en technische Bijstand (VVOB)
Maria Theresiastraat 21
B-1040 Brussels (Belgium)
Tel.: +32-2-209 07 99
Fax: +32-2-209 07 98

* Administration Générale de la Coopération au Développement (AGCD)
Direction évaluation et appui à la politique (E)
Service études en appui à la politique (E2)
Rue de Brederode 6
B-1000 Brussels (Belgium)
Tel.: +32-2-519 03 42
Fax: +32-2-519 03 27
E-mail: E0.deval@badc.fgov.be

 

 

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Last updated  29-11-2004


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